Diana dompté !

Hier soir, cours avec Marianne ; elle ramène les premiers films réalisés avec son Diana (voir le billet "Le Diana de Marianne").
J'attends de les voir avec beaucoup d'intérêt parce qu'il me semble que c'est un boitier qui va lui convenir... Marianne, qui est en cours avec moi depuis Juin dernier, qui débute et ne peut pas prendre beaucoup d'heures par mois, se collette d'obstination aux difficultés inhérentes à la création photographique, rendu du sujet vu, écriture, inventivité, cadrage, et je ne parle pas des embûches techniques rencontrées par tous les débutants.
C'est une jeune femme qui travaille et n'a pas beaucoup de temps à consacrer à la photographie, mais dont la motivation et le désir de progresser sont sincères. Nous avons eu des heures de cours difficiles qui en auraient découragées de moins courageuses.
Mais hier soir, c'était cadeau pour l'élève et la prof ; certaines des nouvelles images sont exquises et nous nous réjouissons ensemble, l'une pour l'autre et chacune pour soi !
Pour moi, c'est comme si, après toutes ces semaines, elle avait attrapé le bout du fil de l'épineuse pelote de la photographie et rien ne peut me réjouir davantage que de voir là, devant mes yeux, ses premières "vraies images".


Du coup, je lui donne pour la première fois du baryté, et tant qu'à faire, pour que ce soit une petite fête, un peu de Foma chamois, mon papier préféré en ce moment, pour les tirer.
Vrais tirages pour vraies images !!

Retour au studio Charlot

Dimanche après midi.
Nous nous retrouvons pour la deuxième fois cette semaine, la même fine équipe, moins le maquilleur (budget plus modeste), au Studio Charlot pour photographier la coatch de sport à domicile Cécile Jambou
Videocomedia réalise son site "Casa training" et je suis chargée des images.
Nous nous sommes déjà rencontrés tous les trois pour définir la ligne artistique, la charte graphique, du site et je sais clairement où cette prise de vue doit nous mener ; les photos doivent donner à penser que le bien-être, l'équilibre, sont en lien avec le soin que chacun prend de son corps, nous les voulons légères, lumineuses et élégantes.
Quand je vois Cécile en jogging blanc prendre place sur le fond blanc que nous venons d'installer, ça ressemble tout à fait aux images que j'avais fait tourner dans ma tête ces derniers jours.
Après, ça va tout seul, même si, cette fois encore, je dois garder un œil en permanence sur ma montre parce que nous avons loué le studio pour deux heures de prise de vue seulement.
Dans mon dos, deux de mes élèves, que Cécile a gentiment autorisées à être là, assises dans l'ombre regardent, discrètes.
Les questions seront pour plus tard.

2h. Pas le temps de prendre des risques, il s'agit d'être efficace, de faire les photos dont nous avons besoin ; heureusement quand Cécile bouge, c'est tout de suite beau. Pour une coatch de sport, elle a un corps extrêmement convainquant...c'est sûr, on voudrait le même !

La goutte d'eau...

Disons qu'en ce moment, j'ai recommencé à travailler à peu près 7 jours sur 7 et qu'il n'est pas rare que je doive dormir au bureau, je ne me plains pas... j'aime ça.
Mais...
...samedi après-midi, quand la jeune comédienne Sarah Lazare qui m'a téléphoné pour que je lui fasse un book et que j'ai accepté de photographier un samedi, pour l'arranger, me plante sans un coup de téléphone, sans texto d'excuses (puisqu'on en est là parfois !), ni avant, ni après, me laissant aller au studio exprès et l'attendre une bonne heure de temps, je trouve que c'est pousser le bouchon de l'impolitesse et du mépris de l'autre un peu loin et tandis que l'heure tourne, que je suis là à perdre mon temps, que son téléphone sonne dans le vide sans qu'elle ait le courage ou l'élémentaire courtoisie de répondre, je ne décolère pas.
Voilà, une jeune personne mal élevée et peu fiable dans ses relations professionnelle, deux atouts formidables pour percer dans un métier comme chacun sait...
Ceux qui me lisent régulièrement, savent que j'écris rarement pour médire, n'en ayant ni le temps ni le goût, tout de même, il y a des jours où ça va mieux en le disant !
Et je ne parle pas du comédien qui est passé chez moi récupérer des photos l'autre matin à dix heures, saoul comme un cochon...

Heureusement, il y a des jours comme ça...

