De retour à Paris

Arrivée hier soir, samedi, dans la nuit et la grisaille humide de la capitale ; j'ai oublié ma polaire dans le sac à dos, je suis en chemise indienne, le froid me saisit par surprise jusqu'à la moelle des os.
Il y a déjà huit heures que nous avons quitté l'hôtel, et tant qu'à être à Paris, il me tarde de retrouver notre appartement douillet...malheureusement, il fait 14° quand nous arrivons enfin à la maison...j'hésite à mettre les polas et les films N&B que je n'ai pas utilisés durant le voyage au frigo...
Entre le décalage horaire, le voyage et le froid, nous ne faisons pas long feu.

Ce matin, Dimanche, pas de muezzin à 5h, mais, je n'en reviens pas, il fait encore nuit à 8h quand j'ouvre un premier petit œil, voilà qui va faire des jours bien courts.
Comme je recommence à travailler dès demain, nous filons au Jeu de Paume voir l'expo Lee Miller. En voyant ses photos d'Egypte, que pourtant je connaissais, je regrette encore davantage de n'avoir pas eu le temps de faire cette visite avant notre départ, mais, dans son ensemble, je ne parle pas du travail, l'exposition me déçoit, je ne retrouve pas les photos de guerre majeures que j'avais découvertes lors de l'exposition de Barcelone, il y a une vingtaine d'années et les textes de présentations censés nous révéler une "nouvelle Lee Miller", me paraissent plutôt édulcorés, ne m'apprennent absolument rien que je ne sache déjà et n'éclairent pas particulièrement la personnalité complexe et attachante de cette photographe pour la personne qui m'accompagne.
Le panneau de fin, en particulier, sans un mot d'explication quand à son choix d'arrêter la photographie une vingtaine d'année avant sa mort alors qu'elle est encore jeune, laisse le spectateur "en quenouille", qu'on me permette l'expression.
Néanmoins, je savoure tout, enchantée d'être là, de découvrir ses dessins et le petit collage que je ne connaissais pas.
Nous rentrons doucement à pieds par le jardins des Tuileries, la lumière est somptueuse ce qui me console de ce temps de chien ; je trouve que décidément Paris est une ville magnifique, je regrette de ne pas avoir amené mon Rollei, j'aurais volontiers fait quelques images, ce qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais. Le bonheur de flâner dans sa propre ville...
Au retour, nous faisons un petit détour pour glisser mes films dans la boite aux lettres de l'Atelier Demi Teinte, Jean-Pierre Haie ayant eu la gentillesse de me les promettre pour demain soir !
Donc, verdict demain soir ! PS 1: Je retrouve mon téléphone portable après un mois de séparation sans enthousiasme excessif.
PS 2 : Mon amie Marta me laisse un mail de Barcelone pour me dire qu'elle a reçu une carte postale d'Egypte ; formidable, ça en fait 1/50 ! C'est encourageant,non?!

Aéroport de Louxor… par Adrian

Nous sommes devant la porte d'embarquement… cette fois c'est bien fini.
Le voyage c'est bien passé et il me tarde de voir le N&B.
Pour ma part le documentaire avait bien commencé et il faut avouer que la panne de ma caméra a vraiment été un coup dur. J'espère avoir quand même assez de rushes pour pourvoir le finir après avoir filmé quelques éléments à Paris… Inch'Allah.
C'est vrai que cette année j'ai été moins bavard, mais j'étais quand même là, avec quelques photos, et avec Flore surtout…

Encore à marchander, à se faire avoir… etc… c'est vraiment pas dans ma nature et ça a tendance à me fatiguer, j'espère que le prochain voyage sera dans un pays plus Zen.
Le Viêt-Nam peut être…
Dès que le documentaire sera terminé, je vous en informerai et vous aurez un accès spécial sur internet.
A bientôt.
Adrián

Sabah el Tufah (Bon petit matin de pomme)

Un dernier appel au muezzin à 4h30......puis un petit muezzin vers 5h, de chants du coq en braiements d'ânes, il est 6h15, on a beau se cramponner à notre petit pan de sommeil tiède, pour ce dernier jour d'Egypte, la grasse mat, c'est mort, on aurait carrément mieux fait de retourner au Temple de Louxor…mais, pour tout dire, hier matin, la visite de Karnac était moins enchanteresse que l'an dernier et nous avons choisi de garder intacts nos beaux souvenirs !
Nous étions à 6h sonnantes à l'entrée du Temple et fort déçus de découvrir qu'un premier groupe nous avait précédé, là où l'année dernière nous étions absolument seuls, que faire ?


© Adrian

Peut être, est ce dû au fait que nous sommes vendredi ? A Louxor, il faudrait, parait il, tenir compte des jours d'arrivée des bateaux …
Ensuite, le lever de soleil sur le lac sacré qui avait été tellement extraordinaire, l'année dernière, s'avère un peu décevant, toutes proportions gardées naturellement. Néanmoins, une fois seuls, Adrian et moi, force nous est de constater que cette deuxième visite n'avait pas le charme de la première, loin s'en faut.
Bon, mais on n'est pas là pour profiter, hein, on est là pour travailler…et on travaille !


© Adrian

Je fais mes cinq films en priant pour sortir une petite image ou deux de ce lieu superbe ; la même grue jaune que l'hiver dernier pourrit le plan idéal du temple se réfléchissant sur le lac, que mes yeux émerveillés voient, capables qu'ils sont de faire abstraction de ladite grue.
Je ronchonne toute seule, en cherchant une alternative, dégouttée.
Zut aussi pour le format carré !
Sachant que je ne ferai pas mieux que l'an passé, je fais 4 polas par acquis de conscience, avant de passer au Holga.
Carré ou carré ?
Nous partons vers 8h30, alors que la foule est déjà oppressante pour moi depuis longtemps, la lumière bien trop dure à mon goût et le soleil impitoyable.
Retour laborieux à l'hôtel avec petite arnaque du minibus qui nous laisse en vrac au milieu de n'importe où, puis petite tentative d'arnaque inédite d'un conducteur de petit bateau à moteur qui nous accoste, nous propose la traversée pour le juste prix, nous entraîne à reculons sur des centaines de mètres avant que nous finissions par comprendre que le bateau partira, lorsque tous les pigeons nécessaires à le remplir aurons été réunis, Inch'Allah ; nous sommes fatigués, il fait chaud, nous avons le ventre vide, certains ont pipi, la colère nous prend, nous lui disons de tout avec force gestes internationaux…rien que de très classique, j'en conviens.
Heureusement, le petit déjeuner réconfortant de l'hôtel El Fayrouz, omelette, crêpes, vache qui rit, banane, riz au lait, thé et nescafé, réconcilie tout le monde avec la vie et l'Egypte !
Et dodo.
Il nous reste une dernière mission avant de quitter le pays, nous allons donc souckker en plein soleil tout l'après-midi à la recherche de l'hypothétique petite bricole rescapée du trésor de Toutankhamon, qu'un quidam bienveillant proposerait par miracle à deux touristes-imprévoyants-en-fin-de-séjour, le tout, naturellement, pour une bouchée de pain.
Nous rentrons à la nuit tombée, lessivés comme après une journée de boulot à Paris...mais satisfaits, Abdulilah !


© Adrian

Nous quittons aujourd'hui l'hôtel vers 10h45, vol pour 12h45, arrivée prévue à Roissy vers 17h, Maison 18h 18h30, Inch'Allah naturellement !

Fin du voyage

Un dernier rendez vous avec vous.
Merci à tous ceux qui nous ont suivis et nous ont témoigné leur affection durant le mois qui vient de s'écouler, par ces petits messages quotidiens qui nous fait rire ou nous ont touchés.
Ce soir, je suis un peu triste de rentrer et heureuse à la fois à l'idée de vous retrouver, même si c'est dans la vraie vie !
Nous vous raconterons le reste de vive voix très bientôt, j'espère.
Nous rentrons avec mille anecdotes plus faciles à raconter qu'à écrire...et moi, avec quelques dizaines de photos-surprise...


© Adrian

Petite-Soeur-Chérie, j'espère que tu vas te décider à venir vite nous voir à Paris, avant Noël, je veux dire !
Ma chère Isabelle, il est grand temps de te ressaisir, car je te rappelle que nous avons un beau grand rendez-vous jeudi et tu sais que j'attends beaucoup de toi !
Ma Catherine, merci pour ton adorable message d'encouragement où je te reconnais toute. Je te tiens au courant de la suite des images égyptiennes très bientôt. n'oublies pas que de ton côté tu as promis une carte de voeux personnalisée, il me semble qu'il va falloir s'y mettre courageusement ! Je compte sur toi, moi.
Chère Anne, à la fin, nous n'avons rien su du fameux concert de Léonard Cohen, ce n'est pas mignon du tout ça, de nous laisser sur notre faim...mais peut être continues tu de travailler comme une damnée ...
Mon Beau Marco, maintenant que tu sais où me trouver, j'espère que tu continueras à faire un petit signe de temps en temps...
Un coucou pour Stéphanie qui bosse aussi comme une folle, mais alors là, ce serait quand même bien que tu réfléchisses à un petit rendez vous avant Noël, parce que depuis Aouût, c'est une honte...
Ma Jolie Christine, où donc as tu disparue cette année ; j'espère que ce ne sont pas les résultats du PS ?!
Hugues-et-Jean, presque rien parce qu'il parait qu'on se retrouve assez vite !!!
Ma chère Delphine, tu vas nous manquer mais on espère te voir surgir de ci delà...avant l'été prochain !
Ma Maman, tu dois être sur le fil, je t'appelle tout de suite en arrivant pour que tu me racontes ton accrochage...ensuite je te raconterai tout le reste !
Querida Abuelita mia, c'est un peu fini pour cette année toutes ces histoires à dormir debout, ces petites mésaventures et tout, mais je vais recommencer à t'écrire rien qu'à toi et tu ne seras pas perdante, promis.
Un dernier mot pour mon Amoureux-Réalisateur-Assistant-Comptable-Gentil Organisateur-et-Tout-et-Tout, tu as encore été formidable !!! Tout le monde se joint à moi pour demander "Quand est ce qu'on repart?!"

