Aube pâle,merveilleuse solitude et chance inespérée

Aujourd'hui Dimanche, malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, nous reprenons vieilles habitudes de nous lever matin car décidément je ne peux pas me résoudre à voir la place San Marco couverte de touristes, ça me gâche le plaisir, je préfèrerais m'en passer.
Dire que c'est facile de s'arracher du lit quand le réveil sonne et de partir le ventre vide et les yeux encore tout gonflés de sommeil pour une petite heure de marche rapide dans l'hulidité glacée du matin, je mentirai.


Mais être là, tout seuls sur la place vide noyée de brume, c'est se refaire Sakkarah en Italie, je souris aux anges, j'en chanterais de bonheur tellement c'est beau.

Epuisés, nous sommes...

Heureusement que nous devons rentrer demain parce que nous sommes à moitié morts d'épuisement !

Pour preuve, regardez A., le pauvre, tout en vrac par terre, en train d'attendre que j'ai fini de jouer avec le pola ; ça fait pas peine ça ?!

Aujourd'hui samedi, nous nous sommes tellement surmenés que j'ai du mal à nous reconnaître, il est où le couple qui trouvait le moyen de faire une petite sieste crapuleuse à Prague entre une visite à l'atelier de Josef Sudek et la découverte du cimetière juif ?
Retour à l'hôtel, un plat de gnocchis aux quatre fromages et un petit coup de blanc à 18h nous terrassent plus sûrement que Saint Georges le dragon et nous filons au lit sans remords ni remous de conscience.
Sans rire, j'ai vu, je veux dire regardé, depuis notre arrivée, des centaines de bagues en verre de Murano ; elles défilent sous mes yeux clos, le soir quand je m'endors, elles sautent le Canale Grande comme autant de petits moutons colorés ! J'ai vu aussi plus de masques que je n'en verrai jamais durant tout le reste de mon existence dussé-je vivre mille ans, mais là, c'était malgré moi, c'était sans regarder ! C'est ça aussi Venise, j'imagine.
Aujourd'hui, il y avait un petit rayon de soleil qui rendait l'air plus doux, la ballade plus agréable, mais pas la ville plus belle…je continue de faire des photos médiocres les unes après les autres.

San Marco sera notre Sakkarah, rendez-vous à l'aube du dernier jour, quand je dis aube…
Une pensée pour toi, Stéphanie, tu dois être bien fatiguée toi aussi après ce fameux déménagement. Bienvenue dans ta nouvelle maison. Il me tarde de voir ta salle de bain !!!
Petite SÅ“ur chérie, à notre retour il faudra absolument que je te montre le très joli petit portrait d'Hemingway au Harry's Bar que tu m'as si gentiment offert ! On vous racontera le reste de vive voix…

Brumes matinales


Ah, j'aimerai vous dire que les mystérieuses images cachées dans le Nikon rachèteront un peu les poncifs que je vous inflige, mais rien de moins sûr !

On vous en racontera davantage ce soir ; pour l'heure c'est Samedi et l'Accademia nous attend. Cet après midi, ils seront des milliers et nous irons claquer des dents devant le Grand Hôtel des Bains en rêvant à Tadzio…

Tendresses à tous et à chacun en particulier.

