Bis repetita

Ce matin, retour rapide à Ephèse.
Nous arrivons par le premier dolmus, soit avec 15 mn de retard environ ; mais comme les guichets n'ouvrent guère à l'heure non plus… je suis dans les temps.
Bien que nous soyons venus deux fois déjà hier, il me semblait que je pourrais mieux réussir la photo que j'ai tentée de la Bibliothèque.
C'est-à-dire, j'y ai travaillé hier matin un bon moment avec le soleil qui se levait sur la façade, mais dans le dolmus du retour, une idée m'est venue qui me semblait meilleure et, quand nous sommes revenus dans l'après midi, le soleil ayant tourné (la terre je veux dire) la façade était dans l'ombre, dans une sorte d'éclairage plus dramatique assez difficile mais tentant.
Pour parler vulgairement, je m'y suis collée un bon bout de temps, avec la foule ininterrompue des touristes qui déferlaient sur la placette, se faisaient photographier les doigts en V entre les portes ou posaient en famille pour le photographe de la croisière.
Au bout d'un moment, le nombre d'hommes plus ou moins équipés ayant tenté de venir me rejoindre sur le caillou où j'étais perchée ou attendant que je le quitte pour me copier aurait suffit à faire un petit fan-club ! Je suis toujours attristée par le manque d'imagination.
Et quel intérêt cela peut-il bien avoir de faire une photographie que quelqu'un d'autre à faite avant vous ?
Quand justement, le plus excitant, me semble être de parvenir à porter son propre regard sur le monde.
Si tout a été photographié, ce n'est plus le sujet qui compte mais celui qui regarde.
Par suite, si l'on admet que le sujet (je ne parle pas de l'événement) n'a plus guère de valeur à force d'avoir été photographié et que celle-ci réside maintenant, 150 ans environ après la naissance de la photographie et avec la banalisation de celle-ci, dans le regard porté, où réside la valeur lorsque le regard porté n'est plus que la copie d'un regard précédent ?
Pour soi-même et dans l'absolu ?

Je me rappelle assez bien ma première accréditation au Festival d'Avignon.
Imaginez une quarantaine de photographes professionnels disposés en quinconce sur 4 ou 5 rangées de sièges, selon cette disposition, un photographe, son sac, un photographe, son sac etc.
Entre les jambes de chaque photographe son trépied photo dont l'un des pieds passe par-dessus le siège inoccupé de la travée de devant.
Ainsi, cette quarantaine de photographes immobiles, dont les rangs les plus bas sont obligatoirement assis pour ne pas gêner les rangs supérieurs, plus ou moins équipés des 2 ou 3 mêmes boîtiers (un pour le N&B, un pour le tungstène et éventuellement pour la lumière du jour), disposant des mêmes optiques et des mêmes films (à l'époque nous étions en Ektas, le numérique n'ayant pas encore fait son apparition) face au même spectacle et demain, affrontant leurs images devant les mêmes iconographes des rédactions de journaux dans l'espoir d'obtenir ¼ de page ou, dans le meilleur des cas, ½ page.
Tentez d'imaginer le nombre de photos faites, le peu de place accordée au théâtre dans les journaux, périodiques et quotidiens confondus, en excluant au moins Libération qui envoyait son propre photographe avec une plus grande liberté de vue, cette année là Claudine Doury, son Leica, sa jupe légère, et peut être comprendrez vous mieux ce que j'essayais de dire dans le passage précédent, sur l'importance du regard.

Je me rappelle de mon effroi en "gagnant" ma place entre tous ces photographes, dont les 9/10 èmes étaient des hommes et une grande partie des "vétérans".
J'avais 25ans, j'étais bien équipée, mais mon choix d'avoir des optiques fixes était nettement moins adapté au spectacle que leurs zooms.
80 cm me séparait de mon voisin de droite comme de ma voisine de gauche, Brigitte Enguerand, sur qui il m'était facile de mettre un nom parce qu'elle était une des seules femmes présentes, et que la qualité de son travail était à peu près incontestable ; on pouvait facilement le constater jour après jour, les publications de l'agence Enguerand monopolisant une grande partie du marché disponible.
Donc, nous étions tous groupés là, et j'allais devoir faire de meilleures images que mes confrères, si je voulais gagner ma vie comme photographe de spectacle.
Meilleures. Différentes.
Nous étions en concurrence 3 fois par jour durant le Festival et autant de soir que nous le pouvions le reste de l'année.
Les parutions se succédaient jour après jour, semaine après semaine, avec la même donne, le même challenge.
Parfois 20 photographes seulement, ou moins, parfois 60, quand la presse people nous rejoignait, dans le cas d'un actrice de cinéma connue jouant dans une pièce par exemple.
Et parfois, j'étais vraiment bonne et mes photos paraissaient.
Et parfois, j'avais simplement les mêmes photos que mes confrères et alors les agences, dont le système de distribution était nettement supérieur, gagnaient presque toujours.
Nous étions obligés d'être là ensemble, il n'était pas question de se copier, nous n'en avions guère le temps non plus, et notre cahier des charges était précis, pas question de rater de photo de Roméo qui embrasse Juliette en "plan serré" ; nous devions être bon, au minimum, et faire en plus des photos différentes.
Huit ans à ce rythme m'ont appris l'humilité et à "être sur chaque point", comme on dit au tennis.
Pour ma part je dirais qu'il n'y a pas de mauvais sujet, si le sujet et là, j'essaie.
Et quand j'essaie, c'est de toutes mes forces.
Je donne mon maximum.
Je fais ce que je peux.

Résumés des épisodes précédents

Quitté samedi Izmir pour Selçuk (prononcer Selchuk) en minibus.
Pour ceux que ça intéresse, nous avons acheté nos places auprès de l'agence d'une compagnie de bus ( 7 TL pièce, prix qui incluait le transfert jusqu'à la gare routière à l'extérieur de la ville).
C'est presque la fin du voyage, il reste une semaine aujourd'hui, nos sacs commencent à se faire lourds et nous sommes sensibles à ce genre de petites facilités.
Le trajet dure un peu moins d'une heure.
Terminus des minibus dans ce qui nous semble être le centre ville, en face d'une poignée de boutiques spécial touristes.
Il est 14h30 environ, le soleil tape fort, la lumière est dure.
Notre pension "Homeros" (dans les pages "prix moyens" du Routard") est à 5mn à pieds, ça monte un peu raide mais nous sommes immédiatement récompensés car l'accueil est agréable et la déco des chambres et des parties communes est vraiment charmante et fort coquette.
C'est une vraie "pension de famille", comme on disait dans le temps, avec des meubles anciens, des tapis partout, des miroirs, des bijoux, des tableaux aux murs, des lampes…une sorte de maison quoi, et, pour ma part, je trouve que ça repose des hôtels..



Pour parfaire le tout, deux terrasses, une couverte, plus fraîche, qui sert beaucoup pour tout dans la journée, petit déjeuner , lire, écrire, bavarder…et l'autre, sur le toit, où nous est offert chaque soir un verre de vin, à déguster en regardant le soleil se coucher sur la mer.
Avec ça, les dits petits déjeuners sont de grosses assiettes de fruits avec des tartines de miel (et plein d'autres petites choses) accompagnées du meilleur thé que nous ayons goûté jusqu'ici en Turquie, Dieu sait pourquoi, à la bergamote !



