NON à la mort programmée de la photographie argentique - Appel à signer la pétition

Comme tous les utilisateurs des papiers argentiques FOMA 542 chamois et 532 nature, je ne peux que constater chaque jour la dégradation de la texture du papier depuis, à vue d'oeil, six mois.
Le nouveau papier manque affreusement de finesse de grain...c'est une sorte de papier peint, assez vulgaire, qui fait offense à notre goût pour les papiers texturés.
FOMA présuppose -t-il que nous sommes aveugle ?
La question se pose quand, sur 7 pochettes du même format, portant le même numéro de série, on voit nettement que le papier n'est pas identique !
Quant à l'émulsion, il n'est pas rare de tomber sur une pochette qui révèle bientôt ses vices cachés sous la forme de petites ou grosses taches plus foncées apparaissant tardivement.
C'est à décourager les meilleures volontés.

FOMA est un des derniers fabricants de papier texturé, à ma connaissance, avec BERGGER (et si je me trompe, surtout n'hésitez pas à me dire ce que vous avez d'autre sous le coude !) ; ROLLEI ne fabricant pas, se contentant de conditionner FOMA en pochettes noires.
Que vous aimiez ou non les papiers texturés, je suis certaine que vous serez d'accord avec moi pour affirmer que la gamme des papiers et chimies qui nous sont proposés se réduisant comme peau de chagrin, nous nous dirigeons, pas très doucement, mais assez sûrement vers une mort de la photographie argentique qui semble arranger les fabricants.
Sauf à nous débattre et à trouver des solutions alternatives...
La dégradation des papiers FOMA 542 chamois et 532 nature est grave dans le sens où elle fait partie intégrante de ce formatage de la photographie que les industries tentent de nous imposer, en réduisant encore un peu le champ des possibles.
Après avoir encore une fois expérimenté tout ce week-end à la fois les problèmes de texture, la discontinuité dans une série ET les tâches dues aux émulsions, on voudra bien comprendre que j'ai été saisie à la fois par le découragement ET la colère !
Depuis des semaines déjà, je cherche une alternative et je ne la trouve pas.
Renato chez PROPHOt a fait rentrer spécialement pour moi les séries les plus anciennes qui restaient disponibles et je sais bien la chance que j'ai qu'il soit aussi formidable avec moi et me change les pochettes qui s'avèrent pires que les autres.
Je me vois mal changer le papier de Une Femme Française en Orient en plein milieu de la numérotation. J'imagine d'ici la tête de mon galeriste et des acheteurs.
Et pour quel papier ?!

Je me vois mal aussi rester les bras croisé à attendre que des industriels, pour qui seule compte la rentabilité et à qui la photographie importent peu, achèvent de réduire à néant le choix des papiers argentiques et autres chimies...en attendant d'en être réduite à préparer des papiers albuminés dans le fond de mon jardin, j'ai décidé, ce matin, de me battre, même avec les tout petits moyens dont je dispose, et je vous invite chaleureusement à vous batte à mes côtés, que vous soyez photographe aussi ou simplement par sympathie pour moi ; tous les soutiens seront les bienvenus.
J'ai donc créé une pétition, avec l'aide de A. naturellement, que je vous demande de signer et de faire circuler activement autour de vous

www.gopetition.com/online/29017.html

ET
ZUT, pour ceux qui disent que la photographie argentique est vouée à une mort certaine à court terme et qu'il faut s'y résoudre paisiblement, les dinosaures ayant bien disparus eux aussi de la surface de la terre, nous ne nous en portons pas plus mal, n'est ce pas ?! Et le numérique, c'est l'avenir et tellement formidable et tout...

Nuit d'été

Seul bémol de la journée, avec la température à Paris, difficile de maintenir le révélateur à une température orthodoxe.
Le bonheur serait, la nuit venue, de pouvoir tirer la fenêtre ouverte ;
le margeur maintiendrait le papier frémissant sous la brise,

la lampe rouge oscillerait

délicatement
comme
une lanterne chinoise...

