Création du collectif "Etat des Lieux"

Elle devait s'ennuyer, il faut croire, à force de bailler aux corneilles toute la journée, rien faire comme ça, ce doit être embêtant à la longue, j'imagine, alors cette nuit, elle s'est dit, et si je créais un collectif de photographes, hein, histoire de mettre un peu d'animation dans ma petite vie étriquée?!
Et ce matin, hop, la chérie, au saut du lit, vers 6h, parce que dans sa petite vie parisienne, il y a quand même toujours une bricole à faire, réceptionner les caisses d'exposition en provenance de Perpignan, par exemple, ou, je sais pas, moi, au hasard, tiens, finir le dossier de subvention avant demain ; donc, ce matin, après le café, trois coups de fil à des hommes charmants et voilà, un nouveau collectif est né!!!
C'est pas épanouissant, ça?!
Maintenant elle peut commencer à chercher les 50.000 euros et des poussières dont elle a besoin pour jouer avec ses nouveaux petits camarades, l'esprit tranquille...
Accessoirement, elle cherche aussi la liste exhaustive des lieux de détention où ont séjourné les réfugiés espagnols arrivés sur le sol français, il y a bientôt 70 ans. A bon entendeur...

De Dimanche à Lundi

Lundi, démontage de l'exposition à Perpignan mais avant nous allons écouter-voir Anne Alvaro dire des poèmes d'Antonio Machado à la Maison de la Poésie ; elle est accompagnée par Pedro Soler à la guitare et et son fils Gaspar Claus au violoncelle.
Trop tard pour vous inciter à y aller puis que c'était la dernière mais, vraiment, c'était un moment extrêmement émouvant, drôle et d'une grande beauté. Je veux dire, ils étaient là, tous les trois, simples et merveilleusement humains et notre tendresse allait vers eux.
Je pense que j'ai beaucoup de chance de les connaitre un peu, eux, ceux là, qui font des choses si belles...
Ensuite, il reste près de deux heures encore avant mon train et c'est Louise Bourgeois au Centre Pompidou.
In extrémis, vu que ça ferme le soir même!
Je regarde avec stupéfaction et un assez grand malaise, ses araignées, ses cages, ses chambres, ses mamelles molles, ses angoisses, ses terreurs.
C'est toujours fascinant de voir l'intérieur de la tête des autres êtres humains, non?!
A. gentiment me console de Louise Bourgeois avec une grosse monographie d'Edward Weston et une crêpe aux marrons.
22h. C'est Gare d'Austerlitz, train de nuit direction Perpignan.
Pas de chance, le wagon est pris d'assaut par une équipe de cadets de rugby ;ça sent le vestiaire ou le sac de danse, pour ceux qui connaissent, une odeur douceâtre de corps pas lavés qui s'insinue partout et me donne des hauts le cœur.
Qu'importe, alors, si le wagon semble leur appartenir et qu'ils hurlent d'une cabine à l'autre jusqu'au milieu de la nuit ! Chacun se couche et prend patience.
Bientôt les hommes se déshabillent, voilà mon voisin en slip ; j'hésite un instant à me mettre moi aussi torse nu en culotte, pour voir l'effet que ça ferait. Quand les hommes apprendront ils qu'une cabine mixte de six couchettes n'est pas leur chambre à coucher?!
Une fois la porte tirée, nous restons enfermés dans une odeur de chaussettes sales et de chaussures de sport. La nuit s'annonce sexy.
3 h. Le de téléphone de ma voisine sonne, elle répond longuement.
Parfait.
Evidemment, on est encore loin de Siwa-Alexandrie en bus de nuit. tout de même, on ne s'étonnera pas qu'au matin, j'ai un petit air chiffonné pour mon rendez vous à la Maison de Région.