Flore au Petit Palais - Bande Annonce


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Juste mon avis

Terminé la biographie de Diane Arbus par Violaine Binet.
Disons plutôt un panégyrique qu'une biographie.
Le plaisir d'une lecture facile assez vite remplacé par l'impression de lire une sorte de résumé.
Disons, à lire, pourquoi pas, si vous souhaitez acquérir rapidement et sans efforts quelques notions de base sur la vie de Diane Arbus.
Mais, préférer la biographie plus complète de Patricia Bosworth que j'ai déjà évoquée à l'époque où je l'avais découverte, même si je trouve le même défaut aux deux ouvrages, à savoir l'absence quasi totale d'analyse, ou simplement de point de vue, entre la vie et l'oeuvre.



Or, c'est précisément ce qui m'intéresserait, une tentative de mettre l'un et l'autre en lien.
Personnellement, j'ai été plus éclairée sur le travail de Diane Arbus en lisant les 3 pages que Susan Sontag lui consacre dans son essai Sur la photographie, que par la lecture des deux biographies réunies.



Je dois préciser que je n'ai pas lu l'ouvrage que Patrick Roegiers lui a consacré.
Pour ma part, le regard que posait Diane Arbus sur le monde me dérange, mais plus encore m'interroge, car il est totalement étranger à ma propre perception et que je parviens mal à éprouver à quel endroit d'elle même elle se situait lorsqu'elle photographiait.
C'est la part de collectif plus ou moins partagé qui m'interroge devant une œuvre d'art.
Ce que j'ai en partage, ou non, avec cet autre être humain, me parait fascinant.
Parfois, l'adéquation est troublante, parfois je perçois un point de vue qui m'enchante par sa différence même, ou que je désapprouve, mais que je comprends.
Parfois, comme pour Diane Arbus, mais c'est finalement assez rare, j'ai beau fouiller, je ne trouve rien à l'intérieur de moi pour éclairer ma perception.
Diane Arbus est une énigme pour moi, dans le sens où rien dans la connaissance que j'ai des êtres humains au travers de la connaissance que j'ai de moi-même, ne me permet pas d'imaginer de manière satisfaisante à quoi elle ressemblait intimement pour avoir produit les images qui sont les siennes.
Je dis "de manière satisfaisante" parce que je perçois bien quelques bribes ici et là.
C'est aussi pourquoi je suis gênée par la manière soft dont sa vie est évoquée dans les deux biographies, parce que j'ai la désagréable impression que ce parti pris résolument édulcoré nuit à ma compréhension de l'œuvre.
Savoir que Diane Arbus s'habillait pour aller diner chez Walker Evans m'avance moins que d'apprendre qu'elle allait de partouzes en clubs échangistes avec son appareil photo autour du cou.
Car je me dispense des jugements moraux mais un peu de compréhension m'enrichirait bien davantage qu'une biographie en forme de portrait promotionnel.
Le livre de Violaine Binet est bien agréable à lire, son choix d'éclairer les seconds rôles en les ressituant dans un contexte historico-photographique rend sa lecture d'autant plus intéressant, mais j'y ai trouvé fort peu d'éléments nouveaux par rapport à celui de Partricia Bosworth et pas l'ombre d'un point de vue, d'une tentative d'approche de l'oeuvre.
En ce sens, à part me remémorer quelques noms et dates, il ne m'a rien apporté.
Ce qui m'a bien déçue, car voilà une biographie qui sort à peine deux ans après une autre assez détaillée, on s'attend forcément à ce qu'elle apporte un petit plus par rapport à celle ci, sinon, on est tenté de se demander "à quoi bon?".

Mercredi - Arts Créatifs

Cours pétillant et gai.
Jean-François arrive avec ses nouveaux boitiers.
Malgré un froid plutôt vif, nous n'hésitons pas une seconde à sortir faire les films-test, là, maintenant tout de suite !
D'ailleurs, c'est une magnifique journée d'automne baignée d'une lumière dorée à laquelle il est bien difficile de résister.
Le temps passe vite, Jean-François apprivoise ma Variosix, nous rions beaucoup ; je ramasse des marrons et de petits cailloux blancs pour les "plans serrés".




13h. Déjeuner sur le pouce d'une soupe chinoise aux raviolis qui brûle un peu et réchauffe bien.
Ensuite, c'est labo avec la jolie Sandra ; nous parlons de photographie, de littérature, et deux heures passent en un clin d'oeil.
16h. Vite, un baiser et je file au Petit Palais où j'ai rendez-vous avec Jennifer Jean pour lui faire une visite guidée de mon exposition.
18h. Elle accepte de devenir mon attachée de presse. C'est la grande joie de la journée !