Week-end en amoureux

Tomates coeur de boeuf, mozzarella, coppa et pain frais, le tout acheté au marché, bien calé au fond du panier.
Abricots et viennoiseries pour le petit déjeuner de demain.
Sans oublier les tee-shirt de rechange, le mascara, ni les Carnets de route de Werner Bishof.
A. et moi, nous partons en week-end, en amoureux.
Enfin tranquilles.
Au labo.
Avec des provisions de bouche pour deux ou trois jours, des livres.
Pour le reste, c'est une vraie maison de campagne, des brosses à dents aux serviettes de toilettes, en passant par le café, on trouvera tout sur place.
Ne croyez pas que je suis cynique ; pouvoir enfin travailler tranquille, jusqu'au milieu de la nuit si le coeur m'en dit et, au matin, regarder les tirages de la veille en sirotant le café avec la brise qui rentre par le balcon et les oiseaux qui chantent, ça n'a pas de prix.
Entre mes élèves, les comédiens, la clientèle d'A. et la mienne, toute l'année, il y a tellement de passage dans ce lieu, j'y ai tant d'obligations, que j'avais fini par en oublier que c'est avant tout mon labo, mon atelier, pour si petit soit-il ; un endroit où j'avais du plaisir à être, parce que c'est là que je travaille pour moi, que je crée, que je tire.
J'avais oublié cette sensation de bonheur, les sons familiers de la nuit par la fenêtre ouverte sur le parc, la fatigue quand il est déjà tard et qu'il faut encore attendre que ça rince, cette fantastique satisfaction de travailler sans contrainte, avec le temps qui s'étire devant soi et dormir lorsque les yeux se ferment, attendre de finir une belle série de tirages pour manger enfin, s'écouter, rêver et recommencer !

Carnets de route

Miracles d'Internet, trouvé ce matin dans ma boite aux lettres l'ouvrage que j'ai commandé hier ! Il s'agit de ''Carnets de route, 1932-1954'', le livre de Carole Naggar sur Werner Bischof dont j'ai entendu parler dimanche sur France Inter, en écoutant l'émission de Paula Jacques ''Cosmopolitaine''.



Je ne m'étais pas particulièrement intéressée à Werner Bischof jusqu'ici.
Dans ma bibliothèque, il y a un seul ouvrage le concernant, le Photopoche qui lui est consacré, autant dire le minimum !
Mais la manière dont Carole Naggar en parlait était vraiment plutôt tentante, l'idée qu'il s'agissait d'un journal déjà, le fait qu'il dessinait et qu'il y aurait des fac-similé des croquis aussi...

P comme Proust

"La photographie acquiert un peu de la dignité qui lui manque, quand elle cesse d'être une reproduction du réel et nous montre des choses qui n'existent plus."
''Marcel Proust''

Rencontre avec des Lunettes Rouges

Le fameux blogger Les Lunettes Rouges me fait l'amitié de venir voir mon travail à la maison.
Nous avons eu, au moment de fixer le rendez vous, 2 petites minutes de conversation téléphonique durant lesquelles cet homme m'a semblé éminemment sympathique, néanmoins je suis légèrement traqueuse comme chaque fois que je montre mes photos lors à un professionnel.
Ce rendez vous là pourtant n'a pas d'enjeu particulier car je n'ai pas d'exposition sur Paris en ce moment, mais il me semblait important de me faire connaitre d'un homme qui tient un blog culturel si visité, qui ne se contente pas d'annoncer ici où là une expo, mais est une véritable critique sur la toile et dont les articles couvrent aussi bien du chorégraphe Jan Fabre à la Biennale de Venise que l'exposition H. Cartier Bresson au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
A ma connaissance, il n'existe pas tellement de blogs semblables à celui ci où des critiques étoffées touchent aussi bien à la peinture, à la vidéo, qu'à la sculpture ou la photographie.
Aussi, en préparant le café, j'espère naturellement que mes photos et moi-même nous allons lui plaire.
Je montre d'abord la dernière série "Une Femme Française en Orient" que Jean-Pierre Haie m'a gentiment laissé sortir de la galerie pour l'occasion, puis pour rester dans le N&B "Loin de l'Espoir", suivi de la couleur sur le Camp de Concentration de Rivesaltes et enfin "Sabah el Nour".

