Pour ceux qui se demanderaient ce que devient la photographe une fois de retour à Paris

Les lecteurs fidèles n'auront pas manqué de remarquer que la production de billets est en nette baisse.
C'est que, une fois les petites anecdotes orientales partagées et les valises posées dans le salon, je me retrouve comme tout un chacun à gérer un planning de rentrée auquel je peine à trouver assez de charme ou de piquant pour leur donner une place ici.
Ou, comme d'habitude, le temps me manque ?
Ou, pour changer, la motivation ?

En résumé, quinze jours après notre retour, les grandes lignes de l'emploi du temps de cette nouvelle années sont en place et je commence à y voir plus clair. Il semble que je sois parvenue à concilier le temps nécessaire à ma propre créativité avec les nombreuses heures consacrées aux élèves tout en préservant ma vie privée.
Le tout semble aussi fragile qu'un château de carte et j'hésite à croire que ce stupéfiant équilibre va durer !


C'est ce que j'appelle avec ironie "avoir une vie d'adulte".

Pour pouvoir affronter un trimestre aussi raisonnable (des levers matinaux, des horaires fixes et des week-end), A. et moi, nous achetons hier soir des billets pour l'Andalousie. Au prétexte qu'un monde arabo-andalou est déjà un Orient où amener la Femme Française.
Ainsi pour le prix d'un voyage de cinq petits jours, je peux rêver trois mois et faire dans ma tête une suite à Escale à Constantinople.

'' Pour le reste, l'exposition au Petit Palais se déroule au mieux, la série turque prend forme peu à peu, mon marchand, comme il dit, vend de petites images qui partent vers les Amériques à ma grande joie, j'ai eu au moins un cours avec chacun de mes élèves, y compris les nouveaux, et j'en tire quelques espérances quant à mon quotidien !

Et il y a sur Paris cette exquise lumière d'automne qui rend paresseux et gourmand des petites joies simples de la vie.

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Vernssage de l'exposition "Issues du noir"

Vernissage de l'exposition "Issues du noir" à la Galerie Immix.
Jeudi 1er octobre de 19h30 à 22h

Mon ami Michaël Duperrin exposera une installation issue de sa série En son absence.
Je vous invite vivement à vous joindre à nous !


© Michaël Duperrin

"La photographie me donne à vivre l’expérience d’Orphée : Remontant des enfers avec Eurydice, Orphée la perd définitivement en se retournant pour la regarder.
La saisissant en une image où elle disparaît, il ne peut que tendre vainement la main.
Regard qui vient à la fois ruiner l’expérience et lui donner son sens.
Retournement sur ce qui, en l’image comme en nous, au loin, du fond de l’absence, nous regarde.
Pour moi qui suis sans religion, ce qui n’est plus disparaît, et s’il en persiste quelque chose, c’est ici bas.
Cette installation photographique s'inspire des retables d'église, pour en quelque sorte mieux marquer ce qui l'en sépare.
La référence à l'art chrétien n’indique plus la présence à la fois proche et distante de l’au-delà, mais une « autre scène » qui est ici même et qui constitue une dimension intrinsèque à l’image et à l’humain."
Michaël Dupperin à propos de En son absence

Michaël exposera en compagnie de deux artistes qu'il apprécie particulièrement, Clara Chichin et Régis Sénèque.




Immix galerie. Espace Jemmapes. 116, quai de Jemmapes.75010 Paris
Exposition du 2 au 31 octobre 2009
Du lundi au vendredi de 9h à 22h30, le samedi de 13h à 22h30.
M° République.
Téléphone : 01.48.03.22

Inauguration de l'exposition Flash Back au Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris

