Jour J - 1 ça se précise ou ça se bouscule, comme on veut...

Deuxième nuit au bureau pour finir le travail à rendre ; ce qui est formidable dans ces cas là c'est la somptuosité du petit déjeuner ! Je trouve sans peine un yaourt presque pas périmé, oublié dans le désert du frigo vidé des polaroïds;heureusement, il reste juste le fond de café suffisant à sauver ma bonne humeur.
Dehors, il fait un temps déprimant, pluvieux et glacial.
Il est grand temps de filer au soleil avec mon amoureux !
Aujourd'hui, c'est la dernière ligne droite et mon pauvre cerveau fonctionne à plein pour ne rien oublier... ni de donner les derniers coups de fils aux amis chéris, ni d'acheter les spirales à moustiques pour Siwa... Au final, cette année, je pars avec trois boitiers Polaroïds (par sécurité) et 60 packs de 600, plus le fameux de SX- 70 que m'a offert Rémi N. et que j'ai précieusement gardé pour l'occasion pour la couleur (voir billet) et 2 Holga avec 30 films Tri-X 120 pour le N&B, le tout pour 30 jours ; c'est la même moyenne que l'an dernier mais pour les polas, j'espère qu'il y aura moins de gâche.
Comme Adrian part avec sa caméra, un pied, 2 micros, les K7, la mixette et je ne sais plus quoi de plus, cette fois ci encore la place pour les futilités va être assez réduite, il me semble !
Mais, j'ai pour consigne de soigner ma trousse à maquillage, parce qu'Adrian est parti pour réaliser un documentaire sur moi au travail, genre "photographe durant le processus de réalisation", on est gentil, on ne rigole pas dans les chaumières ! et, bon, à l'image, ce serait bien que je n'ai pas l'air d'une serpillière... tout ça dit avec beaucoup de doigté et d'élégance bien sûr, mais dit quand même, du genre, dis moi, Chérie, tu le prends ton Terracotta de Guerlain qui te va si bien?!
Donc, résumons, une fois que j'ai fait le sac photo avec ses boitiers et les films, les filtres, les portes filtres, les pochettes cristal pour protéger les Polas (et ma précieuse relation avec le tireur Guillaume Fleureaux), les boites d'archivage pour les ranger, la cellule pour le Holga et les sacs noirs étanches pour protéger les 120, les Moleskines pour vous écrire des billets doux , accessoirement prendre quelques notes, ah malheureuse ! j'allais oublier l'Ixus et son chargeur pour le blog, je rajoute l'ordinateur portable, son chargeur, la clef wifi pour les hôtels ( on s'améliore !), je suis vivement encouragée à remplir le peu d'espace restant avec ma trousse de maquillage . Formidable ! Et le linge, je le mets où?!
Donc, je rajoute sans état d'âme le dernier mascara de Lancôme, avec son petit moteur, si si celui dont on voit les pubs partout mais qui n'est pas encore sur le marché ! Un gloss Héléna Rubenstein, doux rose, 08, qui associé au fard à joue Chanel 99 rose pétale , me donne l'air d'avoir 20 ans à peine, mais non, je plaisante, le fameux Terracotta, et un khôl gris de Guerlain également que j'adore et trimballe partout depuis des années. Bonne fille, je rajoute l'huile prodigieuse de Nuxe pour les plans américains ça serait bête d'avoir la peau sèche, non? et tant pis s'il ne reste pas de place pour la pharmacie, ni pour les vêtements, d'ailleurs c'est bien connu, je n'ai rien à me mettre !

Jour J - 3

Je reçois un petit mail de Delphine nous recommandant vivement de penser à prendre de quoi nous couvrir car il fait frais au Caire en ce moment.
Après vérification, il fait 21° ce matin.
1° à Paris tandis que je vous écris.
Elle est mignonne, non?!
Néanmoins, je vais suivre son conseil, le souvenir des aubes glaciales de Louxor l'an passé étant encore très présent à mon esprit ; et Marie ne sera pas toujours là cette fois ci pour me prêter son gros pull de laine verte chaque matin quand je pars travailler.
Nous prenons donc vestes polaires, chaussettes et gants de mohair car de l'avis général, en cette période, la grimpette du Mont Sinaï de nuit, en tongs et tee-shirt, pour aller voir le soleil se lever est un truc à attraper la mort !
Tant qu'on y est, j'ai dégotté cet été de petits plaids en polaires, des 2 en 1 qui font aussi oreillers, on arrête pas le progrès pour le trajet Louxor-Le Caire de nuit en sièges inclinables, ça va nous changer la vie ! En plus ils sont jolis.
PS : Une pensée affectueuse et un baiser pour Odile dont le petit billet inattendu de ce matin me touche et me fait très plaisir.