Il faut croire que nous ne déplaisons pas complètement puisque la plus grande partie de l'après midi s'écoule de la sorte.
Et ce, dois je le préciser, pour mon plus grand plaisir car j'ai toujours eu un faible pour les hommes très cultivés lorsqu'ils savent être simples ; j'adore qu'on me raconte des histoires, j'adore apprendre...
Quand Dominique Gaessler m'avait autorisée à prendre ses cours à Paris VIII, c'était sans conteste le meilleur moment de ma semaine et je garde une grande nostalgie de ces heures passées à l'écouter parler de photographie.
En ce vendredi après-midi, j'écoute donc avec grand plaisir cet homme là, qui s'avère effectivement charmant, me raconter mille anecdotes, je glane ici et là quelques titres de livres, quelques noms de photographes inconnus de moi.
De quoi, il ne faudrait pas déduire qu'il pérore ou n'est pas attentif, ce qui serait tout à fait faux, et si Les Lunettes Rouges est, pour regarder les photos, nettement plus rapide que des acheteurs ou des amis, je ne m'en offusque pas, c'est seulement le rythme propre à la plupart de ceux qui ont une grande habitude de ce genre d'exercice, que je reconnais pour avoir, de mon côté, montré mon travail à tant et tant de professionnels ces trente dernières années !
Nous nous séparons finalement après avoir convenu que je lui montrerai en Septembre ma moisson turque.

De la complexité d'enseigner

Mardi, cours avec Sarah, c'est un après-midi paisible et gai.
Comme la veille, elle a choisi d'aquareller deux des photos qu'elle vient de ramener d'Istanbul et que nous avons tirées la semaine dernière.
En plus des films de Turquie, elle m'apporte 5 ou 6 planches contact en 135 de son week-end à Rome et environ autant en 120. Je suis satisfaite qu'elle travaille autant en ce moment ; au fond, je suis convaincue que c'est la meilleure, sinon le seule, manière de progresser.
Comme les 135 sont essentiellement des photos-souvenirs où l'on voit sa famille et ses amis, je lui suggère de passer plutôt en numérique pour ce genre d'images à l'avenir, le PowerShot G10 qu'elle vient d'acheter sur mes conseils sera parfait. De retour à Paris, il lui suffira de prendre 1 heure pour les trier, les envoyer par mail à Négatif + et les photos qu'elle souhaite offrir à ses amis arriveront directement dans sa boite aux lettres si elle n'a pas le temps de passer les chercher rue Lafayette.



Je propose cette solution parce que, clairement, le tirage N&B est assez long pour que ses photos-souvenirs nous occupent la semaine même sur du papier RC et je considère qu'elle a mieux à faire de ses 8 heures de cours.
Faire des tirages baryté des petites photos très personnelles qu'elle a ramenées d'Istanbul, par exemple, ou des images moins personnelles, mais tout à fait honnêtes et qui sont des tentatives d'empoigner la photographie par tous les bouts, ce dont je ne saurais lui faire reproche.
Donc, mardi après midi, Sarah F. Valente retourne à ses pinceaux et c'est assez intime.
Sarah F. Valente ne fait pas de coloriage.
C'est, me semble-t-il, un endroit d'elle assez similaire à celui de moi où je suis lorsque je travaille, que je connais donc et que je m'efforce de respecter, en occupant ma place de prof, non pas, avec des idées préconçues sur mon rôle, mais disons plutôt, à l'intuition.
Une place en creux, en quelque sorte.
Lundi, en me basant sur mes envies à moi quand je rentre de nouveaux films, je suis arrivée sûre que nous allions continuer à tirer la Turquie et donc, quand j'ai senti que ce ne serait pas le cas, j'ai été un peu prise de court ; ma bibliothèque navigant en permanence entre le labo et la maison, je n'ai pas toujours ce dont j'ai besoin sous la main en cas d'imprévu, c'est l'inconvénient.
Du coup, mardi, j'ai prévu "au cas où" et tandis qu'elle travaille je lui fait la lecture de l'autobiographie de Robert Capa, Slightly out of focus, et je suis heureuse de la voir sourire et peu à peu succomber, elle aussi, au charme de ce grand séducteur.