Samedi fin de matinée.
Je vais au Petit Palais accueillir ceux des visiteurs qui sont là pour moi et répondre aux éventuelles remarques et questions de ceux qui sont là pour l'exposition Flash Back elle-même et découvrent mon travail à cette occasion.
Il n'y a pas eu de vernissage, ma présence est donc informelle.
J'ai grand plaisir à retrouver les copains et amis qui passent me faire un petit signe. Qu'ils en soient remerciés ici. La plupart étaient déjà à l'exposition de réouverture de 2005 et je suis contente pour eux que le musée présente certaines photographies qui n'avaient jamais été montrées jusqu'ici.
C'est évidement un moment particulier pour moi de revenir après toutes ces années et j'en suis heureuse même si je ne peux pas m'empêcher de regretter l'ampleur de l'exposition précédente et ma belle salle à l'étage !
Grande joie et grand privilège, les 24 tirages exposés sont montrés sans verre, ce qui permet de les voir dans des conditions optimales, et, pour une partie, l'éclairage est de 80 lux au lieu des 50 habituels ; ma reconnaissance va à Susana Gallego-Cuesta, le conservateur, en charge de la photographie.



Ensuite, ma vie privée m'appelle ailleurs et il faudra bien qu'ils se débrouillent par eux-même !


PS : Une chose est vraiment formidable, qui permet de passer sur les petites déceptions, les inconnus qui viennent vous parler de leur enthousiasme. Dans l'ami qui vous dit à quel point il est sensible à votre travail, il y a toujours le sentiment qu'il vous porte et c'est précisément ça qui en fait tout le prix.
Mais dans l'inconnu qui vient vous dire combien il aime, rien d'affectif n'entrant en jeu, il reste la photographie, en quelque sorte, et ce témoignage de reconnaissance me donne toujours une grande joie qui s'apparente à peu près à celle que je ressens lorsqu'une image est achetée hors de ma présence, et qui n'a rien a voir avec l'argent que cela représente.

A. tourne quelques images que j'espère pouvoir vous montrer ici bientôt, même s'il a d'autres chats à fouetter en ce moment avec sa nouvelle vie.

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Tandis que ça rince...

Petit billet de fin de journée tandis que rincent quelques nouvelles images de Turquie volées à une journée bien remplie.
A. est venu me rejoindre pour travailler sur le montage d'un film, ainsi serons nous deux à dormir au labo ce soir !
Semaine de reprise de cours, les élèves m'arrivent chaque jour avec, pour certains, une réjouissante avalanche de photos, pour d'autres une maigre moisson découragée et pour les nouveaux, le premier film fait tout exprès pour l'occasion.
Depuis samedi, j'ai passé à la loupe des centaines d'images et visité la moitié de la terre par oeil interposé !
J'ai eu un moment d'envie devant les belles structures en métal sur les plages de Los Angeles, moi qui en ai tant photographié voilà deux ans sur les plages d'Alexandrie et j'ai trouvé sur certaines photos de Bali tous les palmiers qui m'ont tellement manqué cette année à Istanbul.
J'ai déjà eu mille tentations de repartir !
L'année s'annonce laborieuse et peu propice aux voyages...mais, planning en main, sitôt étions nous rentrés, qu'A. et moi étions sur Internet à regarder les sites de voyage...classique !
Dernière de la semaine, Isabelle L. gaie et bronzée, arrive avec sa trentaine de films N&B, sa boite à thé remplie de petit polas-fuji et les bras chargés de cadeaux.
Je lui suis reconnaissante de travailler avec acharnement et gourmandise, d'avoir gardé le contact tout l'été malgré les milliers de kilomètres qui nous ont souvent séparées et de penser si gentiment à mon anniversaire passé depuis bien longtemps en m'offrant de ravissantes petites choses de filles, quand nous avons la plupart du temps des conversations sur les mérites comparés du révélateur Neutol WA et du Variospeed W de Téténal !
Nous reprenons avec plaisir notre habitude de faire une coupure pour déjeuner ensemble.
Isabelle L. apporte aussi les premiers tirages qu'elle vient de faire dans son propre labo.
En juin, je lui avait choisi du matériel pour se monter un labo personnel ; après sa victoire à la Foire de Biêvre, nous pensions qu'il devenait nécessaire qu'elle puisse travailler entre deux cours et là, voilà, après quelques contretemps, il est opérationnel.
Elle est naturellement enchantée de ce magnifique joujou.
Je peux sans peine revenir 30 ans en arrière, me rappeler de ma propre joie, et me réjouir avec elle de cette nouvelle aventure qui commence.
Bien qu'il soit tard, il serait tout à fait injuste de terminer ce billet sans dire un mot de mon cours d'hier avec Jean-François.
Ceux qui lisent Intime Public avec assiduité ont pu voir apparaitre depuis Amasra un nouvel intervenant dont les commentaires, pour ma plus grande joie, contribuent à rehausser un peu le niveau de la réflexion sur ce blog et à lui donner un tour que j'ai assez longtemps espéré...c'est justement Jean-François !
On comprendra que je me sois réjouie de le voir arriver pour son premier cours.
Premier cours, première chambre noire.
Et ce miracle des images qui apparaissent sous la lampe rouge.
J'avais huit ans lorsque j'ai fait mes premiers développements et je m'en souviens comme si c'était hier.
C'était dans la salle d'école où mon père pratiquait la pédagogie Freinet, le projecteur à diapos servait d'agrandisseur, nous rincions dans le petit lavabo à côté du tableau noir, impossible de me rappeler dans quoi étaient les chimies mais ma mère garde encore dans un album ma première photo, un cerisier en fleurs.
Sur l'Ile de Beauté, je suis presque sûre que mes amis Christian et Valérie Mariani (que j'embrasse affectueusement) se souviennent eux aussi de ce moment magique... Cliquez ici pour voir la suite du billet.