Depuis un trottoir de la gare routière d'Hourghada

15 h.
Dans le doute, nous sommes là à attendre, du coup, j'ai tout mon temps pour vous écrire ; si ça dure un peu, je vais avoir le temps de répondre à tout le monde ! Chère Valérie, depuis que nous nous sommes retrouvées ce printemps après toutes ces années, comme c'est agréable d'avoir de tes nouvelles et de pouvoir t'imaginer sur ton île, ma jolie cavalière.
Je suis désolée pour el Mounir, que tu aies dû le rendre, tu en avais tellement envie…
Inch'Allah, tu en trouveras un autre encore plus beau, très bientôt.
Ici, on en voit très peu, des rosses surtout, de pauvres esclaves équins, mais l'autre matin, longeant la plage, une merveille arabe, petite, cambrée de l'encolure, fière et racée, toute pareille aux statuettes antiques entrevues dans les vitrines du Musée d'Archéologie d'Alexandrie.
Tu aurais été charmée.
Certainement, le coucher de soleil sur le mont doit en valoir la peine aussi !
Mais, voyager, être au loin…
Ne devais tu pas nous rendre visite à Paris cet automne ?
Bientôt, j'espère.
Baisers d'enfance, souris de réglisse et petits bouts de verres bleus polis par la mer.



Le bus de 13h pour Louxor qui finalement n'existait pas, annoncé pour 15h 30, avec départ pour 16h, n'étant toujours pas là à 16h, on nous signale un léger retard pour cause d'avarie, mais Inch'Allah, devrait finir par pointer le bout de son nez, si on veut bien se donner la peine d'attendre.
On attend.
16h15. Tandis que le voilà qui se gare, un type se précipite vers nous pour nous dire de ne pas monter, qu'il est en panne et ne repartira pas, d'attendre plutôt encore deux heures le suivant qui devrait être là pour 18h.
C'est une perspective plutôt décourageante, on le comprendra, et tandis que nous nous regardons avec Adrian, un autre type vient, qui nous enjoint de nous dépêcher de monter si nous ne voulons pas manquer le départ !
Apparemment, c'est le chauffeur. Nous restons là plantés, légèrement indécis,coincés entre les deux qui tentent, l'un de nous convaincre de ne monter pour rien au monde à cause de la panne, l'autre de monter fissa.
C'est un peu troublant.
A la fin, le chauffeur, qui s'avèrera n'être pas le chauffeur, nous rassure, si j'ose dire, nous ferons juste une petite halte au garage pour resserrer les boulons du pneu avant gauche, sans rire? avant de repartir.
Étonnamment, voilà qui nous décide ; même si, in petto, je ne peux pas m'empêcher de penser q'ici, la petite halte au garage peu bien s'éterniser jusqu'à la nuit ou pire.
Je m'installe avec les petits bagages, Adrian va acheter les billets.
Le même type, qui n'est pas le chauffeur, tente de lui faire payer 100 livres, des billets qui en valent 60 ; c'est la première fois qu'on la fait, celle là, les billets de bus ou de train valant le même pour tout le monde, le prix indiqué dessus ! Non marchandable.
Mais Adrian qui a toujours les deux yeux bien ouverts se défend et obtient gain de cause.
N'empêche, qu'il revient dégoutté !
Et moi, je me dis, Seigneur, que deviendrais je sans lui dans un pays comme celui-ci où règne la loi de la jungle…
Quand nous arrivons enfin à Louxor avec encore 1 h de retard, après cinq heures de trajet, nous sommes comme anéantis de fatigue et de stress ; les derniers 150 km, le chauffeur qui s'était traîné tout le voyage se met à conduire à tombeau ouvert, la plupart du temps au milieu de la route, accélérant quand nous double ; lorsque nous croisons un véhicule en sens inverse, les pneus droits du bus arrachent tout sur le bas-côté, nous filons poursuivis par de grandes gerbes de sable. Eprouvant.

La première heure j'ai guetté le garage où nous devions faire halte, ensuite j'ai cessé d'y penser, j'ai fait comme tout le monde, je me suis cramponnée à mon siège en fixant la route d'un regard atterré ; quelques uns, certainement priaient.

Passage éclair à Hourgadah

Nous revoilà, propres, lavés à l'eau douce, et dispos. On s'est calés dans un petit resto charmant juste côté de l'hôtel, on va grignoter un petit bout en attendant les bus qui nous ramènera à Louxor.
Disons la vérité, nous ne sommes pas follement pressés de rentrer, vues d'ici, comme je disais hier, à part gagner de l'argent, les motivations n'apparaissent pas très claires. Je crois que je suis même un petit peu triste parfois...
Donc, à 16h, parait il, le bus pour Louxor, je veux dire celui qui devait soit disant partir à 13h. Durée du voyage, environ 5h.
Nous avons oublié de réserver, l'Hôtel el Fayrouz étant complet, ils se chargent gentiment de nous loger pas trop loin, du coup, nous ne savons pas trop où nous allons dormir en arrivant ce soir. Ensuite, nous récupèrerons notre chambre chez eux jusqu'à notre départ.
nous allons retrouver avec Marie et Christian R. et leurs amis, sans doute aurons nous beaucoup à nous raconter le soir au diner...
Jeudi matin, en théorie, ce sera Karnak à l'aube et certainement ma dernière chance de faire quelque chose de vraiment bien.
nous avons été tellement émerveillés l'an passé et les photos...je crains un peu la déception.
Toujours en théorie, vendredi, ce serait lever à l'aube également, histoire de rallier la Vallée des Reines à la Vallée des Rois, à pieds, ça va dépendre un peu de l'état de mon genou gauche, mais nous aimerions beaucoup.
Et samedi, ah, samedi, le retour... Départ midi, 28°, arrivée 17h, de nuit, avec un froid de loup...l'appartement tout froid... et rien dans le frigo...
Et si on le ratait ?! Hein?!

PS1 : Ma-Petite-Maman-Picasso, toi aussi tu dois être dans une sorte de compte à rebours. J'espère que tout suit son cours et que tu peux barrer les choses au fur et à mesure sur ta liste, qui doit être aussi longue que celle des conquêtes de Don Juan, je le crains bien.
Je regrette beaucoup de ne pas être le 3 Décembre à la Casa d'Espagne pour ton vernissage mais je suis sûre que ça va être magnifique et que tu vas avoir le succès que mérite ton talent !
Mille baisers d'encouragement de notre part à tous les deux.
PS2 :

Bus Dahab-Hourgadah

Le bus de 13h part à 12h30. Après tout pourquoi pas, hein?!
Pas de problème, ayant envisagé la chose comme possible, nous sommes là par hasard à 12h28, nous sautons dedans.
Je profite donc de ce que nous sommes coincés là dedans pour répondre à tout mon courrier en retard.
Nous voyageons juste devant Brad Pitt. C'est un peu décevant, de le voir là, tout seul, sans Angelina, un peu surprenant aussi mais pas désagréable pour une midinette comme moi ; elle doit suivre en méharée avec les petits.
Je reviens à tous vos petits mots adorables dont les réponses sont en souffrance depuis plusieurs jours. Un doute surtout taraude ma conscience ; impossible de me souvenir si, oui ou non, j'ai fini par répondre à Virginie, après son gentil message.
Dans le doute, chère Ame Sœur, avec une quinzaine de jours de retard, un grand merci pour tes quelques lignes généreuses qui nous ont fait très plaisir. Je suis heureuse que votre site t'ait plu, parce que nous l'avons fait avec autant de soin et de tendresse féminine que s'il avait été pour moi. Bonheur des affinités électives…
Nous finirons tranquillement à la rentrée et ferons toutes les petites modifications avec votre complicité.
Voilà qui nous donnera une motivation pour rejoindre la mère patrie, car, avec 25° et les pieds dans l'eau, vues d'ici, l'avouerais-je, les raisons de rentrer n'apparaissent pas toujours clairement.
Dites nous, s'il vous plait, comment s'est passé pour vous le salon des créateurs de Novembre auquel vous étiez conviées et, surtout, sans vous bousculer, peut être est il maintenant grand temps de nous communiquer (par mail) le lieu et les dates de la vente privée de décembre, non?!
Baisers salés, perles de corail et turquoises tièdes à toutes les deux.
Et, par ordre d'apparition, ma Belle Delphine, ça nous fait bien plaisir d'avoir régulièrement de tes nouvelles et je suis sûre qu'il y a en France de bien jolies têtes blondes pour prendre grand intérêt à tes interventions…
Pour moi, c'est un plaisir de te savoir proche, assez proche finalement, et de t'imaginer dans les pièces colorées de ton bel appartement. Un seul regret, que nous partions quand tu vas être en vacances, c'est trop bête.
Pour te situer le Jasmine Pension, Adrian, qui fait une fixation inattendue sur le luxe du Christina Palace, te dirait que c'est juste à côté ! Pour le cas où tu ignorerais ce joyau de l'hôtellerie dahabienne, je peux affiner en te disant que c'est un peu plus loin que le Bishbichi vers la lagune mais en bord de mer. Maintenant que nous avons également testé pour toi, la chambre N° 6, également avec terrasse, comme chacun voudra bien s'en souvenir, j'affinerai mes positions en disant que mieux vaut la 7, car il y fait nettement moins chaud l'après midi, la salle de bain et plus grande et l'on n'y est pas réveillé à l'aube par la lumière qui rentre à flots d'une sorte de grand hublot impossible à occulter.
Derniers bémols sur le Jasmine, il n'y a AUCUNE insonorisation, au moins entre ces deux chambres, ce qui peut devenir gênant, voire carrément fatigant à la longue, mais, d'un autre côté, mieux vaut être passionnément amoureux ou rester peu de nuits car la literie passable (dixit Adrian), n'est guère propice au sommeil.

Hot Line en direct de Dahab

Ma chère Isabelle, je suis avec intérêt tes tentatives en intérieur avec la 3200...
Deux choses me viennent à l'esprit, la première, est ce que les films étaient vraiment tout blancs tout blancs, ça m'étonne tout de même, s'il n'y a pas un tout petit quelque chose de ci delà. Je ne veux pas dire quelque chose de tirable, mais au moins une trace. La seconde, que te disais ta cellule ?
J'aimerais bien que tu me le dises.
C'est sûr que ce sont les inconvénients d'une optique qui ouvre à 8. Ce boitier ne peut pas avoir que des avantages, hein?! Non, je plaisante !
Donc, s'il n'y a pas eu de problème sur ces films, que c'est vraiment un manque de lumière, tu as deux solutions, la première, tu te mets sur pied et tu tentes la pose longue, avec les filles bien bien sages. Courage, Nadar l'a fait, tu peux le faire... L'autre solution, c'est de faire autre chose, puisque ça, ça n'est pas possible !
S'il neige, tu peux offrir un traineau et des couvertures et des toques en fourrure blanche aux filles, ça fera très princesse russe, très Natacha...
Tout ce que tu veux, mais pas de films sous-ex grisâtres, par pitié !!!
Moi aussi, il me tarde de te retrouver et de recommencer nos longues séances de travail.
Et même, franchement, à part ça, je ne vois pas tellement de mtivations pour rentrer ; il parait qu'il fait un temps affreux en plus...
Encore une semaine et c'est moi qui irait récupérer mes films chez Jean-Pierre, tout le travail de ce mois ci d'un coup et alors, si je me suis trompée, si l'intention n'était pas bonne, il n'y aura pas de rattrapage...
Merci pour la bise entière. Devoir attendre deux messages pour mettre mes 2 demi-bises bout à bout et en faire une, c'était un peu dur !