D'associations d'idées en recherches, nous visionnons aussi un court métrage sur Stéphen Shore, sur Ara Güler, un dvd qu'elle vient ramener de Budapest sur les photographes hongrois, nous effleurons le travail de Robert Raushenberg...
Quand Sarah F. Valente aquarelle, je regarde avec une stupéfaction joyeuse l'intérieur de sa tête, en me réjouissant d'avoir eu, par chance, une mère peintre ! !
Nous avons eu là un bel après midi, créatif et gai.
Tous les cours que je... Cliquez ici pour voir la suite

Si...

Si vous tentez le coup, allez y à fond
Ou alors n'essayez même pas
Vous perdrez peut-être vos copines, vos femmes, vos proches, votre travail, voire votre tête,
Vous ne mangerez pas pendant des jours
Vous gèlerez peut-être sur un banc,
Irez en taule, serez exposé à la dérision, à la moquerie, à l'isolement.
L'isolement est un bienfait
Tout le reste ne sert qu'à tester notre endurance, à vérifier notre motivation.
Et vous foncerez, malgré le rejet et les pires galères, ce sera mieux que tout ce que vous pouvez imaginer.
Si vous tentez le coup,
Allez y à fond.
C'est une sensation unique.
Vous côtoierez les dieux.
Vos nuits brûleront rouge vif.
La vie ne sera qu'un long rire.
C'est le seul combat digne de ce nom.

Charles Bukowski

Pardon pour les inexactitudes éventuelles de mise en page...

1er Prix de la Foire Internationale à la Photographie de Bièvres - Isabelle L.

Mon élève Isabelle L. remporte aujourd'hui le 1er Prix de la Foire Internationale de Bièvres pour sa série Anamnèse !



C'est un grand jour pour elle qui montre son travail pour la première fois.
Et pour moi qui lui enseigne la photographie en cours particuliers et qui l'aie vue arriver chez moi avec, à peine, quatre notions de base fraichement, vaguement, acquises, mais pleine de désir, je suis heureuse et fière d'avoir pu la mener jusque là en un an et demi, d'avoir tenu ma promesse de l'aider à se trouver comme photographe.
Je souhaite à cette élève talentueuse et bosseuse beaucoup de succès dans l'avenir et que la récompense d'aujourd'hui, tout à fait méritée, l'encourage à continuer de plus belle.
J'espère que ce succès sera une motivation supplémentaire pour mes autres élèves à travailler, travailler, travailler ; que ça va créer une saine émulation à l'intérieur de l'atelier !


Ombres chinoises © Isabelle L. 2008

PS : Vu que tous les tirages sortent de mon labo, que je les ai suivi avec de soin de A à Z, depuis le choix du révélateur, du papier etc, jusqu'à celui de l'encadrement, je suis restée hallucinée d'entendre aujourd'hui son prof des Beaux Arts de Reuil-Malmaison, qui expose à côté d'elle, s'en approprier paisiblement la moitié du mérite auprès du public...
Rendons à César ce qui est à César, et pour commencer, son talent à Isabelle L. ; l'excellente idée de l'amener à Bièvres revient en entier à ce monsieur charmant ce dont je le remercie malgré le travail et le stress supplémentaires que ça a représenté pour moi ce dernier trimestre, mais pour ce qui est du résultat visible aujourd'hui par le jury et le public...non, non, non !!!
Sans arrogance aucune, mais en toute légitimité, je reste le seul maitre à bord !


© Carl Radford 2009

Je craque complètement sur ce petit ferrotype de Carl Radford qu'A. m'offre en guise de récompense...

Préparatifs - Les films, les boitiers

Aujourd'hui, je profite des promotions offertes par Prophot pour acheter les films que je pense nécessaires et suffisants pour notre séjour en Turquie.
Après quelques hésitations, j'opte pour 80 Tri-X 120 en 320 Asa et 20 en 400 Asa, ce qui est, proportionnellement, à peu près la même chose que l'an dernier en Egypte pour une période identique.