Un peu de bleu dans la grisaille d'aujourd'hui



Dimanche, des images.

Ce matin.
Je m'arrache du lit pour aller voir l'expo Henri Cartier-Bresson au Musée d'Art Moderne.
Parce que ça ferme aujourd'hui.
Que, bien sûr, j'ai vu celle de la MEP, mais qu'une conversation que j'avais eu la chance d'avoir avec Les Lunettes Rouges avait attisé ma curiosité à propos de celle ci.
Pardon, mais je ne me sens rien de particulièrement intelligent ou nouveau à dire à propos de Cartier-Bresson.
C'était un bon moment, parce que c'est la rentrée, que j'ai encore de l'énergie pour faire autre chose que travailler, parce que le rayon de soleil à l'aller m'a donné l'impression d'être une touriste à Paris, parce que j'ai découvert quelques images que je ne connaissais pas et retrouvé deux ou trois que j'aime vraiment beaucoup et qui me réjouissent à la fois l'oeil et l'esprit.
Comme celle du vélo derrière la rampe. Hyère - 1932
Ou celle de la gamine entre deux maisons blanches brulées de soleil. Sifnos, Grèce. - 1961
Ce sont des images qui me donne l'impression d'être présence d'une forme d'intelligence particulièrement étincelante et limpide, un peu comme quand j'écoute Murray Perahia jouer les Variations Golberg de Bach.



Impression confortée, s'il était nécessaire par la lecture du texte qu'il a écrit et qui accompagne l'exposition L'imaginaire d'après nature (1976) et dont voici les premières lignes :

"La photographie n'a pas changé depuis son origine, sauf dans ses aspect techniques, ce qui, pour moi, ne constitue pas une préoccupation majeure. La photographie parait être une activité facile ; c'est une opération diverse et ambiguë où le seul dénominateur commun de ceux qui la pratique est l'outil."

Pour le reste, je n'ai pas d'extase sur les tirages, que je trouve péniblement grisâtres et qui me donnent l'impression d'être devant des planches contact géantes ; pour le coup, on voit l'ossature même de l'image certes, on est bien certain que si c'est beau, ce n'est pas grâce à un coup de pouce du tirage ! Mais, qu'on me pardonne, certaine images auraient peut-être mérité ce légitime petit coup de pouce, surtout dans un format aussi grand.
Et puisque nous avons eu ces deux expositions simultanément, avec certaines photos qui se recoupaient dans les deux, je peux bien dire que, pour ma part, j'ai préféré les tirages de la MEP qui m'ont donné plus de plaisir.

