Sakkarah nous voilà !

Après une nuit en sièges inclinables tout a fait supportable malgré le froid qui nous fait regretter l'absence de petite couverture ou de grand châle, nous arrivons au Caire vers 6h ce matin. Trajet en taxi classique jusqu'au Lotus Hotel ; nous entrons dans la voiture sans demander le prix en disant bonjour et la direction en arabe et A. donne 5 LE une fois que nous sommes sur le trottoir avec les bagages. Nous disons merci et au revoir en arabe.
Au Lotus, le personnel, sympa, nous donne notre chambre, la 34, malgré l'heure matinale. Nous partageons deux délicieuses galettes au sucre, deux oranges et faisons un petit brin de toilette avant de repartir direction… Sakkarah.
Le temps est merveilleusement laiteux, bien qu'il soit déjà 7h et ne se découvre pas durant le trajet en taxi. Au contraire, plus nous sortons du Caire, plus la brume semble s'épaissir tandis qu nous longeons le fameux petit canal. Quand nous parvenons au bord du désert nous ne voyons pas à 10 mètres. Nous suivons la route qui se découvre au fur et à mesure en cherchant en vain la fameuse pyramide de Djoser. Arrivés au parking nous devons demander notre chemin à un garde qui nous l'indique vaguement d'un geste et partons la main dans la main pour ne pas risquer de nous perdre (je plaisante). Nous écarquillons les yeux et jouons à qui la verra le premier.
Difficile d'imaginer que nous avons perdu une pyramide, non ?!

Nous continuons d'avancer ainsi, quasi à tâtons, jusqu'à parvenir aux colonnes de l'entrée (pour ceux qui connaissent) que nous accueillons avec une joie enfantine.
Mais à la sortie toujours rien ! Sommes nous à 100 m ou à 1 km ?
Enfin il nous semble apercevoir très vaguement une sorte de légère épaisseur dans la brume à droite. Nous optons pour cette direction ; à peine si je vois A. qui marche devant moi.
Ah, je voulais de la journée laiteuse, je suis servie !
Soudain nous stoppons car la voilà devant qui se dresse à dix pas.
Extraordinaire.
En levant la tête sa cime se perd dans la brume. C'est une vision de rêve.
Mais dès que je recule un peu pour la photographier, elle disparaît comme par enchantement. C'est tellement beau que je renonce à râler, même intérieurement.
Nous sommes absolument seuls ; d'ailleurs s'il venait des touristes, nous ne les verrions pas !
Nous commençons à la longer pour en faire le tour. Il y a là encore, visiblement, des chantiers de fouilles et de restauration ; j'ai une pensée pour Jean-Philippe Lauer et son extraordinaire travail sur le site de Sakkarah.
Et une pensée pour mon Tonton qui demandait au début du voyage, Alors, alors, elle est comment la pyramide à degrès ? Ben, mon Tonton, elle était discrète ce matin et plutôt émouvante.
Nous restons là à espérer que le soleil perce ce voile laiteux pour pouvoir au moins tenter une petite image.
Nous avons pris du recul en franchissant en douce les barrières ; j'ai choisi un petit promontoire assez éloigné qui me permette d'avoir 2 cotés et un léger contrejour.

Nous commençons d'attendre dans la froidure matinale au milieu de nulle part. Je cherche de jolis cailloux à mes pieds, A. chantonne gentiment.
Plus tard je fais une jolie petite photo, un peu désuète, un peu bancale.
Il est temps de partir, nous dégringolons les dernières dunes tandis que le soleil dévoile 12 cars de touristes à la queue leu leu. De retour au taxi, surprise, elle est là juste derrière la voiture, d'ailleurs visible à des kilomètres à la ronde notre mystérieuse de ce matin.
Je crois que cette fois ci nous avons été de petits veinards.

© A.
Ensuite copieux petit déjeuner au café Suissa et hop au dodo, il est midi, on est morts de fatigue.

Dernières nouvelles de Louxor

Encore un petit lever matinal pour profiter une dernière fois en amoureux solitaires du lever de soleil sur la montagne thébaine mais, est-ce avouable, nous manquons légèrement de conviction…
Je n'ai pas fait une bonne image depuis trois jours malgré le délicieux envol de montgolfières d'hier matin et la ballade d' hier soir en bateau à moteur sur le Nil et je ronge mon frein. Espérons qu'il fera gris au Caire en arrivant demain matin, comme c'est possible en cette saison, et que Sakkarah me sera plus favorable ; car autant dire que c'est mon ultime espoir de finir en beauté cette série égyptienne.
Nous quittons Louxor pour Le Caire ce soir par le train de nuit. Je crois que nous partons sans regrets, car décidément le froid nous a rattrapé et comme nous ne sommes pas du tout équipés, nous grelottons soirs et matins malgré la gentillesse de nos nouveaux copains, Marie et Christian, nous fournissent en pull-over lors de nos escapades matinales et des dîners pris en commun dans le beau jardin de l'hôtel.

Deux jolies arnaques louxorines :

1° Retour à pieds de la Vallée des Rois (ceux qui connaissent apprécieront), nous traversons le Nil à moitié morts d'épuisement et de chaleur pour prendre un rafraîchissement bien mérité. Notre choix se porte sur la terrasse du Métropolitan Café recommandé par le Routard pour sa vue sur le fleuve et ses bonnes glaces. Non seulement les prix sont tellement abusifs à cause de la proximité des bateaux de croisière que seule notre fatigue nous fait renoncer à partir, mais en plus le serveur nous arnaque en prétendant qu'A. lui a donné 50 livres au lieu des 100 avec lesquels nous avons payé. Un grand classique! Mais impossible de rien prouver ; nous partons dégouttés.
Leçon à tirer : garder le billet à la main jusqu'au retour du serveur avec la monnaie, on ne le répètera jamais assez!!!

2° Fin d'après midi dans le souk pour choisir quelques bricoles à offrir, partout sont proposées des écharpes, des étoles aux couleurs attrayantes 70% pashmina et 30% soie pour des prix dérisoires une fois l'habituel marchandage habilement mené.
Avec Marie, nous faisons un joli choix en essayant de n'oublier personne tandis que les garçons parlementent âprement.
Nous repartons enchantées en pensant au plaisir de nos copines !
Le lendemain, A. qui n'a pas les yeux dans sa poche, finit par découvrir sur chaque écharpe en plus de la belle grosse étiquette pashmina-soie, une autre étiquette toute petite écrite en arabe, incompréhensible donc, 100% ؀زضع؏دبي. Intéressant, non ?!
Nous essayons d'en apprendre un peu plus auprès du vendeur qui se fait d'abord très évasif, puis finit par dire que ce n'est pas son problème et que business is business.
Je suis heureuse qu'en fin de séjour mon anglais me permette de lui dire clairement le fond de ma pensée, à savoir, qu'il est un petit escroc de merde, que nous en avons plein le dos d'être pris pour des pigeons et que c'est bien la peine d'aller prier 5 fois par jour, de se gaver de Coran dans la rue, dans la voiture et dans le bus, si être un bon musulman consiste aussi à mentir sciemment et à abuser toute la journée de dizaine de gens qui vous font confiance ou au moins ne se méfient pas à priori du type qu'ils ont en face d' eux juste parce que c'est un arabe.

