Il faut le voir pour le croire

Alors, ce matin, Zahia, qui justement m'arrive de la bonne ville de H.
Zahia prend des cours de photographies argentique à l'université de H. et son fils lui offre des cours avec moi pour l'encourager.
On n'imagine pas élève plus motivée ni de meilleure volonté.
Voilà qu'elle me montre quelques tirages 18x24 qu'elle a fait toute seule en suivant les directives drastiques de son prof de l'an dernier, au dos sont inscrits les temps de pose, le diaf, le filtre.
Je lis : temps de pose 1 s, temps de pose 2 s.
Pensant avoir mal interprété, ce qui peut être un code personnel, je me fais confirmer ce que je crois voir écrit, 1 seconde me confirme-t-elle, c'est le prof qui veut qu'on reste à D 5,6 F 3 .
Qu'on veuille bien imaginer la difficulté de maquiller avec des temps d'exposition aussi fugaces, qu'il s'agisse d'enlever ou de rajouter.

Sans cracher sur les confrères, il me semble qu'il y a un peu de foutage de gueule, qu'on me passe l'expression, à prétendre enseigner la photographie argentique sur ce genre de bases.
Et je me demande encore comment Zahia n'a pas renoncé, complètement découragée, en cours de route...

En septembre dernier, j'accueille une élève qui cherche un nouveau prof après deux ans passés dans un cours des Beaux-Arts dont je tairai le nom.
Peut - on croire que durant cette période son ancien prof ne lui avait jamais montré les filtres qui sont indissociables de l'utilisation d'un papier multigrade ?
Qu'on se figure sa surprise et sa joie lorsque je lui explique qu'il est possible d'influer sur le contraste d'un tirage !

Il vaut mieux en rire qu'en pleurer...
Mais si, comme le prétend la majorité, la photographie argentique est moribonde, ce n'est certainement pas en l'enseignant avec aussi peu de scrupules qu'on va encourager les nouvelles vocations.

Moi, ce que j'en dis...


D'ici et d'ailleurs

Alors, au bout d'un moment que j'enseignais à Paris, il y a eu des gens qui ont commencé à téléphoner de partout ailleurs en France et, bien sûr, mon premier élève qui arrivait de Marseille pour prendre un cours, ça a été vraiment épatant et j'étais quand même sacrément fière, il faut bien le dire.
Et puis, ils, elles, sont venus du Havres, de Rouen, de Bourges et je pouvais voir qu'il y avait encore des amoureux de la photographie argentique à peu près partout qui ne demandaient qu'à apprendre et qui étaient prêts à beaucoup pour trouver un enseignement de qualité.
Ensuite, je me suis habituée ; sans être blasée, c'est devenu plus naturel, dans mon agenda il y a les élèves récurrents, le noyau dur, qui viennent chaque semaine pour 2 ou 3 heures et les autres qui, non moins motivés, débarquent de la gare, voire en voiture, d'ici ou d'ailleurs, pour passer la journée au labo avec moi.

Mais alors hier, le téléphone sonne, Ici Londres.
Un potentiel nouvel élève, un jeune type sympathique qui traverserait bien la Manche pour ses cours de photographie argentique, si j'étais partante aussi.



Je ne me souviens plus si j'ai crié Yahoo ! en raccrochant, téléphoné à A. comme une midinette, ou les deux ; une chose est claire, j'étais emplie d'un sentiment de victoire mâtiné d'une joie purement enfantine et j'ai chantonné le reste de l'après-midi toute seule dans le noir !

Marie Accomiato rejoint l'Atelier

Les quelques microbes qui ont eu raison de moi la semaine passée m'ont empêchée de bien des choses, y compris de signaler en temps et heure l'arrivée de Marie Accomiato au sein de l'équipe pédagogique de l'Atelier photographique de L'Oeil de l'Esprit en remplacement de Romain Carreau.



Personnellement, j'ai toutes les raisons de me réjouir de ce changement, je connais Marie Accomiato depuis une petite quinzaine d'années et avant que la vie ne nous éloigne l'une de l'autre, nous avons été de grandes copines, elle a été mon tireur, j'ai été son modèle, certaines de mes natures mortes qui portent la petite mention en hommage à Marie font référence à cette Marie là, à son travail de l'époque.


© Marie Accomiato

Non seulement Marie Accomiato est un tireur formidable qui a travaillé avec les plus grands, comme Sebastiao Salgado par exemple, mais elle est elle-même un bon photographe dont travail délicat et poétique est porté par une gamme de gris d'une remarquable richesse.
De surcroît, elle sent toujours merveilleusement bon, ce qui ne gâche rien, on en conviendra avec moi.