Mes doutes concernaient la quantité, assez ? pas assez ? parce que pour le dernier voyage en Egypte, j'emportais aussi des Polas, (pour pouvoir finir Sabah el Nour tout en commençant une Femme Française en Orient), ce qui trouble un peu mes calculs...
Je calcule, 33 jours entre l'aller et le retour, moins le temps perdu pour les vols 31, j'arrondis à 30, ça fait, grosso modo, 3 films par jour ; au fond, il me semble que ce n'est pas énorme, et je connais beaucoup de photographes à qui ça servirait juste d'amuse-gueule, mais je n'ai jamais fait beaucoup d'images à la fois, je ne mitraille guère, étant plutôt dans le rêverie que dans l'instant.
De toutes manières, j'emporte mes vingt derniers packs de Polas...car on ne sait jamais...je me dis que ça fera bon poids.
Bon poids, dans tous les sens du terme !
Pas encore pesé les films pour savoir si la bobine de 120 est plus ou moins avantageuse que le pack de Pola ; une chose est sûre, une fois faite, on ne gagne pas les 40g de la cartouche pour le sac du retour, on ne peut guère jeter au fur et à mesure non plus !
Autre petite hésitation, Tri-X 400 ou pas, si oui, combien ?
Je pars avec de la 320 que je travaillerai en 200, pour être raccord avec les photos de la Femme Française dont j'espère, Inch'Allah, faire la suite, ou la fin, difficile à dire.
Donc, même enfer. Même boitier, je veux dire. Je pars avec les deux Holga, plus un Diana acheté pour l'occasion, deux cellules (forte de l'expérience) et un Pola ou deux.
En résumé, des optiques qui n'ouvrent pas.
Quid des soirs de lune sur le Bosphore dont parle Pierre Loti ? Des intérieurs de palais, de mosquées ? Des intérieurs, tout court ?



Je revois très bien les magnifiques lampes à huile en verre au plafond de la Mosquée Sultan Hassan au Caire et la galère que ça a été pour sortir la petite image que mon galeriste a vendue hier...donc, c'est vrai que, dans l'absolu, je suis hostile au changement de films à l'intérieur d'une série, mais, réflexion faite, je préfère me laisser tout de même une petite porte de sortie pour les cas extrêmes.

Le bonheur de se préparer au voyage

Tombée du lit ce matin, il fait presque encore nuit quand l'odeur du café frais commence à embaumer la maison silencieuse ; je goûte avec un plaisir sans mélange ces deux petites heures exceptionnelles de solitude.
Au seuil d'une journée de 7 heures de cours, qui malgré ma motivation, me laisseront épuisée, je rends grâces par avance pour ce temps qu'il m'est accordé de passer en tête à tête avec moi-même.
Après avoir hésité quelques instants devant les délicieuses alternatives qu'offrent à moi, j'opte pour la lecture d'Aziadé de Pierre Loti. En quoi, je précède la Femme Française à Constantinople.

Mardi



Rendez vous avec Dominique Gaesler à Trans Photographic Press ; il me semble que ça fait une éternité que nous ne nous sommes pas vus.
Un an, je crois.
C'est exceptionnel, que je reste si longtemps sans lui montrer mon travail.
Et je me demande comment le temps a pu passer si vite depuis ma dernière visite.
Je passe en courant à la galerie emprunter "Une Femme Française en Orient", "Contes d'Hiver" et une poignée de cyanotypes à Jean-Pierre Haie qui a la gentillesse de me les prêter pour la journée.
J'ai une production si petite que presque tout ce que je fais de bien est à la galerie, à part le travail du moment, une ou deux bricoles "hors série" que je fais juste pour moi, pour jouer, en quelque sorte, pour me faire plaisir, et les petits cadeaux que je fais à A. par ci par là.
Donc, là, je repars avec mon gros paquet sous le bras.
C'est, pour moi, toujours le même plaisir, le même bonheur de voir Dominique.
Je le retrouve inchangé, élégant en tenue estivale claire, il a l'air en pleine forme.
Je n'étais pas venue depuis si longtemps que je ne connaissais pas Vinca, son assistante, c'est dire !
J'envie de tout mon coeur, dès l'instant où je la rencontre, cette jeune femme, qui, après avoir eu Dominique comme prof, le bonheur, a la chance insolente de travailler maintenant à ses côtés !
Que ne doit elle apprendre…chaque jour doit être une moisson formidable…
Pour le reste, en plus que de porter ce prénom fort rare qui fleure bon la fin des vacances en bord de mer et le silence béni des amours adolescentes, elle est éminemment sympathique et je me sens en confiance tout de suite.
Seul regret, il n'a pas que moi dans sa journée, c'est un tout petit rendez vous d'une heure, qui me laisse légèrement sur ma faim !
Bientôt un autre photographe arrive.
Tant pis pour moi.
Je n'ai, d'ailleurs à m'en prendre qu'à moi-même qui suis arrivée en retard, qui n'aurait pas dû laisser passer tant de temps sans venir, quand j'ai la chance d'être reçue toujours si je le demande.
Je reçois, en cadeau, pour me consoler et faire de mon modeste trajet de retour un voyage exotique, le livre de Mi-Hyun KIM, HUANG SAN, que Trans Photographic Press vient d'éditer et dont j'avais admiré la couverture de soie dorée.

