Naples - Premier contact

Ils nous prennent vraiment pour des c...

Étrange coïncidence, d'un côté je passe une partie de l'après-midi à essayer de retrouver un petit tirage ancien acheté à Venise sur lequel on voit Hemingway - un de mes écrivains préférés - au Harry's Bar et de l'autre A. me transmet ça.

Un peu dur à avaler.

Napoli

En milieu de semaine, A. et moi, nous nous échapperons de la grisaille parisienne pour une petite escapade à Naples, juste histoire de nous ressourcer un peu, de vérifier que la pizza de la maison Da Michele est meilleure que celle de Monsieur P. comme dirait cette chère Marion et de flâner dans la même ville que Caruso même si c'est à quelques années d'intervalle.
Naturellement, nous accueillerons avec reconnaissance tous les tuyaux et adresses que vous pourriez avoir la gentillesse de nous faire partager.

Entre deux dégustations et, je l'espère, deux émerveillements, une femme française arpentera la ville avec son petit appareil en plastique pour voir de ses yeux si Naples, ville incontournable du Grand Tour, c'est déjà l'Orient.
Et résistera à la tentation de prendre le ferry pour Tunis, qui n'est finalement qu'à une encablure, en se disant que mai n'est pas si loin.

Vente aux enchère à Londres

Le tirage d'Enrico Vietti retenu pour la vente aux enchères organisée ce soir à Londres par 24Photography au profit de Too Many Women - une Å“uvre caritative agissant pour la recherche contre le cancer du sein - a été attribué pour la coquette somme de 400 livres ; ce qui en fait la plus chère des Å“uvres présentées.
Enrico est un élève fidèle - et apprécié - de l'Atelier depuis environ deux ans, ses recherches avec nous sont essentiellement axées sur l'argentique en N&B et il poursuit en parallèle de son coté un travail en couleur que je me réjouis chaleureusement de voir ainsi récompensé.

Je vais tenter d'obtenir rapidement une reproduction de l'image en question pour illustrer le billet !

''Il faut une grande hardiesse pour être soi'' - Eugène Delacroix

Hier, faute de pouvoir quitter dans l'instant Paris pour Tunis ou Alger, visite improvisée à l'atelier d'Eugène Delacroix.
Avec une belle naïveté - en occultant l'exposition temporaire en cours - je suis parvenue à me convaincre que j'allais y voir Un lit défait et les fameux carnets du voyage au Maroc, voire quelques unes de ses encres au trait puissant.
Que nenni, il y avait là des Fantin-Latour à foison et à peine un pauvre Delacroix ou deux, surement oubliés, au dessus d'une fenêtre ou collés au plafond.
Tout de même, quelques photographies de sa belle face émaciée, son portrait par Carjat ou le superbe daguerréotype de Riesener.
Ci dessous la première photographie connue de Delacroix ; ce portrait a été réalisé par son cousin germain le peintre Léon Riesener chez qui il se trouvait en convalescence.
Il est alors âgé de 44 ans ans et l'on connait l'histoire de ce cliché par les notes écrites dans son journal.

L'image originale est toute petite - seulement 6cm de hauteur pour 4,3 de largeur - mais pour ma part, je la trouve absolument irrésistible et si le Musée d'Orsay, qui en est l'heureux possesseur, souhaiter s'en séparer, je suis preneuse sans hésitation.


by Léon Riesener - 1842

Ceux que ça intéresserait peuvent lire lire un article fort bien documenté sur le blog de Lunettes Rouges à propos de ''Delacroix et la photographie''

Le titre de ce billet est un petit signe d'amitié à J-D P, qui se reconnaitra, en réponse au courrier magnifique qu'il m'a adressé le soir de cette visite, qui est un vrai encouragement pour moi en tant qu'enseignante et que je garde pour le relire les jours de doute.