L'après-midi.
Je rejoins mon labo avec assez de provisions pour y dormir et y rester enfermée jusqu'à mardi matin.
Je découvre petit à petit les images de Turquie.
Dieu, qu'il est donc difficile de se dépasser !
Lorsque je ne parviens pas à me dépasser, je me déçois.
Autant dire que j'ai de multiples occasions de me décevoir.
Pire, je regarde toutes ces images que je savais déjà faire avant de partir, toutes les fois où j'ai fait une photo que je savais déjà faire, que j'avais, en quelque sorte "amenée avec moi", et je m'ennuie moi-même.

Heureusement, par ci par là, une image inattendue ; non pas le fruit du hasard, non, une que j'avais rêvée et encore jamais faite. Qu'on m'entende, je ne parle évidement pas du sujet.
Peu.
Mais bon, ça permet de continuer.

La Turquie, c'est fini...

Il est revenu le temps des sandwiches avalés debout et des nuits passées sur le futon du bureau !

Reprise des cours.
Aujourd'hui agréables retrouvailles avec Elisabeth après une année d'absence.
Nous regardons ses photos de vacances


© Elisabeth Laville


PS : Pour paraphraser un commentaire, posté à un malheureux blogger qui tentait de partager sa première expérience théâtrale au Festival d'Avignon et resté célèbre dans mon entourage comme un exemple de critique constructive ; je cite de mémoire " Qu'est ce que vous avez à nous faire chier avec vos petits bobos quotidiens, le jour de la mort de Pina Bausch ?!", je rajoute, me moquant de moi-même, "Ben, ma fille, qu'est ce que ça peut nous faire tes histoires de sandwiches et de photos de vacances le jour de la mort de Willy Ronis ?!"

Car, il n'a échappé à personne, j'imagine, que Willy Ronis s'est éteint dans la nuit d'hier à aujourd'hui...

Visite au Petit Palais

Ce matin, rendez-vous avec Charles Villeneuve de Janti, le commissaire de l'exposition Flash Back au Petit Palais, pour jeter un oeil sur l'avancement de l'accrochage de mes photographies.
Je suis heureuse de faire enfin la connaissance de cet homme charmant que je n'avais pas eu l'occasion de rencontrer durant la période où il était le conservateur en charge de la photographie au musée.


© A.



L'homme de droite, qui est là pour faire le montage, vient de se reconnaitre sur une des photos choisies pour l'exposition.



Série Les Joyaux du Palais - 2005

Et enfin Paris à nouveau

Naturellement, mon premier rendez vous est avec Demi-Teinte.
Il a été calé voilà quinze jours environ quand j'ai appelé pour dire avec combien de films environ je rentrais.
53 donc, sur les 100 qui étaient dans les bagages.
Ce n'est pas énorme ; j'espérais faire mieux.
+ 1 film test.
9h30. Je retrouve Jean-Pierre Haie.
C'est la première fois depuis très longtemps que j'éprouve cette impression de "ramener" des images. Je veux dire, vous partez travailler et quand vous rentrez, quelqu'un est là qui se sent concerné par ce que vous rapportez
Les dernières fois que j'ai ressenti cette impression, j'étais en agence, autant dire que ça fait un bail !
Tel que je le pratique, le métier de photographe est assez solitaire.
C'est pourquoi je suis touchée que Jean-Pierre ait prévu de développer lui-même le test et les premiers films, d'être disponible pour les analyser et décider des éventuelles corrections à apporter aux développements suivants.
Je reste là à me ronger les sangs avec Elle sur les genoux, en attendant le verdict.
Quand je travaillais avec des boitiers normaux, je veux dire pas avec ces fichus boitiers alternatifs, je n'avais jamais de ces angoisses ; mes films étaient toujours si merveilleusement réguliers que j'ai pu travailler sur l'Art Classic de Kentmere, même à l'époque où il ne restait plus qu'un grade tant, le labo et moi, nous étions calés.
C'est bien fini. J'ai beau travailler à la cellule et être attentive...au bout du compte, ça a l'air d'être une sorte de jackpot et je déteste cette idée.
Même si c'est le prix à payer pour avoir le grain que je veux...je peste, je râle et je me ronge...je voudrais l'optique de mon Holga sur un boitier Nikon FM2 !
Si quelqu'un a un tuyau, qu'il s'exprime !
Je commence à respirer mieux après que nous ayons regardé les premiers négatifs, sortis des spirales encore tout mouillés, même pas rincés, pour gagner du temps...avec le bazar que c'est ensuite pour les y remettre...

