Chose promise

Je crois que je dois mal me débrouiller, mais j'avoue que mener de front la visite complète de Venise et de ses environs, San Marco, la Salute, l'Accademia, le Rialto, le Pont des Soupirs, parce que voir Venise et mourir, le Ghetto pour Hugues, la collection Pinault puisqu'on ne l'aura pas en France, les Picasso, Kandinsky, Juan Gris et autres Braque chez Peggy parce qu'A. n'aime pas le Quattrocinto, la Fenice pour Coquito, le Lido parce qu'évidemment Mort à Venise, la chambre d'Alfred et Georges au Danieli, le Harry's Bar pour le vieil homme, la tombe de Monteverdi pour Catherine et San Michele pour Mariette, écouter Vivaldi à San Maurizio parce qu'il y a là des sièges où s'écrouler et le soir dans sa chambre en se brossant les dents pour se consoler d'avoir subit la veille une Violetta, sorte de grosse poupée russe habillée de synthétique vert pâle à volants, hurlant comme une mégère de la Pescheria, tandis que l'orchestre réduit à un piano de cours de danse, deux violons grinçants et un violoncelle indigent tente en vain de la couvrir, écrire des cartes postales qui arriveraient miraculeusement avant nous, regarder scrupuleusement toutes les boutiques de bijoux en verre de Murano pour essayer de distinguer le souvenir charmant à ramener qui ferait vraiment plaisir, faire accessoirement un peu de photographie en jonglant entre la couleur, le Noir et Blanc, le Nikon de toujours, le pola de l'Egypte et l'Ixus du blog et le soir tout vous raconter joliment en étant à la fois drôle et poétique, certains jours ça me parait un peu surhumain…

Un truc de fille...


Petite bague Argent et verre de Murano, comment vous trouvez ? En blanc, en rouge, en vert...

Une pensée pour Hugues

Bref aperçu


Juste quelques images pour vous faire patienter.


Rendez vous ce soir.
On vous racontera la Traviata…

Venise exquise

Nous partons légers, légers, donc pas de bagages à enregistrer, pas d'attente à l'aéroport, comme directement du café au lit au survol des Alpes enneigées.

A peine le temps de goûter "Venise est un poisson" de Tizinano Scarpar (Ed. Christian Bourgeois) que nous paraissons atterrir dans l'eau grise.
Température extérieure ? Brrr…pire qu'à Paris ce matin, en tous cas !
Brume, ciel de perle grise et mer de nacre verte, une lumière inespérée, amortie et comme silencieuse. Pas de bus pour nous !
Je me suis battue pieds à pieds, contre l'espèce de vendeuse qui essaie de refiler ses billets aux touristes, contre A. qui trouve que c'est trop cher d'abord, trop loin ensuite ; je veux arriver par la mer, ainsi que j'aurais rêvé d'arriver à Alexandrie. Je me rappelle que Jean-Philippe Lauer, à ses débuts, arrivait par bateau en Egypte ; c'était déjà le commencement de l'expédition, cette traversée de la Méditerranée, de Marseille vers Alexandrie.
Les femmes portaient de longs sautoirs dont certains, de perles grises, avaient la couleur du ciel aujourd'hui.


Nous sommes une poignée à avoir préféré le vaporetto Alilaguna.

Une heure de l'aéroport à San Marco; j'ai choisi au plus long, escale à Murano, au Lido. On n'en finit pas d'arriver. C'est comme être hors du temps, cette arrivée en bateau, lente, si lente.
La couleur de l'eau change peu à peu, les îles dans la lumière douce se dessinent désuètes, en demi-teintes pâles et s'effacent bientôt dans la brume.
Assise à l'avant, le visage passé par la vitre ouverte, je suis vite glacée par les embruns, émerveillée.

Aujourd'hui Venise portait la robe couleur de lune de Peau d'Ane et je ne peux rien imaginer qui exalte mieux le charme exquis de sa beauté fanée.

Demain Venise

A peine étions nous de retour d'Egypte que nous brulions déjà de repartir!
Après quelques hésitations, nous choisissons finalement Venise. Escapade de cinq jours à peine, prisonniers que nous sommes des diverses obligations parisiennes de l'un et de l'autre.
Donc, depuis, j'ai lu sur Venise, j'ai écouté Vivaldi et le Routard est re-devenu Bible et livre de chevet, n'en déplaise à ceux et celles d'entre vous, suivez mon regard, qui seraient plutôt Lonely Planet!
Couleurs ou N&B?
Je ne parviens toujours pas à me décider.
Partant, du boitier, je ne sais rien encore.