Exposition en Mai au Centre Culturel D'Egypte en France

Ce soir quelques lignes seulement parce que, malgré une journée agréable entre le cours de Sarah et celui de Marianne qui vient de finir, je me sens un peu lasse.
Donc, en résumé.
Suite à mon rendez vous de juin avec Waffa El Cherbini l'attachée culturelle de l'Ambassade d'Egypte en France à propos de la production d'une exposition au Centre Culturel Français d'Alexandrie, rencontré hier après-midi Mahmoud Ismail, le directeur du Centre Culturel d'Egypte à Paris.
Mahmoud Ismail me reçoit fort affablement et, après que je lui ai eu montré quelques uns des grands tirages de Sabah el Nour et une grande partie de Une Femme Française en Orient, me propose une date pour exposer dans ses locaux.


Sabah el Nour (extrait)

Nous convenons de fin Mai, ce qui a le mérite de me laisser le temps de me demander par quel biais subtil et inventif je vais trouver l'argent nécessaire pour produire cet accrochage là en plus de celui d'Alexandrie !
Naturellement, je suis heureuse de cette exposition qui m'est proposée, mais, tout de même, lorsque les lieux ne proposent aucune compensation financière, comme c'est le cas la majorité du temps, la question se pose de trouver de quel chapeau sortir l'argent forcément indispensable.
Le comique ici, c'est que je me suis retrouvée dans le bureau de Waffa El Cherbini justement parce que j'étais à la recherche d'une coproduction et qu'en quittant le Centre Culturel d'Egypte, non seulement ma quête n'a pas avancé d'un iota mais elle s'est alourdie d'une deuxième production à assumer.
Pourtant, je dois me réjouir.
Etrange et difficile.

Mon interlocuteur qui est conscient des difficultés rencontrées par les artistes, mais ne peut me donner un argent dont il ne dispose pas, s'ingénie aimablement à essayer de m'aider par d'autres moyens et je lui en suis reconnaissante.

Espérons que je vais tout de même trouver des solutions concrètes d'ici Mai !
Entre Loin de l'Espoir, Je me souviens de vous et le Petit Palais, voilà plusieurs années que je n'avais pas eu à produire de mes propres deniers et que, de surcroit, je parvenais à vivre de mon travail personnel mais, visiblement, je n'ai pas encore trouvé la bonne solution pour l'Egypte...espérons que je vais avoir une idée lumineuse d'ici Mai !

Lieux de souffrance Essai 1-2 Interview

Alors que Régine, qui s'occupe des expositions de l'Espace Saint Cyprien, reprend contact avec moi afin que nous commencions à mettre en place sérieusement les détails pratiques - choix du transporteur, billets de train, communiqués de presse etc.- concernant l'exposition de Lieux de souffrance Essai 1-2 qui commence le 8 Décembre à Toulouse, je reçois du GRAPh ce matin une copie d'une interview radio que j'avais donnée à l'occasion de ma participation à Mémoires-Futures mémoires en Mai, justement avec l'exposition du même diptyque consacré au camp de concentration de Rivesaltes.


Cliquez pour écoutez l'émission

Vendredi - Gris sur Paris


© Elisabeth Laville

Suite au cours de lundi soir, petite contribution d'Elisabeth à la lutte contre la grisaille ambiante.

Mort d'Irving Penn



Rien de personnel à ajouter sur la mort d'Irving Penn, sinon vous proposer d'aller découvrir le grand bel article que lui a consacré Michel Guérin dans Le Monde d'aujourd'hui daté du 9 octobre et vous signaler l'exposition qui démarrera la semaine à la Galerie Thierry Marlat.

Je vous parlerai demain de ma ballade avec mon pote Christian Mac Manus.

Mardi - Ennuis, mais pas que.

Prophot me confirme que le 542 de Foma est en reliquat jusqu'à plus ample informé.
Voilà qui met momentanément un terme à l'avancée des tirages d'Escale à Constantinople.