En clair, c'est une arnaque : Toutes les écharpes et étoles vendues dans le Souk de Louxor avec l'étiquette Pashina-Soie viennent de Chine et sont 100% Rayonne ; si on en veut encore après ça,on peut les obtenir après marchandage au prix de 15 livres quelles que soient leurs couleurs.
Idem pour les grandes étoles portées ici par les hommes et vendues pour du poil de chameau ; c'est faux, c'est du poil de mouton!!!
Si l'on souhaite vraiment de la soie ou des mélange Lin-Soie, il faut impérativement se tourner vers la boutique du tailleur Adel V. Estafanos indiqué dans le Routard ; en évitant ses écharpes étiquettées Pashmina-Soie qui sont les mêmes que partout ailleurs !!!
On est assez étonnés que le Routard ne prenne pas une ligne pour nous mettre en garde contre cette arnaque qui doit toucher 98% des touristes séjournant à Louxor ; pour la bonne raison qu' une boutique sur trois ici vend des écharpes, l'autre des épices et la dernière des bijoux.

Ça va mieux en le disant!!!

Louxor, Mercredi soir

Avant l'apéro !

© Christian Richaud

Louxor, Mercredi matin

Ce matin 6 heures, 8°C.

© Flore


© A.

Louxor, Mardi 27. Je ferai mieux demain, promis…

Juste un petit message avant d'aller faire dodo, parce que ce soir je suis toute fatiguée. Je crois que c'est l'approche du départ qui doit me laisser un peu tristounette ; du coup j'ai dîné comme les gosses avec du lait chaud et des crêpes !
En plus, avec l'hiver qui est là maintenant, malgré les braseros dans le jardin, nous rentrons tout transis dans nos petits lits…
Depuis notre arrivée à Louxor, on est un peu moins énergiques ; en général, on parvient à s'arracher du lit à l'aube un matin sur deux et le suivant vers 7 ou 8h. Les matins courageux, nous sommes récompensés par des levers de soleil à couper le souffle et une merveilleuse solitude, les autres, nous sommes sanctionnés par une vilaine lumière dure et des bus d'envahisseurs. Comme vous voyez, c'est assez simple !
Le reste de la journée nous nous baladons, nous écrivons, nous chinons avec plus ou moins de bonheur. Le soir, nous sommes à moitié morts d'épuisement sans savoir comment.
Pardon de vous laisser plus ou moins sans nouvelles personnalisées, pourtant c'est un bonheur de vous lire, de vous imaginer.
Non, Eva chérie, nous ne connaissons pas d'autre Eva que toi ; tu es notre unique et préférée !
Et nous viendrons sans faute te voir jouer dès notre retour. Nous attendions juste les dates d'A. au Rond Point pour faire les réservations…
Ah, Marie-Do, merci de vous joindre régulièrement à nous (est ce que vous voudriez bien m'envoyer rapidement un petit mail pour que j'ai votre adresse internet ?) et de nous dévoiler les dessous secrets d'Hugues ; on l'aime encore plus en colleur d'affiches, on est fan fan même !
Mais là aussi, je n'ai qu'un Tonton, unique et formidable, d'ailleurs, il s'appelle Hélios, c'est tout dire !
J'espère bien, que Jean est interpellé par mes Polas ! Même, je compte qu'il va venir les voir à la maison bien que notre petite sauterie tombe si mal, un dimanche après midi.
Ma belle Christine, merci de nous donner les nouvelles du monde, on aura peut être moins de mal à atterrir lundi matin.
Bonne nuit à tous. Faites de doux rêves. A très vite.

Louxor par A.

Vendredi à Louxor, nous n'avons pas été efficace ; après une petite grâce matinée, découverte de la ville et visite du très beau musée de Louxor qui a une belle sélection d'objets et de statues très bien présenté. Les choses qui m'ont le plus touchées sont le cercueil de Ramsès I, entièrement peint, très coloré, dans un état incroyable, on aurait cru que cela venait d'être fait, mais aussi pleins de petit objets du quotidien retrouvés en parfait état dans des tombes ou cachettes. Des paniers, des meubles, des brouillons de hiéroglyphes, des boites, des pinceaux datant de plus de 3500 ans…

Samedi, fini la rigolade, levé à 5h et arrivé sur le site de Karnak à 6h.


© A.

Nous rentrons…seuls…il n'y a absolument personne, juste quelques gardes se réchauffant avec un petit café. Il fait presque nuit, nous découvrons cet immense complexe seul et en particulier la fameuse salle hypostyle (134 colonnes monumentales, voir photos).
La lumière monte lentement, rose, violette pour embrasser les pierres. C'est extraordinaire d'assister à cela seul. Nous marchons dans ce dédale de pierres, sans nous soucier de l'histoire, juste admirer sa beauté, vierge de tout touriste en train de se faire photographier en position de Pharaon…
Un très beau moment qui dure presque une heure et demi jusqu'à l'arrivé des car, en un quart d'heure le site est envahi, nous partons afin de garder Notre Karnak en tête.

Abu Simbel

Finalement, nous avons choisi de quitter Abu-Simbel plus tôt que prévu et de prendre tout à l'heure le bus local qui fait tant plaisir à A. pour rejoindre Assouan (4h).
Ce qui nous a décidé, bien que la maison d'hôte nubienne soit effectivement très belle et son propriétaire tout à fait francophone, c'est que son prix nous parait très élevé pour le plaisir que nous en retirons, très élevé aussi si l'on songe au Shali Lodge de Siwa, et d'autre part que  je ne parviens pas à m'y sentir bien. Je crois que je n'ai pas le feeling avec ledit propriétaire. De surcroît, lors de notre ballade d'hier soir, le village ne nous a pas enthousiasmé.
Abu-Simbel, c'est comme chacun le dit, à part les grands temples, inutile de s'attarder, il n'y a rien à voir. Il y a bien un village nubien "typique", mais bon, nous en avons déjà tellement arpenté que nous pourrions vous les dessiner les yeux fermés !
Donc, ce matin, je profite de ce petit laps de temps paisible, assise sur ma natte colorée, les pieds à l'ombre, la tête au soleil et le verre de jus de carcadé bien frais à portée de la main, pour vous raconter un peu Abu-Simbel, les temples.
Certainement, il n'y a pas de plus belle manière de les découvrir qu'en arrivant par bateau et nous avons eu cette chance.
Le Kasr Ibrim s'est approché doucement des côtes vers midi et nous étions presque tous là sur les ponts à regarder les colosses se détacher peu à peu de la falaise avec l'eau verte baignant leurs pieds.

Ensuite, le repas était servi en terrasse et nous avons pu prendre notre déjeuner avec les temples sous les yeux. C'était vraiment terriblement luxueux !

