Rideau

Intime Public a cinq ans.
Cinq ans, ça fait un joli bout de chemin ; il me semble qu'il est temps de passer à autre chose.

Ni tout à fait une autre ni tout à fait la même, ceux qui souhaitent continuer à me lire et à intervenir pourront me retrouver sur un nouveau blog.
Face Public.


On ne peut pas passer sa vie avec la même robe et les mêmes souliers.

Joël-Peter Witkin à la BNF

Le principe du cours particulier, comme bien des choses en ce bas monde, a ses avantages et ses inconvénients.
L'avantage certain c'est de recevoir un enseignement adapté à sa personnalité et à son rythme parce qu'on est seul avec son prof, l'inconvénient c'est aussi parfois d'être seul avec son prof ; ce qui est un peu différent en terme d'échanges que d'être avec une bande d'autres élèves, on en conviendra.
Pour palier autant que faire se peut à cet envers de la médaille, je m'efforce d'organiser ici et là - en fonction des opportunités, de la disponibilité de chacun et de ma propre énergie - quelques prétextes à rencontres, à partages et à convivialité.

Certains se diront peut-être que j'ai un drôle de sens du festif, ma dernière invitation du genre : se retrouver dimanche midi à la BNF pour une visite accompagnée de l'exposition Joël-Peter Witkin suivie d'un déjeuner dans une cantine de la rue Sainte-Anne assez proche.
Il me faut l'avouer honnêtement, j'ai eu moins de succès que pour un pique-nique avec grillades, moins de succès que pour l'expo Kertesz et j'ai vite cessé de compter ceux qui étaient traumatisés ou dégoûtés par avance.
A preuve qu'aimer quelque chose ne suffit pas toujours pour le partager.
Hier midi donc, malgré le jour du Seigneur, la bise glaciale et le sujet peu ragoûtant, quelques irréductibles de l'Atelier battaient la semelle rue Vivienne en attendant l'ouverture de la BNF.

J'ai découvert le travail de Joël-Peter Witkin à la fin des années 80 grâce à ma première élève qui s'appelait alors Catherine Strobel et qui depuis est devenue la plus chère de mes amies.
De passage à Madrid, elle-même avait pris l'exposition au Musée Reina Sofia de plein fouet et de retour, certainement partagée entre fascination et répulsion, elle m'avait ramené assez de documentation pour m'initier, si j'ose dire à mon tour.
Je me souviens du choc comme si c'était hier et je n'ai jamais perdu ce petit dépliant malgré les années.
Nous étions jeunes alors et certainement encore assez innocentes en photographie, ces images sont entrées en moi avec toute leur effroyable beauté e n'en sont jamais ressorties.
Par la suite, j'ai dû bien souvent m'en justifier.

Hier encore, je tente d'expliquer, sans passer pour un monstre, mon admiration pour ce travail et accessoirement combien la richesse de sa forme au service d'un fond à la fois si difficile et si complexe me parait illustrer très à propos l'enseignement que je m'efforce de transmettre concernant le pouvoir du tirage en photographie.

De l'exposition même, je dirais qu'elle réunissait la plupart des œuvres majeures que j'espérais y voir - à part Man whith dog ( Mexico 1990) que j'aime particulièrement - et largement assez dans son ensemble pour satisfaire le visiteur le plus avide.
Devant la quantité de photographies proposées, j'avoue avoir pour ma part assez vite renoncé à regarder les autres œuvres -gravures, encres etc - exposées même si l'accrochage était certainement conçu pour témoigner d'un écho entre elles.

Je ne pense pas que tous mes élèves aient été conquis mais je crois pouvoir affirmer que chacun a pu prendre la mesure d'une personnalité et d'une œuvre peu communes et en ce sens, nous sommes tous sortis enrichis de cette visite.

Le déjeuner a apporté ensuite un peu de légèreté bienvenue.

J'invite le lecteur curieux de lire un autre point de vue à cliquer ici.

Exposition du 27 mars au 1er juillet 2012
BNF -Site Richelieu
mardi - samedi de 10h à 19h
dimanche de 12h à 19h
sauf lundi et jours fériés