Chose promise

Je crois que je dois mal me débrouiller, mais j'avoue que mener de front la visite complète de Venise et de ses environs, San Marco, la Salute, l'Accademia, le Rialto, le Pont des Soupirs, parce que voir Venise et mourir, le Ghetto pour Hugues, la collection Pinault puisqu'on ne l'aura pas en France, les Picasso, Kandinsky, Juan Gris et autres Braque chez Peggy parce qu'A. n'aime pas le Quattrocinto, la Fenice pour Coquito, le Lido parce qu'évidemment Mort à Venise, la chambre d'Alfred et Georges au Danieli, le Harry's Bar pour le vieil homme, la tombe de Monteverdi pour Catherine et San Michele pour Mariette, écouter Vivaldi à San Maurizio parce qu'il y a là des sièges où s'écrouler et le soir dans sa chambre en se brossant les dents pour se consoler d'avoir subit la veille une Violetta, sorte de grosse poupée russe habillée de synthétique vert pâle à volants, hurlant comme une mégère de la Pescheria, tandis que l'orchestre réduit à un piano de cours de danse, deux violons grinçants et un violoncelle indigent tente en vain de la couvrir, écrire des cartes postales qui arriveraient miraculeusement avant nous, regarder scrupuleusement toutes les boutiques de bijoux en verre de Murano pour essayer de distinguer le souvenir charmant à ramener qui ferait vraiment plaisir, faire accessoirement un peu de photographie en jonglant entre la couleur, le Noir et Blanc, le Nikon de toujours, le pola de l'Egypte et l'Ixus du blog et le soir tout vous raconter joliment en étant à la fois drôle et poétique, certains jours ça me parait un peu surhumain…

Un truc de fille...


Petite bague Argent et verre de Murano, comment vous trouvez ? En blanc, en rouge, en vert...

Une pensée pour Hugues

Bref aperçu


Juste quelques images pour vous faire patienter.


Rendez vous ce soir.
On vous racontera la Traviata…

Venise exquise

Nous partons légers, légers, donc pas de bagages à enregistrer, pas d'attente à l'aéroport, comme directement du café au lit au survol des Alpes enneigées.

A peine le temps de goûter "Venise est un poisson" de Tizinano Scarpar (Ed. Christian Bourgeois) que nous paraissons atterrir dans l'eau grise.
Température extérieure ? Brrr…pire qu'à Paris ce matin, en tous cas !
Brume, ciel de perle grise et mer de nacre verte, une lumière inespérée, amortie et comme silencieuse. Pas de bus pour nous !
Je me suis battue pieds à pieds, contre l'espèce de vendeuse qui essaie de refiler ses billets aux touristes, contre A. qui trouve que c'est trop cher d'abord, trop loin ensuite ; je veux arriver par la mer, ainsi que j'aurais rêvé d'arriver à Alexandrie. Je me rappelle que Jean-Philippe Lauer, à ses débuts, arrivait par bateau en Egypte ; c'était déjà le commencement de l'expédition, cette traversée de la Méditerranée, de Marseille vers Alexandrie.
Les femmes portaient de longs sautoirs dont certains, de perles grises, avaient la couleur du ciel aujourd'hui.


Nous sommes une poignée à avoir préféré le vaporetto Alilaguna.

Une heure de l'aéroport à San Marco; j'ai choisi au plus long, escale à Murano, au Lido. On n'en finit pas d'arriver. C'est comme être hors du temps, cette arrivée en bateau, lente, si lente.
La couleur de l'eau change peu à peu, les îles dans la lumière douce se dessinent désuètes, en demi-teintes pâles et s'effacent bientôt dans la brume.
Assise à l'avant, le visage passé par la vitre ouverte, je suis vite glacée par les embruns, émerveillée.

Aujourd'hui Venise portait la robe couleur de lune de Peau d'Ane et je ne peux rien imaginer qui exalte mieux le charme exquis de sa beauté fanée.

Demain Venise

A peine étions nous de retour d'Egypte que nous brulions déjà de repartir!
Après quelques hésitations, nous choisissons finalement Venise. Escapade de cinq jours à peine, prisonniers que nous sommes des diverses obligations parisiennes de l'un et de l'autre.
Donc, depuis, j'ai lu sur Venise, j'ai écouté Vivaldi et le Routard est re-devenu Bible et livre de chevet, n'en déplaise à ceux et celles d'entre vous, suivez mon regard, qui seraient plutôt Lonely Planet!
Couleurs ou N&B?
Je ne parviens toujours pas à me décider.
Partant, du boitier, je ne sais rien encore.