Mieux vaut tard que jamais !

Trois semaines après notre retour de Budapest, je n'ai toujours pas fini de tirer les photos faites là-bas...mais, cette nuit, je sors cette petite image de la maison natale de Robert Capa, la vraie, pas celle en numérique pour le blog, celle où j'ai mis tout mon cœur.
J'espère qu'elle fera plaisir à quelqu'un, un jour, arrivant là, par hasard.
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Cette maison, la maison de ton enfance. © Flore 2009

PS : Pour la Cat de Coquito.
Merci pour le petit message.
Je ne manquerai pas de transmettre la prochaine fois que je le vois à Paris !
Au plaisir de vous lire bientôt, peut-être.

Budapest, bye bye

Nous repartons ce matin après un dernier regard sur le Danube ; la neige rend Budapest féerique.



Je garderai l'impression d'une ville beaucoup trop grande pour faire sa connaissance en une semaine.
En guise de conclusion à cette escapade hongroise, je livre, en toute modestie, quelques pensées au lecteur désireux de tenter sa chance à son tour.
Même si, comme on l'aura bien compris, j'avais quelque raison sentimentale d'être là et un a priori tout à fait favorable, même si j'ai adoré être là, j'ai trouvé Budapest, comment dirais je, bien âpre et rude et plus sauvage que Prague, pour comparer deux capitales de l'Est qui ont la réputation d'être deux très belles villes.
Et, à quelqu'un qui ne connaîtrait ni l'une, ni l'autre et n'aurait pas d'attache affective, je conseillerais plutôt de finir par Prague, qui est réellement une sorte de bijou, pour ne pas risquer d'être déçu…
Non, pas que j'ai été déçue par Budapest…impossible… je l'aimais déjà avant d'arriver…je l'ai aimée telle que je l'ai trouvée ; féerique et pas si belle, vaste, sans cÅ“ur, et dénuée de frivolité, comme courbant encore la nuque gracile de son architecture sous le poids des années communistes, somptueuse, imparfaite et pauvre, tour à tour, ni Venise, ni Prague, mais émouvante, tellement émouvante. Comme une princesse qui aurait été merveilleusement, jeune, belle, riche, aimée, qui ne le serait plus, mais qui, indéniablement, l'aurait été, et qui en garderait jour après jour une grâce, un charme ineffable, pour qui voudrait bien la regarder encore aujourd'hui.



C'est une ville plus grande que je ne l'avais imaginée, sans centre ville, ou alors, il nous a échappé, et l'arpenter du matin au soir, nécessite d'être bien chaussé, surtout s'il neige. Sans quoi, on a vite les chaussettes mouillées, les pieds glacés et la promenade tourne au pensum.
A tout prendre, c'est bête à dire, autant prévoir aussi des gants fourrés et un petit quelque chose à mettre sur la tête. Ce sera assez vite bienvenu.
Clairement, avec mes Adidas, genre chaussons d'escalade et mes mitaines, plus pratiques pour photographier, je suis arrivée très sous-équipée.
Du coup, les longues stations à piétiner en cherchant le bon angle, par -10°, donnent moins de plaisir, c'est certain.
Autre petite leçon que je tirerai, bien que notre hôtel, le Charles, ait été tout à fait charmant et propre et tout et tout, dans sa tranche de prix, si l'on peut, loger à Pest, ne pas croire, surtout, que c'est la même chose des deux côtés de la ville.
Sans être des stakhanovistes de la visite touristique, quand on a passé la journée à marcher dans le froid et l'humidité, à piétiner dans des lieux soudainement surchauffés, qu'à 17 heures, il fait nuit, si par inadvertance, on a traversé le Danube, parce qu'à 18 h tout est fermé, pour retourner à son hôtel chauffé comme une serre à orchidées, il est bien courageux celui qui parvient à s'en arracher deux heures plus tard, pour reprendre un autobus dans la nuit noire et glacée, histoire d'aller grignoter un bout dans un petit restau repéré sur un guide et, qui, aussi bien, lorsqu'on arrivera, aura été remplacé par une échoppe de change (par exemple, vous avez le dernier Lonely Planet, édité en 2007).
Donc, si possible, se loger à Pest.
Ou alors, vous pariez sur la baraka, comme nous cette fois ci, et, par chance, votre hôtel a, lui-même, un restaurant parfaitement charmant et glamour dans ses murs, avec cuisine de qualité et service irréprochable.
Du coup, vous regrettez seulement de ne pas pouvoir descendre diner en pyjama.

Budapest par A.


© A.