Après six heures de labo à tirer mes propres images, j'ai trois heures de cours avec Jean-François.
C'est notre deuxième séance.
Donner cours à Jean-François équivaut à peu près à faire un gâteau au yaourt avec un enfant ; je veux dire, c'est une de ces petites joies simples, inexplicables, que la vie nous octroie avec tant de parcimonie.
La langue française, si riche par ailleurs, possède, et cela ne me semble pas un hasard, deux utilisations possibles pour le mot apprendre, une pour celui qui transmet et l'autre pour celui qui reçoit.
Apprendre à et apprendre de comme deux faces d'une même pièce, dans une sorte d'équilibre parfait d'où naissent partage et complicité, hors de tout rapport de force, de tout concept de supériorité-infériorité.
Juste cette joie de la transmission de la connaissance de l'un, à l'autre qui en devient à son tour dépositaire.
Je ne saurais pas bien expliquer pourquoi, cette petite chose entr'aperçue hier pour la première fois, lors d'un cours qui n'avait, apparemment, rien d'exceptionnel m'évoque les grecs, la Grèce antique et me fait effleurer ce qui peut pousser certains vers l'enseignement...
Après dix ans, j'ai décidé d'arrêter de photographier des comédiens, comme j'avais arrêté la photo de spectacle, parce que ça ne m'apportait plus rien, que cela ne m'apprenait plus rien et que l'argent qu'on touche, sauf à oublier qu'on n'a qu'une vie et qu'on va mourir bientôt, ne peut pas être sérieusement considéré comme le salaire, que ce soit pour un book ou pour un cours, si l'on a donné le meilleur de soi.
L'argent est juste un code imposé rendu nécessaire par la société dans laquelle on vit, par les hommes qu'on laisse nous gouverner, ce pourrait aussi bien être des noisettes ; le salaire, pour quelqu'un qui va mourir, doit être contenu dans le moment, dans le temps lui-même.
Enfin, pour moi.

Donc, Jean-François part sans penser à me payer...sans que je pense à me faire payer.
Ce qui est bon signe.
Puis, revient...car il faut bien que je mange et que je nourrisse mon chat.

Pourvu que ça dure.

Lundi de pluie



Lumière d'automne.
Ma petite contribution à la lutte contre la grisaille parisienne.

Issues du noir, suite



Salle comble, hier soir, pour le vernissage de l'exposition Issues du Noir à la Immix Galerie.

J'apprécie beaucoup son triptyque en forme de retable qui nous accueille en bas des marches même si j'aurais nettement préféré le voir dans la salle parce que je le considère comme la pièce maitresse de l'exposition et que cet accrochage, à mon avis, le dessert.
Même si je suis parfaitement capable d'imaginer les motifs qui ont dû être à l'origine de cette décision...
Et, puisque j'y suis à dire le fond de ma pensée, ce qui ne m'arrive guère en général, à propos de desservir, je déplore aussi les cadres, qui étaient censés mettre en valeur les encres de Clara Chichin, leur taille trop étriquée, leur brillant hors de propos et leur manque évident de qualité qui, mis bout à bout, desservaient l'œuvre plutôt qu'ils ne la magnifiaient.

Il me semble que lorsqu'on expose, la plupart du temps, on est assez confronté aux aléas de salles plus ou moins adaptées, avec leurs éclairages plus ou moins catastrophiques, pour mettre tout son soin là où justement la qualité ne dépend que de nous ; tirages irréprochables, qualité des cadres etc.
J'entends bien qu'il puisse s'agir d'argent, mais la question me parait se poser de ce qu'il reste de l'impact d'une œuvre lorsque le papier plisse autour, qu'elle est à la fois mal encadrée, mal éclairée et, me semble il, accrochée trop haut ?
Et combien de personnes étrangères à l'artiste, iront pousser la bienveillance jusqu'à écarter tout ça pour aller jusqu'au cœur de l'œuvre, distinguer l'éventuel talent de l'auteur ?!

Personnellement, c'est un risque inutile que j'évite de faire prendre à mon travail...

Petite joie de fin de journée pour la prof que je suis devenue, un de mes nouveaux élèves, Jean-François, est venu, accompagné de sa jolie souris ; ce qui me donne l'occasion de faire connaissance de 1983, de qui j'avais déjà entendu parler ici et là, assez pour titiller ma curiosité.
Puisque A. est là aussi, nous attrapons nos agendas pour essayer de trouver un moment où aller voir ensemble l'exposition August Sander à la Fondation Henri Cartier-Bresson.
A 4, pas facile !
Il vous faudra donc attendre début novembre pour savoir ce que nous en avons pensé...

Les déboires de Julien

Même ceux qui suivent ne peuvent pas encore savoir qui est Julien, parce que c'est la première fois que j'en parle ici.
Julien est un de mes nouveaux élèves.
Comme on l'aura deviné, c'est un garçon, ce qui est bien agréable aussi.
Il a 16 ans. Et étudie le chinois.
Ceci pour ceux qui seraient tentés d'imaginer un jeune débile, dont le jean laisserait les fesses à moitié à l'air et qui tenterait de communiquer avec moi malgré son chewing-gum et ses 100 mots de vocabulaire.
Donc, quoi de plus sympathique à priori qu'un jeune homme qui vous contacte un matin pour vous dire qu'il fait des images en numérique et en couleurs (pardonnez le pléonasme) et qu'il voudrait que vous lui appreniez l'argentique et le N&B ?!
J'avais dit la veille "Je ne prends pas un élève le plus, sinon je n'aurais plus le temps de travailler", mais comment résister ?
Quand tout autour de nous la pression du numérique s'accroit, qu'on trouve de moins en moins de produits etc. je vous épargne la suite du couplet.
Et j'aurais refuser de prendre la main tendue d'un gosse en train de se noyer dans un tourbillon de pixels ?!