PS1 : Si tu as des questions, n'hésites pas, j'essaierai de répondre d'ici...
Je t'embrasse.

PS2 : Comme tu imagines, j'ai monté le SX 70 et un Holga plus la cellule plus les films jusqu'à là haut. Évidemment, je n'ai pas fait une photo du coucher de soleil, même pas pour le blog, c'était tellement beau, tu n'imagines pas la richesse de teintes, la finesse des nuances, ça n'aurait servi à rien, ça aurait été absolument dérisoire...
Disons, pour être tout à fait honnête, j'ai tenté un pola, pour me prouver que j'avais raison de ne pas le faire, que ça ne marcherait pas ...

Quelqu'un a-t-il reçu du courrier d'Egypte?!

Quelqu'un a-t-il reçu du courrier d'Egypte?!
Qu'il se manifeste !

Camp bédouin, falaises et autres fadaises

Pfff...je me redresse difficilement sur mon lit, en faisant attention de ne pas brutaliser mon pauvre petit corps tout endolori...désolée pour le long silence mais vraiment depuis que nous sommes rentrés au camp bédouin hier soir après notre fameuse expédition, j'avoue que je ne suis pas aut op de ma forme, je me traine un peu ; pour tout dire, je boitille assez bas de la jambe gauche après m'être découvert des muscles ou tendons ou Dieu sait quoi de particulièrement rétif au niveau du genou. Et cette chose rétive se venge des 700 dernières marches en me faisant chèrement payer par une raideur fort douloureuse.
Bref, avec tout ça, j'ai pris un tel retard sur nos aventures et sur mes réponses à tous vos messages qui me ravissent qu'il va falloir que je mette les bouchées doubles les jours prochains !
Donc, je résume, nous avons pris ce fameux Bédouin Bus qui nous a mené en deux heures de temps, comme promis de Dahab au village Sainte Catherine, où sans trop d"hésitations nous avions choisi de loger dans un "camp bédouin", le El Malga ; attention, sans vouloir vous pourrir les rêves, de nos jours, "camp bédouin" c'est une manière élégante de dire que les toilettes communes sont au fond de la cour et qu'on doit s'attendre à y manger pas très bien dans un cadre spartiate, le bédouin étant pauvre comme chacun sait, pour le même prix qu'ailleurs, le bédouin n'étant pas plus bête qu'un autre égyptien !
Néanmoins, on a eu la gentillesse de placer là, à côté des petits bungalows, une tente bédouine en poils de chameau, fort jolie avec ses pompons et tout, ainsi qu'une terrasse bédouine (la même qu'à Dahab) pour faire un peu local et satisfaire le touriste, dont nous sommes, peut être encore légèrement naïf et qui, en quête d'authenticité, a préféré ledit "camp bédouin" à un hôtel du même prix.


Heureusement, dès l'entrée, sont pendues, bien en évidence, quelques bimbeloteries à vendre, plus vilaines et encore moins bien faites que partout ailleurs en Egypte, qui émettent un léger signal d'alarme en direction du cerveau dudit touriste-épris-d'authenticité, mais dont la naïveté ou la bonne foi ont été suffisamment mises à mal durant son voyage, pour lui avoir donner quelques moyens de survivre en milieu hostile, lui indiquant ainsi d'avoir à se tenir sur ses gardes, ici, au fin fond du Sinaï comme dans le souk de Louxor.
Etrange retour des choses, il y a 150 ans, en Afrique, les Blancs fourguaient aux indigènes crédules leurs perles de verres en couleurs, maintenant, ils tentent de nous refiler les leurs...

Ces petits détails à l'intention du lecteur épris de "vraie vie" et pardon pour les autres !
Planté donc le décor.
Mais revenons un instant en arrière.
Les deux heures de route en mini bus à travers le désert rouge et âpre et hostile du Sinaï dans la lumière descendante du jour, voilà ce qu'on ne peut nous enlever. On ne peut pas nous falsifier ça, ce chaos rouge qui ressemble à l'idée qu'on pourrait se faire d'une arrivée sur Mars, ces minuscules flaques de sable blanc qui réfléchissent comme une eau pure, ces petits arbres disséminés de loin en loin, mille épines et quatre feuilles, ces rares dunes dont le couchant éclaire les vaguelettes blondes et nous parle d'autres déserts qui portent les noms d'autres rêves, Hoggar....



Assis côtes à côtes, sur la banquette juste derrière le chauffeur, la meilleure parce qu'on y voit mieux et qu'il plus de place pour étendre pour étendre les jambes, nous nous émerveillons.
Et même, Adrian, par pure bonté d'âme, fait quatre photos pour vous, bien que nous sachions l'un et l'autre, que les splendeurs de cette immensité ne rentrent guère docilement dans nos formats carrés.
Lâche, je n'essaie même pas, je laisse tout peser sur ses épaules...je regarde seulement. Et parfois c'est bon, de regarder seulement !
De loin en loin, je regrette que nous n'ayons pas notre propre voiture, que nous ne puissions nous arrêter pour regarder mieux...et qui sait, travailler.
Cette route me donne des envies de traversée de l'Amérique, chose qui ne m'arrive pas souvent.Traversée photographique, j'entends.
Nous sommes contrôlés par l'armée 6 ou 7 fois durant le voyage, ce qui nous maintient les pieds solidement ancrés dans la réalité du pays, région à risque etc
Plus tard, nous arrivons.
A Dahab, j'avais eu d'interminables et vives discussions avec Adrian avant de parvenir lui arracher son accord pour dormir deux nuits à Ste Catherine au lieu de faire l'aller retour dans la journée avec visite du monastère et grimpette incluse comme des bofs. Ensuite nous avions eu d'interminables et vives discussions sur l'épineux problème "valait il mieux monter de nuit, voir le soleil se lever et redescendre de jour" comme le veut la coutume ou "monter de jour, voir le soleil se coucher et redescendre de nuit" comme le préconise le Routard (et la raison) ?
Dans l'absolu, deux courants de pensée....

Retour de nuit en silence

En attendant un petit montage DEMAIN....

Retour du Mont Sinaï

Nous sommes montés voir le coucher du soleil en haut du mont Sinaï à 2300 mètres d'altitude.



Retour de nuit et maintenant Flore a tellement mal au genoux qu'elle est au fond du lit et n'a même pas la force de venir au cyber café.
Moi je n'en mène pas large, surtout qu'à la fin il y avait 700 marches aller puis les mêmes au retour dans la nuit...



Le coucher était splendide et surtout la vue sur toutes ces montagnes...
Vous aurez toutes les informations demain.

De Ste Catherine Village

En vitesse de nouveau pour que vous ne croyez pors que nous nous sommes faits enleves par des bedouins en colere!
On a failli monter cette nuit avec depart vers 1h30 2h du matin, mais ici les locaux nous le deconseille a cause de las foule que nous allons trouver sur le chemin et aussi a cause du froid. On nous avait bien mis en garde, mais c'est rien de dire que ca caille avec veste en polaire et chaussettes en mohair on se gele. doit faire 2 degres.
Donc, c'est decide on monte demain en plein cagnard> si on rentre pas completement hyophilises on vous raconte. On vous envoie des baiser glaces et un millier d'etoiles qui scintillent dans un ciel de conte

Dahab-Monastère Sainte Catherine

Quelques lignes en vitesse car nous devons rendre la chambre dans 20 mn et si nous continuons à trainer nous devrons finir de remplir nos sacs dans le hall de la pension...
Nous allons essayer d'attraper le Bédouin Bus qui partirait, parait il, à 14h, d'on ne sait où, mais il y a tellement de rumeurs contradictoires qui circulent à son sujet, y compris sur les blogs, que tant que nous ne seront pas dedans, nous ne serons pas certains de son existence. A suivre...
Dahab-Ste Catherine, c'est un peu classique, j'en conviens, et certains vont trouver ça un peu "mou", je le crains, mais il parait que c'est vraiment incontournable, quand on est dans la région, et même pire, des gens viennent de partout dans le monde pour voir ça ! Ceux qui trouveront ça trop plan-plan, n'auront qu'à sauter les prochains chapitres !!! Nous devrions être de retour lundi milieu de journée.
Pour les autres, rendez vous aujourd'hui, en fin d'après midi.
Je taquine !
Merci à chacun pour ses interventions et des petits poissons colorés pour tous.

Pour Manunue...et les autres


Cliquez sur la carte pour agrandir.

Dahab-Le Jasmine Pension...

...à ne pas confondre avec le Jasmine Hôtel lorsqu'on donne l'adresse au taxi en arrivant, sans quoi, il faut finir la ballade à pieds.
Au début, nous avions plus ou moins prévu de nous installer au Bishbishi après en avoir parlé avec Delphine qui connaissait et qui aime bien, mais finalement, rendus plutôt méfiants par l'expérience, après avoir jeté un petit oeil bien ouvert sur internet, nous avons opté pour le Jasmine Pension sur la foi de deux promesses, le charme des petites chambres en bois et la vue sur la mer.
Et donc, j'ai le plaisir de dire que nous en sommes ravis !
Les chambres, pour être minuscules, n'en sont pas moins charmantes et gentiment meublées (attention, ni télé ni frigo mais la clim.). Sur les conseils du Routard, nous avons demandé d'avoir vue sur la mer (1, 2, 6, 7) et les vagues s'écrasent effectivement à 20 m à peine de notre petite terrasse, ce qui est pour moi un émerveillement de chaque instant. Les chambres 6 et 7, qui sont au deuxième étage, me semblent les plus privilégiées sur ce plan là. La nuit, le plaisir de la brise marine affolant les voilages...
Du coup, je passe sans peine sur les petits inconvénients, pas de frigo donc pour les films, l'eau qui coule salée du robinet et de la douche, on sort aussi poisseux qu'avant de s'être lavé et le fameux combiné cuvette-des-WC-douche, classique dans la région mais toujours aussi mal pratique, il faut bien l'avouer.
Côté accueil, rien que de la gentillesse simple et souriante, une équipe de jeunes hommes tous aussi charmants les uns que les autres. Avec 8 chambres à peine, Tout ça tient effectivement plus de la pension que de l'hôtel et nous convient parfaitement.
Un seul regret, il n'y a pas vraiment de coin plage pour bronzer ; enfin, il y en a un, mais il est symbolique ! Et l'hôtel à côté n'est guère compréhensif... Côté petit déjeuner, c'est une sorte de miracle quotidien, il y en a 7 ou 8 sortes au choix, salés, sucrés ou salés-sucrés, avec crêpes miel grenade banane, sortes de croques-monsieur, chakchouka, oeufs frits, salade de fruits etc, 3 sortes de thés, Nescafé!!!