Je finirai par le clou du spectacle, des dîners si copieux, qu'un suffit pour deux personnes et concoctés par les femmes de la maisons ; autant dire de la cuisine familiale, qui change agréablement des bouis-bouis, couronnes de pain au sésame, autres repas pris sur le pouce et même des repas pris chez Mustafa, qui restaient de la cuisine de restaurant.
Mon palais et mon estomac se montrent reconnaissants de retrouver une salade de haricots verts par ci, du pain complet par là et des fruits frais en guise de dessert ; ça évite de se coucher en rêvant de ce qu'on mangera lorsqu'on sera enfin rentrés chez soi !
Mais bon, bien sûr, tout cela n'est que considérations futiles ; naturellement nous sommes là pour Ephèse, son amphithéâtre de 24000 places (et assez de touristes venus du monde entier pour jouer chaque jour à guichets fermés), sa bibliothèque, la troisième de l'antiquité par l'importance, après celle d'Alexandrie dont il ne reste rien , celle de Pergame dont on vous parlera demain et ses villas romaines.

Homeros Pensyion, seul inconvénient, pas la wifi dans les chambres, on est obligés de s'installer dans leur bureau de l'autre côté de la rue ou sur le trottoir…

Arrivés à Ephèse hier matin

Smyrne

Hier,fin d'après-midi.
Rendus optimistes par la découverte des filtres Cokin à Istanbul (voir billet du 26 Août), nous ne désespérons pas d'en trouver à nouveau un ici.
Sinon, je n'ose même pas imaginer la fin du voyage...
Coup de chance, la première boutique nous donne l'adresse d'une seconde qui a effectivement tout un stock ; je trouverais de tout si j'étais intéressée !



Qu'on veuille bien se rappeler les effets "artistiques" proposés par la marque Cokin ''pour une créativité illimitée'' dans les années 80 (?), pour la couleur surtout, c'était grandiose toute cette gamme de flous, de dégradés sépia pour les ciels...un peu l'équivalent de l'invention du col dit "pelle à tarte" pour les chemises masculines ou des filtres préconisés par Lomo pour le flash du Diana.
Toute une époque.
Je regrette de n'avoir pas gardé un catalogue.
Mais donc au beau milieu de toutes ces propositions artistiques, un filtre orange. 10/10 cm.
En dégradé ; la perfection n'est pas de ce monde.
Qu'à cela ne tienne, ma lime à ongle ayant rendu l'âme à Istanbul, nohttp://flore.ws/blog/ecrire/images/bt_img.pngus fonçons vers le bazar où, avec force gestes, A. réussit à obtenir une lime à métaux ; aux grands mots les grands moyens.
Nous limons tour à tour en regardant le making off de Lawrence d'Arabie.



Ce matin, levés 6h.
Lorsque le réveil sonne, c'est encore nuit noire.
Il s'agit d'arriver à la Tour de l'Horloge (ci-dessous) avant que le jour ne soit levé et de refaire une série avec une lumière différente de celle d'hier, en profitant de ce que l'heure matinale laisse la place à peu près vide de passants.
Si nous allons à pieds, la probabilité est grande qu'une petite tentation photographique nous retarde sur le chemin ; ce ne serait pas la première fois et ici la transition nuit-jour est vraiment très rapide.
Nous prenons donc le métro.
Un peu cher, 3 TL par personne, soit 1€50, mais neuf et climatisé.
De Basmane à Konak, 4 stations qui nous laissent au pied de la Tour.
Une lueur rose baigne déjà l'horizon du côté de la mer mais le soleil est encore derrière les maisons.
Diaph. 4
Nous attendons.
C'est la course classique entre la lumière qui monte et l'affluence qui grandit.
Je mesure. J'attends.
En rêvant d'un verre de thé. Je mesure. J'attends.
En bricolant un peu avec l'Ixus.
1/3 de Diaph. avant la bonne lumière, trop inquiète des passant dont la fréquence s'accélère, je commence...



Plus tard, nous arpentons les ruelles vides du bazar, le nez au vent à l'affût d'un nouveau motif.
En vain.
Puis nous prenons le bateau vers Alsancak où restent, parait-il, quelques villas gracieuses, vestiges d'une époque révolue.
Sans plus de succès.
Bientôt le soleil haut dans le ciel devient brûlant, je tombe de sommeil, nous rentrons.
Petite pêche aujourd'hui.

Izmir, anciennement Smyrne

Au XVIIIe siècle, la France dominait le commerce et les relations extérieurs de l’Empire ottoman.
Entre 1748 et 1789, un bateau sur quatre quittant Marseille se dirigeait vers Izmir.
C’était le port étranger le plus important pour le commerce français, le plus vaste et le plus riche de l’Empire.
Quand des flottes étrangères arrivaient de Marseille, Amsterdam ou Londres, des milliers de petites embarcations se lançaient à leur assaut, avides de court-circuiter les intermédiaires. Elles échangeaient leurs marchandises (soie, poil de chameau, opium, gomme, raisins et figues) contre des produits manufacturés en Europe : vêtements, étain et accessoires domestiques tels que miroirs, assiettes, aiguilles et couteaux.
Le Monde Diplomatique-1 mars 2008 Philip Mansel



Levés dès poltron minet, descendus jusqu'au port en essayant de prendre le soleil de vitesse.
Encore perdu mon filtre orange !
Mais bien travaillé dans le plaisir et l'allégresse.

Izmir

Sans trop hésiter, nous choisissons de relier Izmir via Ankara et comme chacun semble s'accorder à dire du mal de la capitale, nous y restons à peine 2 heures.
Parce que j'ai la nostalgie des heures luxueuses de l'Orient Express et qu'en France voyager en cabine pour n'est simplement pas abordable pour nous dans les rares trains où ça existe encore, nous décidons de voyager en sleeping.
Rien que le mot fait rêver, non ?!



Ceux qui connaissent riront bien.
Ici, l'acajou et le cuir sont loin, le luxe aussi.
Entre le lavabo en plastique jauni, le petit meuble assorti qui contient le frigo et la dureté spartiate de la banquette, on pourrait se croire dans la kitchenette d'un studio meublé à Barbès ; ce serait bouder son plaisir.
Qu'importe que notre cabine soit à des années-lumière de celle de James Bond, que l'uniforme du personnel en charge de la transformer en nid douillet soit défraîchi, que le "bar" contienne de l'eau et du Fanta orange à la place du whisky et que la nuisette au fond de mon sac à dos ne soit pas un kimono de soie, c'est l'idée qui compte !
Nous savourerons notre intimité et le soleil se couchera pour nous seuls sur une sorte de steppe, nous nous habillerons pour aller dîner, nous siroterons l'apéritif comme des gens qui auraient la nuit devant eux et le "chef" viendra vérifier si nos omelettes sont bonnes pour le plaisir de nous parler français.
Et lorsque nous nous en retournerons, la cabine ayant été transformée pour le repos, nous trouverons des draps frais et des oreillers moelleux qui sous la lumière dorée de la veilleuse auront un petit air de fête.

22 heures de voyage plus tard, arrivés à Izmir.