Le Musée de la terreur

Quel choc ! Ce lieu est dans le bâtiment qui a vu défiler les Nazis Hongrois puis la "Police de la sûreté de l’État" Communiste.
Ce musée-mémorial est un hommage aux victimes et à tous ceux qui ont lutés, dans un espoir de liberté, contre ces 2 régimes autoritaires.
Malgré sa grosse lacune, RIEN n'est traduit en français (seulement en hongrois et anglais), le musée est tellement bien fait, la scénographie et les sons sont tellement fins que nous sommes émus et captivés par ces mises en espace, vidéos, photos, objets, hommages... Nous suivons chronologiquement le passage d'une dictature à une autre.
Entre la première salle, un char russe devant un mur en métal gravé d'innombrable photo de victime et la dernière installation en hommage au victime (la salle des pleurs), aucune fausses notes et un travail exceptionnel pour transmettre cette mémoire.

Jó napot kivanok

A. découvre, qu'hier en arrivant, nous sommes passés sans savoir, à deux pas de la maison natale de Robert Capa ; aussi, ce matin, nous voilà sur la placette au pied du 10 Városház utca.
L'endroit ne se distingue en rien, pas de plaque, aucune indication, révélant, au passant indifférent ou au touriste éclairé, qu'un des plus grands photographes hongrois a vécu là.
C'est un petit immeuble de 4-5 étages, auquel je suis bêtement heureuse de trouver un certain charme.
Les pieds glacés, les doigts engourdis, je cherche le bon angle, un bon angle au moins ; les premiers plans sont rares.
Bon, j'essaie.



A. est gentil, qui ne s'impatiente pas, piétine dans l'ombre enneigée sans se plaindre.
Ensuite, à deux pas, ce sera la fameuse petite boutique de matériel photo où il est encore possible de trouver des pochettes de papier Forte.
Certaines, tellement anciennes, qu'elles sont jaune d'or, ce que je n'avais encore jamais vu auparavant.
Les vendeurs, honnêtes, me mettent en garde, "Old old paper !"
Qu'importe ! A ce prix là, je ne risque pas grand chose.
J'opte pour de la "trame de soie" à grade fixe et un semi mat à "grain fin". Tout un programme non ?!
Si elles sont complètement périmées, je pourrais toujours faire encadrer les pochettes...
Au moment de partir, je tombe amoureuse d'un "Kodak Eastman Beau Brownie" bleu, en état de marche, si beau qu'on pourrait se le suspendre autour du cou pour aller à l'opéra le soir.

Le vendeur m'explique tout son fonctionnement par le détail, en anglais je vous rassure. J'en reste bouche bée.
Si je n'avais pas eu le devis de la Chambre Noire pour les Diassecs juste avant de partir, il serait déjà mien a l'heure où je vous écris !
Mais là, j'avoue, j'hésite...
Clairement, 3 diaphragmes, 1 vitesse + une pose B, bon, ça va être encore une galère, genre Holga-Diana, mais surtout, les deux viseurs sont tels que le futur serait plutôt "imaginer" que "voir" le cadrage...
Tout de même, il est tellement beau, on le dirait presque émaillé de plusieurs tons de bleu...
J'en suis toute déchirée...
A. ne moufte pas, à peine suggère-t-il que nous venons d'arriver, que je peux me laisser le temps de la réflexion...
Je quitte à reculons une boutique où les Mamiya RB 67, avec optique 127mm 3.8 équipés de visée sportive, valent moins de 350 euros. Hongrie paradis du photographe ?
Nous reprenons notre flânerie en direction de l'Opéra, où nous espérons pouvoir acheter 2 place pour le "Barbier de Séville" qui se joue ce soir, bien que ce soit complet depuis plusieurs semaines.
Malgré un soleil splendide, il fait un froid de loup, à tel point que lorsque en passant devant, nous entrons jeter un œil dans une belle église, il nous semble y faire tiède !



Nous y restons un temps, à nous réchauffer les pieds et les yeux à ses ors baroques.
A l'Opéra enfin, la caissière nous conseille gentiment de ne rêver pas trop et de revenir à 14h.
A. nous dégotte au débotté une de ces gargotes dont il a le secret, pour 2 bols de goulasch... et des falafels !
Hongrie - Egypte, la boucle est bouclée.
13h30, nous patientons déjà devant le guichet fermé, décidés à être les premiers servis, si, par miracle, l'opéra remet des places en jeu.
14h02, avec des sourires de bienheureux, nos billets en poche, nous nous dirigeons vers la Maison de la Photographie Hongroise qui est à deux pas.
La bâtisse est superbe, la Hongrie ayant été le berceau de bon nombre de grands photographes, on est en droit d'espérer que l'exposition temporaire en cours (une rétrospective de Tamás Féner) le sera aussi.
Au premier étage, halte obligée à la librairie.
Il y a là une belle série de petits livres sur le principe "Budapest vu par un photographe" qui comprend une bonne vingtaine de volumes.
Je me décide pour deux d'entre eux, "Vékas Magdolna" et "Kemenesi Zsuzsanna". Deux femmes.
Est-ce un hasard ?
Je craque aussi pour une petite monographie de Kertesz "The Early Years", ravissante.
Les quelques cartes postales par contre sont très décevantes dans l'ensemble.
C'est un endroit agréable, la dame qui le tient est charmante et parle français.
Tout s'annonce bien.
Malheureusement, mes illusions ne résisteront pas plus loin que le hall d'entrée. Malgré un fort beau lieu et une scénographie soignée, je trouve l'exposition terriblement décevante.



