Invitation au voyage

Stage d'Initiation à la chambre


Dimanche, c'était stage de chambre à l'Atelier sous la houlette éclairée de Marie-Noêlle Leroy.
Par un effet du hasard trop long à raconter ici, je me retrouve de la partie ; ravie de prendre un cours au lieu de le donner.
Un stage, c'est un peu comme une soirée, on a beau faire, l'alchimie dépend surtout des convives.
Là, c'est jackpot, qu'on me passe l'expression ; Ingrid et Jean-François sont des habitués de la maison et François, le pote d'Ingrid, s'avère dès l'abord sympathique, actif et d'un niveau déjà honnête.
En face de nous, Marie-Noëlle s'en donne à cœur-joie, déployant les atouts de sa chambre Sinar comme dans une danse des sept voiles sous nos yeux médusés.

C'est tellement bon d'apprendre.

Trois heures plus tard, nous mesurons déjà bien tout ce que nous ne savons pas.



Fidèle à l'esprit de L'Oeil, la pause déjeuner est un croisement charmant entre un pique-nique et un festin.
A la reprise, le petit verre de blanc sur le changement d'heure s'avère fatal, avouons-le, mais confère à la scène un petit côté dimanche entre amis pas déplaisant du tout.

Ensuite, c'est prise de vue en studio.



On n'est pas trop de quatre pour mémoriser la check list et encore, chacun de nous à ses bases en photo et en studio, maniement des lampes, de la cellule, attention au modèle ne nous demandent pas un surcroît d'attention.



Nous sommes tout entiers concentrés sur la machine infernale.
Même moi qui suis plutôt une louve solitaire, en l'occurrence, je suis bien contente d'avoir de petits camarades de jeu.
Fin de l'après-midi, nous sommes à moitié morts ; en récompense, chacun repart avec son portrait et moi avec une photo de notre petite bande.



Vu à la fois de l'intérieur et de l'extérieur, je dirais que c'était un stage qui portait bien son nom Initiation.
Sans parler pour mes camarades, je crois que nous repartons avec l'essentiel, à savoir la compréhension globale du principe et assez de connaissances pour se risquer à bidouiller tout seul si l'occasion se présentait.
Pour le reste, ne rêvons pas, ce n'est pas demain que j'achète une chambre sans demander conseil, encore moins que je pense à avoir "un style" et je ne ferais pas la fine bouche si l'on me proposait une petite séance de perfectionnement.

Samedi - Musée Archéologique

Alors, ce matin, je tente le cappuccino dans l'espoir de trouver un peu plus de café sous la mousse de lait que lorsque je demandais un latte macchiato.

Ensuite c'est Musée Archéologique, directement au deuxième étage - Pompei, nous revoilà - sans passer par les empereurs romains ni les découvertes de Champollion et, il faut bien le dire, c'est vraiment magnifique.



Certainement parmi les plus belles choses que j'ai vues de ma vie et presque tout est là ; des fresques aux couleurs exquises, les rouges profonds, les caput mortem et autres jaunes de Naples, des mosaïques aux tesselles si minuscules qu'on croirait des perles et, par chance, le cabinet privé est ouvert ce qui nous permet d'admirer les fameuses petites scènes érotiques, plaisir qu'aucune reproduction ne nous rendra jamais.

Sans doute, nous apprécions encore davantage ce moment parce qu'il vient en complément de la journée d'hier, comme les pièces d'un puzzle qui se mettraient en place, dévoilant peu à peu le motif.
L'ensemble des salles consacrées aux villes atteintes par la tragédie du Vésuve est tellement riche et émouvant que nous quittons le musée sans en visiter davantage.



Mais avant tout aujourd'hui c'est l'anniversaire d'A.
Donc 14h, pause déjeuner au Bellini (1) à deux pas et recommandé par notre guide pour sa cuisine typiquement italienne.
A. déçu trouve que son risotto terra e mare ressemble à une paella.