10h A. me conduit à l'atelier récupérer mon sac photo en vue du rendez vous que nous avons au Studio Charlot.
Il fait un froid de loup...
Le concierge m'intercepte pour me remettre un petit paquet, j'aime bien les petits paquets ; c'est le bouquin d'Hervé Guibert "La photo inéluctablement" que j'ai découvert, toujours en farfouillant autour des photographes hongrois. Parce que, durant ses années de chroniqueur au Monde, il a écrit entre autres des articles sur Kertèsz, Robert Capa et Rogi André.



Il tombe à point, j'ai justement fini cette nuit "Etre sans destin".
500 pages chez Gallimard, un pavé comme on dit, il va rejoindre le Holga, la Variosix et l'Ixus dans mon sac à main qu'il alourdit passablement.

11h25 : La chance nous sourit, nous trouvons une place où garer la voiture à 50 m du Studio Charlot, dans le 3 ème, c'est un petit miracle, parait il !
11h27 : Lorsque nous arrivons pile à l'heure pour le rendez vous de 11h30 avec l'équipe technique, Renato nous attend déjà avec le matériel d'éclairage dont nous avons besoin en plus de celui que nous fournit le studio.
Renato Fernandez est mon assistant pour aujourd'hui, ce qui me permet d'envisager la séance photo qui nous attend avec sérénité, parce que c'est la perle des assistants !
On ne fait pas plus sécurisant. Efficace, discret, intuitif, anticipant sur tout, techniquement calé ; vous me direz que c'est déjà amplement suffisant...et j'en conviens volontiers...mais Renato a un truc en plus, sa présence seule est déjà apaisante.
Et pour quelqu'un comme moi, ça c'est le top du top !
Ah, le plaisir, le luxe, de pouvoir donner sa confiance...
En entrant dans le studio, je n'en crois pas mes yeux, Guillaume Bellu, notre maquilleur, est là, déjà installé.
J'avais espéré travailler avec lui, il y a quelques mois déjà mais il n'était pas disponible. C'est la première fois que nous travaillons ensemble, mais j'en ai entendu dire tant de bien que j'ai beaucoup insisté pour l'avoir. Du coup, je suis curieuse de voir à quoi il ressemble et si nous allons nous entendre.
En studio, pour moi, l'assistant et le maquilleur, c'est la tour et le cheval, le bras droit et le bras gauche, c'est ma garde rapprochée et je suis très sensible à ce qui circule entre nous.
Guillaume Bellu est, comme chacun s'accorde à le dire, talentueux, charmant et, Dieu merci,à la fois extrêmement compétent et merveilleusement discret.
Je suis tranquille...et A. peut enfin respirer !

Bientôt, Linda et Arnaud Vincenti arrivent, le DA et la styliste, qui sont aussi nos interlocuteurs chez Marlo Production, et enfin les deux jeunes femmes pour qui nous sommes tous réunis aujourd'hui, Blandine Antoine et Elodie Renaud.
Ce sont deux polytechniciennes, si j'ai bien compris qui viennent de faire un tour du monde des énergies, d'écrire un livre et Marlo Production réalise un site les mettant en scène.
Donc, le groupe Total choisi Marlo Production qui choisi Videocomedia qui me charge de faire de jolies photos de ces demoiselles.
Facile, elles sont sympathiques et charmantes !



J'adore mon job, comme dirait notre bien-aimé président !
Je plaisante...mais c'est vrai que je suis là comme un poisson dans l'eau et heureuse comme seulement quand je travaille, même si nous avons un timing un peu court et que nous commençons avec un œil sur la montre.
Partisane comme je le suis de l'intimité dans les séances de portrait, j'éprouve toujours une légère appréhension au moment de démarrer la prise de vues proprement dite ; l'équipe va-t-elle se mettre en place harmonieusement, chacun s'accordant au même rythme, trouvant sa juste place, dans les lumières les modèles se sentiront ils à l'aise malgré la demi douzaine de personne qui les regarde, vais-je arriver à les rassurer suffisamment, à établir entre elles et moi la confiance nécessaire ? Auront elles en fin de compte, elles aussi plaisir à être là malgré la somme de contraintes réunies ?
Comme toujours, j'ai amené un choix de musiques...
Nous avions promis de libérer le plateau à 16h30 dernier délai sans faute parce que Blandine Antoine repart ensuite aux USA.
A 15h45, je peux encore m'offrir le luxe de faire quelques portraits de chacune d'elles, hors commande, juste pour le plaisir !
A 16h, je dis merci. Renato coupe les lumières.
Je me sens tout d'un coup, un peu vidée, mais c'est une bonne fatigue, une fatigue de piscine je dirais.
Nous avons bien travaillé tous et ça a été une bonne journée.

