Ce que vous auriez pu voir



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Ce que vous auriez pu voir


Damas

Grande Lessive de mars 2011

Ce matin, avec un temps splendide, très agréable accrochage du fil de L'Oeil de l'Esprit pour la Grande Lessive.


© Adrian Claret

De gauche à droite, Jean-Marc Lanusse, Jean-François Vallet, moi-même et Delphine Amoros.
On n'aperçoit ni l'autre moitié de l'accrochage, ni notre grand copain Julien Lambert, venu lui aussi aider au montage, parce qu'à l'heure de la photo il venait de repartir sollicité par ses obligations professionnelles, ni A. qui s'est sacrifié derrière l'appareil.

De 12 œuvres en mars 2010 pour notre premier fil à 44 en mars 2011, cette nouvelle édition me récompense joliment de l'énergie que A. et moi avons dû mettre en jeu pour la mener à bien.


© Adrian Claret (environ la moitié du fil)

Quel plaisir de pouvoir annoncé que nous avons manqué de place et de pinces ; voilà qui me confirme dans mon projet d'accrocher en octobre aux grilles du square des Batignolles si la mairie de XVIIeme nous y autorise.
Pour ceux qui n'étaient pas présents, il est difficile d'imaginer la joie et la reconnaissance des habitants de la résidence et l'intérêt des passants flânant par cette belle journée sur un boulevard d'ordinaire tristounet et découvrant de petites images qui volettent dans la brise tiède.
Si j'ai parfois eu des doutes sur la participation de L'Oeil de l'Esprit à une future nouvelle édition, cet accueil simple et enthousiaste ajouté à la quantité croissante de participants les ont balayés dans l'instant.

Je crois qu'il est finalement assez simple d'organiser un petit évènement à Paris s'il y a de l'argent en jeu et/ou un possible gain de notoriété, c'est à peu près à la portée de n'importe quel professionnel ambitieux et travailleur, mais réunir des dizaines de personnes autour d'un petit projet éphémère est encore une autre histoire.
Ici, c'était aussi, je le sais bien, une grande histoire d'amitié, de sympathie, de rencontres, de jeu partagé et peut-être d'utopie.
Comment ne pas en être touchée ?

Je tiens donc à remercier chacun en particulier pour sa participation car c'est évidement la somme de ces talents généreusement mis à disposition qui a fait le bel étendage de cette année et j'ai été heureuse de chaque œuvre reçue pour des raisons particulières.
Qu'on me permette d'avoir une pensée toute particulière pour mon pote Arnaud Brunet qui, en partance dimanche pour couvrir les évènement de Libye, s'est tout de même arrangé pour me faire parvenir les trois photos de l'Agence NEUS.
Un grand merci à Elsa qui a gentiment servi de messagère.


© Adrian Claret (et de gauche à droite : Doriane François, Arnaud Brunet, Marie-Noëlle Leroy, Louise Narbo).

Étaient réunis aujourd'hui :
Le collectif L'Oeil de l'Esprit - Louise Narbo, Christian Mc Manus, Adrian Claret et moi-même.
L'Atelier Photographique de L'Oeil de l'Esprit (en commençant par les professeurs) - Marie-Noëlle Leroy et Marie Accomiato, Jean-François Vallet, Isabelle L. Gersende Mathieu, Sandra Malecot, Elisabeth Laville, Julien Sebban, Ethel Soudry, Kristell Agaesse, Doris, Agnès Grange, Delphine Amoros, Enrico Vietti, Nohemy Adrian et Clémence .
Les reporters de l'agence NEUS - Arnaud Brunet, Olivier Laban-Mattei et Jean-Luc Luysen
Les peintres - Bernard Le Roy, Olga Gimeno et ses élèves Henriette Costes , Marine Benjelloun, Murielle Schroetter, Claire Sagau
Hors les murs - Olivier Guitard de Nantes, Francis Auboyneau de Bruxelles, Denis Marcheray de Marseille, Doriane François de Nîmes, Clément Lanusse de New-York.
Les potes (étant entendu que certains peuvent se retrouver dans les lignes ci dessus et ci dessous !) - Anita et Julien Lambert, Marion Roux, Remy Weité, Le Gros Monsieur.
La benjamine (11 ans) - Paloma Lanusse.
Hors catégorie - Jean-Marc Lanusse et son aérienne et délicieuse sculpture de métal, Clément Mao-Takacs et sa partition originale manuscrite pour violoncelle.
L'inconnu du jour - Jean-Paul Persigout
L'invitée du jour - Katya Legendre

En fin de journée, le jeu continue et de petits échanges s'effectuent au moment du décrochage, c'est une de ces heures précieuses où la vie est telle que je la rêve.
Nous avons fabriqué du beau, nous l'avons offert et nous en avons reçu, l'argent n'avait pas de valeur et nos talents n'avaient pas de prix.

On se retrouve en octobre ?