Je vous en livre un petit extrait un peu représentatif :

Chère Flore,
Il existe des rencontres qu'on n'oublie pas, qui restent enfouies et reviennent comme un flot, sous forme de phrases résonnantes et raisonnées, de sensations, de couleurs.
(...) J'ai été très ému par ce moment passé en laboratoire à tes côtés. Il m'a ouvert des portes et fait réfléchir, notamment sur la thématique du mensonge, que tu as partiellement abordé en soulignant qu'il ne fallait jamais accepter les concessions esthétiques ou artistiques, malgré les pressions économiques ou les demandes des acheteurs.
(...) Pour la première fois, j'ai eu l'impression qu'un lieu pouvait empêcher le mensonge d'entrer, que la structure du processus de tirage tenait en quelque sorte éloigné, même si c'est naïf de le croire, la corruption, la concession, le mensonge à soi.
(...) Je crois avoir vécu cet espace où l'art se raconte à nous, et nous révèle à nous-même.
La révélation n'est pas que chimique, elle s'instille dans l'étroit rapport établi entre soi, l'art et un résultat dont nous sommes seul juge.

Qu'il en soit ici chaleureusement remercié.

Patience et longueur de temps


2011

Gomme bichromatée (6 couches) sur cyanotype.
Format 13x18.
2 jours de boulot.

Naturellement c'est plus beau "en vrai".

Mais quand même, pourquoi je me lance toujours dans des trucs pareils ?
Alors qu'avec un bon téléphone et 30 secondes devant soi...

Cadeau de Saint Valentin

A. et moi, nous allons nous faire tirer le portrait par Isa Marcelli au Centre Iris - à quoi on voit que nous sommes bons joueurs avec la concurrence.
C'est à la fois l'idée de l'ambrotype et d'un portrait de nous avec une technique si ancienne et quelques photographies très poétiques d'Isa Marcelli que j'avais appréciées sur son site qui nous nous ont décidés.


© Isa Marcelli 2011

20 mn étaient à peu près le temps imparti à chacun pour ces séances photos qui s'enchainaient toute la journée - à quoi l'on voit que si la technique est restée la même, le rapport au temps, lui, a bien changé et que nous ne sommes plus au dix-neuvième siècle.

Naturellement, quand j'arrive la photographe en moi est bien éveillée, ma curiosité aussi ; la forte odeur d'éther qui règne fait très lecture de Colette mais c'est bien tout car pour le reste c'est une petite ruche active.
Fond de lin sable, chambre 20x25 rutilante et double série de lampe à UV, le matériel fait un amusant contraste avec le procédé.
Je regarde avec intérêt les portraits des gens qui nous ont précédés qui sèchent au bord de la fenêtre.
Jeune beauté créole au épaules dénudée ou famille légèrement rigide, on se croirait projeté 100 ans en arrière, un couple gay enlacé torses nus nous démontre tout à coup le contraire.
J'ai pris le temps d'aller voir l'exposition au sous-sol et je fais avec plaisir, quoique brièvement, la connaissance d'Isa Marcelli ; je reconnais la tension, la pression dues au timing à respecter quand il a été prévu très très juste.
Tandis que nous prenons la pose et qu'elle fait le point, sa fille ainée prépare le négatif-verre au collodion humide.
La tête sous le drap noir, ultime vérification.
Elle compte jusqu'à dix, nous nous concentrons pour rester immobile.
Le petit oiseau sort.
Voilà, c'est terminé.


© Isa Marcelli 2012

Ensuite le miracle de l'image qui apparait, suivi d'un mystère pour moi lorsqu'elle disparait avant de réapparaitre en positif.
Isa Marcelli s'excuse, c'est au suivant.
Nous repartons amusés de l'expérience et plutôt contents d'une photographie où nous nous reconnaissons à peine, où nous pourrions être d'autres photographiés en un autre temps mais qui nous ressemble justement dans le choix que nous en avons fait.
Mais je mentirais en disant que je suis sortie de là bluffée ; en tant que photographe, c'est un peu dur à dire, je ne suis pas dupe et je fais clairement la différence entre le charme inhérent à une technique et aujourd'hui atypique et l'implication, voire le talent réel de celui ou celle qui est derrière l'objectif.

Premier indice

Pour ceux qui suivent, un premier indice :
Suivant des conseils éclairés, j'achète Le Chrysanthème et le sabre de Ruth Benecdict.



C'est un début comme un autre.