Moins d'une semaine après le vernissage de Porto, autres souliers, autre robe mais le même trac léger et les mêmes attentes, les mêmes questions qui reviennent quels que soient le pays, la galerie.
Est ce qu'il y aura du monde ?
Est ce que le travail sera bien accueilli ?
Est ce que ça se vendra ?

19h - Encore un tour de la galerie vide, petit coup d'oeil sur l'accrochage, bien que je ne sois pas du genre à opérer des changements de dernière minute, plutôt histoire de tromper l'attente.
Nous sommes seuls, Hubert de Wangen, Natasha Christia, A. et moi-même dans les salles silencieuses et désertes.


© A.

Natasha m'offre leur cadeau, un beau numéro tout neuf de "La Fotografia", sorti ce matin même et qui contient une double page annonçant l'exposition.
Ainsi il semble que nous démarrions sous des auspices favorables...
La cameraman arrive enfin pour le clip, interview rapide dont je me sors comme je peux, assez tendue car tout s'est soudainement accéléré et les premiers visiteurs sont là - Natasha traduit au fur et à mesure - j'essaie de ne pas oublier les recommandations de A. de faire des phrases courtes pour faciliter les coupes au montage.
Ensuite, présentations, poignées de mains ou embrassades, explications.
Et toujours comment plutôt que pourquoi.
J'ai toutes les occasions de déplorer que mon espagnol ne soit pas meilleur.
Hubert de Wangen et Natasha Christiasont des hôtes et des relais parfaits, présentant, traduisant, accueillant, plaisantant.
Heureusement.



20h30 - Pause.
C'est le joli moment de la soirée ; dans le patio orientaliste, les visiteurs attendent en retenant leur souffle le premier coup d'archet de Lluis Claret qui me fait la grande amitié de venir jouer quelques morceaux de violoncelle pour l'occasion.
Fugue de la Suite N° 3 de Bach, Suite en ré pour violoncelle seul d'Enric Casals et la Sonate de Casado s'élèvent tour à tour dans la tiédeur parfumée de la nuit qui tombe doucement, sauf à être sourd, chacun sent la chance que nous avons d'être réunis là pour l'écouter et je ne crois pas être la seule à avoir eu les larmes aux yeux.

Difficile d'enchainer après ça mais petit à petit les conversations reprennent et je remonte dans les salles accueillir les nouveaux visiteurs.
Photographes, galeristes, profs de photos, étudiants en photographie, j'ai de la chance car chacun me dit des choses gentilles.
Belle surprise aussi, la famille et des amis sont là qui feraient un joli petit orchestre à eux seuls - Ana et Pablo violoncellistes, Gérard violoniste et Helena claveciniste - des copains aussi, Lluis Llobet qui organisait le colloque au Centre d'Art i Natura de Ferrera Mémoire et Transmission en 2009, son épouse la belle Cesca, le photographe Carles Costa rencontré à l'occasion et même, en ambassade extraordinaire, Andreas le frère de Madeleine C. qui vient me faire un signe d'amitié de sa part.

Et de petites pastilles rouges ici et là.

Exposition jusqu'au 31 juillet 2011
Kowasa Gallery
Mallorca, 235
08088 Barcelone

Du mardi au samedi de 16h30 à 20h30
Tel : +34 93 215 80 58