Cycle de conférences sur la Photographie en Seine-Saint Denis (Saint Ouen)...suite et fin

Fin d'après-midi, je retrouve Dominique Gaessler sur le quai du métro Porte de St Ouen pour aller à l'Espace 1789.
Le ligne 13 fidèle à elle même, les trains se succèdent bondés ; je me demande comment nous allons parvenir à rentrer avec la boite qui contient les tirages. Dominique souriant et positif.
L'Espace 1789 est une belle et vaste salle de spectacle que nous ne remplirons assurément pas !
Suite à la petite expérience de Noisy-le-Sec, je me sens évidement plus à l'aise. J'espère juste être dispensée d'un éventuel micro.
Après un passage de contrôle des images sur l'écran, nous décidons un diaporama légèrement différent et de survoler rapidement "Loin de l'Espoir" dont les noirs s'avèrent illisibles. En revanche, il y aura de toutes nouvelles photos de Sabah el Nour. Au total environ 80 reproductions.
Avouons qu'à l'heure de commencer, le public n'est pas très nombreux. Mais comme je le déplore avec humour sur le chemin du retour, mon compagnon me rappelle gentiment que pour la conférence de Brigitte Ollier sur Diane Arbus à la Fondation Cartier, nous étions à peine une vingtaine.
Bon, d'accord.
Dominique improvise une présentation flateuse, les lumières s'éteignent, les images défilent, mais les publics ne se ressemblent pas. ici, pas de questions spontannées venant heureusement m'interrompre, et je dois poursuivre vaillament mon long monologue.
Ah, il faut avoir la foi dans l'intérêt de ce qu'on raconte ou éviter absolument de se poser la question!
Heureusement, les premiers rangs sont assez proches pour que je distingue les visages et puisse m'adresser à chacun.
Quelques proches entre les proches sont dans la salle ; je peux sourire à mon amie Christine Gidrol que les fidèles lecteurs du blog reconnaitront et qui connait bien la génèse des photos du camp de Rivesaltes pour m'y avoir accompagnée à maintes reprises et avoir été de l'expédition "Journées du Patrimoine 2006", tramontane et pluie battante. Au bout du deuxième rang, Arnaud Brunet, sans son Mark III, c'est à ça que je vois que cette petite conférence n'est pas un "évènement"!
Légèrement en retrait, mon compagnon, discret, qui filmera pour que vous ayez un petit aperçu.

La salle se rallume et le meilleur moment arrive, celui de montrer les tirages, chacun se rapproche pour mieux voir. Forte de l'expérience de la dernière fois, j'ai échangé les petits tirages cirés du Petit Palais contre les grands formats que Nathalie Lopparelli (Laboratoire Fenêtre sur Cour) avait fait pour l'exposition de la Direction des Affaires Culturelles à l'Hôtel d'Albret en 2004, enfin celles qui n'ont pas été vendues depuis.
Moins de tirages à l'or en revanche, car, décidément, les manipulations diverses leur sont vite fatales!
Et ce soir, personne ne manipule, que Dominique et moi.
Les questions se succèdent. A l'éternelle exclamation "c'est beau, on dirait de la peinture", Dominique nous offre une brillante évocation de l'histoire des courrants pictorialiste et néo-pictorialiste qui valait le déplacement à elle seule.
20 heures. Les lumières s'éteignent. Chacun se sépare. Nous marchons jusqu'au métro en commentant dans la douceur du soir.
Un grand merci à ceux d'entre vous qui étaient présents, merci aussi à ceux qui, n'ayant pu venir, m'ont fait un petit signe d'amitié.

Cycle de conférences sur l'Art Contemporain et la Photographie en Seine-Saint Denis - 2ème épisode

Deuxième chance pour le Cycle de conférences sur l'Art Contemporain et la Photographie en Seine-Saint Denis

Rendez vous ce soir.

Jeu de Paume – Ciel glacial et pluie de larmes

Hier matin, privilège d'aller mon travail au Jeu de Paume, pas laisser un dossier et "merci, on vous tiendra au courrant, non, un vrai rendez-vous avec la responsable des projets artistiques!