Début de soirée, nous voilà ,tout beaux, tout propres, sur les traces d'Oscar Wilde chez Gambrinus (2) à déguster un caffé con panna en attendant l'ouverture des portes du Theatrino du Palazzo Reale.



J'ai un faible pour ces grands salons de thé rococos, chargés de dorures et d'histoire, où je traine A. chaque fois que je peux.
Pour les non-initiés, un caffé con panna c'est Pompei sous la cendre, un dé à coudre de café difficilement accessible sous une montagne de crème fouettée.

Ensuite nous allons écouter Don Trastullo, petit opéra-bouffe sans grande prétention auquel naturellement nous ne comprenons pas un traitre mot - à peine l'argument - qui nous fait passer un début de soirée charmant et nous console un peu que le fameux Theatro San Carlo fasse relâche précisément durant notre court séjour.

1 - Bellini, Via S. di Constantinopoli, 80 - M° Museo
2 - Gambrinus, Piazza Trieste et Trento, 38

Vendredi - Pompei

Une nouvelle fois le réveil sonne à 6h30 et nous voilà dans la rue sans même le réconfort d'un café, direction Pompei via la gare centrale .
Pas question, n'est ce pas, de découvrir la célèbre cité antique entre deux centaines de touristes.
Donc, 8h30, nous pénétrons les premiers sur le site.
Je suis glacée malgré un soleil franc parce qu'entre les deux alternatives, me couvrir et avoir trop chaud toute la journée ou partir légère et avoir froid ce matin, j'ai opté pour cette dernière.
Alors, là tout de suite, je donnerai cher pour un café, je veux dire un vrai café comme à la maison, pas une de ces fantaisies italiennes, une cuillère à soupe de liquide brunâtre dans le fond d'un de ces verres dans lesquels à Paris on sert la vodka.
Ensuite c'est vraiment étonnant et je cesse de trainer des pieds en soupirant après mon lit.


© A.

Notre petit guide de voyage, le Baedeker - non, je plaisante - propose de visiter Pompei en 2h.
Comment ?
En quatre heures.
En courant alors ?
Ou d'y passer la journée.
La meilleure option à mon avis si vous êtes valide et inutile de s'inquiéter pour les provisions de bouche, tout a été prévu sur place.

Pour notre part, nous arpentons avec beaucoup d'enthousiasme et quelques déceptions - pour cause de fermeture de certaines salles suite aux intempéries de l'hiver - de 8h30 à 15h - pause déjeuner - et avec pas mal de ténacité au vu de notre fatigue ensuite jusqu'à la fermeture.



Pompei, pour moi, c'est un peu comme le Musée du Caire, j'ai, comme beaucoup d'entre nous, des images en tête -quelques fresques érotiques au moins, un petit léopard assis de profil, une corbeille de figues - que nous nous efforçons de retrouver in situ, comme au Caire, il nous faut un certain temps pour réaliser que le scribe assis est au Louvre et la Néfertiti au Berlin Museum.
Cette découverte s'accompagnant, pour dire vrai, de pas mal de déception.
Ok, nous irons au Musée d'Archéologie demain ou plus tard mais on admettra que ce ne sera pas exactement la même chose.

Pompei ce sera ça pour nous, la joie d'être là par une belle et douce journée de printemps, le privilège de s'y être promenés à peu près seuls la moitié du temps, des émerveillements multiples, quelques tentatives photographiques ici et là, la quête aux fameux corps en plâtre, ni ici ni là, le chien ayant quitté sa vitrine, l'enfant restant introuvable et en fin de journée un épuisement total avec encore mille questions sans réponses sur le pourquoi et le comment.


© A.

17h30. Les pieds en compote, pas une reproduection correcte à la boutique mais enchantés de notre journée.

Le soir, diner chez Lombardi, un régal - salade poulpe aux zestes de citron râpés, antipasti caprese et Lacrima Christi - avant Plein Soleil de René Clémeent.