Non seulement, les images des deux premières salles "portraits" et "paysages" me paraissent d'un intérêt tout relatif, mais, c'est malheureux à dire, je trouve les tirages tout à fait moyens, pas du tout convaincants.
Dans la troisième salle du premier étage, c'est pire, à mon sens, parce que c'est une série sur un univers de prison vide, cellules, latrines, etc, qui se tient plutôt, du coup le manque de qualité des tirages me semble encore plus dommageable.
Pour les salles du haut, c'est terrible à dire, je ne m'en souviens plus… quelques nus médiocres, peut être… mais le reste… ?
Avec ça, pas de cadres, des sous verres. C'est sûr, ça n'aide pas l'image. Mais, heureusement pour moi, je suis capable d'en faire abstraction. Je me dis, peut être qu'ils n'ont pas d'argent.
Il n'y a pas de honte à ça, peut être simplement pas d'argent pour les cadres.



Nous, on vient pour la photographie, donc ce n'est pas grave.
Tout de même, je m'aperçois que j'ai de la chance, pour ça, de vivre à Paris.
C'est un luxe quotidien qui m'est tellement naturel, que je n'en suis presque jamais consciente, toutes ces grandes expositions qui se succèdent…
Une chose, par contre, où les hongrois excellent, à mon sens, c'est tout ce qui est de l'ordre de la scénographie, de la mise en page, de la maquette et des typos.
Dans l'ensemble j'adore ce qu'ils font de ce coté là.
On le sent partout, c'est culturel chez eux, visiblement, ils ont à la fois le goût et le savoir-faire.
Et la scéno de l'expo ne fait pas exception.
Quand au Musée de la Terreur, où nous finissons l'après midi, autant dire qu'avec A. nous en restons bouche bée.


Saisis, émus et bouche bée.
Pourtant, sans la moindre explication écrite en français, sans audio-guide dans notre langue, il est certain que nous partons désavantagés à la base.
Mais, suis-je inculte ?
Je n'ai jamais vu un musée si incroyablement bien conçu, scénographié, que celui-ci, qui me parait à des années lumières de tout ce que j'ai pu voir jusqu'ici.
A. et moi, sortons de la absolument secoués et épatés.
Pourtant le nom, "Musée de la Terreur", n'était certes pas pour me séduire, ni m'inciter à la visite.
Au vrai si nous n'étions pas passé devant par hasard… mais la façade suffit à nous convaincre d'entrer.

Rendez vous demain !


Clin d'oeil à André Kertesz pour cette petite photo volée en attendant l'autobus par un froid proprement sibérien.
En découvrant ces parcs enneigés, j'ai l'impression de voir l'origine des fameuses photos de Washington Square...

Budapest Jour J -1

Prise de vue ce matin avec un comédien, charmant et plutôt doué, ce qui est bien agréable, ce matin et quatre heures de cours avec Sarah cet après-midi ; dernière journée bien remplie avant Budapest.
Au moment de quitter le labo, je jette en vrac dans mon sac à main deux dizaines de Tri-x en 120 et en 135, la cellule du studio pour le Holga, des piles de rechange pour le Nikon et le chargeur de l'Ixus, le reste est déjà à la maison.
Pas de couleurs pour la Hongrie. C'est décidé depuis longtemps.
Dernière petite chose à faire avant de rentrer préparer mon sac, un chèque pour l' Atelier Photographique Saint Cyprien de Toulouse où je viens d'apprendre que Guillaume Fleureau donne un stage de numérique. J'avais été tellement déçue de rater celui de l'an dernier pour cause de séjour prolongé en Egypte, je me fais une joie de participer à celui ci !
Pour ceux qui ne suivent pas, Guillaume Fleureau est le tireur couleurs de la Chambre Noire, c'est "mon" tireur couleurs, qu'on me pardonne le possessif d'usage, la couleur de "Je me souviens de vous" de "Sabah el Nour", c'est lui, et mon admiration lui est naturellement toute acquise.
C'est aussi une occasion de retrouver Stéphane Redon , de voir ses dernières photos, et de faire plus ample connaissance avec l'équipe. Bien agréables moments en perspective.
Le gros livre de Brigitte Ollier sur Rogi André n'est pas encore arrivé. je voulais l'emporter pour le séjour, c'est bien dommage...me voilà sans rien à lire...