© A.
Même si je m'attendais à ce que nous fussions plus près à cause d'un film que nous avions regardé et qui montrait la belle époque,  aujourd'hui révolue, où le bateau ayant accosté, les passagers descendaient à terre par une passerelle juste devant le grand temple…
Savoir que ce que nous avions devant les yeux n'était pas à sa vraie place, mais avait été surélevé de 60 mètres, n'a jamais rien ôté à mon émerveillement, peut-être au contraire.
Un petit film fait à l'époque nous avait été projeté que j'avais trouvé très émouvant et j'aurais donné cher pour être la photographe du chantier tellement ça a dû être une aventure extraordinaire.
Nous allons essayer de vous trouver le DVD.
L'après midi, nous avons été débarqués en chaloupe et comme tout un chacun nous avons alors accédé au site par le côté "jardin" à pieds.
On a beau avoir vu mille et mille reproductions depuis notre enfance et dans chaque présentoir de cartes postales, ça a été, pour nous au moins, une joie et un émerveillement sans pareils.
Comble de chance, contrairement aux prédictions de toutes les Cassandre rencontrées en route, il n'y avait presque personne d'autre que notre groupe sur le site et  nous avons pu, à un moment ou un autre, être seuls, A. et moi, dans presque toutes les salles, ce qui rajoutait à notre bonheur comme vous pouvez l'imaginer.
Le grand temple d'Abu-Simbel est ce que nous avons vu de plus beau depuis notre arrivée voilà un mois. Et au seuil de la grande salle hypostyle, tant de beauté nous a réellement bouleversés, chacun à notre manière ; moi, je suis restée là, immobile, avec les larmes aux yeux.
On aurait tant aimé que vous voyiez ça !
Interdiction de faire des photos à l'intérieur, donc, d'un côté, désolée pour vous, d'un autre, je suis bien tranquille, elle n'est pas faite, la photo qui rendrait cette beauté là ni qui vous ferait partager notre émotion.
Il faut venir voir, c'est simplement indicible.
Par contre, pour la façade, A. a fait de son mieux tandis que je m'efforçais de travailler.
© Videocomedia

Je pense à Dominique Gaessler, je pense, mon Dieu, Dominique, comment on se sort de ce cas d'école, photographier Ramsès à Abu-Simbel ?!
J'essaye, au moins!
Nous nous accorderons pour dire que le petit temple de Néfertari est nettement plus cosy, plus féminin, et, qu'effectivement, la peinture au fond à droite (ou à gauche, c'est selon) est une pure merveille.
Nos yeux et nos cœurs ne pouvant contenir davantage, nous restons encore un moment juste assis là à bavarder tranquillement.

PS : Ah, j'allais oublier ! Sur le bateau, je me suis fait une nouvelle copine. Elle s'appelle Sophie ; une sorte de cadeau de la vie, je suppose.
Ceux qui viendront prendre un verre de thé à la menthe à la maison pour fêter notre retour le dimanche 16 décembre, auront, j'espère, le plaisir de faire sa connaissance !

Arrivée à Abou Simbel

La croisière était vraiment un moment de rêve, une vraie pose hors du temps et ce matin nous avons un peu rechigné à quitter le bateau quand ils nous ont débarqués en chaloupe à 8h.
Nous nous étions levé à 5h dans l'espoir d'être seul ou presque à Abou-Simbel pour pouvoir faire quelques images au point du jour, mais nous sommes fait doublé par un car de japonais en provenance du palace le plus proche.
Heureusement notre dépit a été un peu tempéré par le plaisir de retrouver un couple charmant que nous avions croisé au moment de notre départ d'Assouan. Enfin, soyons juste, nous devions être une cinquantaine répartie entre les deux temples, ça restait tout à fait acceptable et, passée notre déception, nous nous en sommes mis plein les mirettes, d'abord de voir apparaître les quatre colosses apparaîtrent lentement tandis que la nuit faisait place au jour, ensuite de voir le soleil naissant baigner la façade du temple d'une lumière rose-orangée.
Je fais une vraie petite photo, du Ramsès de gauche, pas comme hier où j'ai travaillé tout l'après midi en vain. Enfin si excepte une image exquise comme une aquarelle japonaise mais qui représente le petit palmier et l'acacia égarés entre les deux temples !
Avec le soleil arrivent les ombres, nous retournons affamés à la chaloupe ; d'ailleurs avec les bagages à remettre à la réception à 7h30, le temps nous presse.
Paradoxe, nous quittons à regrets le bateau, sa beauté, son luxe feutré, mais sitôt posé le pieds à terre, dans le petit vent frisquet du matin, je suis heureuse de remettre le sac au dos et de reprendre la route.

Croisière sur le Kasr Ibrim par A.

Petite visite du bateau Kasr Ibrim.

Nous revoilà!

Ça fait du bien de vous retrouver après ces quelques jours !
Merci pour vos petits messages en notre absence.
Nous venons de poser nos bagages à l'hôtel Esskaleh et heureusement pour nous, ils ont internet depuis une semaine...

Kasr Ibrim 20/11

Dernière journée de croisière.
A. assiste à une projection suivie d'explications sur Abou Simbel tandis que je fais la mauvaise élève et préfère vous écrire en profitant encore un peu du grand salon orientaliste 1930 que j'adore.
Ceux qui me connaissent n'en seront pas surpris, le luxe m'épanouit complètement et je suis là comme un poisson dans l'eau ! Il faut dire que le Kasr Ibrim, avec sa décoration parfaite et sa cuisine délicieuse, réjouit les cœurs et les sens à chaque instant.
Nous n'en revenons pas de tant de beauté, parfois nous nous regardons et éclatons simplement de rire tellement c'est bon d'être là.
Le lac Nasser est beau comme la mer, une mer qui serait merveilleusement propice à la navigation et bordée sur les deux rives d'un désert doré ou rose et noir selon l'heure et la position du soleil.

© A.

Une journée avec Eva

Hier, nous avons pris une felouque de midi à 18 heures et malgré un vent très modeste, nous passons un après midi de rêve, qu'A. porte pour sa part à son comble en s'offrant une petite sieste sous la toile.

Joli signe, notre felouque s'appelle EVA.

Nous partageons notre pique nique avec le capitaine et les simples salades composées accompagnées d'omelettes au fromage, de babaghanoug, de tahina et de petits pains plats, nous paraissent parfaites. Un fruit et un morceau de cake à la noix de coco comblent les plus gourmands.
Seul me manque le café!
Le capitaine se désaltère à l'eau du Nil, grand bien lui fasse. Nous déclinons poliment l'invitation de partager son pot de confiture plein de gasoil!
A remonter si longtemps le fleuve, nous voyons plein d'espèces d'oiseaux rares, des hérons cendrés, de magnifiques canards noirs qui ne vivent qu'ici, et toutes sortes de petites scènes de la vie quotidienne, enfants jouant dans des barques minuscules, père et fils posant des filets et rabattant le poisson à la perche…
C'est malheureux à dire, je fais trois photos en six heures, dont une bonne au moment où nous quittons le quai!

Le reste de temps, je me contente d'être juste là à regarder. Je ne suis pas du tout rentable!