Ensuite la vie reprend son cours.
J'ai rendez-vous à la maison avec Jean-François, un nouvel élève, et les sacs à dos sont comme éventrés au milieu du salon, le frigo est vide, le linge sale empêche d'accéder à la salle de bain ; bref c'est la vraie vie qui recommence !

Fin de journée.
Malgré un quiproquo sur la date et l'heure, grâce à sa bonne volonté et à sa gentillesse, nous parvenons à nous rencontrer.
Comme nous avons déjà eu quelques échanges prometteurs, j'avais un à priori tout à fait favorable...dans ces cas, on toujours un peu peur d'être déçu...ou décevante...
Mais bon, on a fait de notre mieux, en personnes de bonne compagnie ; il a évité de me reprocher de lui avoir fait traverser tout Paris dans l'urgence à 7 heures du soir, j'ai pas dit ce que me fait " Hyper ", le travail de Denis Darzacq !
Après on s'est filé rendez vous la semaine prochaine "pour de nouvelles aventures" !

De Prague

A l'aéroport Ataturk, encore des arguments à n'en plus finir et des larmes pour éviter les Rayons X aux films que je ramène.
Deux contrôles dans cet aéroport qui ne possède pas de détecteur d'explosifs.
Afin d'anticiper les problèmes, nous arrivons très en avance.
Premier contrôle très dur ; nous restons à à négocier pied à pied face à un policier qui ne veut rien entendre.
Nous nous expliquons dans un mauvais anglais de part et d'autre, ce qui ne facilite rien et ne perdons pas de vue que Ramadan a commencé depuis 15 jours et qu'une partie de la population est fatiguée par le jeûne.
A bout d'arguments, je finis par fondre en larmes.
Je serre le petit paquet de films contre mon cœur et je sanglote.
A la fin, j'ai gain de cause ; une femme ouvre les packs et vérifie les bobines une par une.
Les films faits et les autres.100 au total
Normal.
Je me confonds en remerciements.
Et d'un.
Au contrôle de police, nouveau suspense, A. ayant perdu mon visa pendant le voyage.
Quelques coups de téléphone plus tard nous passons.
Nous sommes encore tellement tendu que je fais l'impasse sur la grande parfumerie du duty free, c'est dire.
Encore 50m, voici le 2ème contrôle.
Par chance nous sommes seuls, j'anticipe en tenant ma carte de l'UPC à la main, j'ai remarqué qu'elle rassure, et j'ouvre le sac de films en recommençant à raconter mon histoire.
Le type m'écoute en souriant gentiment et, pendant un moment, je pense que c'est gagné.
Faux.
Arrive un nouvel interlocuteur et je dois recommencer le topo.
A la fin, de guerre lasse, je sauve les films faits, en abandonnant les autres aux rayons X.
Tous sont à nouveau vérifiés un par un avant de m'être rendus.
Je suis épuisée.
Avec les 5 TL qui lui restent A. m'offre une barre de chocolat aux noisettes pour me réconforter.
Je ne dirais jamais assez de bien de mon compagnon !
Reste Prague.
Et deux heures de vol pour me préparer au pire…
...mais, à Prague, nous tombons sur un jeune homme adorable qui me comprend sans que j'ai à me justifier, regarde mes 100 films un par un avec compréhension et me rend le tout en souriant.

Abdulilah !
Encore une preuve, s'il en fallait, de la place privilégiée que tient la photographie dans la culture tchèque, patrie de Sudek, Koudelka, Tichy…

PS : Plus de photos sur le blog en ce moment parce que notre voleur est parti avec le cable de transfert de l'Ixus. Désolée.

L'année dernière une souris dans notre chambre...