Soir de Naples

Sur un air de Tarentelle

Ah, si ce n'est pas déjà l'Orient - encore que je connaisse quelques ruelles pavées entre Izmir et Tanger qui ne sont pas si différentes - c'est déjà bien le sud ; c'est bruyant et sale, avec ici et là des restes de splendeurs passées.
C'est formidablement ailleurs à 2h à peine de chez nous.
Qu'on ne s'y trompe pas, laminée que je suis par la routine parisienne, je me sens conquise dans l'instant.
Je retrouve les images familières des façades noirâtres vérolées par les paraboles et autres climatisations.
ça sent la ville portuaire et la pauvreté.
Au deuxième coup d’œil et assez vite, c'est aussi tout autre chose et de bien particulier, un palais tout les vingt mètres, de la tarentelle à chaque coin de rue, des façades aux couleurs antiques, de petits autels fleuris pour vierges adorées et une langue à chanter l'opéra.

Baci a Enrico, Marco, Roberto i Tutino.

Naples - Premier contact

Napoli

En milieu de semaine, A. et moi, nous nous échapperons de la grisaille parisienne pour une petite escapade à Naples, juste histoire de nous ressourcer un peu, de vérifier que la pizza de la maison Da Michele est meilleure que celle de Monsieur P. comme dirait cette chère Marion et de flâner dans la même ville que Caruso même si c'est à quelques années d'intervalle.
Naturellement, nous accueillerons avec reconnaissance tous les tuyaux et adresses que vous pourriez avoir la gentillesse de nous faire partager.

Entre deux dégustations et, je l'espère, deux émerveillements, une femme française arpentera la ville avec son petit appareil en plastique pour voir de ses yeux si Naples, ville incontournable du Grand Tour, c'est déjà l'Orient.
Et résistera à la tentation de prendre le ferry pour Tunis, qui n'est finalement qu'à une encablure, en se disant que mai n'est pas si loin.

Heureuse Année 2012



A. et moi, nous vous souhaitons une heureuse année.
Que 2012 soit traversée tout du long par un souffle de folle liberté.

Tandis qu'A. skie

Je profite d'une journée exceptionnelle en ces périodes de fêtes - je veux dire une journée de merveilleuse solitude - pour m'offrir ces menus cadeaux si précieux que le meilleur Père Noël peine année après année à mettre dans mes petits souliers.

- Une grasse matinée éhontée dont le plaisir coupable est démultiplié par la cloche de l'église qui me renseigne sur les heures qui passent.
- Une si longue lettre à Sandra en réponse à son mail amical que l'enveloppe en est toute gonflée ; je ferai tout à l'heure la ballade jusqu'à la poste du village.
- De petites images aquarellées, parfaitement inutiles, comme si je n'étais pas si terriblement une photographe professionnelle, comme si j'avais soudain la vie devant moi avec pour seule contrainte la douce lumière du soir lorsqu'elle ne suffira plus.



- Dans la foulée, me peindre les ongles des pieds avec le Rouge Fatal de Chanel.
- De fatal à fatale, il n'y a qu'un pas, dévorer d'une traite la moitié de la vie de la ravissante photographe Tina Modotti en sautant - comble de luxe - l'heure du déjeuner.


Tina Modotti - Bande dessinée d'Angel de la Calle chez Vertige Graphic

- Laisser filer tout le cd de Diana Krall dédié à Nat King Cole pelotonnée dans un fauteuil, un plaid sur les genoux en ignorant avec insolence le téléphone qui sonne.

Journée délicieuse.

D'aucun me rétorqueront - et ils auront raison - que je ferai moins ma maline en janvier durant mes trois semaines de célibat forcé tandis qu'A. sera en montage dans le sud de la France pour le nouveau documentaire de Jean-Michel Vecchiet consacré, si j'ai bien compris, à l'influence du Hip-Hop sur le Printemps arabe (affaire à suivre).

Une fois n'est pas coutume, en flânant plus tard sur internet, je tombe justement sur cette page consacrée à Tina Modotti à la lecture de laquelle je vous invite chaleureusement.