Bon, l'heure tourne, nous sommes à moitié morts et il reste les bagages à faire car nous quittons demain matin Assouan pour Abou-Simbel à bord du Kasr Ibrim.
Je me suis aperçu ce matin avec désarroi qu'il n'y aurait pas Internet sur le bateau ; sur le coup, pour un 5 étoiles, ça m'a parut légèrement scandaleux, je l'avoue!
Mille fois pardon, Eva et Hugues de ne vous avoir pas répondu en particulier alors que j'en avais le désir et l'intention et que nous pensons si souvent à vous. Je me ferai pardonner bientôt, promis!
Donc, je suis bien triste de vous dire que nous ne pourrons pas vous donner de nouvelles jusqu'au 24 que nous soyons à Louxor.
Du coup, je vous embrasse tous encore plus tendrement que d'ordinaire. Prenez bien soin de vous. Nous sommes en pleine forme et prêts pour de nouvelles aventures!

PS : Je trouve qu'il commence à faire à faire un peu frais le soir, en tong, j'ai froid aux pieds, je regrette mon petit cachemire et puis pour la croisière malgré la robe habillée que j'ai emportée pour faire plaisir à Hugues, je n'ai vraiment rien à me mettre, je ne vais pas oser sortir de ma cabine!

 

Mercredi au Monastère Saint Siméon


© A.

Mardi egyptienneries

Depuis la terrasse du Keylany Hôtel, dans une flaque de soleil avec la tasse de café qui fume juste à côté…
Moment paisible après un petit déjeuner reconstituant.
Hier, nous étions levés avant l'aurore grâce au muezzin, au coq, au réveil, bien décidés à être les premiers au Temple d'Isis de Philae.
Beau rêve ! La découverte de la petite souris et la perte de ma bague en turquoise nous ayant à peine retardés de dix minutes, nous arrivons vers 7h en taxi à l'embarcadère situé hors de la ville pour prendre un petit bateau afin de rejoindre l'île où a été déplacé le temple. Mais il est déjà trop tard et le temps de résister au racket qui veut qu'il n'y est pas de ticket, mais qu'il faille louer le bateau au même prix qu'on soit 2 ou 12, un groupe embarque avant nous, tout droit sorti de son bus climatisé, tout droit venu de sa croisière.
C'est la première fois que cela nous arrive et nous sommes dégoûtés !
Malgré tout, l'approche de l'île est vraiment très belle, dans la lumière basse du matin ça ressemble un peu à la baie d'Along, je veux dire un peu à l'idée que je me fais de la baie d'Along !
Au milieu de cette eau lisse et noire, l'île nous apparaît bientôt toute verdoyante et fleurie avec le temple se découpant sur le ciel d'un bleu vif.
Vision ravissante.

Malheureusement, lorsque nous abordons, d'autres sont déjà là avant nous, les grandes perspectives photographiques s'avèrent délicates à réaliser.
Côté lumière, bien que nous soyons là à l'ouverture, nous avons deux heures de retard sur le soleil…

Mais l'endroit est tellement beau et la première enfilade de colonnes tellement tentante que je m'y essaye quand même.
A. dans mon dos, qui voit les bateaux chargés arriver, me presse… "Nous partîmes 50 et par un prompt renfort, nous nous vîmes 3000 en arrivant au port".
A la première vague, nous nous replions et tant pis pour la belle enfilade de colonnes !
Impossible de dire assez la beauté du lieu, la délicatesse, la richesse des hiéroglyphes et des bas reliefs, ni notre émerveillement, notre frustration lorsque moins d'une heure plus tard la foule envahit le temple de telle sorte qu'il devient impossible de rentrer dans les salles, ni d'échapper aux guides vociférant dans toutes les langues pour se faire entendre de leur groupe.
Que dolor, que pena !

Avec ça, je ne perds pas de vue que je suis là pour travailler et, rarement, j'ai ressenti l'impossibilité de photographier ET de flâner avec tant de frustration. A. aussi, qui ne se plaint pas pourtant et continu d'être un parfait assistant.
Je fais presque coup sur coup trois belles images, ce qui me met en joie et nous console de profiter si mal.

Heureusement / Malheureusement, bientôt c'est Woodstock et la question de la photographie ne se pose même plus.

J'en prends mon parti devant les merveilles qui nous ici sont offertes.
Nous nous tirons par la main ou nous appelons, "Eh, là, vite viens voir, eh,là, là, regarde !", c'est beau comme un matin de Pâques !
Nous passerions avec bonheur la journée là, c'est sans compter le bateau et le taxi qui nous attendent. Nous nous arrachons à regrets, de toutes façons c'est devenu intenable, on dirait un supermarché le samedi de Noël.
Enfin, il parait que nous y retournons vendredi matin, encore plus tôt cette fois et juste en amoureux.
A suivre…
P.S : Christine chérie, nous avons pensé fort à toi dans ce temple d'Isis et formé le voeux que toi aussi, tu retrouves ton Osiris…

Mardi

Depuis ce matin nous sommes 3 dans la chambre. Maintenant, A. et moi nous avons une petite souris...
P.S. Ce matin on est allé voir le temple de Philae, magnique.

Jour de grève

Petite vidéo du désert de Siwa que j'ai enfin réussi à envoyer.

Flashback à Alexandrie


Humeur du jour par A.

Avant-hier, dans un beau parc bordant le Nil, nous avons pris un verre à l'ombre. Pas de touristes, juste des familles ou des classes venant pique-niquer ou jouer.
Le verre nous coûte le double que pour les Egyptien. Une classe joue à coté de nous. 60 jeunes entre 12 et 15 ans. C'est un jeu ou il y a les filles contre les garçons. D'un coté 30 trente têtes nue au cheveux court et des manches courtes et de l'autre 30 têtes voilées de la tête au pied, aux manches longues…je trouve ça injuste.
Aujourd'hui j'ai vu une petite fille de 4 à 6 ans voilée, ça me rend dingue.
On devine l'influence de la télé et des médias car beaucoup de ces jeunes filles portent par dessus l'habit classique qui couvre tout le corps, des petits tops ou débardeurs rose, ou des minis jupes sur le pantalon…
Pour ceux qui voudraient venir en Egypte, mon expédition de tout à l'heure pour acheter un petit quelque chose à manger a été très instructive.
Tout est annoncé plus cher pour le touriste, et même après négociation tu payes plus cher que l'Egyptien.
- Une boite de vache qui rie annoncer 10 payé 4. Prix réel 3.
- Eau minérale annoncé 3 ou 5 payé 2. Prix réel 1,5 ou 2.
- 10 petits pains annoncés 10, payés 2. Prix réel 1.
- Petits citrons annoncés 10, payés 3. Prix réel 1.
- Glace annoncé 10, payé 10 la première fois puis à force de me voir (pour autre chose) me la fait maintenant à 5.
Tout est comme ça, il est très très rare que le commerçant dise le bon prix la première fois.
On s'habitue…quand je vais rentrer, pour mon premier Sandwich à la Brioche Dorée, la vendeuse m'annoncera 4,20 € et moi de lui rétorquer : "Arrête je suis pas un touriste, fait le moi à 2 €…c'est un bon prix", puis tout a coup me rappelant où je suis, de me reprendre et de m'excuser… il me tarde de voir ça tête.