Retour à Istanbul (par la pensée)

Le vendredi précédent notre départ, je perds, on ne sait ni où ni comment, le filtre orange du Holga dont je me sers à peut près tout le temps.
A. épluche Istanbul sur internet à la recherche d'une boutique Lomography d'abord, d'un magasin spécialisé dans l'argentique ensuite.
En vain.
Nous appelons le photographe turc à qui j'ai servi d'assistante la veille pour le dépanner tandis qu'il réalisait justement une prise de vues dans notre hôtel et avec qui j'ai sympathisé (en turc, en anglais, la photographie palliant à tout le reste !).
Il nous indique HAYYAM, un immeuble pas très éloigné, à Sirkaci, qui réunit des boutiques photos à tous le étages.
Mais juste avant que nous partions A. tombe sur le groupe Facebook de "Lomography Istanbul" et leur envoie un petit message de S.O.S demandant si quelqu'un en vendrait ou en prêterait un pour 1 mois.
Nous partons dimanche, nos billets sont pris, le voyage vient de commencer, je suis aux 400 coups et pas très optimiste.
Si l'état de la photographie argentique est le même qu'en France, ce n'est pas gagné !



Heureusement, l'Ambassade Lomography répond au téléphone, ce sont en fait 2 ou 3 filles qui travaillent dans la pub et qui ont un peu de matériel, et nous décidons d'aller les rencontrer à Tünel.
Elles sont charmantes mais n'ont presque aucun modèle, à peine un Holga simple, quelques Diana et des Fish-eyes, aucun kit, aucun filtre, pas de Pola, rien qui nous concerne, mais nous ne repartons pas tout a fait bredouille puisqu'elles promettent de faire circuler l'info.
Ce qu'elles font.
Dix jours plus tard, alors que nous serons arrivés à Amasra, nous recevrons un mail adorable nous proposant un filtre.
Mais entre temps, une fois retourné HAYYAM boutique par boutique, A. m'a trouvé plusieurs possibilités.
Aucun filtre pour Holga certes, mais un Cokin de la grande époque que je passe la soirée à mettre à la taille à la lime à ongle en regardant une série turque à la télévision.
Que ferais-je sans lui ?!


Profitant de ce que nous sommes dans le quartier, nous allons au Ara Café rencontrer le grand photographe turc Ara Güler.
Je me présente, et nous passons un moment ensemble à parler de photographie en buvant du thé.


© A.

Il me dit qu'il a une grande exposition à la M.E.P à la rentrée.
J'espère qu'il y aura cette image d'Istanbul sous la neige que j'aime beaucoup.
Et je promets d'aller voir.

Amasra - Izmir via Ankara

Départ pour Ankara par le bus de 11H suivi du sleeping de nuit pour Izmir.
Bien travaillé hier.
J'en reparle plus calmement

Aujourd'hui c'est mon anniversaire

Un grand merci à tous ceux qui, sur ce blog ou par d'autres moyens, m'ont témoigné aujourd'hui de leur affection à l'occasion de mon anniversaire.

Amasra - Premier jour de Ramadan

Vers 3h30, notre nuit est interrompue par le son d'un tambour.
C'est la coutume ici, qui veut qu' un homme marche chaque nuit dans la ville en jouant du tambour pour réveiller ceux qui font Ramadan afin qu'ils puissent manger avant le lever du soleil.
J'entends ça pour la première fois et c'est assez étonnant.
L'homme invente diverses petites séquences rythmiques en marchant, bientôt il s'éloigne, le son faiblit...nous nous rendormons.
A 5h30, le muezzin, que nous entendons à peine, comme un ronron, depuis notre chambre de la Kusna Pansiyon.
Les nuits commencent à être fraîches ici, j'en profite pour bien remonter la couverture...avant de me rendormir.
Ces petites interventions nocturnes moins gênent finalement moins que l'absence de volets à nos fenêtres et le premier rayon de soleil me réveille chaque matin plus sûrement.
Comme j'écrivais plus haut, nous logeons à la Kushna Pension et on ne dira jamais assez de bien de cet endroit charmant
Si l'on a une des quatre chambres en façade (4) dont la vue donne sur la mer, c'est un vrai petit coin de paradis qui justifie tout à fait les 5 petites minutes de grimpette qu'il faut faire pour y accéder
Nous avons opté pour une sorte de rythme de croisière en tirant, à mon sens, la quintessence d'Amasra !



Nous ne quittons le havre de la pension que pour prendre le dolmus jusqu'à Bozkoy Plaji, que nous reprenons lorsqu'il repasse à 18h, juste à temps pour prendre une douche rapide, nous changer et être à 19H15 sonnantes attablés chez Mustafa pour regarder le soleil se coucher en sirotant un verre de vin blanc.
A l'instant où le soleil touche l'eau, un homme y rentre, qui se met à nager jusqu'à la nuit.
C'est magnifique.
Nous revenons ici chaque soir, voir ce spectacle inouï, le soleil qui se couche dans la mer au milieu de cette petite crique.
Ensuite, nous continuons notre découverte de la carte de ce restaurant de poisson.
Notre préférence va, jusqu'ici, aux beignets de moules accompagnés par la salade maison, suivis d'une portion de yaourt au miel et aux noisettes pilées, mais certains soirs que nous sommes fatigués, nous dinons juste avec ce dessert et deux assiettes de fruits coupés avec un verre de thé.
Après des jours et des jours de pain-fromage, de koftés et autres pidés, nous avons eu un coup de cœur pour cet établissement dont nous avons fait notre cantine.
Nicolas, un de mes copains photographe qui voyageait beaucoup et souhaitait portraiturer des gens, m'a dit un jour, le secret, quand tu arrives dans un endroit et que tu veux te lier, être accepté, c'est de prendre tous tes repas au même endroit, ainsi les gens s'habituent à toi et te parlent.
J'ai gardé cette habitude et une fois que nous avons trouvé un endroit où nous nous sentons bien, nous y retournons chaque jour, parfois même comme à l'Estoril, au Caire, midi et soir.
Nous restons rarement assez longtemps dans une ville pour épuiser notre joie et les surprises de la carte.
Chez Mustafa où l'ensemble du personnel est à la fois, stylé, attentif et discret, nous avons dès le premier soir sympathisé avec un des serveurs, Tifun (?) et depuis c'est lui qui "veille" sur nous, si j'ose dire.
Chaque soir nous recevons de petits présents, le thé nous est offert, ou le dessert, la meilleure table nous est réservée...c'est tellement charmant...

Amasra - Bords de la Mer Noire

Nous avons quitté Safranbolu précipitamment mercredi midi en pleine fournaise, comme pris d'étouffement et saisis d'un irrépressible désir de fuir ce village entre fiction pour touristes et réalité, son bazar artificiel et l'absence d'horizon où porter son regard.
Nous avons pris le premier bus qui passait et tant pis s'il s'arrêtait à Bartin au lieu de nous mener à Amasra, nous trouverions bien à faire la correspondance.