Lundi, le Centre Pompidou, vendredi, le Jeu de Paume, dans le métro, un bel inconnu me sourit, c'est ma semaine!
En l'occurrence, Marta Ponsa me reçoit pour voir mon travail sur le camp de concentration de Rivesaltes qui se trouve par chance en périphérie de ses préoccupations du moment.
Bref, je suis là, avec tirages et dossier, dans les coulisses de ce temple de la photographie, ni naïvement optimiste, ni absolument terrorisée, à peine assez en avance pour faire quatre images. Marta Ponsa est, de toute évidence, une professionnelle, regarde vite, parle peu, commente moins encore, prend des notes. Avec ça, parfaitement courtoise et nettement attentive.
L'accueil fait à Loin de l'Espoir, du genre "agréablement surpris", est un soulagement, une petite victoire. J'ai une pensée pour mon tireur Guillaume Geneste, dont on ne dira jamais assez de bien.
Je reçois deux adresses à Barcelone, une fondation et une galerie, ainsi que des encouragements à finaliser mon polyptique en échange d'un dossier complet que D. Gaessler vient d'avoir la bonté d'enrichir d'un beau texte de présentation.
Le tout aura honorablement duré une heure.

Pourquoi faut il que, depuis, je me sente "moins que rien ou " en dessous de tout ", comme on préfèrera?
Assurément, rien à voir avec mon interlocutrice qui a été parfaite.
Pourquoi faut il que le but à atteindre semble parfois tellement inaccessible que je me sente séparée de lui comme par une vitre?
Quelle idée terrible à se mettre en tête, que celle de vouloir devenir un grand photographe…
Je sanglote de désespoir et d'impuissance en boule dans la salle de bain.
Et où vais-je trouver en moi le souffle nécessaire pour finir les deux volets qui manquent encore? Et la production inhérente? De front avec Sabah el Nour qu'il faut finir de produire maintenant et exposer…
Depuis, je fais de la cuisine.
D'ici que je me mette à boire, je finirai comme Lee Miller…

Cher Philippe C.

Merci de tes petits signes d'amitié sur mon blog.
Je te promets de faire de mon mieux pour exposer Sabah el Nour à Paris cette année d'une manière ou d'une autre.

Te connaissant, l'esprit et l'œil toujours en alerte, la curiosité éveillée, je n'ai pas été surprise que tu aies déjà vu l'expo Lee Miller qui tourne en ce moment et n'arrivera à Paris, au Jeu de Paume, fin 2009, si ma mémoire est bonne.
Je t'ai envié de tout mon cœur et je t'en veux un peu de ne pas avoir partagé tes impressions, avec nous, pauvres mortels, qui devrons attendre encore une éternité pour la découvrir et n'avons, pour l'instant, que des livres à nous mettre sous la dent, l'œil, comme on voudra !
Donc, en mon nom et au nom de mes fidèles visiteurs, je ne saurais trop t'inviter à reprendre bientôt la plume et nous donner le plaisir d'en lire un peu plus sur Lee Miller ou sur ce que tu auras vu de beau, d'enrichissant, de stupéfiant, d'ici là…
De toi à moi, il te faut questionner Frédéric A., sur le diptyque qu'il vient d'acquérir… et te comportant en bon ami, donner l'adresse de ton encadreur (celui qui avait si bien réussi le cadre de ton grand tirage du Petit Palais) !

J'espère que la vie est belle pour vous deux. Je vous embrasse. A bientôt, n'est ce pas ?!

Beau jour - Beaubourg

Hier après-midi, rendez vous au Centre Georges Pompidou avec Pierre-Olivier Costa, chef de cabinet d' Alain Seban, le nouveau Président.
c'est la première fois que je rentre dans les locaux administratifs et le parti pris du rouge, disons "japonais", me paraît assez saisisssant de prime abord.
Ceci pour l'anecdote.

Pour, l'essentiel, on peinerait à trouver un homme plus courtois, plus attentif et charmant, moins imbu de sa fonction, que Pierre-Olivier Costa.
Les deux heures d'un temps précieux qu'il m'accorde sur un agenda probablement surchargé sont de celles dont je me souviendrai longtemps, de celles dont on sort encouragé à poursuivre des démarches souvent pénibles à entreprendre et qui, la plupart du temps, laisseront au mieux un souvenir mitigé, quand ce n'est pas carrément un sentiment de révolte.
Rien de plus difficile que d'aller montrer son travail...
Combien d'entre nous ont encore en mémoire de petites ou grandes humiliations et à combien d'entre nous a-t-on "parlé mal" avant même que le travail soit sur la table?
J'ai l'âge d'apprécier à sa juste valeur le temps qui m'est consacré, l'attention portée.
Et là, il s'agit d'un vrai rendez-vous, n'était le bureau entre nous, j'aurais osé dire d' une rencontre...De ces moments qui, donnant espoir, permettent de continuer.
J'ai porté à montrer les deux séries sur le camp de concentration de Rivesaltes, noir et blanc et couleurs, assez pour assombrir l'heure la plus claire, mettre un léger nuage sur le front le plus serein ; à mesure que les photos apparaissent, je regrette davantage de n'avoir pas pensé à amener aussi quelques tirages de Sabah el Nour, pour quitter mon interlocuteur sur une note douce et lumineuse...