J'ai oublié de dire que comme je les salut en arabe et leur demande le prix en arabe, les types pensent au début que je suis d'ici...jusqu'au moment ou ils m'annoncent le prix et là je comprends rien et doit leur demander en anglais...je vais les apprendre, au moins jusqu'à 10.
J'aurais peut être les tarif locaux...

En bref

Bon, je profite qu'A. est parti seul au ravitaillement, pour accaparer l'ordinateur et vous donner des nouvelles fraîches (à peine 28° aujourd'hui) et répondre aux fidèles entre les fidèles!
Alors, non, chère ravissante Christine, je ne crois pas que tu peux vraiment nous envoyer des photos. En tous cas, pour celle du petit renard gourmand qui s'en met plein la lampe (d'Aladin, bien sûr) sur la terrasse de mon oncle Hélios, que tu connais, c'est une petite image que j'ai reçu en privé, par courriel, il y en a qui font feu de tous bois, et que nous avons trouvé tellement étonnante et charmante que nous avons voulu la partager!
Je veux bien voir l'avancée de tes travaux par ce biais là…
Et si ta bande d'ouvrier n'avance pas, tu peux peut-être leur rappeler que Sakkarah a été faite en trente ans et que trois mois pour te refaire la plomberie et les peintures, c'est juste un peu humiliant pour eux!!! Et à Sakkarah, il y a aussi des peintures. Enfin, il parait, parce que, comme vous savez, nous Sakkarah… Aujourd'hui, nous sommes parvenus à nous tirer du lit assez tôt pour être les premiers à l'ouverture de la Tombe des Nobles sur l'autre rive du fleuve.
Malgré le guide obligatoire ostensiblement désagréable qui cherchait à nous expédier, nous nous avons passé un bon moment à regarder les gravures et les peintures grâce à A. qui a résolument opté pour une sorte de résistance passive et traînait des pieds à son rythme.
L'ensemble de 4 tombes sur les 5 promises était plutôt impressionnant mais nous a laissé sur notre faim parce que le site n'étant pas du tout entretenu, rien n'y est mis en valeur et que les restaurations faites à l'arrachée, ciment dans les failles, peinture à la chaux sur la pierre des murs, laissent parfois une impression peinante émerveillement de gâchis.
De plus visiter 4 tombes sur les 60 réunies, ça faisait un peu échantillon!
Tout ça pour dire que nous n'avons pas eu le même plaisir qu'en voyant les catacombes d'Alexandrie, enfin la petite partie accessible au public, dont je m'aperçois que nous avions oublié de vous parler.
Parce que les petites catacombes d'Alexandrie, avec les peintures magnifiques et les bas-reliefs délicats, quand nous en parlons, c'est toujours avec des étoiles dans les yeux ; un de nos plus beaux souvenirs.
Interdiction de photographier et comme partout ici, pas de cartes postales. Impossible à partager, dommage.
Pardon, mais ce sera tout pour ce soir, parce que nous avons ensuite longuement marché sous le soleil de midi et là, je suis toute-toute fatiguée et demain c'est réveil à 5 heures!
En résumé, nous sommes en pleine forme et nous prenons peu à peu nos marques.
Assouan nous parait toute petite après Le Caire et Alexandrie et c'est très reposant.
Tendresses à vous tous et à chacun en particulier.
PS : Heu, Maman, finalement, le collier, je n'ai pas pu résister!!!

Le fenec d'Hélios

Pendant que nous, nous essayons désespérément d'apercevoir de grandes oreilles au milieu du désert à l'autre bout du monde, d'autres, eux, sont plus chanceux et les ont tout près...dans les Hautes Pyrénées par exemple !
C'est gentil de nous les faire partager.

© Hélios Gimeno

A Assouan du Keylany Hotel

Ce matin pas de nouvelles de vous! Soit ce n'était pas trop intéressant ce que nous vous avons raconté, soit nous sommes mal habitués!
Enfin, ce matin le réveil a bien sonné à 5 heures entre le muezzin et le coq mais nous avons finalement décidé de l'ignorer!
Et donc là, nous bullons au frais sur la terrasse de l'hôtel après un petit déjeuner de prince.
Et "C'est l'éclate!" dit A..
Jus de citron frais, vrai café, toastes grillés, fromage, crêpes à la confiture, salade de fruits. Et recafé. Waou !
Pour fêter ça, je remonte mon pantalon, bien décidée à bronzer jusqu'aux genoux et pour une fois, tant pis si les jeunes serveurs baissent les yeux et regardent leurs pieds en passant devant moi.
Hier nous sommes allés visiter le Nubia Muséum. C'est un beau musée en granit rose, pas du tout poussiéreux ni vétuste comme celui du Caire et nous nous sommes régalés malgré la température, 30° au thermomètre des vitrines.

Il y avait surtout une très belle statue colossale de Ramsès II, lui aussi très beau, très paisible, qui nous a enchantés. Et une multitude de petits objets usuels, bijoux et statuettes plus beaux et raffinés les uns que les autres, avec un peu de gréco-romain de-ci delà ainsi que de somptueux tissus de la période ottomane. C'est bon d'être un peu émerveillés!
Et comme je ne travaillais pas, nous avons aussi eu le plaisir d'être là, ensemble, juste à partager le moment, parce que quand je travaille, il ne faut pas rêver, ce n'est pas comme dans les films, le couple enlacé sur les coussins moelleux au fond du bateau avec les violons, ce n'est pas nous, même si nous avons la felouque pour nous tout seuls.
D'abord, je suis péniblement concentrée, avec le prix que nous coûte la felouque, ça serait bien que je rentabilise (non, je plaisante!) et quand à s'enlacer… Au niveau du contact, l'Egypte n'est guère épanouissante!
C'est le pays de la contention et Dieu sait que je ne suis pas portée sur les effusions en public, mais là, à la longue, ça pèse de devoir se surveiller sans cesse. Bon, en plus, toutes les chambres sont équipées de lits jumeaux…
Pour moi, le prochain voyage, c'est destination les Iles Marquises, les cocotiers, la plage, les vahinés torse nu avec juste un petit collier de fleur et les hommes avec de beaux tatouages pour tout vêtement.
Côté choc des cultures, nous nous habituons peu à peu ; mon dernier vrai café remonte à si loin que j'en ai presque oublié le goût. Aujourd'hui ma devise est devenue "Mieux vaut un Nes réussit qu'un café raté".


