Violoncelles à l'abbaye – Tournage suite

Au fur et à mesure que les jours passent, nous prenons nos marques ; après avoir longuement filmé les cours, en attendant qu'un peu de familiarité s'installe et que chacun s'habitue à notre présence, à la présence de la caméra, Adrian a commencé la série d'interviews.



Malgré quelques hésitations chacun finit par se prêter à l'exercice de bonne grâce.
Je profite de ces rendez-vous pour faire une poignée d'images, histoire de jouer un peu.
Comme je le disais plus haut, nous avons passé de nombreuses heures à filmer les cours et si, coté caméra, c'est trop répétitif pour que je m'épanouisse complètement, coté enseignement c'était tout à fait enrichissant pour moi, même s'il s'agit ici de musique, car à un certain niveau d'enseignement, quelque soit la discipline, on peut retrouver les mêmes points fondamentaux (s'attacher à la pensée motrice, se préoccuper de la place du corps etc).



Seule différence qui me saute aux yeux, ces élèves trouvent normal de travailler d'arrache-pieds...



...alors qu'il semble communément admis que la photographie est naturellement donnée à tous le monde et, partant, qu'elle ne nécessite pas de réels efforts ni de discipline, ni d'exercices, tout au plus une certaine forme d'enthousiasme.
Je n'ose pas imaginer les progrès que feraient mes élèves s'ils consacraient ne serait-ce qu'une heure par jour à la photographie.
Entendons que je dis ça avec beaucoup d'affection néanmoins et pas mal de fierté devant certains progrès accomplis cette année.


Mais revenons à nos moutons.
Quand Adrian a décidé de nous sortir de la salle de cours pour attaque les interviews et les "plans de coupe" j'ai acquiescé avec enthousiasme car n'ayant aucune passion pour le violoncelle, en entendre jouer six heures par jours commençait à me porter légèrement sur les nerfs.
Violoncelle en gammes au petit déjeuner et exercices de violoncelle à l'heure de la sieste, avec ou sans piano violoncelle en cours le matin, en master classes l'après midi et ensemble de violoncelles le soir, gageons que peu d'entre vous imaginent à quoi ça ressemble réellement.
Il faudrait être naïf pour croire que le violoncelle nocturne qui s'élève tandis qu'allongés sur le dos vous regardez les étoiles dans un silence divin vous arrache autre chose qu'un râle d'exaspération mal réprimé.
De surcroit, il m'est apparu rapidement que Bach est au violoncelle ce que Tchekhov est au théâtre et si vous n'aimez pas Bach, c'est double peine.
Déjà je n'aimais pas Tchekhov...

Violoncelles à l'abbaye – Arrivée et début du tournage

Je mets à profit un moment de répit inattendu pour écrire ces quelques lignes tout particulièrement destinées à ceux qui nous ont amicalement apporté leur soutien pour que ce documentaire puisse être réalisé dans de meilleures conditions. Qu'ils en soient ici chaleureusement remerciés.



Nota bene :
1° L'abbaye de Fontfroide étant située dans une région du monde encore protégée d'internet, il se peut que les nouvelles du tournage arrivent au compte-goutte ; j'espère que le lecteur compréhensif ne m'en tiendra pas personnellement responsable.
2° Je tiens à rappeler à celui qui prendrait ce blog en cours de route que, n'étant une spécialiste ni de violoncelle, ni de musique, ni de documentaire, les quelques billets qui vont suivre durant une dizaine de jours doivent être considérées comme les simples appréciations personnelles d'une néophyte dans les matières précédemment citées.

Le documentaire semble avoir ceci de différent du long-métrage, c'est que le budget étant plus restreint, l'équipe technique est plus réduite.



Après un départ de Paris un peu sport et une arrivée en gare de Narbonne remarquablement matinale, nous arrivons à Fontfroide avec une demi-journée d'avance sur les premiers participants ; temps que nous mettons à profit pour faire une première installation technique son et lumière.



Si, comme on peut s'en douter, pour la lumière j'ai encore une opinion, pour ce qui est du son, l'entière responsabilité pèse sur les épaules d'Adrian Claret-Perez et je ne fais même pas semblant de m'y intéresser.