Jour J - 4 Routine et Incompétence chronique d' UPS

Les comédiens succèdent aux comédiennes ; thème aussi répétitif que celui du Boléro de Ravel.
UPS me coince toute la journée au studio pour livrer les packs de Polaroïds qui, comme l'année dernière, mais avec un taux de change nettement moins avantageux, arrivent des USA.
Et, comme hier, ne livrent pas !
C'est quoi leur problème ? Manque d'organisation chronique ? Incompétence ?
Je téléphone pour savoir quand est ce qu'ils vont avoir l'amabilité de livrer enfin et si je vais devoir rester tous les jours bloquée là de 8 h à 18h à attendre en vain.
Pénible je-m'en-foutisme de l'interlocuteur

Jour J - 13 CCFC

J'obtiens un rendez vous au Centre Culturel Français du Caire pour le lundi suivant notre arrivée, ce qui m'enchante, me met en joie et me donne mille espérances concernant une éventuelle exposition de Sabah el Nour sur le sol égytien !
On peut toujours rêver, n'est ce pas...?!

Jour J - 14 Frivolité

Entre deux préoccupations photographiques, forte de l'expérience de l'année dernière, je me trouve une petite blouse (La Fiancée du Mékong) sympa, pas trop décolletée et avec des manches longues, mais qui ne me donne pas trop l'air d'une montgolfière.
L'idée étant d'être jolie et sexy sans rien montrer du tout comme peau et sans mourir de chaud, une sorte de quadrature du cercle qui se complique cette année du fait qu' Adrian a décidé de filmer et alors il ne faut pas que ça prenne toute la place dans l'image...



La voilà !
Si quelqu'un a une idée pour m'habiller les 28 jours suivants qu'il parle maintenant ou se taise à jamais.

Egypte, jour J - 15

Voilà, nous repartons en Egypte le 1er Novembre pour un mois.
Et je réapparais.
Quatre semaines, il me semble que ça va être trop court, vraiment. Mais, financièrement, cette fois ci, impossible de faire autrement ; entre le prix des vols qui a augmenté à cause du pétrole, la vie là bas qui a augmenté de 30 %, la vie ici dont on préfère ne pas parler et les nouveaux tarifs des packs de Polaroïds qui s'envolent en fonction de la demande...
Donc, on a travaillé comme des forcenés tout ce temps de silence et maintenant, on va repartir. Repartir faire des images fixes et cette fois ci des images qui bougent aussi. Le temps du départ approche et nous commençons juste à pouvoir préparer un peu ce nouveau voyage, cette nouvelle histoire.
Terrible, hier sur le pas de la porte, nous évoquions quelques impressions du Caire avec la belle Béatrice L. venue partager mon déjeuner, comme si nous avions attendu d'être sur le point de nous quitter, pour partager des souvenirs pénibles et, quoique nous connaissant à peine, pour ainsi dire pas, nous savions exactement de quoi parlait l'autre, cette dureté extrême, cette douleur, cette peine que nous avions ressentie et dont nous frissonnions encore. Etrange, d'où nous vient, alors, ce désir d'y retourner ? Un an exactement est passé et je ne m'explique pas vraiment ce que je retourne chercher, que j'ai trouvé là bas de si important, de si précieux, que je passe outre cette violence que le pays me faisait aussi à chaque instant.



Tant de larmes pour cette image, non?!
Jour J - moins 15. J'ai rendez vous le 5 Novembre au CCFA (Centre Culturel Français d'Alexandrie) avec Madame Germaine Ghali, sa directrice. Allah est grand !