Lectures de Portfolio à Arles


Petit souvenir de cette journée à Arles...
Merci encore aux bénévoles du Festival Voies Off pour leur accueil.

Deuxième stage de sténopé organisé par L'Oeil de l'Esprit

Hier samedi, deuxième stage de sténopé avec Marie-Noëlle Leroy comme maitre de stage.
D'aucun se diront in petto que j'ai organisé ce stage juste pour pouvoir le prendre, ils n'auront pas tout à fait tort car ma rencontre avec Marie-Noëlle m'avait dès le premier instant convaincue des avantages et du plaisir qu'il y aurait à apprendre sous sa direction.
10h - Je rejoints mes élèves au studio ; nous allons passer la journée ensemble à fabriquer chacun son pinhole et à le tester.
Devant le café et les biscuits, nous nous montrons nos boites en fer avec une fierté, des appréhensions et une gaité merveilleusement enfantines.



D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé le petit bricolage, les trucs qu'on fait avec ses mains, c'est certainement une des raisons qui me font préférer l'argentique au numérique.
Alors là, je suis servie, nous perçons, ponçons, peignons toute la matinée avec un bel entrain tandis que Marie-Noëlle saupoudre autour de nous formules mathématiques et anecdotes et conseils tel un nouveau Merlin, la barbe en moins.
Je trouve qu'il faudrait avoir l'esprit chagrin, avoir perdu tout vestige d'enfance pour ne pas percevoir ce que ça peut avoir de magique pour un photographe de fabriquer lui même son propre appareil photo à partir d'une boite à biscuits.



Fin d'après-midi, une fois les négatifs développés, nous pouvons découvrir les premiers résultats.
Pour ma part, je ne résiste pas à faire rapidement deux petits contacts.
J'avais demandé à Marie-Noëlle l'autorisation de renoncer à la réalisation d'un trou parfait et de me guider pour réussir un trou légèrement flou ; la satisfaction intellectuelle mise à part, de mon point de vue, il n'y a guère d'intérêt à utiliser un sténopé, avec les affreuses contraintes qui en découlent, pour avoir un piqué Leica avec.
Mais naturellement, je suis ouverte au débat !
Bref, voici la première image réalisée avec ma boite à trou flou



Le cadrage imparfait mis à part, j'aime beaucoup la douceur de la texture qui correspond assez à ce que j'espérais et qui devrait bien convenir à mon travail personnel.
Reste à trouver les volontaires...

Aux amateurs de petit bricolage et aux âmes d'enfant, je suis heureuse de pouvoir annoncer que L'Oeil de l'Esprit organise un troisième stage (même programme) samedi 18 septembre 2010.
Attention, seulement 4 places !
Ces petits modules consacrés à la fabrication de sténopés aboutiront, pour ceux qui le souhaitent, à une matinée de ballade hors de Paris samedi 25 septembre, toujours sous la houlette de Marie-Noëlle Leroy.

Ceux qui serait curieux d'avoir un point de vue sur le stage du 11 juillet, tandis que j'étais en Arles, peuvent lire le billet de Jean-François ; une occasion aussi de découvrir un blog assez vivant où il est question d'aventures photographiques, mais pas que.

Rencontres d'Arles, positif et éprouvant

En résumé.
Midi, il fait aussi chaud qu'en enfer, nous rampons jusqu'à l’église des Frères-Prêcheurs, où est l'exposition consacrée à la collection Marin Karmitz.
Là, se trouvent réunies certaines photographies de si grande qualité qu'elles éclipsent pour moi tout ce qui est montré par ailleurs.
En particulier, ''Oswiecim'' (2002) d'Antoine d'Agata qui me laisse complètement sous le choc.
Je m'intéressais ici et là à son travail, je possède quelques livres, mais je n'avais pas pour lui jusqu'ici d'attachement particulier ; la découverte de cette Å“uvre, qui est une pièce unique, bouleverse cette relation somme toute assez distante, en le faisant entrer dans mon Panthéon personnel.
Autre moment magnifique, la série-livre-frise, je ne sais comment il faut dire, de Michael Ackerman (encore une pièce unique), parfaitement mise en valeur dans sa vitrine.
La fragilité de l'objet n'altérant en rien l'âpreté des images.
Autre halte, on pourrait presque dire station, devant l'installation de Christian Boltanski, vulnérables visages de disparus flottant dans une brise légère, dans une sorte de miracle d'adéquation scénographique entre l'œuvre et le lieu.
Un mot encore pour la photographie de Josef Koudelka, cheval blanc et homme accroupi, servie par un tirage à couper le souffle.

Deux petites déceptions, la photo de Miroslav Tichy qui ne me semble pas faire partie de ses meilleures, mais ça n'engage que moi et le catalogue de l'exposition dont je trouve l'impression très mate si décevante par rapport aux tirages que nous venons de voir que je renonce à l'acheter de peur d'abimer mes souvenirs.
Plus tard, peut-être ?

Ensuite, il nous reste le temps pour les bulles bien fraîches d'un Perrier-tranche en terrasse, place du Forum .
A peine le temps d'une longue gorgée, pourquoi ne pas le dire, je suis submergée par la douleur de n'être pas dans la programmation.
Arles, la MEP, le Centre Pompidou, voilà le but ultime de ma lutte quotidienne ; je m'en sens soudain affreusement loin.