Donc, Julien, l'innocent, qui croyait que son boitier pouvait faire à la fois du numérique ET de l'argentique.
Ce ne serait pas formidable, ça ?
Tu débraies et, hop, tu changes de technique en gardant le même appareil.
On a dû se résoudre à rester très classiques, à lui trouver un nouveau boitier.
Facile que comprendre une légitime impatience quand, moi-même, je pourrais encore vendre la voiture pour l'amour d'un nouveau boitier.
C'est une image.
Que ceux qui connaissent notre voiture rient.
Je ne dirai jamais assez tout le bien que je pense des Nikon FM2.
J'en ai eu 3 ou 4. Certains m'ont été volés, j'en ai offert, il m'en reste un, que j'ai acheté il y a vingt ans. D'occasion.
On parle d'un rapport qualité-prix qui met au défi la société de consommation dans laquelle nous vivons, non ?!
Longtemps, ils ont été comme ma plume, un prolongement de mon esprit ; tous les tirages du Petit Palais, non seulement ceux exposés en ce moment, mais aussi les dizaines d'autres, ont été faits avec des FM2.
Pourquoi, irais-je conseiller autre chose comme premier boitier quand on peut en trouver en bon état pour une (grosse) bouchée de pain et que les optiques compatibles peuvent être de pures merveilles ?
Au fond, je méprise la course au matériel.
Je ne sais plus exactement les chiffres, mais les proportions dans lesquelles nous utilisons les capacités dont un outil, ordinateur, appareil photo, dispose, devraient suffire à nous humilier quand la tentation d'en changer nous effleure.
Parce que j'avais des FM2 qui sont des boitiers simples qui n'apportent pas dans la dot une écriture particulière, j'ai compensé en donnant tout mon possible, j'ai essayé de nous essorer, de nous faire rendre le meilleur, au boitier, à l'agrandisseur et à moi-même.
Aujourd'hui, chacun peut acheter un boitier alternatif, type Diana ou Holga, faire une petite série d'images en N&B, floues et vignettées et se prendre pour un photographe ou un artiste.
On met un Nikon entre les mains de la même personne et le mirage disparait, il ne reste rien.
Je ne parle pas ici de Leica, parce que c'est encore une autre chose. Et que parler de Leica, c'est aussi parler d'argent.

Je propose donc à Julien d'essayer de trouver une de ces merveilles.

Quinze jours plus tard, voilà mon élève enchanté qui arrive en cours avec un boitier qui avait l'air très prometteur sur EBay et qu'il avait remporté avec son 35 mm et son moteur MD-12 pour, disons, moins de la moitié d'un boitier nu.
Nous sommes comme des gosses un matin de Noël.
Pourquoi faut-il que la vendeuse ait prétendu vendre un FM2 quand il s'agit en vérité d'un FE ?
Pourquoi ne pas avoir signalé que la petite languette de rembobinage avait été arrachée (Seigneur, arrachée) ?
Dans l'impatience du moment, Julien est bien prêt à échanger un FM2 inconnu contre un FE qui lui ressemble comme un frère et à rembobiner les dizaines de films à venir avec une pièce de 10ct d'euros...moi-même, je me sens devenir tolérante...
Mais, la cellule ne marche pas et que, quand je déclenche, le miroir monte mais ne redescend pas, sauf à être en mode M90 alors que nous venons de mettre des piles neuves ; je trouve que c'est un peu pousser le bouchon !
Tout de même, c'est une telle déception pour Julien qu'avant de décider s'il faut le renvoyer à l'expéditeur ou le faire réparer que j'appelle la Boutique NIKON pour avoir leur avis.
La conversation ne laisse guère de doute, il faudra restituer le boitier à la vendeuse et tenter de se faire rembourser le paiement qui a été exigé en chèque alors que Paypal aurait été si simple maintenant.
L'étrange morale de cette histoire, c'est que, pour ne pas laisser Julien sans boitier argentique durant le temps nécessaire à retrouver un FM2, un FE2, ou pourquoi pas un F3 (bien que ce soit un autofocus), nous décidons ensemble que le plus simple serait encore qu'il achète une de ces boitiers alternatifs, si tendance, dont je parlais plus haut, et dont, lors de notre premier rendez vous, nous avions convenu justement que ce n'était avec ça qu'on apprenait la photographie !

PS : Petit rappel. Ce soir vernissage de l'exposition de mon pote Michaël Duperrin, vous êtes invités à vous joindre à nous.

Vernissage de l'exposition "Issues du noir" à la Galerie Immix.
Jeudi 1er octobre de 19h30 à 22h