Vous pouvez trouver un autre regard sur notre Grande Lessive sur le blog de Spei

La France telle que je l'aime

Tandis que les sondages nous annoncent Marine Le Pen au premier tour, ce qui est déjà assez affligeant, une de mes élèves se voit sommer de décrocher deux des photographies qui composent son exposition.
Un bon prof, tel que je le conçois, n'est pas juste là pour se réjouir les jours de remises des prix mais aussi pour soutenir ses élèves et prendre clairement position lorsque l'un d'eux est injustement attaqué.

Je résume la situation brièvement, mon élève Isabelle L. remporte le Grand Prix d'Auteur de la Foire de Bièvres en 2009 pour sa série Anamnèse réalisée au sein de l'Atelier de L'Oeil de l'Esprit ; à la suite de quoi elle expose à la Galerie Daguerre, au Centre Iris, à la Little Big Galerie et enfin, depuis début mars, au Centre Culturel Edmond Rostand de Rueil Malmaison -il est bon de savoir qu'Isabelle L. photographie presque uniquement ses filles -.
Le vernissage étant passé, il lui est donc demandé de décrocher les deux photographies ci-dessous, jugées immorales, ou à tendance malsaine, ou choquantes pour d'autres enfants, chacune par un parent d'élève différent.


© Isabelle L.


© Isabelle L.

Je laisse mon lectorat libre de son opinion au vu de ces deux images ; la question n'étant pas de savoir si l'on aime ou non ces photos, ni si elles sont bonnes ou pas.

Pour ma part, j'ai assisté une année durant à la genèse de ce travail et je peux bien assurer que le regard porté sur ces enfants ne contient pas l'ombre d'une ambiguïté et que la photographe était à mille lieu de ce genre de préoccupations.
Premièrement, je trouve parfaitement scandaleux que l'avis de deux personnes bien-pensantes suffise à remettre en cause un travail exposé, que le responsable de la programmation qui, après tout, avait choisi cette exposition, se défausse et ne soutienne pas la photographe dans ce qui est, somme toute, une épreuve forcément d'autant plus pénible qu'elle est moins justifiée.
Deuxièmement, cette prétendue innocence et pureté de l'enfance me semble un postulat particulièrement ridicule ; ne serait-ce que lorsqu'on envisage ce que les chers anges voient à la télévision et sur internet...
Il semble que la nouvelle tendance qui se dessine, insidieusement mais sûrement, soit à la censure au nom d'une pseudo-moralité et cette tendance là, en tant que femme libre et en tant qu'artiste me déplait souverainement.

J'ai vivement suggéré à Isabelle L. de refuser d'ôter des cimaises les images ainsi incriminées et de les gaffer d'une croix noire.

Pour ma part, nul doute que j'aurais fait un scandale à la direction du lieu et préféré tout décrocher sur l'instant si elle s'était maintenue sur sa position ; réaction d'autant plus facile qu'il n'y a pas là d'argent en jeu, que je sache.

Il me revient à l'esprit que Sally Mann a était maintes fois assez brutalement attaquée pour la série qu'elle a faite de ses enfants Immediate Family...
Je vous renvoie à un billet des Lunettes Rouges qui est en parti consacré au sujet et aux commentaires qui l'accompagnent.

Un endroit où aller

Tandis que Marie Accomiato donne à Enrico un cours dont sortent des images si délicates


© Enrico Vietti

A. et moi passons deux jours formidablement reposants à Saint-Jean-le-Thomas, chez Madame Roberte Nourrigat.

L'Ermitage du Roc-Dret est une de ces adresses précieuses qu'on reçoit généralement d'amis et qu'on est trop heureux de pouvoir faire partager à son tour ; il y a une bonne quinzaine d'années déjà, c'est Claudine Doury, qui me servait un peu de marraine depuis mon arrivée à Paris, qui m'avait conseillé cette formidable chambre d'hôtes, un après-midi que je cherchais un lieu paisible où me reposer quelques jours tout en testant l'Hasselblad que je venais d'acquérir.



La gentillesse de notre hôtesse, les petits déjeuners exquis alliés à la beauté de cette grande demeure magnifiquement située juste en bord de mer, le calme, inouï pour des parisiens, et le petit terrain de tennis de terre battue sous les pins-parasol m'avaient absolument conquise et seuls les étranges hasards de l'existence ont pu faire que le temps soit passé ainsi sans que j'y retourne jamais avant le week-end dernier.

Avouons que les quelques fois où j'ai téléphoné pour une escapade improvisée, c'était toujours fort complet.
Une poignée de grandes chambres, un studio et une petite dépendance ayant le charme un peu bancal et irremplaçable des maisons de famille, à des prix si doux qu'ils font rêver, on comprend bien que l'adresse soit fort prisée de ceux qui la connaissent et qu'il vaille mieux se montrer prévoyant.