Une journée avec Marie-Noëlle Leroy

Alors hier c'était jour de fête ; je vais passer la journée chez Marie-Noêlle Leroy à faire de la gomme bichromatée.
Ceux qui pratiquent la gomme savent qu'il faut bien la journée pour jouer un peu !

Je monte vers la butte en fredonnant avec mon panier de déjeuner sous le bras, les brioches à la praline pour le café, le pain frais, les macarons aux citrons, de quoi soutenir un siège et que nous n'ayons pas à sortir si la séance s'éternisait.
J'ai la part d'organisation la plus facile, Marie-Noëlle s'étant vraiment occupée de tout, choix, rinçage et gélatinage des papiers, achat de la gomme, des pinceaux, des brosses et des pigments - bref tout - avec le même enthousiasme, la même passion intacte que d'habitude
Je porte juste - pour le plaisir - ma petite brosse large en poils de martre, si douce, et quelques couleurs d'aquarelle dont un gris de Payne que m'a fait connaître ma mère et que j'aime particulièrement.


Petit matériel.

Disons pour être tout à fait honnêtes que nous avons bu une tasse de café frais en échangeant les dernières nouvelles et pris une pause d'une demi-heure pour déjeuner mais ensuite grosso modo nous avons travaillé sans interruption de 11h à 20h.


Dépouillement de la cinquième couche.

Pour ma part, j'ai sorti 3 tirages finis - des 13x18 - et 2 pour lesquels il reste bien un petite heure de travail.
Comme me faisait remarquer judicieusement ma camarade de jeu tandis que je manifestais un peu d'impatience " Chère, je crois que nous n'avons plus le même rapport au temps que les dix-neuvièmistes."

De fait, là encore, il vaut mieux mieux prendre son plaisir à faire les choses qu'à obtenir des résultats.

Mais bon, c'est pas nouveau, hein ?!


De retour à la maison, séchage après une couche supplémentaire.

Escapade à Cancale

J'avais, certains s'en souviennent peut-être, fait cet été l'acquisition d'un Brownie Target Six-20 (appareil charmant quoique légèrement désuet).
Cet achat, à priori anodin, s'est transformé mystérieusement en une sorte de petite boulimie, tant et si bien que les semaines suivantes, j'étais presque prête à acheter toutes les box qui se présentaient au fil des divers vide-greniers.
Un dimanche, aux Batignolles, A. et moi, sommes tombés sur un Brownie Junior qui contenait encore son film, un Kodacolor II.
Bonheur enfantin.

Comme annoncé précédemment, nous partons pour la Toussaint quelques jours en amoureux sur la Baie du Mont Saint Michel.
Dimanche, plateau de fruits de mer à Cancale et photos sur la plage avec Brownie Junior des années 40 - version Art Déco - et Kodacolor II périmé depuis les années 70.
J'ai le plaisir de partager avec vous les résultats de ce moment de joie pure :




© A.

Comme on peut remarquer, une appréciation optimiste de ce qui apparaissait dans le viseur et nous voilà tous les deux sans pieds...

Ecole buissonière

Être indépendant, mieux, faire l'artiste, vivre une vie de bohème, comme on disait autrefois, ce n'est pas facile tous les jours, j'en conviens volontiers ; les fins de mois difficiles, ne pas rouler en Aston Martin, ne pas avoir de jardin d'hiver, même tout petit...
Mais se lever le matin, voir briller un premier soleil printanier et pouvoir se dire en chantonnant qu'on ira plutôt travailler demain, que pour l'heure, on va plutôt s'allonger dans un parc avec un roman japonais, un grand chapeau de paille et une bouteille d'eau fraîche.

Je vous le dis, pour moi, cette liberté n'a pas de prix.

Un endroit où aller

Tandis que Marie Accomiato donne à Enrico un cours dont sortent des images si délicates


© Enrico Vietti

A. et moi passons deux jours formidablement reposants à Saint-Jean-le-Thomas, chez Madame Roberte Nourrigat.

L'Ermitage du Roc-Dret est une de ces adresses précieuses qu'on reçoit généralement d'amis et qu'on est trop heureux de pouvoir faire partager à son tour ; il y a une bonne quinzaine d'années déjà, c'est Claudine Doury, qui me servait un peu de marraine depuis mon arrivée à Paris, qui m'avait conseillé cette formidable chambre d'hôtes, un après-midi que je cherchais un lieu paisible où me reposer quelques jours tout en testant l'Hasselblad que je venais d'acquérir.