Minuscule bémol, si on osait, Adrian se désole qu'il n'y ait pas une version avec jus de fruits inclus.
Le tout pour 150 livres par nuit en chambre double, petits déjeuners inclus. Ah, j'oubliais, le tout affalés sur les coussins des fameuses terrasses bédouines avec les vagues qui s'écrasent à deux mètres !

PS1 : Bienvenue aux revenantes !
PS2 : On vous trouve pas bavards ; c'est bien gentils les gazouillis et les réponses lapidaires mais ça ne nous donne guère ni de vos nouvelles, ni des nouvelles du monde, sans vouloir me plaindre.
PS3 : Des bisous et des pensées toutes particulières pour mon Abuelita unique et préférée, qui peut lire (j'espère) mais pas répondre et qui doit se languir qu'on rentre pour raconter de vive voix.
PS4 : Adrian ayant fini La Dame de Berlin attaque Les années de Zeth, qu'il trouve, à raison à mon humble avis, très intéressant et très bien écrit, mais nettement moins fun.

Lire Les Années de Zeth en Egypte, c'est un peu comme voir apparaitre les métataggs...

Pour ceux qui trouvent que j'en fais pas assez...

...cette année, que c'était mieux l'année dernière.
Ah, mais franchement, je ne parle que de ça l'Egypte ! Si l'on excepte la photographie, mais là c'est un peu normal pour un blog de photographe, non?
En vérité, puisque vous étiez là avec nous l'an passé et que donc nous revenons ensemble, on essaie de vous éviter un peu les redites. Vous devriez être reconnaissants.
Et puis, ce n'est pas notre faute si, cette fois, il n'y ni Karnack, ni felouques sur le Nil. C'est plus laborieux pour tout le monde ; vous croyez que ça nous amuse à nous ?
Si vous voulez en avoir le cœur net, l'Égypte n'a pas changé depuis fin 2007, accessoirement 20 à 30% plus chère, mais c'est toujours la même saleté ambiante,

les mêmes ordures directement dans les rues, les mêmes gens qui laissent tomber leurs canettes et leurs poches plastique directement à leurs pieds, la même laideur architecturale,

le même travail bâclé, ni fait ni à faire, les sempiternels klaxons et le bruit terrible en permanence, la musique à fond dans la rue, dans les trains toute la journée, le même sans gêne caricatural avec les téléphones portables, les mêmes petites arnaques aux touristes, plus ou moins agressives, avec tentative d'intimidation plus ou moins physiques de la part des taxis, la terrible absence de beauté dans les petites choses du quotidien, l'étonnante absence d'artisanat de qualité.

Toujours le muezzin à 5h, midi, 15h, 17h30 grosso modo, cette année encore, une petite centaine de malheureux écrasés en essayant de traverser la corniche à Alexandrie et un paquet de femmes excisées violées et-mais-puisque de plus en plus voilées, un pays d'hommes affamés par les scènes suggestives des séries télé et les interminables stations solitaires devant les films porno sur le net, toujours la même pauvreté ou pauvreté extrême, la même religion omniprésente, la même stupéfiante conception de la démocratie, l'eau qui coule salée du robinet ou riche de métaux lourds...
Et, plus modestement, à notre niveau, la même duo gagnant Vache qui Rit-petits pains-concombre un repas sur deux !...

Qu'est ce que je fais, je continue, ou on retourne aux histoires de petits poissons colorés dans une mer de nacre ?!

De mon lit avec vue sur la Mer Rouge

Adrian me laisse 20 mn pour vous écrire, on va pas aller loin avec ça !
C'est le défaut de sa jeunesse, il est toujours en train de me presser.
Je suis tiraillée, dois-je donner des nouvelles fraîches ou répondre à vos petits messages que nous lisons toujours avec gourmandise?
Bon, côté nouvelles, c'est toujours pareil, en mieux, le soleil, la mer, le farniente, avec aujourd'hui les petits poissons en couleurs et le mignon coup de soleil sur le nez. Vous voyez ça ne va pas chercher loin !
Ah si, je ne suis qu'une touriste de pacotille, sur mes trois maillots 2 pièces Princesse Tam Tam de bombe blonde, je n'en ai pris aucun.
Pas de paréo ni de crème non plus et, pardon Hugues, pas de petite robe noire. Je suis en dessous de tout, c'est assez désolant. Pourquoi le matos photo est-il si encombrant, si lourd, cette année?
Zut
Par ordre d'apparition pour les réponses, Coucou, ma Stéphanie, oulala, il ne faut pas te surmener comme ça avec l'hiver et tout, c'est très mauvais. J'espère que tu as de petites compen
sations charmantes par ailleurs ! Au Caire, tu aurais été épatée par la quantité d'huiles essentielles dans la chambre de Delphine, c'est pas compliqué, on aurait dit qu'il y en avait pour tout !!! Elle m'a prêté sa lavande, que j'ai trouvé le moyen d'oublier aussi et qui me manque bien chaque matin.
Si ton réveil continue à sonner trop tôt, tu peux peut être tomber un tout petit peu malade...pour de faux...non? Non? Bon, on t'envoie un couffin de rayons de soleil et un tas de petits poissons en couleurs pour égayer ton bain du week-end, ça changera un peu du bain moussant.
A. s'impatiente, mon temps est écoulé ; je reviens tout à l'heure !!!
20h. Me revoilà ! Nous avons fait un peu de shoping...pas très excitant, pas très fructueux. A la fois, il n'y a à peu près rien et à la fois c'est hors de prix et assez difficile à négocier, vue la quantité de touristes et le peu de concurrence.
Ma chère Delphine, je suis ton conseil, je farfouille, mais bon, franchement, je préfèrerai que tu sois là !
Ici, deux housses de coussin bédouin vaut le prix du tapis mural à Siwa ; ils ne se mouchent pas avec la manche !
Avec ça, tu peux toujours chercher la moindre trace d'ancien. C'est tout du fait à la chaine et embouti ; à la longue, c'est démoralisant...
C'est peinant à dire, mais on se tâte à faire un saut à Assouan chez Butterfly, parfois c' était pas donné mais au moins tu pouvais voir de belles choses "pour le plaisir des yeux"...
Bref, je ne vais pas vous embêter avec mes soucis existentiels.
Ola, mi Mama ! J'étais bien contente, moi, que tu sois un peu bavarde ce matin et ça m'a bien intéressée toutes tes histoires d'affiche.
J'espère que tout va bien se passer pour ton expo ; mais nous serons de retour avant le vernissage et nous suivrons de près. Tu as raison de ne pas te mettre trop la pression, on ne travaille pas mieux et après on est tout fatigué et il faut des jours pour se remettre en forme...
Mais, dis moi, la lino, elle va faire quelle taille?
Et puis aussi, rappelle toi qu'il faut pas juste travailler dans la vie !!!
Ma chère Isabelle, tiens bon, encore une petite dizaine de jours et je rentre jouer avec toi.
Ben, te voilà avec un nouveau mouflet sur les bras ; j'espère qu'il est photogénique au moins ! Et que tu vas le rentabiliser à fond. Un garçon, en plus, ça te change. Voilà qui devrait mettre un renouveau certain dans ta série enfance. Faudrait juste qu'il ne soit pas trop souriant ce gamin...
Enfin, toutes ces histoires de siestes, de biberons et tout, j'espère que c'est pas juste un prétexte pour ne pas monter le petit film de New York, hein?!
Ah, tu as bien de la chance d'avoir vu l'expo Lee Miller et il me tarde d'y aller aussi, même si j'en avais vu une grande à Barcelone il y a une vingtaine d'années (déjà). Il y a de beaux livres sur son travail et un bio tout à fait intéressante est sortie il n'y a pas longtemps. Mais tu as déjà dû te renseigner et savoir tout ça...

On s'en reparle à mon retour.
Par contre, je n'ai pas été fan du tout du livre de Marc Lambron sur elle, "L'oeil du silence".
Aujourd'hui, j'ai bullé, bullé avec les poissons multicolores. Demain, on se lève. Espérons qu'il fera le même ciel de lait qu'aujourd'hui.
Il parait qu'il y a des hippocampes dans le coin, vous imaginez ça, nez à nez avec un joli petit hippocampe?! Faites de beaux rêves !!! Pensées douces et rayons de lune tiède pour chacun chacune.

Un monde inconnu auparavant... par Adrian

Aujourd'hui, pour faire comme tout le monde, nous avons louer 1 masque, 1 tuba et des palmes pour faire du "snorkeling".
Depuis la plage nous marchons pendant 30 mètres à 50cm de profondeur sur un gros cailloux sans fin puis nous nous équipons et mettons la tête sous l'eau.
Et là, au bout de quelques mètres, un autre monde, une espèce d'aquarium géant dans lequel nous aurions pu rentrer. Une merveille... Des centaines de poissons de toutes les couleurs, de toutes les tailles et de toutes les formes.
C'est notre première fois à tout les deux, et nous restons bouche bée devant ce spectacle que nous tous vu à la télévision mais qui devient ici unique.


C'est un moment magique, difficile à partager... je vous souhaite à tous de le vivre au moins une fois.

Enfin les vacances !