Côté "bonheur enfantin", vendredi nous avons loué une petite felouque pour nous tout seuls. Nous avons fait une ballade de deux heures entre la fin d'après midi et la nuit tombée avec coucher de soleil rougeoyant sur le désert proche et tout le tralala!
Avec une légère brise parfumée dans le museau, le Nil qui devient anthracite, les envols d'ibis, les barreurs, beaux jeunes nubiens vêtus-dévétus de galabieh blanches négligeament remontées jusqu'à mi-cuisses dans le feu de l'action (inutile d'aller vérifier, pas de photos pour les amateurs dans le prochain "plein les mirettes"!).
Comme disent les jeunes de maintenant "ça le fait, grave!".
C'est comme pour Prague, tout le monde le dit, la ballade en felouque, c'est le bonheur etc. et toi tu te demandes si ça ne va pas être totalement surfait…mais non, miracle, c'est vraiment merveilleux. Je veux dire, si tu n'es pas avec 30 pauvres types en train de chanter la Lambada, bien sûr ; on a vu, de nos yeux vu. Et encore, je travaillais. Alors, pour ceux qui seraient là juste pour profiter…

Plein les mirettes 2

Ma petite Maman Chérie

Merci de tes petits messages qui nous font chaud au cœur.
Je vois que le système n'à plus de secrets pour toi et je suis toute fière que tu te débrouilles comme une reine!
Il est 14h30 et nous venons de rentrer d'une belle ballade jusqu'au Musée Nubien suivie une station fort agréable dans un beau parc surplombant le Nil. Il y faisait une température très agréable à l'ombre avec brise légère et il n'y a eu que la faim pour nous tirer de là!
Nos avons pris une boisson chacun à prix d'or parce qu'ici parfois, le plus souvent possible, les étrangers paient plus cher. Là, c'était le double! Comme nous ne sommes pas habitués, c'est un peu troublant…
Je suis bien contente que tu aies reçu ta carte toi aussi ; trois semaines, ça me laisse juste le temps de t'en envoyer une autre… malheureusement jusqu'ici, à Assouan, je n'ai rien vu du tout du tout…
A part des bijoux! Ah, je pense souvent à toi parce qu'au niveau bijoux, il y de tout! Nous avons trouvé une boutique où les perles de corail et de turquoise sont dans des sortes de grosses jarres en terre cuite ; c'est la caverne d'Ali Baba!

Le très beau, reste encore cher pour nous, mais on y va pour "le plaisir des yeux", comme ils disent et aussi parce que j'en ai profité pour faire monter une cornaline iranienne ancienne avec un petit texte du Coran gravé que j'avais depuis longtemps et comme je n'était pas tout à fait satisfaite du travail nous y retournons un peu chaque soir ce qui fait bien des tentations comme tu imagines! En plus de la question financière, je ne me lance pas parce que pour l'ancien, je ne m'y connais pas trop et je n'ai pas l'œil aussi sûr que toi et eux, ils sont très filous!!! Ce serait mieux que tu sois là!!!

C'est vrai, qu'il y a toujours une petite place à part dans le cÅ“ur d'un enfant pour sa maman ; pour Djouna et moi, c'est facile, la notre de Maman, elle est tout amour. Un petit loukoum à la rose.
J'espère que tu vas bien et qu'il ne fait pas trop trop froid ou alors que tu es bien emmitouflée ou bien au chaud dans ta maison.
Ne travailles pas trop, sois sage!
A propos, as-tu reçu les cartons d'invitations qui manquaient avant notre départ?
C'est quand ton expo, déjà? Pardon mais ici, nous sommes un peu hors du temps, en plus le week end, c'est vendredi-samedi, parfois on a un peu de mal.
J'ai fait une jolie photo hier et une aujourd'hui.
Ça commence à faire une petite série qui se tient, disons une vingtaine d'images vraiment cohérentes…
A. est toujours parfait, toujours sur tous les fronts. Bon, de temps en temps, comme hier, il tombe un peu malade, ça doit lui permettre de souffler, j'imagine! Mais dès le lendemain, il est de nouveau tout vif et assez épanoui dans l'ensemble, je dois dire, bien que tout repose sur ses larges épaules ; à peine si j'ai 25 piastres sur moi pour aller faire pipi toute seule! Je jure que c'est l'exacte vérité. Avec ça, il progresse en anglais et en arabe à vue d'Å“il! Donc, à part l'autre matin, qu'il a négocié comme une bille le travail du bijoutier pour ma bague, un bref coup de mou, je suis la princesse émerveillée et unique jusqu'ici de son harem… Il faut dire que le foulard, ça boudine désespérément.
Petite Maman de mon cœur, il faut que je te quitte car c'est l'heure de la sieste et après ce sera ma faute si nous ne sommes pas en forme demain à cinq heures!!! Le plein de bisous et de calins dans ton petit panier en vannerie nubienne.
Tendresses, pensées et patisseries orientales avec café turc pour les autres fidèles et si chers lecteurs. Nouveau billet plus général ce soir.

Plein les mirettes

Un petit mot pour chacun

Mon Tonton on était bien content d'avoir enfin de tes nouvelles ; ça faisait tellement longtemps, que j'avais fini par croire que tu avais commencé d'hiberner. J'espère que tu es en forme et qu'il fait bon devant ta cheminée. Ici aujourd'hui il faisait 37°C, c'est vrai que c'est le début de l'hiver.
Pour les petits taquins comme Maman et toi qui entendent "premières" quand je dis "premières", c'est beau d'avoir garder son innocence !
Voyager ici, c'est comme acheter un appart par les petites annonces, il faut bien tout lire entre les lignes. Donc, même si vous imaginez le pire, vous êtes en dessous de la réalité.
Alexandrie-Assouan via Le Caire, 20h de voyage. Je meurs d'envie d'une douche. La salle de bain commune au bout du couloir qui ressemble à un marécage est notre chambre qui est un nouveau petit taudis saumon, sans clim, c'est humain d'avoir un petit coup de mou, non ?!
Enfin, A. me dit de ne pas me plaindre, il y a deux draps et des serviettes propres, c'est Enorme.
Abuelita mia, nous avons été ravis de te lire. J'espère que tu es tout a fait rétablie depuis mon dernier coup de téléphone. Je me demande si tu as reçu ma lettre. Bientôt 3 semaines qu'elle est partie, ça devrait plus tarder, non ?
D'ailleurs, bonne nouvelle pour tout le monde, Christine a reçu la sienne, donc, tout n'est pas perdu, mais c'est vrai qu'en felouque c'est un peu plus long… A propos, ma Belle, ton appartement, il avance tout de même un petit peu par ci par là j'espère ?! Raconte moi.
Sinon il doit il y avoir une sainte Rita ici à l'église copte, je peux y aller mettre un petit lumignon...
Chère Marie-Do, nous avons été bien surpris et encanchés-ravis de vous lire. Je soupçonne notre ami Hugues de vous avoir donné le tuyau pour le blog…
Depuis ma terrasse au bord du Nil, je vois avec plaisir vos yeux pétillants et votre sourire taquin. J'espère que vous êtes en bonne forme et que François travaille bien. Baisers au jasmin.
Ah, Julien Julien, comme je regrette que vous n'ayez pas été là avec nous, Eva et toi, pour t'entendre chanter Aexandrie-Alexandra en t'accompagnant du luth local.
Comme tu le sais A. est plus classique, et lui chante Oum-Kalsoum toute la journée à tue-tête ; il dit que ça lui fait travailler son arabe. Moi je fredonne seulement les refrains en yaourt, on fait ce qu'on peut !
Petite Sœur Chérie, j'espère que le retour n'a pas été trop rude. Toi aussi, tu vas recevoir de vieilles nouvelles pas fraîches et un jolie timbre par la post il ne fait pas perdre espoir. Imagine, si la tienne arrive à dos de chameau, c'est normal c'est plus long.
Et puis, ce n'est qu'au temps béni de l'aéropostale, que le courrier faisait Port-Saïd - Paris en 24h si je ne m'abuse. Depuis on a bien évolué, c'est nettement plus long !
Hier soir, pauvre niais, nous avons traversé le Souk et coté rabatteur, Khan el-Khalili c'est de la roupie de sansonnet, comparé.
Ici, les types ils te barrent le passage ou t'empoignent par le bras. Si par malheur tu regarde discrètement un petit sachet de cumin de l'autre coté de la rue, ils t'interpellent pendant 50m ou viennent carrément te chercher.
Avec la fatigue (et même sans) c'est dur de pas les envoyer sur le roses, pour parler comme une fille, dur dur de pas les envoyer chier, pour parler comme A., tellement c'est agressant de ne pas pouvoir juste marcher dans l'air du soir.
Tous autant que vous êtes, si voyiez ce que je vous épargne en egyptienneries, vous me seriez reconnaissants.
Parfois j'ai l'impression d'être à Lourdes, pour ceux qui connaissent, avec la face de Toutankhamon à la place de celle de la vierge, en tee-shirts, en assiettes… Maman, tu te rappelles le torchon avec la Joconde que nous avions vu en Angleterre ?!
Si quelqu'un veut des torchons avec la tête de Toutankhamon, qu'il se manifeste maintenant, c'est le moment !
Et je ne peux pas laisser dire à Christine qu'il avait les dents en avant, ou je ne sais trop quoi à propos de sa beauté prétendument surfaite ; si on n'aime pas les "petits jeunes" on n'essaie pas d'en dégoûter les autres.
Evita chérie, ça me fait chaud au cÅ“ur d'avoir de tes nouvelles. Pardon pour le chameau mort sur ton déjeuner ! Aujourd'hui c'est baisers à la rose et bel ibis blanc glissant sur le Nil avec soleil couchant. Je pense souvent à toi.
Catherine ma belle heureux anniversaire, depuis notre felouque nous trinquons à ta santé notre premier verre de vin depuis notre arrivée !
Bisous à tous et à Maman Olga.