16h15 Linda nous fait la surprise d'une grosse galette des Roi à la frangipane, c'est une attention adorable qui conclut parfaitement cette séance photo et c'est bon de se sentir un peu cocoonée.
Vidéocomedia qui a organisé toute cette séance peut être satisfait de ce parcours sans faute.
Dehors la nuit tombe, il fait environ 0°.
A. qui est un ange comme chacun sait, me ramène jusque devant ma porte.
Heureusement, il y a des jours...

Tentative d'approche de la Hongrie par sa littérature...et ses photographes...

L'autre jour, à la FNAC Bayonne, lorsque je demande un auteur hongrois, la vendeuse agressive me rétorque qu'il n'en existe pas, que je n'ai qu'à lire des russes, que c'est pareil.
Merveilleux,non?!
Accessoirement, en 2002, l'auteur hongrois Imre Kertesz a reçu le Prix Nobel de Littérature pour l'ensemble de son oeuvre ; ça en fait au moins un.
J'achète "Etre sans destin".

En regrettant de n'avoir pas pu voir l'adaptation en musique qui vient d'en être donné au Théâtre des Champs Elysées (Paris) lecture donnée par Denis Podalydes avec Valérie et Pierre-Laurent Aimard, lui au piano, elle au violoncelle.
Spectacle dont A. m'a fait beaucoup d'éloges.
Encore une histoire de camp de concentration, je n'en sors pas, je me dis en lisant la quatrième de couverture, écrite par un type qui porte un nom de photographe hongrois !
Il n'y a pas de hasard...

Si l'un d'entre vous a déjà lu un autre auteur hongrois et que ça lui a plu, ce serait adorable de me l'indiquer !

"Comme la vie est lente et comme l'espérance est violente" *

A peine rentrons nous d'Egypte, je propose que nous partions à Budapest.
Évidement, je propose Budapest à cause de Capa.
Et aussi, parce qu'au fond de moi, j'espère que Budapest sera un autre Prague et qu'il me suffira d'être là, de marcher dans la ville avec A. pour travailler et, qu'avec la beauté, les images viendront toutes seules.
En Egypte, il y avait quelque chose de troublant à devoir aller ainsi au devant des images, auquel je ne me suis jamais faite complètement.
Plus que de se lever à l'aube pour aller vers la lumière, c'était l'idée de devoir me lever, d'aller ainsi, en quelque sorte au devant de la photographie, qui me troublait, me gênait un peu.
Donc, j'ai dit Budapest presque aussitôt que nous sommes arrivés à Paris après ces trente jours d'absence que j'avais trouvé trop court, même si, je le savais, il eut été plus raisonnable de repartir pour Constantinople, finir la série Une Femme Française en Orient, ou, du moins, de faire une escapade d'une dizaine de jours à Marrakech.
Sans cesse, je revois les aquarelles de Delacroix à Tanger et il me semble que le Maroc peut être considéré comme une sorte d'Orient...pour la Femme Française, je veux dire.
Mais l'argent manque.
Et je sais que nous ne pouvons pas repartir les quatre ou six semaines nécessaires maintenant; il me faut ronger mon frein. Attendre donc et ainsi risquer en arrivant sur place de n'être "plus la même", d'être dans un mood si différent, que faire le lien avec les photos précédentes, pour lesquelles on est venu là justement, pour aussi consciemment qu'on le souhaiterait soit devenu impossible.
Mais, à Paris, je ne travaille pas, jamais.
Que de temps perdu donc. Que de cruelle et silencieuse attente tapie au fond de moi chaque jour.
Et Budapest, là maintenant, ça, c'est possible.
J'aime Capa si profondément, depuis si longtemps.
En attendant la mi Février je vais lire ; je n'imagine pas aborder une terre nouvelle autrement que par sa littérature, sa photographie.

  • Guillaume Appolinaire "Le pont Mirabeau"

Je vous souhaite une heureuse année !

Que 2009 soit généreuse pour chacun d'entre vous, jour après jour.

Je souhaite à ce blog une vie plus intense, plus riche et que chacun, à parler de photographie naturellement, mais aussi des arts dans leur ensemble, à partager ses découvertes, ses questionnements, ses goûts et ses dégoûts, ses émerveillements, se sente le bienvenu.

Pour ma part, à l'heure des résolutions de l'an nouveau, je promets d'essayer d'être plus régulière à vous faire partager mon quotidien de photographe…pour le pire et pour le meilleur…