Amasra.
Je pense souvent à Proust lorsqu'il écrit que c'est le nom même des lieux qui fait voyager (désolé, impossible de retrouver la citation exacte).
C'est mon petit drame quotidien.
Imaginative et photographe, j'entends un mot, un nom, qui résonne en moi et me fait réver, je mets des images dessus, il m'emporte au loin.
Impossible de rester dans mon lit à écrire, il me faut aller voir, nous finissons dans la réalité, qui est plus ou moins éloignée du rêve comme chacun sait.
Amasra.
Port sur la Mer Noire et cité balnéaire perdue loin des circuits touristiques.
On m'avait raconté les bateaux de toutes nationalités croisant au large, confondant certainement avec le Bosphore, j'avais imaginé un ballet incessant de cargos russes dans le contre-jour du soir, sorte d'Invincible Armada rassemblée avant la défaite.
Il passe de loin en loin un cargo gris à l'horizon…
Restait la cité balnéaire.
Une ville de 6000 âmes à peine, loin des touristes étrangers, on pouvait sans extravagance l'espérer désuète, Cabourg à l'automne, Port-Said en hiver, un doux hiver égyptien, et charmante d'une beauté un peu fanée.
Que nenni !
"Pas de tourisme étranger" signifie qu'il y a là le tourisme local ; on trouvera le bazar de pacotille, en pire, les marchands de glace, les constructions nouvelles sans charme, simplement les plages ne seront pas nettoyées.
On me sait capable d'arpenter la même grève déserte chaque matin au point du jour, amoureuse d'un parasol aux roses vertes fatiguées, de sa passementerie décousue par endroits, de son air d'abandon, et rien de m'émeut comme les beautés fanées. Une belle jeune fille m'enchante, une belle vieille dame me bouleverse, et j'ai photographié un dimanche à Istanbul, dans une rue déserte, une antique Cadillac qui avait dû avoir une couleur de sorbet, garée devant une façade aux volets clos, et qui, sous le dur soleil d'août, semblait avoir vécu mille vies.
Mais là, Amasra, je ne peux pas.
J'ai posé les boîtiers sur ma table de chevet.
Entre le photographie de voyage et le reportage, qui ne sont moi ni l'un ni l'autre, la passe est difficile, j'ai renoncé à m'impatienter, à m'inquiéter, les signes de la poésie de la vie qui font précisément échos à ma vie intérieure sont à peut près aussi rares que les baleines blanches.
L'important est de ne pas tricher.
Une fois les boîtiers remisés et les films au frigo, nous sommes partis à la plage pour la journée avec des joies de collégiens qui font l'école buissonnière.
Nous avons bien suivi les explications du Routard jusqu'à la mosquée Ulu pour trouver un dolmus, qui moyennant 6TL et ¼ heure de route cahotante nous approchait de Bozkoy.
Avec ses forets qui descendent à pic jusqu'à la mer et ses minces bandes de falaises blanches rehaussant une eau bleu canard, le site est épatant.



On trouve là en descendant le reste de la route à pieds, des mures, de la menthe, des châtaigniers, des oliviers et, comble de joie, des arbousiers aux branches chargées de petits fruits encore verts.
Je les montre à A. qui n'en avait pas vu en Corse l'été dernier.
J'en cueille pour les ramener… mais 15 jours au fond du sac…
Nous débouchons sur une petite anse (attention ce n'est pas non plus une de ces petites criques corses minuscules et divines où à 5 on est déjà les uns sur les autres) où une cinquantaine de personnes sont éparpillées.
Le cadre est magnifique, l'eau exquise, la première serviette hors de portée de voix, une guinguette ombragée nous accueille pour un déjeuner sommaire mais agréable et qui nous laisse assez de monnaie pour louer un parasol et deux transats qui portent notre plaisir à son comble.
C'est notre premier bain de l'année.
Nous y passons la journée.
J'adore la mer. En tous lieux, en toute saison, sa vue suffit à ma joie.
C'est toute une enfance.
Je m'émerveille de voir ici les vagues qui s'écrasent à me pieds, chahuter de petites pommes vertes tombées d'un arbre proche.
Nous contemplons nos premiers burquinis dans la vrai vie, avec un mélange de stupeur amusée et de vague pitié.
Ce sont de grands cocons de lycra (j'espère) aux vives couleurs de papillons, qui entravent pour nager et se couvrent de sable dès qu'elles sortent.
Plus tard, nous découvrons qu'il en existe (au moins) une deuxième sorte qui s'apparente à un kimono-pantalon assorti d'une bonnet de douche.
Qu'on veuille bien, quelques instants, s'imaginer nageant dans cet accoutrement.
Je porte un de ces bikinis Princesse Tam-Tam dont le prix est inversement proportionnel à la quantité de tissu qu'il faut pour les produire et, qui, une fois secs, tiennent facilement dans les deux mains réunies.
Je suis profondément reconnaissante à 1968, à ma mère, et quelques centaines d'autres Salopes de s'être battues pour que nous vivions avec ce luxe naturel du droit à la pilule, à l'avortement, à la liberté sexuelle, à disposer librement de notre corps… et à pouvoir nous dorer sur la plage en monokini !
Je considère la tendance actuelle, voire la mode qui consiste à remettre le haut comme parfaitement rétrograde et comme un indice particulièrement suspect de la remise en cause insidieuse de certains de ces acquis.
Je reste vigilante, les yeux bien ouverts, et par ce que je veux bien qu'on nomme une sorte "d'instinct de survie de femme", on me trouvera franchement hostile à la banalisation des voile courts ou longs et autres burquinis sur le sol de France.
Et qu'on ne vienne pas me parler de libertés.
Je me méfie comme de la peste noire de l'emprise des religions et je ne les crois pas sans conséquences sur notre quotidien.
Dans les années 80 en Egypte, les femmes n'étaient pas voilées et portaient la jupe au genou.
Qu'en est il aujourd'hui ?!
Si je me penche pour relacer ma chaussure et qu'on aperçoit 5cm de la peau de mon dos, à Alexandrie, les gens dans la rue, s'arrêtent pour regarder...
On me pardonnera de tenir à mes seins dorés et de rester sur le qui-vive.
Mais revenons en à notre petite plage de Bozkoy ; tous les types de maillots y sont encore mélangés (pas le monokini… faut pas rêver !) et chacun semble pouvoir choisir selon ses goûts.
Espérons que cela dure encore longtemps.
Ma voisine et moi, nous nous sourions gentiment malgré nos différences.
Néanmoins je garde cette impression troublante que les extra-terrestres sont arrivés.

Amasra nous voilà

Arrivés en fin d'après midi à Amasra sur les bords de la Mer Noire.
Connexion internet un peu capricieuse, qui nécessite de tenir l'ordinateur à bout de bras à travers la fenêtre ouverte !
Plus de détails demain, donc.

Safranbol(o)u - Petit coup de mou

Voilà quatre jours que je bricole.
A peine une image de ci de là.
Et j'ai beau me dire que je prends des sortes de vacances à Safranbolu, le moral s'en ressent un peu.
Déjà les deux derniers jours à Istanbul n'avaient pas été très fructueux ; la visite à Taksim, décrite par le Routard comme les Champs-Élysées turc (sans rire, on dirait la rue marchande de n'importe qu'elle ville de province, alsace lorraine, à Toulouse par exemple, avec son enfilade de boutiques de fringues n'offre pas plus d'intérêt) m'avait passablement déprimée.
Pour en rajouter une louche, qu'on me pardonne l'expression, toujours en quête d'un peu d'Orient, le lendemain à 6h nous embarquions par le premier ferry afin de voir de nos propres yeux la mosquée Iskele, qu'une assez belle gravure début vingtième nous montrait entourée d'un jardin luxuriant planté de palmiers inespérés, et si merveilleusement construite à ras de l'eau, qu'elle si reflétait.
J'ai eu tort de me faire du souci tout le trajet à cause du contre-jour que m'imposait cette heure de la journée, car revenir l'après midi ou rester sur place, 2 options dont on me sait capable, n'aurait rien changé à ce qui nous attendait !
Le jardin oriental transformé en rues goudronnées et la mosquée tellement éloignée de l'eau que je ne vois pas par quel miracle j'aurais pu les réunir sur la même image, sauf à faire un photomontage.