Sans me vanter, de mon lit, je peux voir les lumières de la ville de Tabouk, sur les côtes de l'Arabie Saoudite qui nous font face, c'est pas épatant ça?!
Bon, pour vous faire un bref résumé, nous avons quitté à regret Port Saïd où la vie était plutôt douce et où nous travaillions pas mal du tout pour avoir le temps de rester un peu à Ismaïlia dont nous avions entendu dire qu'elle était encore plus coquette et que les traces de la présence française durant les travaux du Canal du Suez étaient encore plus perceptibles…c'est possible…mais, à moins de rouler sur l'or, le Routard proposant un seul hôtel dans nos tarif habituels, le New Palace (!), quoique deux fois plus cher, s'avère être un Hôtel de la Poste bis, laid, qui pue, affreusement déprimant, les chambres paraissant être éclairées en vue un film porno par la lumière crue et verte de grands néons.
De surcroît, le patron essaie de nous embrouiller tout de suite ce qui est toujours bien agréable.
Donc, premier contact avec Ismaïlia, pas folichon folichon.
En fin d'après midi, nous sortons en repérage comme d'habitude ; Dieu sait pourquoi, je me mets tant la pression, comme s'il fallait que je rentabilise le prix du voyage, c'est malheureux, je m'obstine à travailler dans la lumière du soir alors que je sais qu'elle ne m'a jamais réussi, après je suis toute mal et triste.
J'ai l'impression que je n'ai rien fait du tout, de tout le voyage.
Je me sens en dessous de tout.
A la nuit tombée, nous rentrons et c'est vrai qu'il y a plein de jolies maisons désuètes et charmantes et rue l'Armée, nous longeons un merveilleux bâtiment avec des dizaines de colonnades et des frises de bois qui doit dater de 1900-1920 ; nous avons même la chance qu'un homme gentil nous le fasse visiter quoique ce soit interdit et dedans, c'est un pur émerveillement. Nous avons l'impression d'être doucement amenés un siècle en arrière.
Mais, il fait nuit, n'est ce pas, et impossible de travailler, juste on s'en met plein les mirettes ; c'est comme voir quelque chose qu'on avait fait que pressentir jusque là, même si les photos de Port Saïd en étaient toutes teintées.
Néanmoins, est-ce que je fais une overdose de bâtiments à la française ?
Est-ce l'absence de mer ?
Ou mon incapacité à créer du rêve en vivant dans un taudis?
Une sorte d'étrange fidélité à Port Saïd ?
Ou tout à la fois?!
Je fais un rejet immédiat et total d'Ismaïlia.
Le lendemain matin, quand le réveil sonne à 5h, je l'éteins et me fourre sous les draps en gémissant.
Adrian a la bonne idée de ne pas chercher à négocier.
Nous nous rendormons après avoir décidé de quitter la ville le jour même.
Heu… plus tard, j'ai étalé toutes mes bonnes photos sur le lit et découvert que ça en faisait quand même pas mal…une grosse vingtaine, disons.
Sans compter le N&B qui garde tout son mystère…
J'ai été de nouveau toute guillerette. Et charmante avec Adrian.
Je me suis dit que j'avais bien mérité mes quelques jours de plage.
Et Zut pour la Photographie Contemporaine !



Ce soir, j'ai fait une petite image. De mon balcon. Pas celui qui donne sur la Mer Rouge. L'autre, celui qui donne sur le Sinaï.

Ismailia - Dahab


Sommes arrives cette nuit sur les bords de la Mer Rouge, le Golfe d'Aqabah, comme dirait Adrian !
P.S. Suis bien contente d'avoir retrouve ma Maman !

Vie quotidienne à Port Saïd (à l'usage des Routards)…

Un dernier billet avant de quitter cette ville où nous sommes restés 5 jours et 5 nuits et où j'aurais volontiers prolongé mon séjour si ça avait possible.
Une fois quitté l'Hôtel de La Poste, qui n'a de charmant que son nom à la française, et pour lequel je trouve Le Routard bien indulgent, nous nous sommes donc installés au New Continental, ce dont nous n'avons eu qu'à nous féliciter, patron charmant et serviable, personnel gentil, souriant et attentif, propreté irréprochable et chambres tout à fait correctes où il est possible de rester à lire et écrire sans attraper une dépression.
Le balcon de la notre, la 504, a une vue splendide, et merveilleusement changeante selon l'heure, sur le Canal de Suez, les superbes coupoles vertes de la Compagnie et le lent trafic des cargos.
Seul bémol, les petits déjeuners sont médiocres (je veux dire même pour l'Egypte et dans cette tranche de prix), la salle surtout, absolument démoralisante. Une solution, se faire monter le plateau moyennant 1 livre ou 2.
Nous, petits futés gourmands, nous nous faisons monter juste le plateau avec un tea pot d'eau chaude et Adrian, qui est un prince comme chacun sait, file chercher les merveilleux croissants chez Gianola, 20 m à gauche sur le trottoir d'en face. Pour le thé, on se souvient que je suis partie avec 3 sachets différents de Mariage Frère, dont le Sweet Shangaï de l'an dernier et je m'en réjouis chaque matin pour mon amoureux, pour moi, à défaut de vrai café, je me suis fixée sur Nescafé Goût Filtre et, si ce n'est pas toute l'Italie dans ma tasse, ça m'illusionne encore assez pour mon bonheur ! Nous complétons ces friandises avec une mangue achetée au souk proche, c'est la fin de la saison, mais elles sont encore délicieuses, nettement supérieures à tout ce qu'on peut manger en France sous le nom de mangue. Ici, il faut compter 20 livres le kg. Celle de ce matin faisait juste un kilo ; je vous rassure, elle fera aussi le dessert du déjeuner !
Gianola nous a changé la vie. En plus de la viennoiserie qui doit être une des meilleures d'Egypte, les gâteaux, genre millefeuilles, qui ne donnent que des déceptions ici, sont tout à fait corrects, les mezzes libanais y sont délicieux, les club sandwiches épatants, l'accueil souriant et affable…hier, ils ont même fait crédit à Adrian qui avait eu les yeux plus gros que le porte monnaie. C'est notre cantine. Mais, nous partageons nos faveurs avec restaurant coréen Reana juste en face de l'hôtel, au dessus du Cecil, dont la cuisine nous enchante par sa délicatesse. Sur le coup, ça parait plus cher, mais il faut savoir qu'on peut tout à fait dîner, disons un garçon une fille, avec un plat et un plat de riz cantonnais pour deux et leurs calamars, leurs crevettes frits aux légumes valent vraiment le déplacement. On peut même trouver de la Sakara pour accompagner ! Très désolant par contre, chez Galal, le jus de mangues frais coupé avec on ne sait quoi, de la banane peut être ? Ou fait avec des fruits surgelés ? De surcroît, ils essaient de nous embrouiller sur l'addition. Très décevants aussi leurs chawarma à base de bas morceaux de bÅ“uf filandreux, genre pot au feu ; on est loin de ceux du CFCC d'Alex ! Avec ça, accueil moyen…

En résumé, Port Saïd est une ville nettement plus douce à l'étranger que les grandes villes d'Egypte. Moins confrontés au tourisme, ces habitants ne sont pas pervertis et s'ils sont aimables, et ils le sont, c'est par pure gentillesse et non par esprit de gain. Passée la stupéfaction de cette découverte, on a naturellement envie d'être également charmant avec eux !
Je pourrais vous raconter quatre ou cinq anecdotes vécues durant ces quelques jours mais le temps commence à s'accélérer, Adrian à s'agiter ! L'heure du train approche, mon sac n'est pas fait, il faut que je vous laisse pour aujourd'hui.
Muchos besos et mucho mas para todos.
Ah, j'allais vous quitter sans vous dire la bonne nouvelle, Adrian s'est trouvé un nouveau joujou et il recommence à filmer !!!
On ne sait lequel de nous deux ça réjouit le plus…même, si pour le coup, j'ai de nouveau perdu mon assistant.

Le tube du moment


Discover Amr Diab!
Juste un petit signe, on tombe de sommeil, depart pour Ismailia demain !

Petit rendez vous photographique avec Isabelle L. depuis Port Saïd

Ma chère Isabelle, aujourd'hui c'est vendredi et bien souvent nous avons cours toutes les deux. Comme il est encore bien tôt, nous commençons par échanger les dernières nouvelles photographiques, nous partageons les découvertes, les livres, les impressions sur les expos en buvant un café. Le temps vient de regarder ton travail de la semaine, le plus souvent c'est une belle moisson et je suis heureuse que tu travailles tant et si bien. Ensuite, c'est le rituel du labo, les longues heures passées ensemble sous la lampe rouge, les tentatives variées, les discussions, les hésitations sur le devenir d'un tirage. Seuls nos estomacs qui crient famine et réclament leur dû, finissent par nous arracher de là ; c'est l'heure de la dînette qui n'est pas la moins charmante et coupe joliment en deux ces journées consacrées à la chambre noire. Malgré le café sacré, la reprise est souvent plus dure, nous en rions et le travail avance finalement tout seul.
Ce sont de bonnes journées et je me rends toujours avec beaucoup de plaisir à ces rendez vous hebdomadaires, aussi aujourd'hui je passe un peu de temps avec toi malgré la distance.
J'ai bien reçu les petites I-photos de New-York sur mon mail, ma préférée est celle-ci :



Et hier, ton nouveau petit envoi a titillé ma curiosité ; se pourrait il qu'il s'agisse d'une sorte de nouvelle inspiration ? A la fois, semblable et différente, comme une deuxième voix, qui ferait écho à la première ? Par "première" j'entends la série avec les enfants. A suivre…


© Isabelle L.

Il me semble qu'il y a des choses, quand on écrit, qu'on photographie, qui se font comme sans nous et dont on s'aperçoit après coup.
Depuis mon arrivée, consciemment, naturellement, je travaille à enrichir Sabah el Nour, la série de l'année dernière.
Parallèlement, je tente en N&B, avec le Holga quelque chose de plus orientalisant, plus baroque et qui est mon écriture familière, quelque chose de moi auquel je n'ai pas besoin de réfléchir.
Mais je regarde, avec surprise et amusement, apparaître deux courants apparemment contraires, l'un absolument léger, voire résolument frivole, qui m'enchante et me donne l'idée de repartir l'exploiter dans un autre pays et dont vous avez pu voir quelques unes des images acidulées, l'autre, inspiré par notre séjour à Port Saïd, faits de quelques polaroïds nettement mélancoliques…
J'accueille tout ce petit bazar sans me raidir, je verrai bien ce qu'il en adviendra un jour, trop heureuse de tout ce qui semble frétiller en moi, car après tout ce n'est pas si souvent que je sens le courrant de l'inspiration qui pousse et s'ils sont plusieurs cette fois, qu'ils se débrouillent et que le plus fort gagne !