La gentillesse de notre hôtesse, les petits déjeuners exquis alliés à la beauté de cette grande demeure magnifiquement située juste en bord de mer, le calme, inouï pour des parisiens, et le petit terrain de tennis de terre battue sous les pins-parasol m'avaient absolument conquise et seuls les étranges hasards de l'existence ont pu faire que le temps soit passé ainsi sans que j'y retourne jamais avant le week-end dernier.

Avouons que les quelques fois où j'ai téléphoné pour une escapade improvisée, c'était toujours fort complet.
Une poignée de grandes chambres, un studio et une petite dépendance ayant le charme un peu bancal et irremplaçable des maisons de famille, à des prix si doux qu'ils font rêver, on comprend bien que l'adresse soit fort prisée de ceux qui la connaissent et qu'il vaille mieux se montrer prévoyant.

Quinze ans plus tard, nous avons trouvés inchangés notre charmante hôtesse et son accueil affable, la table du petit-déjeuner donnant sur la mer ; le jardin en ce début de printemps était tout en fleurs.

J'en ai profité pour tester deux petites optiques nouvelles...on ne se refait pas...partie avec 2 SX-70, un Land Camera et un FM2.
Juste histoire de jouer un peu avec A.


Contact :
Roberte Nourrigat
Tél : 02 33 48 80 85
roberte.nourrigat@orange.fr

Souvenirs de Bruxelles

Je crois que je n'avais pas utilisé mon FM2 depuis deux ou trois ans, je dirais depuis 2006, Loin de l'Espoir, si je ne craignais d'exagérer.
On n'imagine pas le bonheur de retrouver une cellule intégrée, une dizaine de diafs et autant de vitesses.
Magique.
Il doit y avoir un fond de sado-masochisme à utiliser ces boitiers alternatifs que sont les Holga et autres Diana.

L'argentique n'étant pas le médium de l'immédiateté comme on sait, voici quelques images de notre escapade bruxelloise de février.



Francis et A.



Le cloitre du musée de Charleroi



Galerie Aliceday

Escapade à Bruxelles, suite et fin

Donc, dimanche milieu d'après-midi, nous filons à Charleroi qui est à à peine 45 mn par la route.
Avec 80 000 tirages, si ma mémoire est bonne, 800 photographes représentés et une collection allant des débuts de la photographie à la création contemporaine, le Musée de Charleroi est un des plus grands d'Europe dans cette discipline ; on se laisserait tenter à moins.

Installé dans un ancien couvent de Carmélites, il bénéficie du jardin attenant qui doit être bien agréable au printemps mais que nous avons à peine aperçu depuis les étages faute d'assez de temps.


© A. et Flore

Une des expositions temporaires proposée en ce moment est consacré la série Worldview du photographe de Magnum Leonard Freed ; il y a là, à vue d'Å“il une bonne centaine d'images.
Avec deux heures à peine devant nous avant la fermeture, le choix est cornélien aussi, bien que la photo d'affiche soit absolument somptueuse, comme je ne suis pas une fan de reportage, nous survolons rapidement les deux grandes salles pour nous consacrer aux collections permanentes.
Pour la même raison de temps, nous zappons les salles consacrées aux débuts de la photographie au prétexte que nous avons eu notre dose dernièrement avec l'expo calotype de la BNF.


Atelier de photographe début du XX° siècle. Musée de Charleroi

Nous verrons, pêle-mêle, des humanistes comme s'il pleuvait, des Brassaï, des Kertèsz familiers, plus rares quelques Laure Albin-Guillot, des Sief, les premiers pour A., le fameux Migrant Mother de Dorothea Lange, un Sohji Ueada de plage qui me rappelle ma jeunesse, une poignée de Koudelka dont une image magnifique prise durant le Printemps de Prague, un splendide autoportrait de Kurt Kranz, un Hubert Grooteclaes dont je m'aperçois à l'instant qu'il a beaucoup photographié Léo Ferré, et naturellement tout un tas de photographes belges.