A. qui me voit bien déçu ainsi plantée sur le trottoir alors que sept heures sonnent à peine, me propose un Simit (couronne de pain au sésame) et un petit tram ancien de bois rouge (dixit le Routard), si seulement je veux bien prendre le bus qui mène à Kadiköy.
A Kadiköy nous auront le tord d'attendre assis bien sagement au bord des rails presque une heure un tram moderne, infiniment moins beau que celui de Taksim, pour le coup, et tout traversé de publicité.
Je m'en retourne à l'hôtel sans une image !
On me rétorquera que la photographie, c'est comme la pêche à la mouche, il y a des jours où on rentre chez soi bredouille.
Soit.
Maintenant nous voilà à Safranbolu.
Dans le bus, sur la route, le paysage qui ressemblait assez aux Pyrénées, aurait dût me mettre la puce à l'oreille. Déjà la lecture du chapitre qui lui est consacré par le Routard ( "village dans les montagne avec maisons en bois ou à colombages" ) m'avait laissée dubitative.
Mais comment dédaigner sur une simple intuition un lieu classé par l'Unesco et réputé incontournable ?!
Le reste du chapitre qui contenait des mots comme "caravansérail" avait balayé ses doutes indécents.
Nous voilà donc pour 4 jours dans un petit village de montagne (nous logeons dans le centre historique) ou le caravansérail occupé par un hôtel n'accueille plus la moindre caravane no ne recèle la moindre soierie, dont le "bazar" recréé plus ou moins artificiellement par l'Unesco vend presque uniquement d'affreuses reproductions miniatures du village, des nappes dont le tissu porte la mention "Safranbolu" en travers du motif central et de vilaines blouses importées de Chine (?) que quelques femmes brodent ostensiblement devant leur échoppe d'un même motif au point de croix.
J'allais oublier les "cuivres", qui sont soit disant fabriqués sur place, ce que j'ai bien de la peine à croire tant les boutiques en regorge…
A moins que l'unique artisan visible ne possède dans sa cave un atelier clandestin semblable à celui de Vulcain, rougeoyant des feux de la forge nuit et jour. Ce dont je doute un peu.
Comme notre chambre est agréable, que nous avons trouvé une cantine (Safranbolu Sofrasi) tenue par " femmes charmantes qui cuisinent à merveille et un café sous une tonnelle de vignes où jouer au backgammon en attendant le départ de notre bus pour Amasra, j'avais décidé de considérer que j'étais en vacances une poignée de jours en Savoie (enfin, ce que j'imagine être la Savoie !).
J'écrivais quelques cartes, je relisais "L'usage du monde" à voit haute pour A., sans être euphorique je parvenais à rester sereine…
Cliquez ici pour la suite du billet…

Dimanche - Départ pour Safranbolu

Juste pour vous dire que nous quittons Istanbul tout à l'heure pour une ville plus au Nord.
6 heures de bus prévues.
Je ne sais pas encore si nous aurons internet tout de suite en arrivant.
Des nouvelles dès que possible


Cliquer pour agrandir...
...
Donc, bien arrivés à Safranbolu, hier soir à 21h30, après 6h30 de route, exactement comme indiqué sur le Routard.
Habitués des bus égyptiens, nous étions prêts au pire, à un retard de deux heures, au Coran à fond pendant tout le trajet, à une clim réfrigérante ou, au contraire, pas de clim du tout, à un véhicule datant d'avant Mathusalem, à un chauffeur suicidaire, à une éventuelle panne dans le désert ; à un voyage épuisant de toutes manière qui s'achèverait dans un endroit inhospitalier où nous serions livrés à nous-mêmes dans la nuit noire, avec le Routard pour toute Bible et la frontale pour le déchiffrer jusqu'à la pension.
J'avais prévu à boire, à manger, des couvertures, des coussins, un loup, des boules Quiès, de l'aspirine, j'étais parée avec mon kit de survie à portée de la main ! Mais non, faut qu'on se le rentre dans la tête, c'est pas l'Egypte ici, tu roules dans le dernier bus Mercedes, tout confort, avec deux stewards qui veillent à ton bien-être durant tout le trajet, te servent gentiment une petite collation offerte par la compagnie et de l'eau toutes les heures et s'il n'y a pas de WC, c'est qu'il y a de petites poses régulières ; personne ne hurle, ni n'a sa radio personnelle à fond, les téléphones sont sur vibreur.
Avec A. nous n'en revenons pas,nous avons l'impression de faire une croisière de luxe, mais notre admiration touche à son comble lorsque je m'aperçois qu'il y a la Wifi dans le bus !
20 mn avant notre arrivée, un steward passe entre les sièges pour nous verser une eau de cologne au cédrat sur les mains.
Arrivés à la gare routière, une petite navette nous attend pour nous conduire en ville.
Lorsqu'elle nous dépose, nous avons le choix, toujours selon le Routard, entre attendre un mini bus, prendre un taxi ou descendre la rue en pente devant nous qui mène à la vieille ville (32000 habitants, même si ce matin, ça en a l'air, on ne peut tout de même pas considérer que c'est un village). Nous choisissons de marcher un peu pour profiter de l'air du soir, se dégourdir les jambes et prendre un premier contact…on ne peut guère deviner dans la nuit que ladite descente est suivie d'une bonne montée bien raide où le poids des sacs ajouté à la fatigue de la journée, commence à se faire sentir…
Grâce à l'allemand que parle A. et par l'intermédiaire d'un monsieur charmant à la gare routière d'Istanbul, nous avons été présentés aux deux autres voyageurs français qui sont dans le bus avec nous. Ce sont deux étudiants, Morgane et Thibault, avec qui nous avons eu le trajet pour faire connaissance.
Nous voilà tous les quatre dans la nuit à espérer trouver nos hôtels et lorsque ça commence à s'éterniser, je m'en veux un peu de n'avoir pas plutôt suggéré un taxi…
Bientôt, notre pension apparaît sous un lampadaire.



Eux, n'ont réservé nulle part, nous leur souhaitons bonne chance en nous séparant !
Un jeune homme nous guide vers la bâtisse où se trouve nos chambres à travers des ruelles obscures aux pavés irréguliers, ça sent le crottin de cheval, l'herbe sèche et le figuier dans l'air tiède, notre guide ne parle pas un mot d'anglais, j'éprouve une sorte de grand soulagement à avoir quitté Istanboul.
Un peu comme si le voyage commençait ici…