Continue de me tenir au courant de ce que tu bricoles en mon absence, de ce que tu deviens…
Sans abuser, crois tu pouvoir me trouver un lien ou deux pour les photographes de Paris Photo que tu as bien aimé ; que je puisse voir, qu'on partage avec les autres lecteurs ?

Je t'embrasse.

Pardon a tous les autres pour ce petit billet spécial photo peut etre un peu bourratif. Je me promets chaque jour plein de choses que je n'arrive pas a tenir, je suis en retard pour tout mais le temps manque follement, on ne sait comment !
Vous me manquez, nos conversations de vive voix me manquent et j'espère que vous allez bien.
Petite-Soeur-Chérie, heureusement que tu ne t'es pas envolée comme ta mère et que tu es la avec ta tendresse et ton adorable humour. Pour ce qui est des bisous, je prends, malheureusement, j'ai encore toute la place, cette annee pas une tentation a l'horizon et tu sais comme je suis prete a me laisser tenter !!!
Le temps passe et ma douce Stéphanie, je ne crois pas que cette fois nous rencontrerons quelqu'un d'aussi charmant que toi ; en tous cas ca n'en prend pas la tournure pour l'instant ! Désolée que le mot intime t'interdise l'accés au blog durant tes heures de travail ; c'est vraiment mesquin de la part de ton employeur, je trouve,moi, personnellement !
Ma Copine-Chérie-Catherine, accessoirement, comment va donc ton diable de fils ainé? J'espere qu'il se rétablit...
Et toi?

C'est tout pour ce soir, on est morts et demain nous allons a Port Fouad, une sorte d'ile sur le Canal de Suez... Pas de bisous pour la nuit parce qu'on a tente un mezze libanais a l'ail cru, delicieux, mais impitoyable...des calins par contre par cargos entiers , pour ceux qui en veulent !!!

PS: Quelqu'un a-t-il des nouvelles de ma mère?

Repose en paix... par Adrian

Ma caméra vient de me lacher. C'est l'horreur. Je ne sais pas quoi faire, je cherche désesperement une boutique pour la réparer. Je vous tiens au courant.

Drame dans le matin pale

Nous avons la douleur de vous annoncer la mort de la petite camera d' Adrian ce matin aprés une bréve agonie, elle n'a pas souffert.
Treve de plaisanterie, nous sommes dégouttés !
Quant a faire réparer a Port Said...

Petite ébauche... par Adrian

Voilà...


Que reste il de Port Said ?

Un grand et joyeux bonjour a tous !
De quoi vous etes senses deduire que la matinee a ete fructueuse, Abdulilah !
Pourtant, de vous a moi, c'etait terrible de se lever ce matin.
Pour deux raisons, la premiere c'est que nous sommes sortis hier soir et, du coup, je ne vous dis pas le manque de sommeil, la deuxieme, c'est que Port Said ressemble a Port Said a peu pres autant que Ho Chi Minh a Saigon et, a la longue, chercher en vain la fragile et provocante silhouette de Duras, est un peu blessant, un peu decevant, ou decourageant, comme on voudra...
Photographier Port Said aujourd'hui s'apparente a tenter de saisir le fugitif reflet dore de ses souliers du soir au moment ou la portiere de la longue voiture noire se referme.
Hier, j'aurais volontiers baisse les bras. Pourquoi ne puis je, moi aussi, avoir des vacances sans arrieres pensees, ne puis je simplement voyager comme tout le monde, hein?
Bref, ce matin, c'etait encore une fois, lumiere exquise sur mer de taffetas et, non seulement, je travaille pas mal du tout, mais Adrian aussi, qui mene de front son reportage avec une fiction delicieuse et adorablement poetique qui sera un portrait de moi si juste,si beau, que je regrette vraiment de ne pas l'avoir fait moi meme et que je suis affreusement jalouse, je dois l'avouer.
Ah, une precision, pour ceux qui ne suivent pas tout a fait, les photos sur le blog NE SONT PAS LES VRAIES PHOTOS !!!
Ce sont de petites images de rien que je fais juste pour vous, pour vous faire rever ou sourire...
Pardon, mais j'ai tellement faim que je n'arrive meme plus a me concentrer et il faut encore que je vous raconte notre diner coreen succulent d'hier avec les grosses crevettes au barbecue et les tendres petits calamars et que je papote un peu avec chacun chacune...alors je reviens tout a l'heure !
PS : Interdiction absolue de photographier le Canal de Suez ; c'est penible, penible. Interdiction de photographier presque tout a vrai dire...
VIVE LA DEMOCRATIE !

De Port Said

Je vous ecris depuis un cyber boui-boui avec un clavier anglais, alors pardon pour les fautes !
Tout d'abord, bienvenue aux nouveaux venus, et, a tout seigneur tout honneur, merci Catherine cherie, d'etre enfin avec nous.
Nous sommes tres heureux que tu aies recu l'appareil photo, je suis bien certaine que malgre toutes les annees passees ton talent est reste intact, peut etre meme s'est il bonifie...il faut juste etre a l'ecoute de soi. Tu sais bien que jusqu'a Isabelle L. je n'ai pas eu une eleve aussi douee que toi. J'ai grande confiance et si tu te remets a travailler, je viendrai t'installer un labo au Mas, promis et je te ferai la Hot line !
C'est terrible d'ecorcher la langue francaise ainsi !!!
J'ai bien eu ton mail et je suis de tout coeur avec toi. Je suis heureuse que cette fois ci tout finisse bien.

Un mot pour Marc, mon filleul unique et prefere, j'espere que ce n'est pas ta mere qui t'as pousse a ecrire ! Si c'est spontane, pour le coup, ca m'a fait vraiment tres plaisir et j'espere te retrouver sur ce blog bientot. C'est bien que tu grandisses, que tu deviennes un jeune homme, comme ca on peut finir par se trouver toi et moi...vu que tu as pu constater toutes ces annees qu'avec les enfants je ne suis pas particulierememt douee...
J'espere que tu vas bien.
Pour finir, Marc, on ne dit plus, Maraine, tu es trop grand, on dit, ma Reine, Beau Page !
Chere Anne, merci d'etre fidele. Pas de regrets pour Siwa...ce sera bientot ton tour c'est sur ! Quant a nous cette annee, nous avons finalement renonce. Ca faisait vraiment trop de trajet si nous voulions aller dans le desert. C'est pas pour vous appitoyer, mais le retour Dahab-Louxor 15 heures de bus...j'avoue que je suis fatiguee d'avance...je ne sais pas encore si mon serum Helena Rubeinstein va pouvoir lutter !
Nous avons eu Delphine plusieurs fois depuis que nous avons quitte Le Caire, entre autre avant hier, nous esperions la decider a nous rejoindre a Port Said pour le week end. Elle allait bien mais ne nous rejoindra pas car son prof d'arabe se marie...Elle n'avait plus internet depuis quelques jours car elle se connecte sur la wifi des voisins, la coquine, et c'est un peu irregulier...

Le patron du cyber boui-bouivient de se mettre a jouer du luth, de la cithare ou du oud, je ne sais, mais c'est vraiment tres beau et ca nous met du baume au coeur, parce qu'ici la beaute, contrairement a ce qu'on pourrait croire et, sans vouloir me plaindre, il vaut mieux l'avoir amenee avec soi...
Oui, hier soir, j'en demande bien pardon, je vous ai fait faux bond... 4 heures de bus, arrivee de nuit et pas d'internet a l'hotel, j'espere que ca fait une petite excuse valable.



En voyant la chambre, j'ai menace Adrian de demander le divorce s'il ne me sortait pas de la, pour ceux qui suivent, on aurait dit le Select Hotel du Caire l'an dernier, sauf que la chambre avait ete faite, un cauchemar de laideur, d'odeurs nauseabondes et de bruits, le tout eclaire au neon, ca faisait un peu beaucoup pour moi...
Donc, avec un peu de retard, quelques lignes aussi pour Isabelle L. heureuse que je suis que tu te soies decidee a porter tes films chez Jean-Pierre (Jean-Pierre Haie Atelier Demi-Teinte Paris), vu que les laisser trainer au fond du bac a legumes c'est pas trop bon pour eux ! (J'essaie de ne pas penser a mes propres films qui mijotent ici bien au chaud).
Vas vite, ma Belle, voir l'expo Lee Miller et nous raconter, a nous qui sommes si loin, combien elle etait belle, talentueuse, et egaree parfois, la chere irristible, l'amour de Man, l'insaisissable, avec son Rollei, son Egypte, son Egyptien aussi accessoirement...
Adrian, lui est parti avec La Dame de Berlin.



Sa rencontre avec Boro a ete fulgurante, encore un qui vient de succomber au charme de Blemia Borowitz. Isabelle t'ai je deja presente Boro? Non? J'ai eu tort !
En Livre de Poche, la Dame de Berlin, a cote de quoi, Millenium est une drogue douce!!! C'est valable pour toi aussi, Catherine-Cherie !!!
Adrian se plaint du temps que je vous consacre aujourd'hui alors que je ne vous ai encore rien raconte...il faudra que je revienne bien vite vous parler de Port Said...



Mais pas question de vous quitter sans un mot pour Manunue, tu as raison, Frangine, pas de Nourrev non plus ici...
J'espere que tu vas bien, qu'il ne fait pas seulement froid et humide...n'oublies pas que tu as les clefs de la maison et que Paris est tout pres...
Je te joints un petit couffin de bisous et quelques kakis locaux Ah, merci pour l'histoire de la petite pyramide qui n'etait pas arrivee jusqu'a nous. On attend les details avec impatience... Ma petite Maman Cherie, j'espere que tu es confort dans mon sac, ca me fait un deuxieme (H)Olga, pas plus lourd que le premier et tout aussi creatif !!!
Pardon pour tout ce que je n'ai pas dit...
Tendresses a chacun en particulier.

Direction Port Saïd...

Juste quelques lignes pour vous dire que nous allons essayer d'attraper le bus de 14h30 qui devrait nous mener à Port Saïd en 3 ou 4h, difficile de savoir.
Il fait aujourd'hui sur Alex ce temps laiteux que j'aime tant qui me permettrait de travailler toute la journée et c'est bien dommage que ce soit pile le jour où nous partons. Mais nous avons déjà pris les billets et, à l'idée de l'enfer que ce serait pour les échanger, je n'ose pas demander à Adrian de reporter notre départ d'un jour ou deux.
D'ailleurs, nous sommes pris d'une sorte de langueur ici qui nous faisait dire hier soir qu'il était temps de reprendre notre sac et d'aller vers de nouvelles aventures.
Nous sommes là comme depuis très longtemps en quelque sorte et certains jours la curiosité nous fait défaut.
C'est une sensation difficile à expliquer, qu'on retrouve parfois évoquée, esquissée, dans certains livres de Paul Bowles.