L'heure de la fermeture arrive sans que nous ayons pu voir la moitié de ce qui était proposé, néanmoins nous repartons fort satisfaits.
Seule petite déception, la librairie qui présente un choix de livres assez restreint et une sélection de reproductions pas très exaltante...

Au final, je ne voudrais pas, malgré tout, laisser croire qu'il n'y rien à faire à Bruxelles hors la photographie ; qu'on se rassure, nous sommes passés acheter notre pain d'épice chez Dandoy comme le faisait Baudelaire - certains se rappellent peut-être que les quatre vers en exergue du catalogue d'Une Femme Française en Orient sont tirés d'un de ses poèmes - nous avons trainé dans les librairies d'art et chiné dimanche matin dans le quartier des Marolles en compagnie de notre camarade Francis qui avait gentiment accepté de nous servir de guide, nous avons bu de la bière le soir en terrasse et fréquenté le cinéma d'Art et d'Essai Arenberg (pour voir des choses autrement moins vaines et ennuyeuses que ce Black Swan dont la presse nous rebat les oreilles), pris nos habitudes chez Arcadie, le formidable bistrot au bout du Passage Royal Saint-Hubert et beaucoup joué ensemble dans le parc du palais ou ailleurs pour tester ma nouvelle optique.

Comment ?
J'ai pas dit que j'avais une nouvelle optique ?


PS : Marie Accomiato hier soir au labo devant le carton d'invitation de l'exposition Leonard Freed que je viens de punaiser, rêveuse et simple :
Ah, c'est un des premiers photographes pour qui j'ai tiré...une exposition pour la FNAC...

Escapade à Bruxelles

A. et moi, trois jours à Bruxelles à l'occasion de l'exposition Dolorès Marat à la Alice Day Gallery


© Francis Auboyneau

J'ai grand plaisir à voir enfin au mur les tirages de la série Sirocco que j'avais le plus souvent entr'aperçus à travers du papier bulle, ce qui est assez frustrant, on en conviendra certainement.
Mes lecteurs les plus assidus se souviendront peut-être avoir déjà lu quelques lignes à propos de Dolorès Marat l'an dernier lorsque j'avais acheté son livre New York et les élèves de L'Oeil de l'Esprit présents à l'époque ont encore en mémoire, sinon toutes les photographies d'un ouvrage souvent montré, au moins, je l'espère, le souvenir d'une couleur bien personnelle.



Depuis 2005, Dolorès Marat voyage autour du bassin méditerranéen à la recherche d'un lien qui unirait tous ces pays (je résume).
Comme on peut voir ci dessus, il s'agit là d'une photographie en couleurs dont les tirages (ce qui est impossible à deviner ci dessus) sont réalisés par l'Atelier Fresson auquel elle est fidèle depuis de nombreuses années.


© A. Alep-Syrie

Syrie, Égypte, Maroc, autant de pays dont je rentre, les ayant photographiés moi-même, ce sont les même lieux et les images, pourtant combien différentes, justement parce que je reconnais ces villes, ces paysages, ces monuments familiers, me parlent surtout de la femme qui les photographies.
Elle m'a précédée ici sans que je le sache et suivra mes traces ailleurs sans le savoir jamais.
Elle, en quête de Méditerranée et moi, en quête d'Orient.
Elle, en couleurs et moi, en noir et blanc.



Jamais nos images ne se ressemblent, même si elle a vu Port Saïd depuis ma chambre - ou est-ce le contraire ? - nous ne nous connaissons pas, et certainement chacune a découvert les photos de l'autre alors qu'elle même était déjà terriblement engagée dans sa propre série.
Ce qui me trouble le plus et me touche, ce n'est pas que d'une réalité identique nous ramenions des visions différentes - cela me semble naturel, la moindre des choses en somme - c'est elle, cette inconnue qui ne m'est pas étrangère, de la savoir en voyage, mue par une pensée autre que la mienne et que ces pensées font nos chemins lointains se croiser sans cesse...