Vendredi - On aurait mieux fait de rester au lit

Fin d'après-midi, pour tenter de nous consoler de la pénible impression laissée par Taxim, suivant plus ou moins les indications du Routard, nous décidons de faire une escapade en bateau, 1 heure environ, jusqu'à l'une des Iles des Princes.
J'espère travailler un peu.
On notera qu'à cette période de l'année, en fin d'après-midi, si l'on choisi de s'installer dehors à l'arrière du bateau, mieux vaut prévoir le côté gauche, sans quoi, on fait la ballade avec le soleil dans les yeux et sans profiter d'Istanbul qui s'éloigne. Le ferry est très fréquenté et il vaut mieux être sur place bien avant si l'on souhaite être bien placé. Attention, il n'y a pas de places assises dehors à l'avant.
A. et moi avons choisi la deuxième île, dans l'espoir que le sanatorium se révèle un bon sujet à photographier.
Sanatorium, un mot un peu désuet et qui évoque une autre époque, je trouve.
Un mot qui me fait penser à Zelda Fitzgerald et à un film d'Yves Angelo que j'avais beaucoup aimé à sa sortie (1997) "Un air si pur…" avec Redjep Mitrovitsa et André Dussolier.
Acteurs que j'avais eut la chance de photographier, l'un et l'autre, à peu près à la même époque.
Bref, nous lisons "sanatorium" et nous voilà parti pour l'île d'Heybeliada.
Quelles qu'aient été nos attentes à l'un et à l'autre, elles furent bien déçues !
Mais, dois je le dire, nous n'avons pas eu de tentation non plus lors des escales précédentes.
Vous trouverez là une dizaine de terrasses de café regroupées sur une "corniche" minuscule sans même une bande de plage où tremper ses pieds, trois marchands de glaces, quelques épiceries, et n'espérez pas une seule boutique si, comme moi, oubliant qu'il peut faire froid le soir sur le trajet du retour, vous cherchez à acheter une bricole, ne serait ce qu'une étole de coton à vous mettre sur les épaules.
Pour patienter jusqu'au départ du bateau suivant, sauf à s'enfuir immédiatement en retournant à la navette mû par une intuition admirable, il ne vous reste qu'à vous asseoir à une de ces terrasses face à un point de vue médiocre entre les autres touristes désœuvrés, les turcs qui vivent là et ceux qui sont venus visiter leur famille.
Des haut-parleurs diffusant de la house music dans l'air doux du soir vous permettront de vous croire à La Franqui.
Sinon il ne vous reste qu'à déambuler dans le village 2h durant.



Vous trouverez effectivement quelques maisons de bois, charmantes, comme dit le Routard mais pour un peu que vous ayez été déçu dans vos attentes ou que vous séjourniez à Istanbul depuis quelques temps, cela vous fera irrésistiblement penser au énième village nubien lyriquement signalé à votre attention, lors de votre dernier voyage en Egypte par exemple.



Vous vous ferez in-peto la réflexion que vous voyez les mêmes, chaque jours, en bas de votre hôtel, et vous vous sentirez légèrement floué.
Si vous êtes très amoureux ou sous Prozac, vous pourrez peut être admettre en souriant qu'elles vous font penser à La Nouvelle-Orléans.
Avant le passage de Katrina, je veux dire.
Avant la mort de Willy DeVille.

Direct à Jeudi - Villa Florya Ataturck


Levés 5h15 avec le muezzin pour faire des photos de la Villa Florya Ataturc à Florya, puis petit déjeuner sur place en attendant l'ouverure de 10h qui n'arrivera jamais !
La suite demain...

A. me plaisante à cause de l'image de notre petit déjeuner... voici donc la villa Florya.

		

Mardi - Top Tapis !

J'ai beau faire, le temps manque pour tout, donc je n'ai pas dit encore que, grâce à la serviabilité du personnel du Meddusa Hôtel qui était complet lorsque nous avons voulu prolonger notre séjour à Istamboul, nous logeons maintenant ailleurs dans de très bonnes conditions (pour nous).
Attention, le Meddusa Hôtel semble un spécialiste du surbooking ! Nos voisins de chambre ici en sont les nouvelles victimes...
Nous vivons désormais au Vénus Hôtel et nous nous y plaisons beaucoup ; c'est un petit établissement de 9 chambres seulement (attention, il y en a une enà l'entresol, se renseigner) qui vient d'ouvrir. La déco est sobre et élégante, la literie de qualité, le linge immaculé, les chambres assez spacieuses, claires et calmes, avec la wifi, un petit frigo et une télévision. Il y a même un petit kilim au sol. La salle de bain est une vraie salle de bain ! Notre chambre, la 7, a un tout petit balcon. Toutes les chambres sur la rue ont une vue magnifique sur une mosquée ravissante et la Mer Marmara.
Le patron est sympathique, ce qui ne gâche rien.
Seul léger bémol à notre avis, les petits déjeuner ne sont pas folichons, pas de buffet, pas de fruits et tous les jours la même chose, concombre, fromages, tomates, oeuf dur, et pain confiture de cerise. Si on est là 2 jours, c'est bien, quand on est européen et qu'on reste un peu, c'est pas très épanouissant !
Pour le même coût, on regrette les crêpes du Kelany Hôtel de Louxor, les petites omelettes, les salades de fruits ou le riz au lait du El Fayrouz.
Attention aussi, qui dit vue sur jolie mosquée, qui aussi muezzin, il ne faut pas rêver !
C'est comme la vue sur la Corniche et le Port d'Alexandrie, après c'est comme dormir sur l'autoroute, hein ?!
Tout se paye en ce bas monde.
Cette année, est ce l'habitude ? Ou le réflexe Pavlov, muezzin-photos-vacances-plaisir ? Nous prenons ça très zen, ce monsieur qui vient chanter juste sous notre balcon ; pour l'appel du matin, je me lève, je ferme la porte-fenêtre, je ets mes boules Quiès et je me rendors direct...ça me fais juste un petit ronron au loin...

A propos de muezzin, nous avons tendance à trouver ceux d'Istanbul plus agréables que ceux que nous avons connus en Egypte.
Et, samedi, que nous prenions le frais dans les jardins devant Sainte Sophie, le canon entre la Mosquée Bleue et une autre mosquée proche, dans l'air doux du soir était un vrai moment de grâce.

Aujourd'hui, pour me récompenser de ma journée complète hier à Topkapi et de mes dix films à main levée entre les touristes, nous avions relâche !
Du coup, pressentant que ce serait peut être un peu difficile, vu l'immensité de la proposition, nous sommes allés choisir un tapis, au lieu d'attendre notre retour à Istanboul à la fin du voyage et de devoir le trouver dans l'urgence.
J'avais depuis longtemps envie d'un kilim et je m'étais dit que je viendrais le choisir ici, un jour, plutôt que de l'acheter à Paris ou sur Internet...
Voilà, c'est fait !



De mon point de vue, acheter un tapis, c'est un peu comme acheter de l'art ; indépendamment de l'argent qu'on peut y consacrer, ça nécessite un minimum de culture, sinon on se retrouve à acheter des reproductions encadrées chez Ikéa.
Je n'ai pas de culture du tapis et nous n'avons guère d'argent, mais nous avons eu un peu de chance.
La première boutique dans laquelle nous sommes entrés sérieusement, en prenant vraiment notre temps, une des deux indiquées dans Le Routard 2009, est vraiment tenue par des amateurs et, même pour l'œil le moins averti, il était facile de voir que les tapis étaient ici plus beaux que ceux que nous avions pu voir suspendus ici et là, partout sur notre chemin, depuis notre arrivée.
Je n'avais jamais envisagé qu'un tapis puisse être émouvant ou triste ou léger ou facile...ou rien.
A. et moi, nous en avons retenu 2 sur la quarantaine ou cinquantaine qu'on nous a montrée. Ensuite, nous avons pris la journée pour réfléchir. Nous avons vu la deuxième boutique du Routard que nous avons trouvée nettement moins convaincante pour les mêmes prix, malgré l'accueil tout à fait affable, également en français et, sur le retour, par acquis de conscience, encore une petite boutique sur notre chemin où les gens avaient été serviables et où il y avait, pour une bouchée de pain, un petit kilim tout à fait sans prétention mais sympathique et attachant.

Ci dessus l'heureux élu...ce n'est pas non plus l'un des tapis qu'Andreu a ramené de Damas, j'en suis bien consciente..mais, pour un premier, il n'est pas quelconque au moins et je pense qu'il n'est pas facile non plus et que je pourrai le regarder longtemps, Inch'Allah, sans m'en lasser.
Ah, j'oubliais, il vient du Caucase.