Journée ratée

Nous sommes encore tout fatigué par le voyage et décollons de l'hôtel trop tard, donc nous nous retrouvons à faire les touristes de base en plein midi sous un soleil de mort.
La lumière est trop dure, je bricole sans conviction.
Retour de l'île Eléphantine pour déjeuner à moitié écrasés de fatigue par la chaleur dans le même restaurant, recommandé par le Routard, et de nouveau bien décevant.
Nous nous écroulons pour la sieste et quand le muezzin nous réveille il est trop tard pour voir le soleil se coucher.

Nous nous consolons avec un jus de citron et un pâtisserie orientale au bord de l'eau en savourant la petite brise fraîche du soir.


Ce sera mieux demain Inch'Allah.

Le désert de Siwa par A. et en retard...

Retour à Alexandrie après une petite semaine de paradis à Siwa.
Il nous a été difficile de quitter Siwa et pour nous rendre la tâche encore plus compliquée, le dernier jour, nous avons fait une excursion dans le désert.
Incroyable.
Notre première à tous les deux.
Nous avons pris un 4x4 avec un jeune couple d'américain qui voyage pour 9 mois (coucou Andrea et Mike !) et un égyptien  (plus pratique pour parler avec le "driver").
Quatre heures de ballade à travers les dunes avec baignade dans des oasis d'eau froide ou chaude à bulle.
Après un petit plongeons encore le désert, cette sensation quasi impossible à exprimer.
A certains endroits, sur le sable, des coquillages, des fossiles, c'est fou d'imaginer qu'avant ces grandes dunes de sable il y avait la mer.
Pour finir, un feu en haut d'une dune pour se préparer un thé siwi à la menthe tout en regardant le couché du soleil.
Magique.


Le retour est difficile. On ne veut pas partie de cet endroit…mais bon…8h de bus plus tard (voir article Flore)…nous voilà à Alexandrie.

Siwa - Alexandrie Dimanche

Vé, on a pris tellement de retard que je ne sais plus par quoi commencer.
Pour ceux qui n'ont pas suivi et nous croient de retour au Caire, les cruels, je rectifie, nous sommes revenus dimanche matin vers 6h à Alexandrie.
Alexandrie me réussit.
Une jolie petite photo hier et trois ce matin…c'est la mer j'imagine…
Bref, Siwa-Alexandrie de nuit, l'ENFER.
Je répète pour les routards novices, l'ENFER !
Plus jamais ça.
A. qui est un gentleman me laisse le coté fenêtre.
Néanmoins, avec la clim on se gèle, sans la clim on crève de chaud, c'est super bruyant, chacun y va de son téléphone portable, de sa radio et s'interpelle à haute voix. Malgré que laisse espérer son extérieur, le bus est inconfortable et usé jusqu'à la corde. Impossible d'étendre les jambes, ou d'incliner son siège.
Evidemment 8h de route et pas de WC.
Donc, si t'es une fille et que tu peux pas faire pipi debout dans la nature, malheur à toi ! La cahute dans le désert t'attend dans la nuit noire et là, même avec les femmes toutes voilées de noir et gantées, tu peux avoir une complicité !
Une vieille odeur d'urine, un sol glissant, pas de lumière et la porte qui ne ferme pas. Mais qui irait fermer la porte dans la nuit noire, si il n'y a pas de lumière dedans et que le sol sous tes pieds glisse de manière suspecte et fait plouitch, plouitch sous tes chaussures ?
En même temps que je descends mon large pantalon en lin, je tente de remonter le bas pour qu'il ne traîne pas.
Comment font elles ? Je me le demande. Le pantalon, le bas de la robe, les gants. Elles sont plus dégourdies ! Avec qu'elle main elles se pincent le nez ?
On échange quelques mots et un sourire à la sortie, A. sifflote dans les parages, pas trop près pour ne pas les effrayer.
Mais 8h de route, qu'elle vessie feraient la fine bouche, si j'ose dire ?!
Après la première pause, à 2h du matin, on a droit à la télé. On est halluciné.
C'est un clip, mais ça ne marche pas trop bien, enfin le son oui ! L'écran est en N&B et brouillé pour la moitié supérieure.
Apparemment tout le monde est content, nous on fait za zen.
Quand je rouvre un œil un peu plus tard, c'est un film américain de série Z, le héros est un genre de Schwarzenegger et le méchant un asiatique, une sorte de japonais.
Une intrigue risque de se nouer entre le héros et la future épouse du méchant, elle aussi très kung-fu, malheureusement au moment crucial, la télé s'éteint au milieu du film et la lumière se rallume.
Le reste du temps le type klaxonne comme un fou dans la nuit au milieu du désert.
Arrivé dans la banlieue d'Alexandrie, il fait froid, il fait nuit, on y voit pas à deux mètres, le temps c'est embrumé et tout est fermé jusqu'à 8h.
On a l'air d'avoir passé la nuit sur un trottoir.
Heureusement, un jeune française, ange tombé du ciel, nous propose l'hospitalité et nous offre le petit déjeuner. J'accepte éperdue de reconnaissance.
Almicie, mille fois merci et rappelle toi, tu es la bienvenue chez nous à Paris, quand tu veux.
Nous n'avons pas réservé, tout est complet, mais en 3 coups de fil A. nous dégote un nouveau petit taudis avec vue sur la mer…et nuit sur l'autoroute. Après la paix de Siwa, la nuit dans le bus et le retour à la civilisation, moi, j'aime pas trop ça !
Alors je dis Alexandrie-Assouan, 15h de train, on voyage en première ! Et A. ne moufte pas. (Assises les premières, hein, faut pas rêver non plus !).
Après la sieste, on va déjà mieux.