Quinze ans plus tard, nous avons trouvés inchangés notre charmante hôtesse et son accueil affable, la table du petit-déjeuner donnant sur la mer ; le jardin en ce début de printemps était tout en fleurs.

J'en ai profité pour tester deux petites optiques nouvelles...on ne se refait pas...partie avec 2 SX-70, un Land Camera et un FM2.
Juste histoire de jouer un peu avec A.


Contact :
Roberte Nourrigat
Tél : 02 33 48 80 85
roberte.nourrigat@orange.fr

Petit conte à vomir

Alors disons, une petitefilleriche de 22 ans, pas une enfant non plus, que nous appellerons S. V. et qui depuis à peu près deux ans était une de mes élèves.
Quand elle arrive chez moi la première fois, à peine si elle sait tenir un appareil photo et le rapport ouverture du diaphragme-profondeur de champ ne lui évoque rien.
Au fil des semaines, je lui enseigne le peu qu'elle sait.
Un jour la petitefilleriche part quelques semaines en Afrique Noire avec ces joujoux en plastique si tendance, des Diana équipés de petits télés.
Elle ne sait rien encore, ni que les Diana n'étant pas des réflex, ils voient différemment que ce qu'elle voit dans son viseur, ni que les noirs sont noirs dans la lumière dure de midi.
Elle est heureuse de voir des gens vraiment pauvres qui vivent une vie plus vraie.
De retour à Paris, S.V. vient me voir, elle est triste triste, les films sont affreux, sous-ex ou sur-ex à mort, et sur la moitié des images les gens n'ont pas de tête.
Je dis pour la consoler, nous allons raconter que tu es la Reine de Pique et que tout est fait exprès.
J'invente une histoire et je l'écris.
En photographie contemporaine ça s'appelle un concept.

Durant, les six mois suivants, je choisi les images qui collent avec le concept, je suggère le papier le mieux adapté et propose le titre, je surveille chaque tirage à la chambre noire, transformant chaque contrainte en apparence de choix ; je pousse, je tire tant et si bien qu'en juin 2010, la série que nous inscrivons au concours est primée, Jeune Talent - la petitefilleriche est toute contente.
A 8h, j'étais sur place pour l'accrochage et le Président du Jury qui connait bien mon travail s'arrêtait longuement pour me saluer.

L'histoire continue.
Afin qu'elle puisse concourir à Mois OFF, je prends mon téléphone et j'intercède personnellement auprès de la directrice d'une galerie pour lui trouver une exposition puis, tandis que la petitefilleriche se ballade en Thaïlande sans se préoccuper de rien, A. et moi, nous remplissons les formulaires, nous occupons des inscriptions, transmettons les informations et autres reproductions etc
De temps en temps, elle me téléphone pour me parler de ses problèmes techniques.

Le jour du vernissage, je suis en Syrie, S.V. ne me donne aucun signe de vie pour me dire comment ça s'est passé. Ni ce jour là, ni plus tard.

L'histoire continue et, comme c'est un conte, il est juste qu'elle se finisse mal.
A mon retour, je suis contactée à travers le collectif, on me demande de proposer certains de mes élèves pour une exposition.
Je propose S.V. puis je vais défendre le dossier.
Exposition prévue pour février 2011.
La petitefilleriche dit souvent que je suis formidable et qu'elle m'aime comme une mère.
En janvier, elle m'informe que la photographie ne l'intéresse plus assez, qu'elle pense plutôt s'occuper de mode et elle s'en va vers de nouvelles aventures.

Aujourd'hui, j'apprends par hasard que l'exposition a bien eu lieu, dans le Xème, que le vernissage était en février.
Je n'ai reçu aucun carton d'invitation, aucun coup de téléphone, aucun mail, RIEN, pour me prévenir.
RIEN.
Certains jours, l'ingratitude, le manque de reconnaissance, ou simplement de correction de certains de mes élèves me foutent des nausées pour parler crûment.

Souvenirs de Bruxelles

Je crois que je n'avais pas utilisé mon FM2 depuis deux ou trois ans, je dirais depuis 2006, Loin de l'Espoir, si je ne craignais d'exagérer.
On n'imagine pas le bonheur de retrouver une cellule intégrée, une dizaine de diafs et autant de vitesses.
Magique.
Il doit y avoir un fond de sado-masochisme à utiliser ces boitiers alternatifs que sont les Holga et autres Diana.

L'argentique n'étant pas le médium de l'immédiateté comme on sait, voici quelques images de notre escapade bruxelloise de février.



Francis et A.



Le cloitre du musée de Charleroi



Galerie Aliceday

La phrase du jour

" La photo qu'un autre pourrait faire, qui ne tient pas au rapport particulier que j'ai avec tel ou tel, je ne veux pas la faire."

Hervé Guibert in Le mausolée des amants p. 27

J'essaierai de trouver bientôt un moment pour dire ce que j'ai pensé de l'exposition que lui consacre la MEP en ce moment et que nous avons visitée cet après-midi avec Marie.