Je suis heureuse de vous lire et de savoir un peu ce que vous devenez !
Merci ma chère Christine pour les nouvelles du monde ; comme je ne lis pas les infos sur internet, tu es ma seule source pour ainsi dire !
J'ai tout de même appris pour le mariage homosexuel en Californie. Ici, heureusement, ils n'ont pas ce genre de tracas, l'homosexualité n'existant pas en Egypte comme nous l'avons appris dernièrement. Pour ceux qui se posaient la question, ouf, ils sont soulagés, pour les autres, ils savaient déjà à quoi s'en tenir !!!
En même temps, c'est pas un peu dommage, pas d'Yves St Laurent, pas d'Oscar Wilde, pas d' Annie Leibovitz, ni de Susan Sontag ? Enfin, moi ce que j'en dis...
Je réponds ce soir à chacun chacune en particulier, promis !

Ils sont trop mignons !

1°) Hier, Dimanche, pour la première fois depuis notre arrivée, nous allons dans un cybercafé au lieu de nous connecter depuis l’hôtel comme chaque jour afin de pouvoir prendre et donner quelques nouvelles de vive voix ; on nous demande gentiment de présenter nos passeports et de remplir une fiche !
Apparemment, le contrôle des activités sur la toile s’est intensifié depuis l’an dernier…avec arrestation de bloggers à l’appui…

2°) On ne vous l’avait pas encore dit : chaque fois que nous prenons l’ascenseur qui mène à notre hôtel, appuyer sur le bouton commandant l’étage met en route une sorte de mini appel à la prière Allah Akbar , 10 étages pour s’élever vers Lui, il ne faut pas négliger les petits profits j’imagine…



Ce matin encore une lumière exquise sur la ville.
Je dois vous quitter vite car nous dinons avec Andreu, l'oncle d'Adrian. Affectueuses pensées à Lluis et Gérard, s'ils nous lisent...

Problèmes techniques... par Adrian

Le portrait de Flore a bien commencé, quand la lumière est belle pour la photo il en est de même pour la vidéo.
Seulement depuis quelques jours, j’ai des soucis avec ma caméra et cela devient problématique. Les têtes de lecture et d’écriture sont sales et parfois cela n’enregistre pas, sans me prévenir. Je peux tourner 10 minutes et à la fin RIEN !
C’est rageant.
J’ai acheté sur place une K7 de nettoyage mais cela n’a pas changé grand-chose.
Quand on travaille, il est toujours ennuyeux d’avoir des problèmes purement techniques, on s’embête déjà avec tout le coté artistique alors si en plus la technique ne suit pas, c’est vraiment compliqué.
Je crois que ma caméra rend l’âme petit à petit ; c’est vrai qu’elle a déjà plus de 7 ans et si calcule comme pour les chiens, cela veut dire qu’elle a presque 49 ans et pour une caméra c’est trop !
Je prie simplement pour qu’elle ne me lâche pas complètement et qu’elle tienne le coup jusqu’à la fin du voyage.
Heureusement Flore me fait confiance et me permet de filmer à tout moment même quand cela est difficile pour elle, ce qui m’aide à rendre un portrait fidèle et permettra, je l’espère de mieux comprendre comment elle travaille.

P.S : Pour les problèmes techniques du blog, j'ai enlevé les questions, cela devrait mieux marcher pour les commentaires. Si vous rencontrez un problème, envoyez un mail à Flore pour prévenir. Merci

Un peu de légèreté !

Ce matin, temps laiteux, lumière exquise et mer de nacre grise, avec ça un air si doux que nous partons en chemise...
J'ai repéré dès notre arrivée un petit pont chinois tout à fait exquis et je vais tenter ma chance.



Chaque jour, Adrian s'enhardit et c'est la première fois que je quitte l'hôtel avec le micro HF clippé à l'encolure ; c'est un peu compliqué pour moi d'être enregistrée et filmée en permanence quand je travaille mais nous avons convenu hier que c'est la meilleure solution, pour ne pas dire la seule honnête, pour obtenir un résultat un peu intéressant.
Du coup, c'est un petit sacrifice auquel je me plie, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, car, après tout, je dois bien ça à ce compagnon qui me soutient chaque instant de chaque jour dans ma propre discipline.
Donc, il me faut maintenant supporter l'intrusion de la en pleine concentration quand je travaille, en pleine frustration quand ça ne marche pas...
Heureusement, aujourd'hui était jour de fête, avec une jolie moisson, quatre photos bien variées et inattendues !



Sans compter que côté interview, il semble que je commence à m'améliorer. en récompense, j'ai eu droit à un gâteau et un (Nes) café chez Delices où Adrian avait choisi de me filmer.
Après quoi, j'ai été guillerette pour le reste de la journée !



Vous voyez qu'on ne bulle pas toute la journée...on a encore pris le temps de déruscher avant de s'accorder le droit d'une visite au musée d'Archéologie. Parce que nous espérons partir lundi après midi pour Port-Saïd (j'adore ce nom, il me fait complètement rêver. Est ce qu'il n'y a pas eu là, un poste de l'Aéropostale? Est ce que je me trompe en pensant que St Ex a séjourné à Port-Saïd?).

Alex toujours

Petit, tout petit, message de fin de journée. Bon, ok, il est à peine 19h ici, mais n'oubliez pas à quelle heure on se lève ! Là, en plus, on vient d'arpenter la corniche presque 3 heures durant avec ma copine Chaïmaa et on est à moitié morts de fatigue ; on n'aspire qu'à une chose, trouver un boui-boui pour grignoter un bout et rentrer se coucher pour être frais demain matin.



Ma Christine, je vois que tu es en pleine forme et décidée, cette année encore, à transformer mon blog à vocation photographique en forum anti-Sarkozy, vas y, ma chérie, lâche toi.
Ce qui m'étonne, c'est que Hugues n'ait pas encore mis son grain de sel !
Mille fois merci à tous pour les petits billets d'encouragement…
Adrian nous a encore couchés à pas d'heure.
Du coup, ce matin, je me sentais comme quand on est petit et qu'on voudrait être malade pour ne pas aller à l'école, mais bon, on se pousse et une petite Vache qui rit, un petit Nes froid plus loin, on est dans la rue à attendre le minibus en direction de l'ART !
Eh oui, Petite-Sœur-Chérie, on est en dessous de tout, on est partis sans le thermo-plongeur, lamentable, je m'en mords doigts tous les jours.
Bref, ce matin était un bon matin, j'ai fait une jolie petite image et même s'il a fallut payer pour la faire, je ne me suis pas regretté les quelques livres que ça nous a coûté et ça m'a mise de bonne humeur pour le reste de la journée !
Je positive, à une photo par jour, j'ai l'expo à la fin du mois, si mes calculs sont bons, non ?!
Le truc, c'est que je ne vais pouvoir photographier toutes les structures de plage de la côte, à un moment, il va falloir que je me trouve un autre centre d'intérêt peut-être…quoique.



Aujourd'hui, quelques images pour les âmes chagrines qui trouvent à se plaindre, et que c'est moins bien que l'an dernier, et qu'on n'en fait assez, et patati et patata !!!



Sans cafter, c'est la faute d'Adrian, vu que pendant qu'il filme pour son fameux documentaire, "L'Artiste au travail", c'est sûr, il ne fait pas de jolies petites images pour le blog…sans me plaindre, il ne fait pas l'assistant non plus d'ailleurs !!!



Tout fout le camp.
Portez vous bien, prenez grand soin de vous.
Tendresses égyptiennes et baisers gais.

PS1 : A propos de gay, nous avons ici des discussions fort enrichissantes, ce sera amusant d'en reparler à notre retour !



PS2 : Je dois vous laisser, je ne peux pas laisser plus longtemps mon amoureux scotché devant le feuilleton égyptien non sous-titré, le pauvre chaton à moité mort de faim qui n'ose plus rien dire…

Ah, si c'était un peu facile de temps en temps...!

Preuve qu'un temps splendide ne suffit pas à empêcher d'avoir une journée de m..
Premier lever avant l'aube, avec le muezzin, 5h, sans chercher à vous apitoyer, il fait nuit à cette heure là. Donc, voilà, ça recommence, le réveil qui sonne, bondir le ventre vide à la recherche d'un taxi et filer à l'autre bout de la ville en espérant que le soleil en se levant va révéler que l'endroit choisi sur le plan la veille en valait la peine.
Bon, ce matin, c'était charmant. Alignement de petits bungalows inattendus sur bord de mer turquoise. Avec les lumières de la ville qui se réfléchissent dans la baie, une pure merveille. Avec ça un petit air tiède exquis.



Alors, pourquoi faut il que je peine tant ? Entre ce que je vois et ce qui apparait sur les polas qu'il y ait une distance plus grande que de la terre et la lune?
Dieu, que c'est difficile ! Le problème est doublé par le fait que je tente de travailler avec 2 sortes de boitiers différents qui chacun n'en voit, n'en fait qu'à sa tête.
Les nouvelles images ressemblent à des paysage de Magritte ou un truc dans le genre ; j'ai l'impression que quelqu'un d'autre les a faites ; ça me laisse stupéfaite.
En plus de tout ce matin le ciel est pommelé de petits nuages blancs, bouerk.



Je m'obstine trois heures qui passent comme dix minutes. A la fin, je suis toute ronchon et peinée. La lumière devient dure, le ciel bleu-touriste. On rentre. Je tombe de sommeil et suis toute découragée...
En sortant du mini bus, acte manqué? j'oublie le SX 70 dedans.
Heureusement Adrian est là qui veille et le récupère !
On rentre se consoler avec un copieux petit déjeuner.
Demain sera mieux, peut être... Pensées alexandrines à chacun et un sourire pour Stéphanie dont c'est la première apparition ces jours ci.

Alexandria, suite...