Nous serons, dès demain, fidèles au rendez vous avec vous !
La température à Budapest ce soir est de -1°, avec quelques (?) flocons.

Un peu midinette, non ?!

Notre escapade hongroise se rapproche à grands pas et même s'il ne fera certainement pas meilleur qu'à Paris, au moins je pourrai faire des images, des images et encore des images. En voir même et peut-être en acheter, sait on jamais...
Inimaginable pour moi me rendre à Budapest sans aller jeter un petit oeil à la maison natale de Robert Capa. En désespoir de cause, après mille recherches infructueuses, je me décide à téléphoner à Magnum. L'accueil est adorable et personne ne se moque de moi quand j'expose mon désarroi de midinette ! Vingt minutes plus tard, je reçois un mail avec la réponse ; pourtant, Dieu sait, qu'ils ne doivent pas avoir que ça à faire de leurs journées. Je leur suis vraiment très reconnaissante.
Je suis confiante, avec un bon plan, A. va me trouver cette adresse mythique sans trop de mal !
Par contre, je suis bien déçue d'apprendre qu'il n'y aura pas, là bas, une collection d'images à découvrir. Pas pour l'instant, me dit-on...bientôt, peut-être...
Gardons l'oeil ouvert !
En attendant l'éventuelle ouverture d'un lieu consacré à Robert Capa à Budapest, je me consolerai au retour en allant à Bruxelles au Musée Juif de Belgique voir l'expo programmée jusqu' au 19 Avril, c'est sûr.

Tentative d'approche de la Hongrie par sa littérature...et ses photographes...

L'autre jour, à la FNAC Bayonne, lorsque je demande un auteur hongrois, la vendeuse agressive me rétorque qu'il n'en existe pas, que je n'ai qu'à lire des russes, que c'est pareil.
Merveilleux,non?!
Accessoirement, en 2002, l'auteur hongrois Imre Kertesz a reçu le Prix Nobel de Littérature pour l'ensemble de son oeuvre ; ça en fait au moins un.
J'achète "Etre sans destin".

En regrettant de n'avoir pas pu voir l'adaptation en musique qui vient d'en être donné au Théâtre des Champs Elysées (Paris) lecture donnée par Denis Podalydes avec Valérie et Pierre-Laurent Aimard, lui au piano, elle au violoncelle.
Spectacle dont A. m'a fait beaucoup d'éloges.
Encore une histoire de camp de concentration, je n'en sors pas, je me dis en lisant la quatrième de couverture, écrite par un type qui porte un nom de photographe hongrois !
Il n'y a pas de hasard...

Si l'un d'entre vous a déjà lu un autre auteur hongrois et que ça lui a plu, ce serait adorable de me l'indiquer !

"Comme la vie est lente et comme l'espérance est violente" *

A peine rentrons nous d'Egypte, je propose que nous partions à Budapest.
Évidement, je propose Budapest à cause de Capa.
Et aussi, parce qu'au fond de moi, j'espère que Budapest sera un autre Prague et qu'il me suffira d'être là, de marcher dans la ville avec A. pour travailler et, qu'avec la beauté, les images viendront toutes seules.
En Egypte, il y avait quelque chose de troublant à devoir aller ainsi au devant des images, auquel je ne me suis jamais faite complètement.
Plus que de se lever à l'aube pour aller vers la lumière, c'était l'idée de devoir me lever, d'aller ainsi, en quelque sorte au devant de la photographie, qui me troublait, me gênait un peu.
Donc, j'ai dit Budapest presque aussitôt que nous sommes arrivés à Paris après ces trente jours d'absence que j'avais trouvé trop court, même si, je le savais, il eut été plus raisonnable de repartir pour Constantinople, finir la série Une Femme Française en Orient, ou, du moins, de faire une escapade d'une dizaine de jours à Marrakech.
Sans cesse, je revois les aquarelles de Delacroix à Tanger et il me semble que le Maroc peut être considéré comme une sorte d'Orient...pour la Femme Française, je veux dire.
Mais l'argent manque.
Et je sais que nous ne pouvons pas repartir les quatre ou six semaines nécessaires maintenant; il me faut ronger mon frein. Attendre donc et ainsi risquer en arrivant sur place de n'être "plus la même", d'être dans un mood si différent, que faire le lien avec les photos précédentes, pour lesquelles on est venu là justement, pour aussi consciemment qu'on le souhaiterait soit devenu impossible.
Mais, à Paris, je ne travaille pas, jamais.
Que de temps perdu donc. Que de cruelle et silencieuse attente tapie au fond de moi chaque jour.
Et Budapest, là maintenant, ça, c'est possible.
J'aime Capa si profondément, depuis si longtemps.
En attendant la mi Février je vais lire ; je n'imagine pas aborder une terre nouvelle autrement que par sa littérature, sa photographie.

  • Guillaume Appolinaire "Le pont Mirabeau"