Heureusement, le temps presse et bientôt me voilà assise sous mon parasol vert, espérons que je n'aurai pas de dossiers couleurs à regarder, avec le litre d'eau, les gobelets et l'affichette indiquant L'Oeil de l'Esprit aux futurs porteurs de portfolio.
Nous sommes une douzaine d'experts installés sur une estrade miraculeusement ombragée.
Léger instant de flottement, j'ai le temps d'échanger quelques phrases avec ma voisine qui représente un lieu dédié à l'art contemporain avant que la première photographe n'arrive.


© A.

Et puis, ça n'arrête plus.
L'un s'assied quand l'autre se lève.
A l'instant, mon blues se dissipe.
Sans prétention, je sais que je suis exactement à ma juste place. D'autres peuvent pratiquer le même exercice différemment et tout aussi bien ou mieux peut-être, mais chacun de ceux qui se seront tournés vers moi pour que je donne mon avis, auront reçu mon aide et ne seront pas repartis les mains vides.
Je suis là pour accomplir une tâche et en mon âme et conscience, j'y suis toute consacrée.
Qu'importe qu'à Paris le reste de l'année, je sois payée 100 euros de l'heure pour la même chose et là rien...
Toutes les nationalités sont représentées là ; très vite l'organisation de Voies Off me fourni un traducteur, mon anglais étant largement insuffisant pour les subtilités que nécessite l'analyse d'un travail artistique et je ne veux blesser personne avec des phrases et des jugements à l'emporte-pièce.
C'est d'ailleurs tout à fait intéressant d'être deux à regarder et le courant passe très vite avec mon traducteur, un jeune homme charmant dont je ne connais pas le prénom car il n'a même pas eu le temps de se présenter.

Des italiens arrivent, une assure la traduction en espagnol, quand j'ai des doutes, je demande à A. qui me le redonne en français ; à un moment nous sommes 5 à parler autour de la table en trois langues, ça me rappelle le colloque de Ferrera, j'adore ça.


© A.

A 19h30, le dernier dossier refermé, je suis absolument lessivée, ma voisine qui n'a pas arrêté non plus semble dans le même état, nous échangeons un faible sourire.
J'ai l'impression d'avoir lu l'avenir dans le marc de café tout l'après-midi.
Heureusement, mon dernier interlocuteur, un italien qui se débrouille assez en français, m'apporte, réunie dans trois petits carnets, une série très émouvante et c'est ma récompense pour ce que j'ai pu donner de mon côté.

Rendez-vous en Arles samedi et dimanche

La vie étant pleine de surprises, je me retrouve finalement en Arles ce week-end.
Programme de samedi assez chargé, petit-déjeuner "en famille" avec Eric Sinatora du GRAPh (qui a exposé Lieux de souffrance, essai 1-2 en Mai 2009 au Château de Malves, pour ceux qui suivent), Yutharie Gal-Ong (qu'il expose à partir du 10 juillet et qui m'accueillait en décembre 2009 dans le cadre de l'exposition de Lieux de souffrance, essai 1-2 à Toulouse) et Marie-Véronique Lecomte (qui faisait parti cette année de l'équipe pédagogique de l'atelier photographique de l'Oeil de l'Esprit).
Autant dire que nous allons avoir pas mal de choses à nous raconter...
Après leur départ, petite expo en perspective.
L'après-midi, à partir de 14h30, Cour de l'Archevéché, place de la République, en tant que membre fondateur et responsable pédagogique du collectif L'Oeil de l'Esprit, je suis expert dans le cadre des lectures de portfolios de Voies Off et jusqu'à 19h , ceux qui le souhaiteront pourront me montrer leur travail.
Bien que les lectures de portfolios soit un exercice auquel je me livre assez régulièrement tout au long de l'année, je n'envisage pas les rencontres de samedi sans un léger trac ; je dispose d'ordinaire plutôt d'une heure ou deux et le temps qui m'est imparti par photographe, 20 mn en l'occurrence, ne me semble pas de trop...pour aider...
Parce que surtout, ne pas oublier pourquoi je suis là.
Pour aider, essentiellement ; parce que, bien sûr, on n'est jamais à l'abri d"un coup de foudre pour un travail qui pourrait venir enrichir le collectif.

Ensuite, j'espère avoir le temps pour une petite douche !
20h Diner amical avec Louise Narbo et Hector Olguin.

Dimanche, ce sera heureusement plus calme...
A moins que nous nous retrouvions !

Je remercie chaleureusement Valérie Saunier pour ses encouragements, Hector Olguin pour sa généreuse hospitalité.

Le catalogue de l'exposition "Une Femme Française Française en Orient" enfin disponible

La pluie torrentielle qui s'abat soudain sur Paris en ce samedi matin ne nous décourage pas de courir dès l'ouverture au point presse le plus proche acheter le numéro Juillet-Août d'Images Magazine qui annonce la parution du catalogue de l'exposition Une Femme Française en Orient.



Sachant la difficulté d'obtenir l'attention de la presse, c'est pour notre toute petite maison d'édition une grande joie et une victoire de faire partie de la dizaine d'ouvrages signalés à l'attention du lecteur cette fois-ci et je remercie chaleureusement Hadrien Le Gray et Marine Rate pour ce petit coup de projecteur encourageant.

Comme notre précédente publication (le catalogue de l'exposition Je me souviens de vous), cet ouvrage est numéroté de 1 à 250 et signé, mais, cerise sur le gâteau, il contient cette fois ci un DVD, le documentaire d'Adrian Claret-Pérez ''L'Égypte de Flore''.

En avant-première, actuellement disponible sur le site de L'Oeil de l'Esprit.

Ensuite, nous allons fêter ça avec un magnifique petit-déjeuner au bistrot du coin.
Et même la pluie qui continue de tomber avec force coups de tonnerre ne parvient pas à entamer pas ma bonne humeur.