Nous avons posé nos bagages au New Capri Hôtel juste à côté de Deliss sur les conseils d'Alain rencontré l'année dernière dans le bus qui allait vers Siwa et revu de loin en loin tout le long du séjour, toujours avec plaisir.
La première impression est plutôt favorable. accueil affable, déco vaguement orientalisante pas désagréable et vue sur la mer sans le bruit terrible de la corniche.
Lumière de rêve sur la ville, pure et dorée malgré l'heure. L'air sent bon la mer et les fleurs. C'est à deux pas du Centre Culturel.
Je m'épanouis à vue d'œil !
15h. Après nous être rafraichis, nous nous rendons à mon rendez vous avec Germaine Ghali. C'est une jeune femme absolument charmante qui me reçoit tout à fait courtoisement et me laisse espérer une possible exposition de Sabah el Nour au CFCA d'ici la fin 2009. Me voilà donc à peu près aux anges ! Adrian en profite pour filmer sa première "interview" ; je m'applique de mon mieux à répondre aux questions car il m'a promis un tas de leurs délicieuses petites crêpes au chocolat si je suis sage !
Demain, c'est le début des petits levers dans l'aube naissante, nous allons prendre le poul de la ville et faire prendre un peu l'air au pola qui dort dans son étui depuis notre arrivée ; ensuite nous passerons chercher Chaïmaa au CFCA pour y déjeuner. Retrouvailles après un an écoulé chacune dans notre pays.
Voilà, ce sera tout pour ce soir ; mon homme est affamé. Baiser roses et dorés à tous.

PS1 : Quelqu'un a t il des nouvelles de mon artiste de mère ?! PS2 : Ma chère Valérie, ça m'a fait bien plaisir de te lire, après tout ce temps je désespérais ! Entre temps, j'ai retrouvé ton adresse dans mon carnet. Vivement des photos de ton nouveau cheval, un anglo-arabe, ça n'aurait pas pu tomber mieux comme correspondance avec notre voyage, très chic ! J'espère que ta Maman et Christian vont bien.

Alexandria


J'adore cette ville !

Le Caire- Mardi 4

Petit billet improvisé depuis l'agréable appartement de Delphine qui nous accueille si adorablement.
La Belle en cuisine s'affaire à préparer un dessert, si, si, après un lever à 6h et une journée de travail...il y a des femme plus accomplies que d'autres visiblement !
Adrian pirate sa discothèque orientale en vue de la BO du futur film.
De temps en temps, ils échangent quelques mots en arabe !
Les bouteilles de Sakara se couvrent délicatement de buée dans le frigo.
Par la fenêtre ouverte rentre la fraîcheur de la nuit et les bruits de la ville ; c'est une des heures que je préfère dans) cette ville.
Ah, en direct, c'est vraiment génial Internet, malgré la lenteur de la connexion, je retrouve Christine de l'autre côté de l'écran, toujours aussi piquante et drôle !
Welcome in Egypt Honey !
Ici, le moment est à la concentration, nous sommes en train de choisir les divines feetirs (prononcer fétir) que Delphine va commander chez Arabica (à Zamaleck) et les bières sont enfin sur la table ; avec le ventre vide, on est fin saouls dans pas logtemps, c'est sûr ! Comme vous voyez, comme tu vois, en direct, ma Christine, ici c'est pas trop dur..
J'espère que tu vas bien, continue de nous raconter des bêtises, on t'embrasse bien fort.
On dîne et je reprends ma petite missive tout à l'heure, d'accord?
22h30 Aïe, c'est l'heure d'aller de coucher, on est à moitié morts de fatigue et demain on se lève à l'aube pour prendre le train direction Alexandrie.
Donc, juste un petit mot pour Hugues ; cher Hugues, merci de ton premier message qui nous fait très plaisir. A voir l'heure, c'était le petit moment de la pause sandwich au bureau... J'espère que tu vas bien, que vous allez bien tous les deux. Alors c'est simple, l'adresse des beignets d'aubergine est la même que celle de l'hôtel El Fayrouz sur la rive orientale de Louxor et, oui, on est presque sûrs que ça plairait aussi à Jean, mais, sans rire, vous n'allez pas vous décider pile au moment où on rentre?! Ce ne serait pas juste!!! Ma chère Isabelle, je suis ravie de savoir que tu es bien rentrée et pleine de curiosité concernant ton voyage à New York et finalement avec quoi es tu partie et as tu trouvé du matos photo intéressant et est ce que tu as bien travaillé? Couleurs et/ou N&B ? Enfin, bref, tout ça !!! Et quand est ce que Jean -Pierre te rend les films etc?
Ce matin fort tôt, Holga et moi, face au Sphinx, avec petit filtre orange face au ciel bleu et tas de petits filtres gris face au 32 d'ouverture, nous étions fort préoccupés à prendre de vitesse la future invasion nippone pouvant surgir d'un instant à l'autre de la face Nord de Khéops...
Je fais tout mon possible et j'espère sortir un petit quelque chose de poétique de temps en temps.
A ce rythme là, avec cette lumière là, mes 30 films n'y suffiront pas, c'est sûr ! On commence à se préoccuper d'acheter de la Tri-X en 120 ici, ne ris pas!
Pour l'instant les films sont à l'abri dans le frigidaire de Delphine.
Tiens moi au courant de tes planches, de tes petits films qui bougent.
Je t'embrasse PS : Ben, justement, "Rouge", comme tu veux, comme tu l'entends ! PS2 : C'était bien de te lire.

Louxor

Une bonne nuit de 12 heures et nous voilà tout de suite l'esprit plus clair !
J'adore notre nouvelle chambre toute jaune avec son beau dôme, son merveilleux ventilateur des années 60 et sa reproduction  d'une fresque représentant Horus et Néfertiti (?) en poil de moquette.
Je réussi un petit pola tout de suite ; ça commence bien.
Ce qui m'interroge plus, l'usage que je vais faire  du Holga, du noir et blanc. La question de  l'humain dedans reste entière depuis l'an dernier, vu que nous avons à peu près le même type de contact avec le pays, évidement, il y avait peu de chance que ma posture ait changée toute seule, comme par miracle !
Et s'il n'y a personne sur la prochaine série, ça ne sera pas la première fois, ce sera juste comme d'habitude…mais peut être qu'il apparaîtra des gens cette fois, on ne sait jamais…
Donc, pour l'instant, je bricole. En quelque sorte, j'attends, sans attendre, je me laisse porter. Contrairement, à l'an passé, je ne sens aucune pression, je ne force rien, j'attends voir !
Je crois que ce qui fait ici, comme ailleurs, vraiment écho chez moi est assez rare et les autres photos sont inutiles, donc nous allons vivre paisibles cette fois ci.
J'ai confiance, les images viendront d'elles mêmes comme toujours, de loin en loin, et malheureusement, il n' y a rien à faire pour que ça vienne plus vite !

Petit pain quotidien :
Il fait un temps superbe. Je veux dire bien bien  chaud ! Mais dans le délicieux jardin ombragé de l'hôtel El Fayrouz, la petite brise rend l'instant délicieux…et porte des odeurs de cuisine fort alléchantes. Nous nous rappellons tout à coup des petits beignets d'aubergines !
Adrian, en odalisque, potasse son Routard.
On pense à vous, à chacun en particulier.
On vous embrasse !

Jour J – On est peu de chose.

Couchés minuit.
Levés 3 heures ; nous rassemblons notre courage pour nettoyer un minimum notre appartement à l'intention de la dame et de son fils, de parfaits inconnus, même pas des amis d'amis, des amis d'amie d'une consoeur croisée lors d'un vernissage, à qui j'ai décidé au dernier moment, en plein rhush, de laisser nos clefs, parce qu'ils sont dans la peine et la nécessité et qu'il faut bien, certains jours, que ça suffise comme sésame.
Bref, nous quittons Paris bien en retard, dans la nuit noire, sous une pluie battante. (Pour le cas où, je suis maquillée comme pour une interview télé).
Cette année, mon sac est tellement lourd que, sur le coup, je crains de ne pas pouvoir le monter à l'épaule.
Finalement, après mûre réflexion et coûts comparés, vue l'heure indue, Adrian s'est résolu à laisser la voiture pour un mois sur le Parking 7 d'Orly ; ça va nous coûter un Å“il, 110 €, mais c'est encore le meilleur rapport qualité prix.
Il continue de pleuvoir à verse tandis que nous courrons dans la nuit noire au milieu de nulle part à la rencontre de la navette promise.
Côté timing, nous sommes juste juste, mon mec ne desserre pas les dents, moi, je trotte derrière sans faire la maligne…
Enregistrement des bagages. Nous choisissons la mauvaise file. D'abord celle d'à côté avance deux fois plus vite, on finit par se demander ce qui se passe. 20 mn plus tard, nous posons enfin nos sacs sur le tapis roulant, le passeport d'Adrian et ma carte d'identité sur le comptoir comme l'an dernier avec notre plus joli sourire en prime.
Ben, alors là, vous allez pas le croire, mais un thon revêche nous regarde avec des yeux de vache et dit NON.
Comment ça, non?
NON. VOUS NE POUVEZ PAS PARTIR AVEC ÇA !
Ah bon ? Mais l'an dernier, je suis rentrée en Egypte avec ma seule carte d'identité…
Elle se tourne vers ses collègues. N'EST-CE PAS, C'EST NON? NONONON.
On se croirait dans un dessin de Marjane Satrapi, coincés face à une gardienne de la Révolution, le voile en moins.
VOUS AVEZ UNE RESERVATION D'HOTEL AVEC VOUS? VOUS ALLEZ EN AFRIQUE.
Qu'est que cette histoire d'hôtel vient faire là? Et puis, c'est pas l'Afrique, c'est le Moyen- Orient !
Ben non, on dort juste au El Fayouz une nuit, on a confiance…
ALORS C'EST NON.
Adrian me voit déjà lui sauter à la gorge.
Bon, je vous la fais courte. 10 mn et un coup de fil à l'ambassade plus tard, Adrian revient en courrant, et c'est OUI, OUI, on a le droit.
Elle s'en mord les joues de rage, la foutue garce et sans un mot, nous délègue à une collègue.
J'attends patiemment les cartes d'embarquement, que nos bagages aient disparus.
Je regarde celle qui a l'air d'être une sorte de chef "Et s'excuser d'avoir essayé de nous faire manquer cet avion c'est trop dur?!"
Formidable ce matin le personnel au sol de Transavia, non?

Bon, après le petit déj était charmant et l'aile droite de l'avion si belle, tellement 30 et constructiviste que je me suis tout de suite mise à travailler !
PS 1 : Après les croissants, Adrian s'est endormi comme un ange et moi, j'ai entamé la lecture de "Les années de Zeth, histoire de me remettre tout de suite dans le bain…
PS 2: A l'arrivée, vue imprenable sur le désert depuis le ciel. 28° degrés au sol. A peine dans Louxor, engueulade sévère avec le taxi, qui exige plus que la somme négociée.
Welcome in Egypt !!! On a l'impression d'être partis hier.