Partageons une nouvelle aventure

Violoncelles à l'abbaye
L'Oeil de l'Esprit produit le nouveau documentaire d'Adrian Claret-Perez.
Début du tournage samedi 25 juin à l'Abbaye de Fonfroide (11).

Pour soutenir notre nouveau projet, cliquez ici.

Ceux qui ont vu L'Egypte de Flore le premier documentaire d'Adrian Claret-Perez en projection ou par le DVD qui accompagne le catalogue d'exposition d'Une Femme Française en Orient savent que L'Oeil de l'Esprit est aussi tourné vers l'image qui bouge.
Simple collectif d'auteur à ses débuts, L'Oeil de l'Esprit s'est rapidement doté d'une micro maison d'édition plutôt spécialisée dans le catalogue d'exposition et d'une modeste maison de production de documentaires.
L'idée initiale étant d'assumer un minimum de soutien aux projets de ses membres grâce à une certaine autonomie ; ambition assez difficile à concrétiser pour une jeune structure.



Pour ce qui est de L'Oeil de l'Esprit Editions avec 3 catalogues à son actif en deux ans, je m'estime satisfaite.
Pour ce qui est de la production de documentaires, c'est encore une autre aventure.

J'ai toujours trouvé - et peu de confrères me contrediront, je pense - que la photographie est une danseuse fort gourmande mais depuis que je m'intéresse de plus près à l'image qui bouge, je n'ose plus me plaindre.
Avant L'Oeil de l'Esprit, il m'est si souvent arrivé de devoir ajouter ou avancer de mes deniers privés pour clôturer un budget d'exposition que mon comptable avait du mal à distinguer mon compte perso de mon compte pro mais je découvre avec stupeur que le nombre de zéros n'est pas exactement le même dès qu'il s'agit d'image qui bouge.
Par ailleurs, si les montants ne sont pas les mêmes, comme les lourdeurs administratives le sont et que depuis un certain temps déjà, la tendance n'est pas plus à la culture qu'à l'éducation, avec les coupes franches effectuées dans les budgets de subventions la moindre réalisation devient vite un casse-tête chinois.
N'importe, nous avons la foi, de l'énergie à revendre et le tournage du deuxième documentaire produit par L'Oeil de l'Esprit "Violoncelles à l'Abbaye" d'Adrian Claret-Perez commencera samedi prochain.



Toutefois, le tournage est une chose et la post-production une autre quand l'argent public se fait plus rare.
C'est pour donner au film toutes les chances de voir le jour rapidement que nous avons décidé de lancer une souscription de soutien.
Le miracle de la souscription réside en cela qu'il est possible de réunir des fonds considérables pour soutenir un projet juste en mettant bout à bout des sommes qui ne sont pas en soi significatives.
Soutenir, ici et là, la sortie de livres, de films, de spectacles issus de petites structures indépendantes, c'est aussi se positionner clairement par rapport au type de productions qu'on souhaite voir se développer dans notre pays et, au travers de sommes finalement dérisoires, être soi- même l'acteur d'un plus vaste projet culturel.
Il est évident pour L'Oeil de l'Esprit que produire un documentaire sur une certaine universalité de la transmission maitre-élève et dont l'action se déroule dans le milieu de la musique classique est un positionnement assez radical et cette souscription que nous venons de lancer pour assurer le bon déroulement de la post-production prouve à quel point nous avons confiance en vous.

Pour soutenir notre nouveau projet "Violoncelles à l'Abbaye" cliquez ici.

Une Femme Française à Barcelone - Le vernissage

Moins d'une semaine après le vernissage de Porto, autres souliers, autre robe mais le même trac léger et les mêmes attentes, les mêmes questions qui reviennent quels que soient le pays, la galerie.
Est ce qu'il y aura du monde ?
Est ce que le travail sera bien accueilli ?
Est ce que ça se vendra ?

19h - Encore un tour de la galerie vide, petit coup d'oeil sur l'accrochage, bien que je ne sois pas du genre à opérer des changements de dernière minute, plutôt histoire de tromper l'attente.
Nous sommes seuls, Hubert de Wangen, Natasha Christia, A. et moi-même dans les salles silencieuses et désertes.


© A.