Aujourd'hui, plaisir d'un déjeuner de soleil avec Anne, discrète et douce fée, à qui je narre tout par le menu entre deux beaux bronzes nus de Rodin.

Ai-je dit que Monsieur le chef de cabinet a de beaux yeux d'agate bleue et or?

Petit tuyau spécial Filles - Invitation

Mon amie Delphine organise une vente très privée de ses ravissants bijoux Dimanche 17 Février de 15h à 18h*.
Ici, rien que du chic, de l'intemporel, couleurs très fines et pierres semi-précieuses.
La plupart sont des pièces uniques.

Colliers ras du cou ou sautoir entre 20 et 30 euros, boucles d'oreilles entre 12 et 15 euros, broches entre 12 et 18 euros.
Qui ne rêverait de dénicher un bijou unique, avec son cachet de créateur, pour un prix aussi doux, alors que la tendance est à l'inflation et à la standardisation ?!
L'occasion de se faire plaisir, de faire plaisir, à prix très doux.
L'occasion aussi de faire d'agréables connaissances...
Si vous venez, nous nous rencontrerons sûrement, car je serai là sans faute dès 15 heures ; pas folle la guèpe !

* Rendez vous au 2, rue Candolle - 75005 Paris - M° Censier Daubenton - Interphone Sangla / Langlays

Cycle de conférences sur l'Art Contemporain et la Photographie en Seine-Saint Denis...suite

Donc, hier soir, cette petite intervention improvisée ou quasi à Noisy-le-Sec. (voir billet ci dessous)
Heureusement que Dominique s'occupe de tout dès la gare du Nord car il n'est pas certain que j'aurais su me débrouiller toute seule sans me perdre dans les dédales d'un RER que je ne prends pour ainsi dire jamais.
La nuit tombe tandis que nous nous rendons à la Médiathèque, un vent glacial nous fouette par rafales, la boite contenant les tirages me scie consciensieusement l'épaule ; tableau charmant, vous en conviendrez, et pourtant, je ne donnerais ma place pour rien au monde malgré une sorte de tract qui réduit fort l'intêret de ma conversation.
Dominique, qui sait évidement tout ou presque sur Noisy-le-Sec, me fait profiter de ses lumières. Explications qui me glissent dessus, comme sur les plumes d'un canard, il faut bien l'avouer.
le lieu qui nous accueille possède une salle charmante pour les conférences, la jauge plutôt intimiste me rassure avant que mon sang se glace à la découverte de la scène avec sa petite chaise toute seule, sa petite table et sa bouteille d'eau.
J'évite de me poser la question de la légitimité de ma présence en ces lieux, ce n'est guère le moment!
L'exercice du diaporama surtout ne m'apparait pas très clair.
Dominique est comme un poisson dans l'eau ;d'ailleurs, il sera brillant et merveilleusement fluide et spirituel à son ordinaire. ça me rappellera l'époque charmante où j'allais parfois, le plus souvent possible, assister à ses cours à Paris VIII, juste par gourmandise, si j'ose dire.
Difficile de passer après lui, impossible de jouer sur le même registre, il ne me reste qu'à essayer d'être moi-même, émouvante et sincère autant que faire se peut.
Heureusement, le public, pour n'être pas nombreux, n'en est pas moins attentif et ses interventions pertinentes.
la projection n'est pas vraiment favorable au type de photos que je présente (au vrai, c'est peut être le sentimment de chaque photographe...), ça saute aux yeux lorsque nous commençons à manipuler les tirages tous ensemble au bord de la scène.
A partir de là, je me sens tout à fait dans mon élément, la proximité, une sorte d'intimité entre le public, les photos et moi me paraissant naturelle.
A partir de là, c'est une vraie rencontre, un partage, je suis disponible, heureuse d'être là et je fais de mon mieux pour répondre à chacun.
A partir de là, le temps passe trop vite!
Pour ceux d'entre vous qui étaient présents hier soir, merci de votre présence bienveilante, de votre attention, de vos questions.