Mardi, cours avec Sarah, c'est un après-midi paisible et gai.
Comme la veille, elle a choisi d'aquareller deux des photos qu'elle vient de ramener d'Istanbul et que nous avons tirées la semaine dernière.
En plus des films de Turquie, elle m'apporte 5 ou 6 planches contact en 135 de son week-end à Rome et environ autant en 120. Je suis satisfaite qu'elle travaille autant en ce moment ; au fond, je suis convaincue que c'est la meilleure, sinon le seule, manière de progresser.
Comme les 135 sont essentiellement des photos-souvenirs où l'on voit sa famille et ses amis, je lui suggère de passer plutôt en numérique pour ce genre d'images à l'avenir, le PowerShot G10 qu'elle vient d'acheter sur mes conseils sera parfait. De retour à Paris, il lui suffira de prendre 1 heure pour les trier, les envoyer par mail à Négatif + et les photos qu'elle souhaite offrir à ses amis arriveront directement dans sa boite aux lettres si elle n'a pas le temps de passer les chercher rue Lafayette.



Je propose cette solution parce que, clairement, le tirage N&B est assez long pour que ses photos-souvenirs nous occupent la semaine même sur du papier RC et je considère qu'elle a mieux à faire de ses 8 heures de cours.
Faire des tirages baryté des petites photos très personnelles qu'elle a ramenées d'Istanbul, par exemple, ou des images moins personnelles, mais tout à fait honnêtes et qui sont des tentatives d'empoigner la photographie par tous les bouts, ce dont je ne saurais lui faire reproche.
Donc, mardi après midi, Sarah F. Valente retourne à ses pinceaux et c'est assez intime.
Sarah F. Valente ne fait pas de coloriage.
C'est, me semble-t-il, un endroit d'elle assez similaire à celui de moi où je suis lorsque je travaille, que je connais donc et que je m'efforce de respecter, en occupant ma place de prof, non pas, avec des idées préconçues sur mon rôle, mais disons plutôt, à l'intuition.
Une place en creux, en quelque sorte.
Lundi, en me basant sur mes envies à moi quand je rentre de nouveaux films, je suis arrivée sûre que nous allions continuer à tirer la Turquie et donc, quand j'ai senti que ce ne serait pas le cas, j'ai été un peu prise de court ; ma bibliothèque navigant en permanence entre le labo et la maison, je n'ai pas toujours ce dont j'ai besoin sous la main en cas d'imprévu, c'est l'inconvénient.
Du coup, mardi, j'ai prévu "au cas où" et tandis qu'elle travaille je lui fait la lecture de l'autobiographie de Robert Capa, Slightly out of focus, et je suis heureuse de la voir sourire et peu à peu succomber, elle aussi, au charme de ce grand séducteur.



D'associations d'idées en recherches, nous visionnons aussi un court métrage sur Stéphen Shore, sur Ara Güler, un dvd qu'elle vient ramener de Budapest sur les photographes hongrois, nous effleurons le travail de Robert Raushenberg...
Quand Sarah F. Valente aquarelle, je regarde avec une stupéfaction joyeuse l'intérieur de sa tête, en me réjouissant d'avoir eu, par chance, une mère peintre ! !
Nous avons eu là un bel après midi, créatif et gai.
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