Lundi - Topkapi

Ruinant toutes nos espérances, le Palais Topkapi ouvre à 9h.
Impossible de backchicher ici ; nous avons beau être les premier à 8h30 et franchir en courant les 100 ou 200 mètres qui séparent l'entrée des guichets, ceci n'ayant ouvert que 20 minutes plus tard, lorsque nous avons enfin nos billets, nous pénétrons dans le Palais talonné par une véritable horde de touristes.
Trois bateaux de croisières viennent de débarquer, 1400 personnes chacun pour la journée et c'est à croire que toutes se sont données rendez vous ici.
S'en suit une sorte de course folle dont je doit sortir inévitablement perdante.
Car, comment espérer garder notre courte avance quand, justement, je ne souhaite que pouvoir prendre mon temps pour regarder et travailler tandis que, eux, semblent pressés d'en finir ?!
Dès la deuxième salle du Harem, où une lumière exquise éclaire des faïences anciennes qui ne le sont pas moins, je suis débordée par les flancs.
Dès lors, la journée se résume à une sorte de match de tous les instants.
J'ai un moral d'acier et l'important est d'être sur tous les points ; la photo semble bonne, l'angle empli de gens et de compacts numériques, qu'importe, il suffit d'avoir la foi et d'attendre.
Arrivera bien un moment où tous seront partis… et ils sont si pressés, que ce moment ne tardera guerre !
De surcroît, en Pause B (l'obturateur reste ouvert tant que le doigt reste appuyé sur le déclencheur ; ce mode sert quand la luminosité est vraiment très faible mais son manque de précision, rend la lumière qui rentre extrêmement difficile à évaluer), toute la journée ou presque… pour ce qui est d'avoir la foi…
Toutes les 12 pauses, je m'accroupis et je recharge.
Rembobiner le film.
Enlever les scotches.
Enlever le film.
Coller la languette.
Numéroter.
Dater.
Charger un film neuf.
Remettre les scotches.
Je ne mitraille pas !
Heureusement A. est un assistant parfait.

Dimanche au parc

L'essentiel de la matinée se passe dans une ombre fraîche à photographier le chat blanc de la Mosquée Neuve devant un superbe panneau de faïences bleues d'Iznik.


© A.

Yeni Camii, elle-même, est belle, et notre plaisir à la visiter est démultiplié par notre solitude, néanmoins, ma préférence continue d'aller à la Mosquée Bleue et je trouve que celle-ci manque un peu de finesse.
Une fois le chat dans la boite, nous gagnons le Bazar Egyptien à la recherche d'une bricole à grignoter en guise de petit déjeuner.
La Femme Française rêve d'un café et d'une viennoiserie.
Ce sera pide au fromage et oranges pressées !
Sur la place, devant nous, une cinquantaine de touriste font la queue devant une porte close.
Je ne peux pas croire A. qui affirme qu'ils attendent ainsi leur tour pour photographier l'inscription "Bazar Egyptien".
Je trouve ça légèrement déprimant.
Rarement comme ici, j'ai vu autant d'appareils photo au m².
Je parle d'appareils numériques, naturellement.
Les gens ne profitent pas, ils ne regardent pas non plus d'ailleurs, ils photographient, mieux, ils se photographient les uns les autres, à toute vitesse et à longueur de journée devant les merveilles qu'ils ne prennent pas le temps de regarder.
Et moi qui suis photographe, je ne peux pas comprendre.

Aujourd'hui, c'est dimanche, et, comme des centaines de Stambouliotes, nous allons passer l'après midi au parc Gülhane en bas de chez nous. Faute de natte, nous emportons nos paréos, un pique-nique, des "Gözlemes", des fruits et des livres.


© A.

Il y a foule, c'est très bon enfant, il fait une température merveilleuse sous les grands arbres.
Après déjeuner, je finis à regrets Les clients d'Avrenos de G. Simenon.



Je n'avais guerre d'avis sur Simenon, n'ayant vu que quelques adaptations télévisuelles de Maigret, enfant, puis, plus tard, une où jouait mon ami Eric Doye, que j'avais regardée avec plus d'intérêt naturellement et ayant lu un ou deux livres que j'avais ensuite oubliés.
Mais "Les clients d'Avrenos" me laisse une impression très forte et, parce que c'est un livre d'atmosphère, presque sans action, mais qui trouble insidieusement, tout, sauf ce qu'il est convenu d'appeler un roman policier.
Je découvre que Georges Simenon est un très bon écrivain, ne serait ce que pour ce livre là.

Samedi - Mosquée Bleue

Lever 6h.
Reprise des bonnes habitudes
Aveux : avec le coucher à minuit passé, il faut avoir la photographie sacrément chevillée au corps pour se sortir du lit, sans même le réconfort d'un bol de café.
Une fois dehors, il fait jour, mais la lumière est trop basse à cause des nuages.
A peine avons-nous fait 20 mètres qu'il se met à bruiner.
Dieu que la tentation est grande de se remettre au lit !
J'arrange mon chèche pour me protéger un peu la tête et, avec les pans rabattus les deux boîtiers à mon cou.
Déjà, la bruine s'est transformée en pluie légère.
Mal habitués par 2 saisons égyptiennes, nous sommes sans parapluie.
Le but de se matin est la Mosquée Bleue.
Lorsque nous arrivons devant nous sommes trempés, mais c'est un moment très agréable ; il est 7h et Istanbul se réveille à peine, pas un touriste et presque personne dans les rues, sauf les petits métiers qui se mettent au travail doucement et, quelques bistrotiers qui prennent le "çai" avant d'ouvrir.
Cellule faite, c'est "Pause B" ou renoncer.
Je ne me démonte pas.
Je me mets au travail.
Face à la Mosquée Bleue sous une pluie obstinée, je compte les éléphants.
Parfois une goutte embue un viseur, je distingue à peine les minarets ; entre le Diana et le Holga leur vitesses différentes, leurs nuages différents, j'essaie de ne pas m'emmêler les pinceaux.
Au fond, c'est comme ça que je conçois l'existence, comme ça que je suis la plus heureuse.
Nous descendons jusqu'au Bosphore parce que j'ai repéré un soir deux petites guirlandes au dessus d'une rue pavée charmante. Quand nous la trouvons, une voiture est garée en travers.
Un homme passe en courant, poursuivant un rat qu'il tue à coups de bâtons sous nos yeux.
La pluie paraissant redoubler, nous décidons de stopper là et d'aller visiter l'intérieur de la Mosquée Bleue.
Le gardien nous laisse entrer malgré l'heure matinale.
Nous sommes absolument seuls, excepté un homme qui prie dans l'ombre.
Avec San Marco à Venise et une église près du Palais de Budapest dont le nom m'échappe, c'est un des lieux de culte les plus beaux qu'il m'ait été donné de voir.
Plus, c'est une des choses les plus belles que j'ai vues jusqu'ici.
Elle est vraiment harmonieuse, ses faïences bleues d'Iznik sont admirables, il n'y a rien de tape à l'Å“il dans son foisonnement et ses couleurs sont d'une exquise délicatesse ; toutes qualités qui la rendent émouvante, attachante, malgré ses proportions colossales.
Nous filons à 8h sonnantes avec l'arrivée du premier groupe de japonais.
Après un nouveau petit déjeuner à la turque, à force de cajoleries, je parviens à entrainer A. au Grand Bazar racheter des boucles d'oreilles et flâner un peu.
Nous commençons à regarder les Kilims !