Des nouvelles de Barcelone

Delphine Delas me fait gentiment parvenir cette image en souvenir de l'accrochage des "petits formats" actuellement exposés à la Galeria Hartman


©Delphine Delas

Les plus attentifs pourront reconnaitre (en bas vers la droite) la photo emblématique de ma série Une Femme Française en Orient.
Où l'on peut voir que l'idée de "petit format" peut être relative !

Naturellement, je me réjouis de savoir quelques uns de mes tirages en aussi bonne compagnie.

Encore vacillante...

...après une semaine alitée pour cause de grippe, à regarder le plafond pour unique activité.
Épuisant et pas forcément palpitant.

Pour ces quelques lignes de reprise, en premier lieu, je tiens à remercier celles et ceux qui ont gentiment pris de mes nouvelles ou qui m'ont fait parvenir leur vœux de prompt rétablissement.
Qu'ils soient rassurés, je ne me surmène pas, je suis sage, je ne fais à vrai dire absolument rien, je devrais donc être sur pieds très bientôt.

Le reste de ces quelques lignes sera consacré à Louise Narbo.
En effet, je suis heureuse d'annoncer que la photographe Louise Narbo vient de rejoindre le collectif L'Oeil de l'Esprit.
Je donne la nouvelle ici en avant-première parce que le site est en "refonte" et que, certainement, son arrivée parmi nous ne sera visible que dans quelques jours.
Un nouveau membre dans un collectif, forcément ce n'est pas une petite affaire et bien que nous ayons rencontré Louise voilà déjà plus d'un an et que nous ayons aimé son travail tout de suite, nous avons pris chacun notre temps, elle de son côté et nous du notre, avant de décider de faire un bout de chemin ensemble.
Pour ma part, je suis ravie de la compter parmi nous.


© Louise Narbo

Je suis très sensible à la poésie intimiste de ses images, en particulier celles sur Madère qui sont celles que j'ai connues en premier.


© Louise Narbo

Dimanche à la BNF avec A.

Ce dimanche à midi, rendez-vous avec les plus courageux élèves de l'Atelier Photographique de L'Oeil de l'Esprit, volontaires pour une visite de l'exposition organisée par le BNF ''Primitifs de la photographie. Le calotype en France (1843-1860)'" °.
Après la rétrospective Kertèsz au Jeu de Paume, c'est la deuxième visite guidée d'une exposition que nous organisons.
Cette fois-ci c'est Marie-Noëlle Leroy qui en est à l'initiative, grande connaisseuse de techniques anciennes, elle dispense son savoir avec la même générosité enthousiaste que d'habitude.
Pour une fois dispensée de responsabilités, je profite à fond du plaisir d'entendre les mille anecdotes dont elle saupoudre chaque image et il me semble bien que je ne suis pas la seule.



Pour ceux que mon avis sur cette exposition pourrait intéresser, le voici :
J'ai eu grand plaisir à partager avec mes élèves ces images des débuts de la photographie et j'ai trouvé la scénographie, comme souvent dans ces salles, fort réussie ; à mon sens, le rouge profond choisi pour les murs mettait très agréablement en valeur ces Å“uvres souvent brunies par le temps.
En tant que prof, voir cet ensemble de calotypes m'a semblé fort enrichissant sur le plan de l'histoire de la photographie.
En tant que photographe par contre, je dois l'avouer, peu d'images m'ont réellement touchée au delà de leurs caractéristiques techniques.
Je retiendrai toutefois le visuel choisi pour l'affiche et plus généralement les photos d'Adalbert Cuvelier, le merveilleux portrait d'Henri le Secq sur les tours de Notre-Dame par Charles Nègre (1863) - voir reproduction ci dessus -, un panoramique de Tripoli de Louis De Clercq, quelques paysages exotiques avec palmiers familiers et, pour des raisons sentimentales, j'ai été heureuse de trouver la poignée de Gustave Le Gray et les quelques Maxime Du Camp, même si ce ne sont pas mes préférés.
Amusée aussi d'apprendre que ce dernier avait été élève du premier.
En résumé, je dirais que ce n'est pas vraiment une exposition destinée au grand public mais plutôt à des visiteurs déjà éclairés et/ou s'intéressant particulièrement à la photographie.

Fin d'une visite qui somme toute a suscité beaucoup d'enthousiasme auprès de notre petite bande ; nous nous séparons dans un rayon de soleil, certains s'en vont vaquer à d'autres occupations dominicales moins photographiques mais certainement tout aussi légitimes, un petit noyau dont je fais partie décide joyeusement d'aller déjeuner dans une cantine japonaise rue Sainte-Anne.
Une bien agréable façon de prolonger notre petit rendez-vous.

° BNF Richelieu jusqu'au 16 janvier 2011

Un autre dimanche avec A.

Heureuse année



A. et moi, nous vous présentons nos meilleurs vœux pour l'année 2011, qu'elle soit poétique et insouciante.