Quelques photos du premier passage à Alexandrie

Photos Flore et A.

Petite video recente de Siwa

Flore et le vélo.
Apres 20 ans, enfin les retrouvailles en exclusivité !

Petite video Sakkarah

J'ai enfin trouve le moyen de mettre cette petit video avec musique en ligne, elle date un peu (Sakkarah), mais c'est mignon quand meme.

Alexandrie bis

Pardon on est super en retard pour les nouvelles fraiches.
On vous racontera le lac salé, le desert et le retour en bus de nuit des demain.
Pour l'instant on est morts.
On retourne se coucher dans un nouvel hotel (nouvel hotel-nouvelles surprises !)
P.S : Une Fatir, c'est une sorte de tarte avec de la pate feuilletee dessus et dessous et des trucs dedans, salés ou sucrés..
C'est delicieux quand c'est bien fait.
P.S 2 : Parfois le petit Bedouin, ouin, il rouspete mais la plupart du temps c'est mon heros du desert !!!
P.S 3 : Bien sur Christine, tu peux donner l'adresse du blog a Francoise.

Adieu Siwa Ouinnnnnnn !

Nous nous résignons à quitter Siwa ce soir pour Alexandrie. Cette fois, c'est bus de nuit. On varie les plaisirs comme vous voyez !
Bien sûr, ma Christine, que nous recevons tes commentaires et même parfois j'y réponds en particulier, en cherchant bien, tu dois trouver, mais, pardon, la plupart du temps, c'est plutôt réponse groupée parce que sans électricité et/ou sans ADSL, c'est devenu plus sport pour nous et même les photos, souvent vous les avez maintenant le plus souvent brut de décoffrage.
Fini le bon temps du Ramsès et la connexion internet dans la chambre!
J'adore ton humour et nous suivons tes aventures pour l'appartement avec intérêt et compassion; dans le pire des cas tu peux faire comme ici, en torchis, si jamais tu as du mal à boucler ton budget. Je plaisante.
Je suis sûre que ça finira par devenir un joli petit nid douillet.
Pour ce qui est du bain au lait d'ânesse, A. a un peu de mal avec la traite parce que, comme les femmes, elles sont voilées de la tête aux sabots, c'est le bazar pour accéder à l'essentiel. Mais rassure toi, grâce à mon amie Catherine, notre savon est au lait d'ânesse, parfum géranium, et ça le fait quand même assez j'espère !

Cher Hugues, merci de votre message. On a été épatés que vous vous lanciez si vite. Ravis de vous lire !
Je suis sure que vous trouvez plein de petites astuces pour rendre la vie parisienne moins grisâtre. Et vous êtes un peu en vacances, non ?
Rassurez vous, Allah est miséricordieux et ne permettra pas que je meure au Caire ! D'ailleurs, Le Gray était un grand photographe, c'est tout naturel qu'Il ait cherché à le garder sur le sol égyptien… en échange du Scribe assis, peut être ?!
Manunue chérie, j'étais bien déçue que tu sois sortie quand j'ai téléphoné hier soir à la maison et j'espère qu'au moins chez Guerlain, tu as trouvé des fards dignes de ceux de Cléopâtre !
Ici, côté bricoles à ramener, on n'a pas de tentations à tous les coins de rues, souvent même, on a plutôt des doutes.
En descendant peut être…
On vous aime…vous nous manquez. Ce serait chouette d'être ici tous ensemble…

Petit pain aux dattes quotidien

On vous a trouvé en pleine forme en vous lisant ce matin et vous nous avez fait rire aux éclats. C'est bon d'avoir de vos nouvelles!
C'est malheureux à dire mais nous oublions toujours que c'est l'hiver pour vous tandis qu'on pédale sous le soleil par 35° (je ne dis pas à l'ombre parce qu'ici, il n'y en a guère).
C'était une idée brillante l'hôtel à 3 bornes! J'ai les os du coccyx en compote et les paumes bleues tellement les vélos sont rudes et les routes défoncées.

Enfin, c'est sûr, on élimine le délicieux couscous au poulet de l'hôtel, les fatirs raisins-noix de coco de chez Abdo et les crêpes banane-chocolat du petit déjeuner! A vue de nez on n'a pas pris dû grossir beaucoup (l'avantage aussi d'être toujours légèrement dérangés). Parce que la vie au paradis, faut pas rêver, ce sont aussi les petits légumes frais et croquants, appétissants à souhait mais traîtres en rapport et qui font "aller", si vous me permettez l'expression, la jolie moustiquaire rose pas juste pour faire genre Côté Sud mais parce que, comme dans le conte que reconnaîtront Maman et Djouna, si t'es pas dedans, les moustiques dès la tombée du jour, ils te dévorent tout crû. Et ici, le jour, il est couché, pfft, d'un coup à 6h, comme un rideau rouge qui tombe.
C'est vraiment comme on le raconte, les nuits sont fraîches, je veux dire fraîches fraîches, mais pas comme à Reims, non plus, hein! Et ce matin, à cinq heures, on supportait bien la petite laine et l'écharpe.

Le soir, c'est agréable de papoter devant le feu dans le patio avec le ciel étoilé sur la tête et d'échanger les impressions et les tuyaux de la journée avec les autres voyageurs. Un ciel comme jamais nous n'en avions eu ni l'un ni l'autre, au village (voir photos).
Nous faisons des progrès en arabe mais refusons d'apprendre le siwi qui est comme le tango académique, après tu peux le danser avec personne sauf les gens pasde ton cours! Je dois m'arrêter pour aujourd'hui car on ne peut pas monopoliser la connexion internet toute la soirée (et on crève la dalle!).
La princesse du désert et le petit bédouin qui vous aiment.
PS : Ah, mince, j'allais oublier de vous dire, on a acheté des sortes de tapis pour mettre au mur.
A. a fermé un œil sur le prix, mais je vous raconte pas ce que j'ai entendu à cause du poids!!!
Peut –être, il préfèrerait que je me limite aux bijoux, vous croyez?!

Gisé gasa gousi siwa

Pour Djouna
Au fait on vous parle toujours de Ghuizé, Siwa, Saqqarah, Le caire...
Alors voila une petite carte pour que vous puissiez nous voir.

Cliquez sur la carte pour la voir en grand...