Alors, cette nuit, nue sous mon drap, je me suis réveillée en frissonnant un peu à cause du froid qui rentrait par la fenêtre, c'était bien après que les tambours aient arpenté la ville, et en ouvrant les yeux, il y avait un homme dans notre chambre !
Disons à 80 cm de moi.
Je lui ai hurlé de dégager, ce qui a réveillé A. qui dort toujours comme un ange, mais a réagi assez vite pour l'empoigner ; malheureusement l'autre est parvenu à repasser la fenêtre et à sauter du 1er étage dans la rue.
Le tout n'a pas duré 1 mn.
C'était époustouflant, mais si rapide que nous n'avons pas eu le temps d'avoir peur.
Je reste assez sidérée de voir l'audace de ce jeune homme (disons moins de 20 ans) qui monte par la fenêtre voler dans une petite pièce close un couple qui dort.
Ensuite, nous avons allumé.
Et sur le coup, vu l'endroit où je l'avais trouvé, nous avons pensé qu'il était parti sans rien et que nous étions des petits veinards ; la pochette de voyage qui contenait tous les papiers et l'essentiel de l'argent était de l'autre côté de la pièce avec l'ordinateur et mon sac photo.
Puis A. a dit : "Il manque un sac" et j'ai pensé "Oh, mon Dieu non, pas les films !".
Mais les films étaient au frigo et alors j'estime que nous sommes des petits chanceux vraiment, parce qu'au frigo, il y avait les 50 films que j'ai fait durant tout le voyage et ça c'était impossible à remplacer !
Pour le reste, tant pis, on verra avec les assurances au retour...
Dans le sac, il y avait la petite cellule à main que mon père m'avait donnée, qu'il tenait de son père, qui lui même la tenait de son père ; c'était un très joli objet dans un petit étui de cuir brun et qui marchait sans pile depuis tant et tant d'années.
Ceux d'entre vous à qui je l'ai prêtée s'en souviendront.
J'y tenais vraiment beaucoup ; c'était la seule chose qui me restait de mon père avec un très beau jeu d'échec de voyage qui, lui aussi, avait appartenu à mon arrière-grand-père.
Mais s'il était parti avec les films...

Pas eu le temps de vous faire une petite photo pour illustrer...peut-être demain celles de la caméra de surveillance ?!

La boucle est bouclée - Retour à Istanbul

Pergame.
On se demande un peu comment on pu venir se perdre là tant on a été déçus ; plusieurs fois cette années, nous avons trouvé les appréciations du Routard, je dirais, surprenantes, pour le moins et nous commençons à envisager sérieusement de partir avec un deuxième guide en plus.

Évidemment, chacun à sa propre perception d'un lieu et, en voyage, comme ailleurs, un aimera ce que l'autre déteste.
Mais, Pergame, "site incontournable", personnellement, je trouve ça un peu excessif.
A la rigueur, si on arrive de nulle part, comme ce couple charmant avec qui nous prenons le dernier petit déjeuner à la pension Athena, Yvette et Christopher, si vous arrivez par avion d'Angleterre à Izmir, et qu'après quelques heures de route votre première visite est pour l'Acropole...vous garez votre voiture sur le parking à 50m du Temple de Trajan qui tend ses ravissantes coloniales vers un ciel d'azur.
Parfait.
Mais qu'en est il de votre émerveillement si vous avez passé votre été précédent en Grèce ?
Ou si, comme nous, vous étiez à Ephèse la veille et/ou vous parvenez au temple après une bonne heure de grimpette, le souffle court, les chevilles toutes égratignées par les chardons.
Le mien a été si modéré, que lorsque je me suis décidée à sortir un boîtier c'était uniquement pour faire un film-test, un film à sacrifier donc.
Non seulement nous aurions pu vivre largement sans ce "lieu incontournable", mais encore, ensuite pour rallier Istanbul c'était la croix et la bannière.
En gros, contrairement à ce que dit le Routard il y a UNE solution qui serait le bus de nuit de 21h15 qui met environ 10h.
Heureusement, notre hôtelier nous indique une alternative, un minibus jusqu'à la Gare de Soma, un train jusqu'à Bandirma et un trajet de 2h en Ferry qui permet d'arriver à Istanbul en fin d'après midi par la mer Marmara.
Nous choisissons cette option parce que :
- la nuit dans le bus, autant dire qu'il faut la journée du lendemain pour récupérer. Et alors où est le bénéfice ?
- c'est à la fois mois cher et plus confortable.
- comme c'est plus varier ça parait moins long, et on peut découvrir les paysages de cette région que l'on ne connaît pas encore.
En résumé, nous avons quitté l'hôtel à 9h30 et à 17h nous étions à Istanbul sans fatigue inutile.
Et avec l'arrivée par la mer dans la lumière du soir en prime.