Natasha m'offre leur cadeau, un beau numéro tout neuf de "La Fotografia", sorti ce matin même et qui contient une double page annonçant l'exposition.
Ainsi il semble que nous démarrions sous des auspices favorables...
La cameraman arrive enfin pour le clip, interview rapide dont je me sors comme je peux, assez tendue car tout s'est soudainement accéléré et les premiers visiteurs sont là - Natasha traduit au fur et à mesure - j'essaie de ne pas oublier les recommandations de A. de faire des phrases courtes pour faciliter les coupes au montage.
Ensuite, présentations, poignées de mains ou embrassades, explications.
Et toujours comment plutôt que pourquoi.
J'ai toutes les occasions de déplorer que mon espagnol ne soit pas meilleur.
Hubert de Wangen et Natasha Christiasont des hôtes et des relais parfaits, présentant, traduisant, accueillant, plaisantant.
Heureusement.



20h30 - Pause.
C'est le joli moment de la soirée ; dans le patio orientaliste, les visiteurs attendent en retenant leur souffle le premier coup d'archet de Lluis Claret qui me fait la grande amitié de venir jouer quelques morceaux de violoncelle pour l'occasion.
Fugue de la Suite N° 3 de Bach, Suite en ré pour violoncelle seul d'Enric Casals et la Sonate de Casado s'élèvent tour à tour dans la tiédeur parfumée de la nuit qui tombe doucement, sauf à être sourd, chacun sent la chance que nous avons d'être réunis là pour l'écouter et je ne crois pas être la seule à avoir eu les larmes aux yeux.

Difficile d'enchainer après ça mais petit à petit les conversations reprennent et je remonte dans les salles accueillir les nouveaux visiteurs.
Photographes, galeristes, profs de photos, étudiants en photographie, j'ai de la chance car chacun me dit des choses gentilles.
Belle surprise aussi, la famille et des amis sont là qui feraient un joli petit orchestre à eux seuls - Ana et Pablo violoncellistes, Gérard violoniste et Helena claveciniste - des copains aussi, Lluis Llobet qui organisait le colloque au Centre d'Art i Natura de Ferrera Mémoire et Transmission en 2009, son épouse la belle Cesca, le photographe Carles Costa rencontré à l'occasion et même, en ambassade extraordinaire, Andreas le frère de Madeleine C. qui vient me faire un signe d'amitié de sa part.

Et de petites pastilles rouges ici et là.

Exposition jusqu'au 31 juillet 2011
Kowasa Gallery
Mallorca, 235
08088 Barcelone

Du mardi au samedi de 16h30 à 20h30
Tel : +34 93 215 80 58

Une Femme Francaise à Barcelone - Le montage

Aterris à Barcelone hier lundi en début de soirée après une journée d'escale passée à régler les inévitables impératifs urgents .
Le temps est médiocre mais nous sommes heureux de retrouver cette ville qui nous est chère, son ambiance festive et notre bar à tapas habituel.

Pour une fois, nous voyageons légers, la caisse de photos étant partie très en avance à la Kowasa Gallery pour laisser à Natasha Cristia, le bras droit d'Hubert de Wangen, qui gère toute l'organisation de l'exposition avec une maestria et un professionnalisme sans égal, le temps de les répertorier pour préparer le plus beau dossier qu'il m'ait jamais été donné de voir et de les faire mettre sous cadre avant mon arrivée.
De ce que j'ai pu en vivre jusqu'ci, exposer à Kowasa équivaut à rentrer dans une Rolls Royce et à se laisser conduire à bon port.
Ce matin, lorsque nous arrivons à la galerie les photos nous attendent en compagnie de la personne chargée de l'accrochage, ce qui soulage formidablement A. de cette partie aussi longue et fastidieuse qu'importante dont il se charge d'habitude par gentillesse.
Ne reste plus alors que la mise au sol des quarante photographies qui vont être montrées, ce dont je me sors en trois petites heures (à peu près ce que j'avais prévu).



D'experience, pour moi, chaque accrochage est une nouvelle aventure - cela fait mille ans que je ne crois plus au plan de salle - et chaque lieu nécessite un ordre nouveau des images en fonction des volumes de ou des salles et surtout du nombre d'angles et de la fragmentation des murs, sortes de césures qui imposent leur rythme et nécessitent une attention particulière.
Pour les mêmes raisons, ce n'est pas parce qu'un certain nombre de photos a été initialement prévu que je me crois obligée de les accrocher à toute force et, dans la mesure du possible, je préfère amener plus d'images que nécessaire parce q'il n'est pas rare, en milieu d'accrochage, de se trouver dans la situation où un tirage ne s'harmoniserait bien qu'avec une photo déjà utilisée ou avec une qui est restée à Paris.
Ce qui fait toujours râler.