Puissent ils avoir une heureuse journée dans leur joli bocal avec vue la mer !

Retour à la case départ



Arrivée ce soir à Orly sous une pluie battante qui donne envie de fuir en prenant le premier vol qui se présenterait pour une destination lointaine.
Mais, tandis que nous attendons le départ de la navette, en maudissant un Paris si maussade, Sarah F. Valente, qui rentre elle-même d'une semaine à Istamboul avec sa moisson d'images, téléphone pour que nous fixions les horaires de ses prochains cours.
Elle revient avec une vingtaine de films.
Voilà qui suffit, pour l'instant à éclaircir le ciel au dessus de ma tête.
Je suis heureuse qu'elle ait tant travaillé, alors même qu'elle partait rejoindre une amie proche.
Parfois, mes élèves me donnent un grand sentiment de fierté, …pas toujours et je râle aussi et je pousse et je tire, pour que ça avance…mais, parfois, il faut bien l'avouer…

Farrera - Séminaire International Testimoni i Transmissio - La pensée du jour

" Le contenu ne peut se détacher de la forme ; par forme j'entends une organisation plastique rigoureuse par laquelle, seule, nos conceptions et émotions deviennent concrètes et transmissibles."
Henri Cartier-Bresson

Centre d'Art i Natura de Farrera - Séminaire International Testimoni i Transmissio

Après 4 heures de route et nous être égarés maintes fois dans les Pyrénées, nous arrivons enfin à Farrera, à temps pour le rendez vous du déjeuner et même en avance sur le reste des participants qui, eux, arrivent en minibus de Barcelone.
Autant dire tout de suite que le village de Farrera est absolument perdu au milieu des montagnes, il y a même encore, par endroits, de la neige sur les bas côtés de la route en ce début Juin, mais on chercherait en vain un endroit plus harmonieux que le Centre d'Art i Natura qui nous reçoit jusqu'à la fin de la semaine et on imagine difficilement personnes plus généreuses et rayonnantes que nos hôtes, Cesca et Lluis.



A part ceux d'entre nous qui connaissent déjà et reviennent avec joie, chacun s'émerveille d'avoir été choisi pour passer la semaine dans des conditions aussi luxueuses ; au fond, nous peinons à croire qu'il existe un lieu aussi privilégié et nous étonnons d'en avoir ignoré l'existence jusque là.
Le village est déjà un bijou en lui-même, mais le Centre d'Art i Natura en est, sans conteste, le coeur palpitant.
Ce qui apparait incroyable, à première vue, et ne fera que se confirmer un peu plus chaque jour, c'est cette évidence d'être miraculeusement loin de tout, dans un cadre où la nature règne,et de sentir à quel point ceux qui ont inventé ce lieu sont en lien avec le monde.
C'est facile à voir, je dirais même, ça crève les yeux dès l'entrée, le moindre programme, le moindre document, les livres publiés, les traductions, les oeuvres d'art au mur, tout ici est d'une qualité extrême.
Les présentations faites, chacun monte ses bagages, découvre sa chambre et peut se rafraichir.
En redescendant pour le déjeuner, nous allons découvrir que la maitresse des lieux est elle-même une artiste et sa cuisine un enchantement sans cesse renouvelé.