Vendredi - Constantinople - Vue du Pont Galata

Couchés à pas d'heure pour finir le livre d'anniversaire promis à la belle Anne ; du coup, levés juste à temps pour pouvoir petit-déjeuner, encore fatigués.



Je suis contrariée parce que je comptais que nous serions levés assez tôt et que je pourrais commencer à travailler.
Je déteste ces journées décalées où l'on quitte l'hôtel à midi, juste quand la faim commence à se faire sentir et où l'on se retrouve à marcher dans la foule avec une chaleur rendue encore plus pénible par 70% d'humidité, alors que c'est précisément l'heure de faire la sieste entre des draps frais.
Je ne peux pas perdre de vue que je suis là pour travailler et comme je ne vais pas me mettre au reportage, ni à la photographie de voyage, je sais qu'à midi, il me faudra faire des contorsions extrêmes pour trouver Constantinople sous Istanboul.
Bref, je roumègue (comme écrirait Colette) devant mes concombres et mon fromage du matin.
Le Nescafé qui les aide à passer ne parvient pas à m'épanouir !
Pour comble, j'ai perdu (?), hier, les boucles d'oreilles que je venais de décider A. à me laisser acheter.
De gros quartz roses montés sur argent, assez baroques, et que j'aimais beaucoup, (qu'on me comprenne, je suis partie sans un bijou).
En rechargeant le Holga dans l'urgence, peut-être ?
Sinon où et comment ?
Perdre mes affaires me rend toujours triste.
En plus, nous n'avons pas tellement d'argent à jeter par les fenêtres.

On conviendra que c'est une journée qui s'annonce mal !

Heureusement, éclate un orage fabuleux, avec des gouttes de pluie grosses comme des griottes, et, bientôt, on ne voit plus les paquebots accostés sur l'autre rive de la Corne d'Or.
Voilà qui clôt momentanément le débat intérieur entre le devenir photographique de la journée et la tentation de retourner dormir.

Finalement, la pluie s'arrêtera aussi net qu'elle avait commencé et nous irons arpenter Istanbul transformée en hammam géant.



Nous descendrons à pieds de la Mosquée Bleue jusqu'au Pont Galata, nous verrons les pêcheurs et les petits poissons pêchés, grillés, dans de gros sandwiches à l'oignon, nous traverserons la Corne d'Or où plongent quelques beaux enfants hardis, et toujours espérant atteindre Taxim et son parc, nous nous perdrons complètement, gaiement.
Toujours marchant, nous grignoterons des spécialités locales en barquettes,des gözleme sorte de crêpes fourrées à la pomme de terre qui calent et réjouissent A.
Nous goûterons de ravissants petits fruits d'un beau rouge japonais, affreusement âpres, puis d'énormes figues noires et vertes pour nous consoler.
Lorsque nous rentrerons à l'hôtel six heures plus tard, moites, sales, morts de fatigue et assez heureux, une image après l'autre, finalement, j'aurais bien travaillé.
Quand je dis bien...on verra au retour !

Première ballade

Premier film fait, premiers bijoux achetés ; je me sens plus tranquille quant à notre avenir ici !



Pour le reste.
Côté pratique et pain quotidien.
Nous logeons au Meddusa Hôtel, à 10 mn de la Mosquée Bleu.
Notre chambre, la 102, n'a pas de doubles vitrages et il est à peu près impossible d'y dormir sans boules Quiès, entre le dingue qui écoute de la musique à fond nuit et jour et les climatiseurs voisins lorsqu'ils se mettent en route.
Elle fait entre 10m2, selon les manifestants et 8m2, selon la police.
Difficile d'y circuler un fois qu'on est entré avec les bagages.
Les toilettes sont dans la douche. Mais la cuvette, une sorte d'Art Déco arrondi, est vraiment ravissante.
Nous avons trouvé cette petite merveille directement sur le Net, comme des grands, sans passer par le Routard, c'était plus avantageux, pour la bagatelle de 36 €/ nuit, petits déjeuners compris, si on paye en euros.
Mais, c'est effectivement très propre et n'est ce pas l'essentiel ?!
La literie n'est pas catastrophique, le personnel a l'air gentil et depuis la terrasse de la salle à manger, on peut admirer la Mer Marmara et les paquebots accostés à la rive orientale.
Côté déco, depuis l'Egypte, j'ai tellement rabaissé mes ambitions que je n'en ai, pour ainsi dire plus, ou alors très très enfouies. Donc, de ce côté là, rien à dire.
Après une petite reconnaissance, nous sommes forcés de devoir admettre qu'Istanbul est presque aussi chère que Paris.
Ce n'est pas l'Egypte ici, dans leur désir ardent d'entrer dans l'Union Européenne, ils se sont déjà alignés sur les prix des grandes capitales, ou peu s'en faut !
Donc terminés pour nous, les petits restos sympas midi et soir, les courses en taxi et autres frivolités.
2€50 le Nescafé au bistrot du coin, 12€ pour entrer à Sainte Sophie, 11 € la pizza à emporter, avec la baisse de la Livre Sterling, la Femme Française hésite à aller passer son prochain été à Londres par souci d'économie !
D'ici là, nous avons repris nos vieilles habitudes égyptiennes de pain, fromage et fruits. Nous avons juste échangé les mangues divines par des pêches énormes.


"Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations." Nicolas Bouvier

Côté impression de voyage.
C'est encore un peu tôt pour dire.
Avec mon caractère chagrin, j'imagine que j'attends d'avoir vraiment commencé à travailler pour me sentir tout à fait sous le charme.
Au crépuscule, nous descendons la colline pour nous assoir au bord du Bosphore et ça, c'est vraiment magnifique. Entre Alexandrie et Port Saïd, le charme incomparable de certaines villes portuaires.
Tanger, peut-être aussi ?
Là, une pensée pour mon confrère Philippe Fourcadier qui vient de photographier la traversée Sète-Tanger et retour.
C'était comment Tanger, Philippe ?
Suis effectivement parti avec L'usage du Monde de Nicolas Bouvier.



Tu avais bien raison, c'est un livre merveilleux, que je connaissais déjà grâce à Claudine Doury, que j'avais lu, il y a une dizaine d'années, mais qu'on peut amener partout avec soi et qui donne toujours le même bonheur.

Après Martine en Egypte, Martine en Turquie

Levés à 3h ce matin.
Arrivés à Istanbul, presque morts de fatigue à 18h, heure française, 19 heures, heure locale (je vous laisse faire le calcul).



On nous refait le coup du Splendid Hôtel, l'air surpris de notre venue malgré la réservation, "Ah, ben, on va vous loger ailleurs pour la nuit etc"
On a l'habitude maintenant...
A la fin ça s'arrange, on a un lit pour 5 nuits...dans un joli petit taudis, genre égyptien, mais 2 fois plus cher...c'est un bon début, non ?!
Tout va bien.
Entrevu le Bosphore. Je pense qu'on va se plaire ici.
Maintenant au lit direct.
Rendez vous demain !

Jour J -2 Retour à Paris

... après trois semaines d'absence et pour 48 h seulement.
Juste le temps de faire une machine de linge, de récupérer le courrier, d'arroser les plantes et de réorganiser les sacs photos avant de repartir pour la Turquie mercredi matin.
Vivement !
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