La Kowasa Gallery est un bel espace compliqué qui multiplie les angles et les portes à plaisir avec ses quatre salles en enfilade et l'accrochage s'est révélé un joyeux casse-tête chinois mais quarante oeuvres s'est avéré être une bonne estimation.
Deux moments délicats, toujours à mon avis, le choix de la photo d'ouverture et les quelques images vers la fin lorsque le choix s'est réduit comme peau de chagrin et qu'il faut faire avec ce qui reste, sauf à tout reprendre à zéro ou à risquer de détruire le fragile équilibre précédemment trouvé.
La complicité de mon pote Hector Olguin avec qui je viens de faire la mise au sol à la galerie Adora Coraçoes m'a bien manquée dans les moments de doute mais heureusement petit à petit - je veux dire avec tact - Natasha s'est mise de la partie et nous avons terminé ensemble, ce qui était bien agréable et certainement plus facile.

13h30 - mission accomplie et ultimes corrections faites sur le fameux dossier, nous partons déjeuner en laissant le montage entre les mains expertes de Xavier.

Une Femme Française à Porto - Le vernissage

Brève escale à Paris entre Adorna Coraçoes et Kowasa, ma vie serait parfaitement glamour si c'est quelques lignes n'étaient pas brièvement écrites entre deux machines de linge sale.

Deux mots sur le vernissage.
Autres pays, autres mÅ“urs, le vernissage était prévu un samedi de 16h à 20h mais, en vérité, les visiteurs ont commencé d'arriver vers 15h jusqu'à 21h ; long time.
L'avantage pour le public c'est qu'il n'y a jamais vraiment foule, que chacun peut regarder les œuvres en paix et échanger quelques mots avec l'artiste et le galeriste sans avoir à attendre interminablement, le dommage c'est qu'il n'y pas vraiment cette impression de réussite festive que procure la foule qui se presse autour des photos et le brouhaha qui va avec.
Et puis, à l'étranger, pas de famille, pas de potes pour vous soutenir, pas d'acheteurs fidèles avec qui on entretient des rapports privilégiés au fil du temps ; on est dans la vraie vie, les gens viennent et regardent ou s'en vont en jetant à peine un coup d’œil selon qu'ils sont là pour les bijoux ou pour la photographie, autant dire que l'impression était différente de celle de l'an dernier au vernissage de Demi-Teinte .
Expérience enrichissante en tout cas et bel accueil dans l'ensemble et suffisamment de ventes pour repartir la tête haute et affronter le vernissage de Kowasa jeudi sans trop d’inquiétudes.



Pas de photos du vernissage parce que pas vraiment de temps pour les faire mais quelques images qui bougent qui seront visibles dès qu'A. aura 2 secondes pour les monter.

Impossible de terminer sans dire deux mots de ma galeriste Estefania R. (c'est son vrai nom de scène, pour une fois).
Parce que quand je dis, pas de famille-pas de potes, je ne voudrais pas laisser croire que je me sentais seule, non, pas une fois ; la vie parfois aussi ressemble à ce qu'on imagine et Estefania R. non contente d'être une petite nana hors du commun, étonnamment inventive, énergique et généreuse, est une vraie galeriste qui soutient ses artistes à fond.
Quant à Hector Olguin, c'est mon pote, alors autant dire qu'il est formidablement attentif.

Une Femme Française à Porto - Le montage

Cet après-midi vernissage d'Une Femme Française en Orient accompagné du documentaire "L'Egypte de Flore" d'Adrian Claret-Pérez à la galerie Adorna Coraçoes.

En attendant de voir l'accueil qui lui sera fait par le public portugais, quelques images volées hier soir durant le montage réalisé de main de maître par A. avec le soutien d'Hector Olguin, responsable de la programmation photographique.





Pour cette exposition exceptionnelle, Une Femme Française est couverte de bijoux contemporains par les créatrices Inès Nunes, Niala Orsmond, Sofia Asalino, et Estafania R. directrice de la galerie.