Dimanche, Musée de la Photographie de Charleroi, nous étions si près n'est ce pas, impossible de résister.
J'y reviendrai.

Sirocco
Photographies de Dolorès Marat
Alice Day Gallery
Du 1er février au 12 mars 2011
39 Quai au Bois à Brûler
Bruxelles
Metro station: Sainte Catherine Mardi à samedi de 14h à 19h

La vie, la mort, la coiffure

Hier, pour lutter contre la grisaille ambiante, après-midi cyano avec Marie Accomiato.
Nous testons une nouvelle lampe à UV achetée en prévision du stage de cyanotype qu'organise L'Oeil de l'Esprit en mai et des échantillons de transparents que je viens de recevoir.
Les temps de pose nous laissent assez de temps, c'est formidable, pour papoter, nous faire les ongles et vers 17 heures prendre le thé en dégustant de délicieuses tartelettes à la framboise.



Un après-midi de filles comme je les aime ; on met du bleu partout jusque dans le ciel en écoutant Ella Fitzgerald.

Jardin d'hiver

Sont-ce les conséquences de ma grippe, celles d'un hiver parisien particulièrement gris et glacial ou encore celles du retard de l'exposition à la Bibliothèque du Château d'Eau initialement décidée pour début mars et remise aux calendes grecques, je ne sais pas, mais je peux bien l'avouer, ces derniers temps je manque d'élan créateur.
Je veux parler de cette vague puissante et gaie qui m'emporte le plus souvent.
Que mon entourage proche et les parisiens dans leur majorité semblent eux aussi frappés d'épuisement ne me console en rien, comme on l'imagine, de cette insidieuse mélancolie.



En attendant un printemps plus clément ou que le feu sacré se rallume, que l'envie de me mettre au labo réapparaisse, je bricole, comme on peut voir...



En cherchant, c'est bien étrange, on trouverait dans ces petites images quelque influence profondément enfouie du symboliste Gustave Moreau dans la première et dans la seconde un écho lointain du Magic Garden de Josef Sudek dont quelques reproductions punaisées autrefois dans ma chambre d'adolescente se retrouvaient dernièrement sur le panneau d'affichage de la chambre noire à l'intention des élèves..

Il faut croire qu'à défaut d'être emportée par une puissante vague, de discrets courants me traversent...

Encore vacillante...

...après une semaine alitée pour cause de grippe, à regarder le plafond pour unique activité.
Épuisant et pas forcément palpitant.

Pour ces quelques lignes de reprise, en premier lieu, je tiens à remercier celles et ceux qui ont gentiment pris de mes nouvelles ou qui m'ont fait parvenir leur vœux de prompt rétablissement.
Qu'ils soient rassurés, je ne me surmène pas, je suis sage, je ne fais à vrai dire absolument rien, je devrais donc être sur pieds très bientôt.

Le reste de ces quelques lignes sera consacré à Louise Narbo.
En effet, je suis heureuse d'annoncer que la photographe Louise Narbo vient de rejoindre le collectif L'Oeil de l'Esprit.
Je donne la nouvelle ici en avant-première parce que le site est en "refonte" et que, certainement, son arrivée parmi nous ne sera visible que dans quelques jours.
Un nouveau membre dans un collectif, forcément ce n'est pas une petite affaire et bien que nous ayons rencontré Louise voilà déjà plus d'un an et que nous ayons aimé son travail tout de suite, nous avons pris chacun notre temps, elle de son côté et nous du notre, avant de décider de faire un bout de chemin ensemble.
Pour ma part, je suis ravie de la compter parmi nous.


© Louise Narbo

Je suis très sensible à la poésie intimiste de ses images, en particulier celles sur Madère qui sont celles que j'ai connues en premier.


© Louise Narbo