Selçuk Pergame via Izmir

Quitté le petit coin de paradis que nous avions trouvé en bord de mer.
Pour venir voir, je n'ose pas dire visiter, la Bibliothèque de Pergame
Voilà bien une semaine que nous avons des échanges quotidiens avec Paris et la moitié de ma tête est ici, mais l'autre déjà rentrée, en train d'organiser les prochaines semaines.
L'accrochage que le Petit Palais organise d'une vingtaine de mes photographies dans le cadre de l'exposition Flash Back qui commence pour les Journées du Patrimoine nous a bien occupés en Août et nous avons échangés maints mails avec Susana Gallego-Cuesta, le conservateur chargée de la photographie, concernant les textes et le choix des images.
C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient d'internet, on est joignable partout ! On peut travailler partout !
Donc, le début de cette exposition approche à grands pas, le Petit Palais, légitimement occupé par la "com" globale de l'exposition, a bien trop à faire pour s'occuper de la mienne...nous devons donc la faire nous-même !
D'ici !
D'hôtels en pensions, nous allons donc avec une sorte de bureau itinérant...
Septembre, c'est aussi la rentrée pour les élèves, les anciennes que je vais retrouver avec plaisir et dont j'attends les films avec intérêt, celle qui réapparait après une année trop chargée et les nouveaux...dont j'espère beaucoup, naturellement !
Du coup, j'ai beau être dans la ville où a été inventé le parchemin (voilà longtemps), j'avoue que j'ai un peu la tête ailleurs.
Parfois, un petit brin de mélancolie aussi...
J'aime tellement être ailleurs !

La fin d'hier

Donc, ce matin, Ephèse, sa bibliothèque, avec le nouveau cadrage et la lumière d'hier matin.
Mais, sans les touristes pas encore descendus des bus.
A 10 € le billet, A. m'attend à l'extérieur.
Autant dire que c'est la première fois que je suis seule depuis un mois !
Pour ceux que ça intéresse, à Ephèse, le soleil éclaire le matin la bibliothèque, le théâtre l'après midi.
C'est bon à savoir parfois !
J'attends que la façade soit éclairée, puis en 20min c'est plié.
On est passé de D8 à D45 entre le moment où j'arrive et celui ou je pars.

Ensuite, retour à Selçuk où nous attendons en vain un vol d'oiseaux noirs qui tournoyaient autour d'un minaret l'après midi de notre arrivée.
Je suis déçue.
Dans la foulée, un "plan" de mosquée qui m'avait paru pas mal l'autre soir, en y regardant bien, s'avère traversé par des fils électriques ; j'avais dû les occulter !

Je donne le signal du retour.
Le reste de la matinée est consacré à la lecture, à l'écriture.
C'est une de ces journées étranges où l'envie de rentrer "à la maison" vous saisit, pas vraiment le mal du pays, mais une sorte de blues léger.
Et pour ma part, je dînerais bien en famille ou avec des amis.
Parfois, comme à Amasra ou à Louxor, on fait précisément une rencontre, on sympathise avec des inconnus, si bien que le soir, c'est comme dîner avec des amis, un plaisir à se retrouver, une chaleur.



Un jour comme ça, le mieux, c'est encore d'aller à la mer.

Un dolmus part toutes les 30 mn à Pamucak.
La plage y est plantée tout au long de mignons petits palmiers qui font parasols, le sable est fin, la mer Egée toute tiède, scintillante de paillettes d'or, comme si toutes les naïades de la cote s'étaient baignées avec leur Huile Prodigieuse Nuxe, le soleil se couche lentement sur l'île de Samos toute proche.
Un après midi de carte postale.
Pas de photos ici, je préfère vous laissez imaginer !